Vingt petit pas vers Maria

vingt petits pas vers maria« Tout à coup, elle se mit à fredonner un air, une mélodie qui, de manière étrange, semblait éveiller en moi comme un écho. Sans trop savoir où mes pas me conduiraient, je me mis à la suivre. » C’est ainsi qu’une écrivaine s’est intéressée au destin d’une étrangère… pourtant si proche.

Aujourd’hui, j’ai été faire un tour à ma bibliothèque de quartier avec la ferme intention de mettre la main sur les livres de Marie-Célie Agnant. Heureusement, Vingt petits pas vers Maria et L’Enfant gazelle étaient disponibles pour le prêt. J’ai tout de suite lu Vingt petits pas vers Maria en arrivant à la maison. La prémisse du roman m’intriguait: le texte est né du malaise ressenti par Agnant lorsque son fils âgé de sept ou huit ans lui demande, alors qu’il sont en chemin vers l’école dans un quartier huppé du Grand Montréal, « Pourquoi, ici, c’est des femmes noires qui promènent les bébés blancs ? » Les « vingts petits pas », se sont ceux qui nous séparent de l’Autre, souvent ignoré, mais au final si proche de nous. Par exemple, les employées de maisons, les sans-abris ou simplement le voisin d’à-côté. Ce roman réfléchi ouvre les horizons du lecteur et le pousse à ouvrir ses yeux et son cœur à ceux qui l’entourent. Le roman se termine par un « dossier plus » où l’on retrouve des questions de compréhension de texte, des entrevues avec l’auteure et des pistes de réflexion. Idéal pour une exploitation en milieu scolaire !

Marie-Célie Agnant est une auteure, enseignante, traductrice et interprète canadienne née en Haïti. Elle vit à Montréal.

marie célie agnant

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Célie Agnant & Normand Cousineau
Maison d’édition: Hurtubise
Année de publication: 2001
ISBN: 2894285396
Public cible: Ados
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Max et Koffi sont copains

Max et Lili sont copainsA la récréation, Koffi se fait injurier parce qu’il est noir et son ami Max s’en mêle… Comment vont-ils se défendre ? Ce petit livre de « Max et Lili » parle de l’amitié et du racisme. Tous pareils et tous différents, les hommes ont le même droit de vivre dignement sur la Terre, sans souffrir du mépris.

Ahhhhh… Max et Lili… Ces petites bandes dessinées adorées des enfants que je dois racheter à l’infini pour ma bibliothèque car ils sont littéralement dévorés par nos petits lecteurs ! La recette est gagnante: des situations du quotidien des enfants, une petite bande dessinée, des personnages face à un dilemme éthique, des questions et mises en situations pour se faire sa propre opinion. Personnellement, je dois admettre que je trouve ces livres parfois un peu moralisateurs, hétéronormatifs et s’adressant plutôt à un lectorat européen blanc. Mais les enfants les aiment, bon ! Et puis les illustrations de Serge Bloch sont vraiment fantastiques. À ce niveau, rien à redire; Serge Bloch est une valeur sûre. Le texte de Dominique de Saint Mars aussi est bien et j’apprécie qu’elle parvienne à intéresser les enfants à la philosophie. C’est plutôt le ton ou la manière dont certains sujets sont abordés qui me chicotte un peu parfois.

La scène phare dans « Max et Koffi sont copains » est ce moment où Koffi se fait apostropher par un camarade de classe dans la cours de récré, alors qu’il s’occupait tranquille de ses affaires avec son ami Max sur un banc. Le camarade en question, bien peu sympathique, lui réclame la place en prétextant qu’elle lui appartient. Puis, il lance: « C’est pas ton banc, pas ta cour, et en plus, c’est pas ton pays ! D’abord, t’es qu’un SALE NOIR!  »

Max et Koffi sont copains 3

Ce genre de représentation laisse supposer que le racisme, ce sont les insultes lancées à tue-tête par des Blancs méchants en manque d’attention. Bien sûr, les insultes racistes, ça arrive. Mais aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus pernicieux, implicite et systémique. Je le dit et le redis, les enfants de 7, 8, 9 10 ans sont assez matures pour aborder ces sujets, il suffit que les livres choisis soient adaptés à leur âge. Ce livre a d’abord publié en 1995 et les choses ont bien changé depuis, j’en conviens. Mais rien n’aurait empêché une réédition mise à jour, histoire de s’éloigner de cette idée que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous.

Premier petit malaise en page 18 lorsque la maman de Max, voyant Koffi pour la première fois, s’exclame, étonnée « Mais il est noir ! ». Oui, et alors ? J’ai attendu une suite qui n’est jamais venue. Juste « Mais il est noir! » Point. Bizarre. Cela dit, passé son étonnement initial, elle se montre très ouverte à l’amitié de son fils pour Koffi. Au départ, je me suis dit: « Bon, ok, les auteurs font sûrement questionner les enfants sur la réaction de la mère à la fin de la bande dessinée. Ils ont toujours de bonnes questions pour faire réfléchir les enfants ». Et malheureusement, aucune question n’est posée en lien avec cette scène.

Deuxième petit malaise en page 23 lorsque Koffi présente à Max son petit frère d’un mois et déclare, tête basse : « Sa peau est claire parce qu’il est bébé ! Il a de la chance!  » Que veut-il dire par là ? Qu’avoir la peau claire est mieux que d’avoir la peau foncée ? Et encore une fois, les auteurs ne questionnent pas les enfants sur le colorisme ou le racisme intériorisé à la fin du livre. Cela dit, la mère de Koffi répond du tac-au-tac: « Mais elle est belle ta peau noire, mon doudou ! », ce qui est positif. C’est à ce moment que Max semble réaliser la différence de son ami et déclare « C’est marrant, j’avais jamais fait attention ! On dirait qu’elle est teinte! » en lui touchant la main pour l’observer. Dois-je mentionner que ce n’est pas apprécié d’être perçu comme une bête de foire qu’on peut toucher, palper et observer avec curiosité à cause de sa couleur de peau ? On peut se dire qu’il ne s’agit que de la curiosité naturelle des enfants, mais dans le livre, Koffi ne manifeste pas la même curiosité envers Max, laissant supposer que la peau blanche est normale et n’a pas besoin d’être touchée, palpée et observée avec curiosité. Koffi exprime enfin son malaise d’être traité différemment en disant qu’il « en a marre de ne pas être comme les autres et de se faire traiter [de sale noir] », donnant ainsi une voix aux minorités visibles qui peuvent ressentir ce genre de malaise intérieur.

Max et Koffi sont copains 2

J’ai aimé qu’à la fin de l’histoire, ce soit le pardon qui l’emporte lorsque Koffi vient en aide à son camarade de classe l’ayant insulté au début du livre alors que celui-ci est victime d’intimidation par des plus vieux de l’école. Par contre, cela m’a dérangé que le personnage ne s’excuse pas pour les propos racistes qui a tenus envers Koffi. Il dit qu’ils sont « plus forts ensemble », demande s’ils peuvent « rester copains », veut « faire la paix » et qu’il a « été bête », mais les mots JE M’EXCUSE ne sortent pas de sa bouche. Ugh.

En épilogue, des questions intelligentes sont posées aux enfants: « Quand tu as peur de quelqu’un, essaies-tu de le connaître ou t’enfermes-tu dans ta coquille? », « Connais-tu des exemples de racisme dans l’histoire? As-tu des idées sur les façons de le combattre? », « Est-ce que cela te rend triste d’être différent? Ou est-ce que cela te fait « grandir dans ta tête »? « , « Trouves-tu difficile de parler de ses différences? Est-ce que ça te rend aggressif? » Ou encore « As-tu souffert de racisme? As-tu été rejeté ou injurié par les autres? Ou est-ce arrivé à un ami? »

D’autres questions, toutefois, le sont beaucoup moins, par exemple: « Et toi… Est-ce qu’il t’est arrivé la même histoire qu’à Max? » (Ah, parce que quelque chose est arrivé à Max? J’ai manqué ce bout de l’histoire, car il m’a semblé que c’était plutôt à Koffi qu’il était arrivée quelque chose.) Ou encore « Est-ce que ça existe pour toi le racisme ? » (Cette question n’est pas valide. Ça existe, point.)

Eh, misère…

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique de Saint Mars & Serge Bloch
Maison d’édition: Calligram
Année de publication: 1995
ISBN: 2884452508
Lectorat cible: 7 à 12 ans
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Charly en guerre

Charly en guerreCharly a perdu son père, un sergent accusé de trahison, tué par des rebelles, et sa mère a été enlevée par une des factions armées qui se livrent combat. Agé d’une dizaine d’années, il ne comprend rien à cette guerre civile. Enrôlé de force, il doit obéir à John, un peu plus âgé que lui. John est très dur. Ils deviennent quand même amis en se sauvant respectivement la vie. La pensée de sa mère obsède Charly. Est-elle toujours vivante ? La retrouvera-t-il ?

C’est sur fond de guerre civile au Bénin que ce déroule ce roman. Le vocabulaire recherché et le récit difficile fait de lui une lecture appropriée aux bons lecteurs et aux adolescents. On y dénonce la violence gratuite et les guerres absurdes qui brisent des vies. On retrouve ça et là de fines illustrations de Alexis Lemoine. Très bon !

* Prix de la Francophonie de littérature africaine pour enfants, 1996.

Né en 1964 au Bénin, Florent Couao-Zotti vit à Cotonou où il est enseignant et animateur culturel. 

Florent Couao-Zotti

Auteur(s) / illustrateur(s) : Florent Couao-Zotti
Maison d’édition: Éditions Dapper
Année de publication: 2001
ISBN: 2906067695
Public cible: Ados
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Le libraire de la favela

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Dans une favela de Rio de Janeiro, le témoignage plein d’espoir d’Otavio : sans jamais baisser les bras, il a toujours cherché à faire partager sa passion de la lecture.

J’aime les livres qui parlent de livres. Les livres sur les bibliothécaires, sur les lecteurs, sur les libraires. Le libraire de la favela s’inscrit dans cette catégorie. Et j’admet ne pas avoir été attirée au premier abord par ce petit roman de 94 pages, qui pourtant m’a gracieusement été offert par l’éditeur. Mais voilà, je me suis lancée et j’ai été agréablement surprise par la qualité du récit, l’art de conter de l’auteur, les illustrations angulaires en contre-plongée et les vignettes en noir et blanc, ainsi que tout le dossier documentaire en fin de livre qui nous informe sur le Brésil et ses bidonvilles, sur la vie de l’auteur et sur les initiatives technologiques et sociales dans les favelas. Tout au long du texte, des notes en bas de page aident le lecteur à comprendre les concepts et les mots qui pourraient lui être inconnus (par exemple: les favelas, la bande dessinée brésilienne Histoires de Monica, la religion mormone, l’auteur pour la jeunesse Monteiro Lobato, l’alcool cachaça, les télénovelas, le bédéiste Ziraldo, etc.)

Ce roman, qui s’ouvre sur un survol historique des bidonvilles en bordure de Rio de Janeiro, capte le lecteur dès les premières phrases:

Tous les Brésiliens qui habitent dans les favelas savent que dans ces quartiers, nous vivons avec la peur et l’angoisse. Mais nous avons aussi un désir immense de dépasser tout cela, de dépasser les idées reçues et le fait d’habiter dans un des quartiers les plus violents de Rio de Janeiro, de dépasser un futur bouché. (p.7)

Alors que la criminalité s’installe dans les bidonvilles brésiliens et que la « guerre de la poudre » (la cocaïne) fait rage, les trafiquants aident financièrement les habitants et leur offre des cadeaux (mais pas de livres pour les enfants!) en échange de respect, loyauté et protection. Malgré la violence et la pauvreté qui l’entoure, Octávio Júnior aime sa vie dans la favela. Il y est libraire et cela lui permet de sensibiliser les membres de sa communauté à la lecture. Conscient que les enfants de son quartier ont une « vision très réduite du monde » (p.11), il souhaite leur transmettre le goût de la lecture qu’il considère être une échappatoire. C’est à travers ses mots qu’il nous raconte son histoire, tel un mémoire ou un conte de fées, et qu’on découvre avec lui la vie qu’il a vécue et comment il est devenu libraire dans un endroit aussi inusité. Octávio Júnior a véritablement existé et c’est fantastique de voir comment une personne seule peut porte un si gros et beau projet dans un environnement aussi difficile.

Ce roman aborde sans grands détours des sujets tels que la violence conjugale, le trafic de drogue, la mort des enfants, analphabétisme fonctionnel, la brutalité policière, la guerre, l’hypersexualisation des filles ou le crime organisé. Il plaira aux adultes, mais également aux enfants matures ayant déjà abordés ces sujets avec un adulte. Malgré quelques longueurs, on lit avec plaisir le récit de ce garçon mordu de lecture, débrouillard et futur libraire inspirant.

Otávio César de Souza Júnior est un écrivain, producteur théâtral, acteur et conteur brésilien.

Otávio César de Souza Júnior

Auteur(s) / illustrateur(s) : Octávio Júnior & André Diniz
Maison d’édition: Éditions Anacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782918799887
Public cible: 10 à 13 ans
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Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

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L’épopée de Soundiata Keïta

ption-*WraŒ0Aion(W¥Œ@üion&W/Tout le savoir et l’art de Dialiba Konaté sont ici réunis pour rendre hommage à celui qui fut autrefois, au clair pays de la savane, le fondateur de l’empire du Mali (ou Mandingue) : Soundiata Keïta. Retraçant les étapes de ce destin hors du commun, ces dessins, exécutés selon différentes techniques originales, forment une œuvre considérable patiemment construite depuis plus de quarante ans. Dialiba Konaté rejoint ainsi la préoccupation des griots et des sages généalogistes : que la mémoire du passé reste vive pour construire le présent.

Mon avis

Voilà un livre grand format superbe et magnifiquement illustré. Ce récit épique relate la fondation de l’empire du Mali au 13ème siècle. Tout simplement magnifique.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dialiba Konaté
Maison d’édition: Seuil Jeunesse
Année de publication: 2002
ISBN: 2020556065
Public cible: 9 à 13 ans

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L’arbre aux fruits amers

1arbre-aux-fruits-amers930. Dans le sud profond d’une Amérique toujours ségrégationniste, James Cameron, adolescent noir sans histoire, vit avec sa mère à Marion, une petite ville de l’Indiana. Entraîné par deux amis, Tommy et Abel, il prend part à un braquage qui tourne au drame. Les trois amis sont arrêtés. Ameutée par le Ku Klux Klan, une foule blanche crie vengeance et envahit la prison…

Les évènements qui servent de toile de fond à ce roman sont authentiques. Ils ont inspiré le poète Abel Meeropol qui écrivit en 1937 Strange Fruit (Fruit amer), magnifique poème interprété plus tard par la chanteuse afro-américaine Billie Holiday et connu dans le monde entier.

Ce roman m’a accroché dès les premières pages et j’ai eu du mal à le laisser de côté. La plume de Wlodarczyk est fluide, précise, franche. Un style qui se marie parfaitement bien au propos du livre qui aborde racisme et violence avec honnêteté. Même s’il s’agit d’un livre pour enfants, l’auteur n’hésite pas à parler de manière crue et sans détour du Ku Klux Klan et des pendaisons tout au long du récit. Le tout est assez dur, on espère y apercevoir une parcelle d’espoir, mais celle-ci n’arrive pas. Car même si Cameron vit par sortir de prison, il a tout de même été injustement traité, été victime de racisme, été lynché, été pendu – pis encore, il a survécu à sa pendaison – et on sait que bien d’autres Noirs de l’époque ont connu la même chose sinon pire.

L’arbre aux fruits amers est un récit court et intense qui se clôt avec un dossier historique complet sur l’esclavage, la ségrégation, les lynchages et le mouvement des droits civiques.

Hudson se retint pour ne pas lui cracher au visage. Il était hors de lui. À ses yeux, James était un traîte à la cause. Un de ces fils de putain qui pourrissaient les quartiers noirs. Aux yeux de James, Hudson était un oncle Tom, un de ces Noirs investis dans la cause blanche pour se blanchir soi-même. Deux logiques noires plus éloignées l’une de l’autre que les Blancs et les Noirs entre eux.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Isabelle Wlodarczyk
Maison d’édition: Oskar Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2012
ISBN: 9782350009735
Public cible: 13 ans et plus
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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

Aaron McGruder est un auteur afro-américain.

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