Yakoubwé

yakoubweUn homme est retrouvé mort dans la savane. Pour le venger, les chasseurs tuent le lion qui, croit-on, a commis le méfait. Lorsque Yakouba découvre qu’il s’agit de Kibwé, un lion qui lui a déjà épargné la vie, il devient fou de douleur. Il coupe la tête du lion et part vivre seul dans la savane. Devenu Yakoubwé, il porte comme couvre-chef la tête de son ami et interdit à quiconque de l’approcher. Depuis la mort de Yakouba, les guerriers ne chassent plus le lion qui, dit-on, contient l’esprit de l’ancien berger. De plus, une cérémonie célèbre depuis ce jour l’amitié hors du commun entre l’homme et la bête. (c) Livres Ouverts.

Je suis tombée tout à fait par hasard sur cet album à ma bibliothèque publique. L’album est magnifique: les grandes pages blanches et noires contrastantes ont quelque chose de prenant, de doux et violent à la fois. Le texte et l’illustration se marient tout naturellement tout au long du livre. Par son format, ce livre est bien adapté à la lecture à voix haute devant un groupe. Et ça tombe drôlement bien, cet album peut être exploité en classe auprès des élèves de 9-10-11 ans. D’ailleurs, les bibliothécaires de Montréal vous proposent diverses pistes de réflexion ici. Je vous conseille vivement la lecture des deux autres livres de la trilogie dont Yakoubwé est la conclusion: Yakouba et Kibwé.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Thierry Dedieu
Maison d’éditionRue du Monde Bouton acheter petit
Année de publication: 2012
ISBN: 9782021072877
Public cible: 9 ans et plus
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Babakunde

BabakundeBabakunde était l’homme le plus puissant de la tribu. Et si , par une nuit sans lune, une terrible silhouette venait rôder autour de la case de Babakunde… pour bousculer sa vie à tout jamais ? 

Ce conte se déroulant en Afrique dans un pays non nommé fait réfléchir le lecteur sur ce qui est essentiel. Un champ lexical varié, des péripéties bien définies et une chute inattendue… tout pour une exploitation en classe auprès d’élèves du primaire. À ce sujet, questionnez les élèves sur le sens de la vie et du partage en lien avec le comportement de Babakunde et la chute du récit. Vous pouvez également faire participer l’album à une discussion sur le deuil et la mort. Invitez les élèves à tirer des exemples de leur vécu ou de leurs connaissances. Vous pouvez également les accompagner lors d’une analyse des illustrations: quelles couleurs dominent l’album ? Comment les villageois sont-ils dessinés ? Comment la mort est-elle représentée ? Quelles formes géométriques peuvent-ils déceler dans les illustrations ? Comment décriraient-ils le style de l’illustrateur ? Les possibilités sont nombreuses !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Annelise Heurtier & Mariona Cabassa
Maison d’édition: Casterman Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782203071902
Public cible: 6 à 10 ans
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Le conte de Sidi

conte-de-sidiSidi est un jeune Mauritanien qui rêve d’apprendre à lire. Il quitte son village pour rejoindre la capitale. Là-bas, il fait la connaissance de Myriam et Olivier, avec lesquels il devient ami. « Sidi, Sidi, est-ce que tu connais des histoires? » leur demandent-ils. « Cric-crac, ouvrez grand vos oreilles et les yeux de vos coeurs! » répond Sidi, car il connaît bien des contes. N’est-il pas le petit-fils de Fatou la griotte? Mais il a aussi un grand rêve: découvrir les histoires mystérieuses qui se cachent dans les livres.       

C’est d’abord l’illustration de couverture qui m’a accroché l’oeil; celle-ci se déploie sur la première et la quatrième de couverture et montre un jeune garçon tout de bleu vêtu, l’air de vouloir nous raconter une merveilleuse histoire. Tout au long de l’album, les illustrations nous qui s’étendent parfois sur des doubles pages accompagnent avec justesse le texte sans l’étouffer. De nombreux détails graphiques se sont glissés ça et là; on s’amusera d’ailleurs à les identifier. Le texte et l’image se côtoient en un équilibre satisfaisant. Ce livre peut être utilisé à l’heure du conte auprès des élèves de 8, 9, 10 ou 11 ans avec lesquels on prendra le temps d’exploiter cet album. Très beau.

Auteur(s) : Annick Combier & Bénédicte Nemo
Maison d’édition: Cépages Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9791093266015
Public cible: À partir de 8 ans

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Tukaï, l’enfant-sorcier

Tukaï enfant sorcierLe mariage de sa soeur approchant à grands pas, Tukaï se voit confier, par le sorcier du village, la tâche d’aller chercher le miel sauvage qui servira à préparer l’hydromel indispensable aux festivités. Le courage et la sagesse du jeune garçon sont rudement mis à l’épreuve alors qu’il doit affronter les serpents noirs, les éléphants et le lion qui rôdent dans la savane… Il n’a pas le droit d’échouer. Ne pas décevoir son peuple, ne pas déshonorer son clan. Être un Massaï…

Issu de la collection Terres de couleurs des Éditions Milan Jeunesse, ce livre tente de faire découvrir le peuple Massaï avant l’arrivée des Blancs. Il s’agit d’un récit initiatique qu’on lit avec beaucoup de plaisir et on partage les inquiétudes du personnage principal. Ce livre d’images pour les grands comprend au moins une illustration à chaque page, mais ce rapproche davantage du roman par sa quantité de texte. Le grand format (26 cm) rend la lecture de ces 43 pages très agréable. Une très belle lecture !

Quelques pistes de réflexions pour utiliser cet album en classe de 5ème ou 6ème année du primaire:

  • Comment qualifierais-tu les illustrations de cet album ?
  • Informe-toi sur les coutumes et les croyances du peuple Massaï.
  • Énumère les différents rebondissements du récit.
  • Qu’aurais-tu fait à la place de Tukaï à la fin du récit ?

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ghislaine Roman & Frédéric Pillot
Maison d’édition: Milan jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 274591703X
Public cible: À partir de 10 ans

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Les poupées

Qles poupées de luca bisaillonuand elle sera grande, Lucie voyagera. Elle dansera au son du tam-tam. Elle sera libre. Elle apprendra peut-être même à lire aux enfants ou soignera les malades, qui sait. Une chose est sûre : elle ne sera pas comme les adultes qu’elle connaît, ces gens prévisibles qui mettent les enfants dans des moules.

Les premières pages du livre ont su capter mon attention. On y découvre une petite fille blanche, Lucie, qui en sait déjà beaucoup sur les grands, par exemple qu’ils sont « extrêmement prévisibles. » Elle sait donc d’avance que sa tante Agathe lui offrira une poupée pour son anniversaire. Sauf que Lucie n’aime pas les poupées, pas plu qu’elle n’aime le rose et les robes. Lucie aime les livres, surtout ceux qui racontent des histoires de petites filles indépendantes et courageuses. Lucie aime aussi la géographie, l’aviation, les inventions, la science, marcher sous la pluie, grimper aux arbres, apprendre. En débutant ma lecture, je me suis dit « Ah, oui ! Un album féministe !  Allez, Lucie, détruis-moi les stéréotypes de genre! » Sauf que Les Poupées, ce n’est pas vraiment ça. Oui, Lucie n’est pas comme les autres filles, mais j’aurais tellement aimé que l’auteur creuse davantage ce sujet plutôt que de se perdre dans toutes les directions. Je m’explique. Lorsque la mère de Lucie lui dit « Mais toutes les petites filles aiment jouer à la poupée ! » et que Lucie s’étonne et répond « Je ne suis pas une petite fille alors ? » (p.8), sa mère est troublée et puis c’est tout. Lorsque Lucie explique que les « grands aiment les choses figées, et quand, par exemple, Lucie a besoin d’un nouveau vêtement ou d’une nouvelle paire de chaussures, samaman essaie toujours de l’influencer. « Tu ne préfères pas cette jolie robe avec des nœuds? », Lucie soupire et puis c’est tout. Lorsque Lucie tente de faire pousser des roses bleues car elle trouve qu’il n’y a pas assez de couleurs dans le jardin de sa mère, cette dernière dit: « Quelle drôle de petite fille j’ai là! » et puis c’est tout.

Ensuite, l’auteur brise le rythme du récit en racontant l’histoire d’une petite fille inventée, Kalina, qui vit en Afrique et qui n’a pas la chance d’avoir des poupées. 13 pages sur les 57 pages du livre lui sont consacrées, comme si c’était un livre à l’intérieur d’un autre. Kalina vit dans un village, sa maison est une case faire de terre séchée et de tiges de paille, elle va cherche de l’eau au puit, sa mère passe la majeure partie de sa journée à écraser des grains de mil pour faire de la farine, elle n’a pas de jouets car sa famille est trop pauvre pour lui en acheter et elle s’éclaire à la lumière d’une chandelle la nuit. Au final, Kalina confectionne elle-même une poupée avec de la paille, du coton, des feuilles de maïs et de la liane. Kalina aime beaucoup sa poupée et ne manifeste pas vraiment le désir d’en avoir une autre, plus occidentale. Toutefois, Lucie va quand même entreprendre d’envoyer toutes ses poupées à Kalina par la poste, sans succès.

les poupées 2

Je n’ai pas aimé ce livre à cause de son côté décousu, malgré la présence d’un texte de qualité, de propos intéressants et d’une mise en page dynamique. Dommage.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Françoise de Luca & Josée Bisaillon
Maison d’édition: Marchand de feuilles Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782923896700
Public cible: À partir de 7 ans.
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[LECTRICE INVITÉE] NAYA ou la messagère de la nuit

NAYA ou la messagère de la nuitNaya a un don : la nuit, elle peut souffler des rêves colorés dans le sommeil de ses proches. Mais lorsque la guerre éclate au village, le talent de Naya ne sert à rien. Les hommes ont eu beau se battre avec bravoure et fierté, les ennemis ont gagné. Ils décident d’épargner les femmes et les enfants et les autorisent à quitter le village avec toutes les richesses qu’ils pourront emporter. Cette nuit-là, Naya souffle un rêve à toutes les femmes. Et le lendemain matin, ce ne sont pas des pièces d’or qu’elles portent sur le dos, mais leurs époux, fils ou frères qu’elles sauvent ainsi d’un funeste sort.

L’avis de Fabienne, lectrice invitée : Ma fille s’appelle Naya, sa cousine lui a donc offert ce livre il y a deux ans. Elle est blonde aux yeux bleus mais s’est tout de suite identifiée à cette Naya marron (comme ils disent à l’école). En effet, elle est belle, indépendante et maline. Cette fable magnifiquement illustrée avec des couleurs fluos fait la part belle aux femmes. Naya vit dans un village tranquille aux abords d’une jungle luxuriante. Elle apprend à modeler de petites figurines d’argile représentant chaque villageois. Hélas! Un jour, le village est attaqué par des Blancs qui, à l’aide de leurs armes, sont vite vainqueurs. Ils proposent aux vaincus de laisser partir les femmes avec ce qu’elles peuvent porter sur le dos et de faire prisonniers les hommes. C’est là que Naya va souffler un rêve dans l’oreille de chacune. La fin, je vous laisse la découvrir, elle est drôle, inattendue et tellement intelligente !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Philippe Lechermeier & Claire de Gastold
Maison d’édition: Éditions Thierry MagnierBouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782364749351
Public cible: À partir de 6 ans

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Lecteurs invités MistikrakÀ propos de Fabienne: Je suis maman de deux petites filles de 4 et 6 ans. Depuis leur naissance, je ne me lasse pas de découvrir avec elles les trésors de la littérature jeunesse. Je suis bénévole dans la médiathèque de mon village et ai auto-édité un petit album illustré. Je lis pour m’évader, pour partager, pour aimer. Je lis pour vivre tout simplement.

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Mon voyage chez les Soninkés

Mon voyage chez les SoninkésCoumba, française d’origine Soninké, nous transporte dans le village de ses grands-parents, à la découverte de ses origines et de sa culture. Un livre documentaire pour découvrir l’ethnie soninké à travers son histoire, ses traditions et coutumes, sa langue et la vie quotidienne au village.

La collection Mon voyage des éditions Wagadou jeunesse vise à faire découvrir la richesse culturelle des ethnies d’Afrique, renforcer la cohésion sociale, et promouvoir et favoriser le multilinguisme. Mon voyage chez les Soninkés fait découvrir aux jeunes lecteurs le Sénégal à travers de nombreuses photographies accompagnées d’une traduction des mots en soninké.

La structure du livre est très réussie: on retrouve une présentation de l’auteure en prologue, ainsi qu’un peu d’histoire pour découvrir qui sont les Soninkés. Puis, on nous présente Coumba que l’on suivra tout au long du livre. Enfin, afin de nous aider à lire les mots étrangers, un alphabet soninké est fourni en fin de livre, juste avant une table des matières.

Chaque chapitre s’intéresse à un aspect de la vie soninkée: Le village, les saisons, la famille, la maison, l’alimentation, les vêtements et accessoires ainsi que les festivités. Bien que Coumba introduise chaque nouvelle section, elle n’est pas illustrée et on ne la suit pas réellement dans son quotidien. J’aurais voulu la connaître mieux (ce qu’elle vit, ce qu’elle aime, ce qui l’a surpris de son voyage) et connaître sa famille aussi… Des illustrations d’Audrey Boon auraient été bienvenues !

Mon voyage chez les Soninkés 2

Mon voyage chez les Soninkés invite le lecteur à s’approprier l’information, notamment par la présence d’un arbre généalogique à remplir. La reliure est de qualité, les pages sont en papier glacé et la couverture est rigide, autant d’éléments faisant de ce livre un objet de qualité. Par contre, certaines photographies manquaient de vie et d’éclat, et les images génériques  issues de Pixabay sur les pages uniquement consacrées au vocabulaire m’ont laissée plutôt indifférente; j’aurais préféré de jolies illustrations d’Audrey Boon, ne serait-ce que pour la qualité esthétique ! J’ai décidé de tester ce livre auprès d’une fille de 8 ans, histoire d’avoir le point de vue d’un enfant car après tout, c’est à eux que ce livre est adressé. Elle a au contraire aimé le côté imagier car cela l’a beaucoup aidé à lire aisément les mots français. Elle s’est aussi amusée à essayer de lire les mots en Soninkés qui lui était inconnus; pour elle, c’était comme un code secret !

Le point fort de ce livre est sans aucun doute sa prémisse de base: une jeune fille née en occident visite le pays de ses parents pour découvrir ses origines. Quelle bonne idée ! Plusieurs enfants occidentaux issus de l’immigration de deuxième, troisième ou quatrième génération s’y reconnaîtront facilement car leur expérience est semblable à celle de Coumba. On en apprend beaucoup à la lecture de ce livre. J’ai bien aimé !

Assida Traore est une auteure française d’origine soninkée.

 

Je remercie les éditions Wagadou Jeunesse de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Assida Traoré & Audrey Boon
Maison d’édition: Wagadou Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782901154013
Public cible: À partir de 9 ans
Vous aimerez peut-être: Aussi publié aux éditions Wagadou Jeunesse, il y a le merveilleux album Mamady fête l’Aïd !

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