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Carl et Elsa prennent le large

CCarl et Elsa prennent le large‘est l’été. Carl et Elsa se dirigent vers la plage. Ils vont bien sûr se baigner. Et creuser un trou dans le sable. Le trou le plus profond du monde. Mais que vont-ils en faire ? Un piège pour capturer des bêtes sauvages ? Un château de pirates pour monter la garde face au grand large ? Parce que l’océan fourmille de créatures en tous genres : des étoiles de mer, des anémones, des crabes mais aussi des pieuvres et des phoques qu’il va falloir apprivoiser ? Une aventure riche en émotions pour les deux inséparables amis, qui va de loin dépasser leur imagination.

Cet album de 32 pages est absolument charmant. Il croque un moment de vie en famille et entre amis par une belle journée d’été sur le bord de la plage. Elsa, une petite fille blanche, est fonceuse. Elle prend généralement les devants, proposant les activités et initiant les jeux. Elle aime aussi jouer à la pirate. GIRL POWER ! Carl, un petit garçon au teint brun, est plus craintif , notamment au moment d’entrer dans l’eau. Heureusement que son amie est là pour l’encourager. Lorsque Carl se fera un bobo suite à un accident causé par Elsa, les deux amis auront un différent. Toutefois, Elsa finira par s’excuser et leurs jeux continueront.

Au départ, le texte écrit tout petit en bas des pages ne m’a pas plu. Puis, j’ai réalisé qu’au contraire, cela laisse toute la place aux magnifiques illustrations qui s’étendent sur les deux pages. Je recommande vivement !

Carl et elsa prennent le large 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jenny Westin Verona & Jesus Verona
Maison d’édition: Éditions Cambourakis Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782366243314
Public cible: À partir de 4 ans

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Mon frère et moi

mon frère et moiChaque été, au chalet familial, deux frères nagent vers un rocher et l’aîné le grimpe et saute. Il est maintenant temps que le plus jeune fasse, à son tour, le grand saut.

J’ai adoré cet album ! Il aborde avec tant de justesse la relation entre deux frères et comment un simple saut a fait grandir un petit garçon grâce aux encouragements de son frère. Le petit admire son grand frère et le moment est venu pour lui de prouver qu’il est tout aussi capable que lui. Pour se donner du courage, il sera tour à tour un chat pour grimper le rocher, un oiseau pour s’élancer dans les airs, puis un poisson pour plonger et nager gracieusement sous l’eau.

Vous le savez, j’ai un faible pour les récits du quotidien; celui-là est magnifique, touchant et tout en poésie. Les pages brunes rappellent le papier parchemin et les touches de couleurs crayonnées donnent un très bel effet, presque inachevé, à l’instar des personnages qui ont encore tant à découvrir du monde. Vraiment, vraiment excellent.

Coup de cœur !

Mon frère et moi 2

Je remercie l’auteur Yves Nadon et les Éditions D’eux de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Nadon & Jean Claverie
Maison d’édition: Éditions Deux Bouton acheter
Année de publication: 2018
ISBN: 9782924645215
Public cible: À partir de 5 ans

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Un été au chalet

un été au chaletPour la première fois de sa vie, Emma, dix ans et deux mois, doit passer trois longues semaines estivales loin de Léo, son grand frère adoré. Comble du malheur, ses parents ont loué un petit chalet dans le Bas-Saint-Laurent ! Heureusement, Emma traîne avec elle son petit carnet rouge pour relater tout ce qui marquera ces semaines chargées en émotions. Qui est ce garçon qui regarde la mer sans dire un mot ? Pourquoi les trois voisines ne l’invitent-elle jamais à jouer avec elles ? Et pourquoi la libraire du village la regarde-t-elle ainsi avec de gros yeux ? 

La lecture de ce roman m’a beaucoup plu ! Catherine Girard-Audet a une formidable capacité à se glisser dans la peau des filles de 9-10-11 ans. On ne sent pas du tout qu’il s’agit d’un adulte qui a écrit le livre; les émotions sont vraies, les personnages sont réalistes, leurs réactions sont appropriées à leur âge. À noter qu’il y a quelques québécismes dans le texte (« Ça n’a pas vraiment adonné », « avoir de la misère à faire quelque chose », « j’haïs », etc.), mais que le roman est tout de même fort bien écrit.

Emma, le personnage principal, est une personne qui n’a pas la langue dans sa poche : elle dit ce qu’elle pense, elle est authentique, elle est sociable et courageuse. Elle entretient une excellente relation avec ses parents (surtout avec sa mère qui semble toujours la comprendre!) et son grand-frère de 16 ans. Ces deux derniers sont d’ailleurs très proches. Cela étant dit, j’ai quelques réticences quant à la représentation d’Emma, car j’ai eu l’impression que l’auteure n’avait pas imaginé son personnage comme étant une fille noire à l’écriture de son roman et cela a donné lieu à quelques non-sens. L’illustration de couverture lui a peut-être été proposée qu’au processus d’édition ?

Aucune description physique d’Emma ou des membres de sa famille n’est offerte dans le récit. Les autres personnages du récit, lorsqu’ils sont décrits, sont blancs. À plusieurs reprises, Emma rougit pour signifier son malaise, sa gêne ou son embarras :

  • « Ma mère m’a regardée en souriant. Je pense qu’elle est fière de m’avoir transmis cette assurance qui me permet de parler en public et d’aller vers les autres sans devenir rouge tomate » (p.99-100)
  • Lorsque Loïc, le gentil voisin dont elle tombera amoureuse dans la deuxième partie du récit lui dit qu’elle est « super belle », Emma écrit dans son journal : « J’ai détourné le regard en rougissant, et je me suis empressée de changer de sujet pour dissiper le petit malaise. » (p. 214).
  • « Je lui ai donc offert de jouer à la console pour éviter qu’il se rende compte de mon malaise et du fait que je ressemblais à une tomate, et heureusement pour moi, la diversion a fonctionné! » (p.246-247).

Ces trois petits passages, mine de rien, lancent le message qu’on rougit toujours lorsqu’on est embarrassé et du coup, les petites filles noires grandissent en s’imaginant que cela s’applique à elles aussi ! Or, il faut comprendre que les petites filles ne sont pas noires avant que l’on leur dise ou qu’on leur fasse sentir qu’elles ne sont pas comme les autres. Elles sont simplement des petites filles ! C’est la société qui leur force à réaliser qu’elles sont différentes, qu’elles sont « noires ». C’est toujours bien triste d’entendre une fille noire utiliser l’expression « Être rouge comme une tomate » pour parler d’elle-même, pensant que cela signifie simplement être embarrassé… !

Similairement, à la page 255, Emma mentionne qu’elle avait « les cheveux dans les yeux à cause du vent, et Loïc a gentiment repoussé une mèche pour la placer derrière [son] oreille. » Encore une fois, cela ne concorde pas avec la représentation d’Emma en page couverture où on la montre portant un superbe afro volumineux. Ai-je besoin de mentionner que les cheveux crépus ne bougent pas suffisamment dans le vent pour se rendre jusqu’au centre du visage ? Et puis, bon, j’ai encore jamais entendu parler de familles noires normalement constituées qui vont volontairement s’exiler dans le Bas-Saint-Laurent pour un été complet. C’est bizarre.

Tous ces éléments constituent une forme de microagression : On utilise l’image d’une fille noire en couverture pour faire un coup de marketing, mais ce n’est pas l’histoire d’une personne noire qui est racontée dans le livre. D’ailleurs, on ne fait pas vraiment l’effort d’offrir une représentation juste et réaliste d’une personne noire dans le récit. Ugh. Dommage.

Mise à jour du 9 septembre 2018: Eh bien, eh bien. Surprise: Je viens de découvrir que ce livre a d’abord été édité sous le titre « Les drôles de vacances de Coralie ». Même histoire, mais on a changé la couverture. Certains crient au « Black Washing », ou l’utilisation de personnes noires pour faire un coup de pub sans que celles-ci ne soit consultées ou qu’on fasse l’effort d’offrir une représentation juste. Isssssshhhh. Ça fait grincer des dents.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Girard-Audet
Maison d’édition: Les Malins Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782896575961
Public cible: À partir de 9 ans

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Je suis fou de Vava

vava« Si je m’approche trop près d’elle, mon cœur se met à battre à toute vitesse. On dirait qu’il va sortir de ma bouche pour tomber par terre. Je le vois là, à mes pieds, sur le point de se faire dévorer par une colonie de fourmis. »

Quel plaisir de retrouver Vieux Os et sa grand-mère Da à Petit-Goâve dans un album jeunesse. J’ai bien sûr lu et relu et re-relu L’Odeur du café de Dany Laferrière étant enfant et même à l’âge adulte. L’album ici magnifiquement illustré par Frédéric Normandin retrace l’été des dix ans de Vieux Os et son amour secret pour la belle Vava, son rayon de soleil. La police de caractère utilisée pour le texte rappelle une calligraphie enfantine, comme si c’était bel et bien Vieux Os qui avait écrit ces mots. Les paysages d’Haïti, pleins de couleurs chaudes, sont superbes. Une récit pour découvrir Haïti à travers les yeux d’un enfant, et qui aborde le caractère universel de l’amour. Magnifique.

∗ Prix du Gouverneur Général (Canada)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dany Laferrière & Frédéric Normandin
Maison d’édition: Les Éditions de la Bagnole Bouton acheter
Année de publication: 2013
ISBN: 9782897141004
Public cible: À partir de 5 ans

Dany Laferrière est un auteur haïtien Immortel de l’Académie française.

 dany-laferriere

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