Passe le ballon, Blanche-Neige !

Passe le ballon, blanche-neige 2Blanche-Neige est l’une des meilleures joueuses de l’équipe de soccer du village. Le problème, c’est qu’elle veut marquer tous les buts. Comment pourra-t-elle devenir une véritable équipière?

Le personnage principal de cet album pour les enfants est une petite fille au teint brun et aux cheveux lisses. On est bien loin de la Blanche-Neige créée par les frères Grimm. En effet, la fillette n’a que le nom du personnage du conte dont elle s’inspire : son histoire ne ressemble en rien à celle de Blanche-Neige. Passe le ballon, Blanche-Neige ! n’est donc pas un conte réinventé, mais plutôt une histoire contemporaire dans laquelle ont retrouve quelques éléments de l’univers des contes occidentaux (le village, les ogres, la prémisse débutant par « il était une fois… »). Et même si d’autres personnages portent les noms de personnages de contes de fées, par exemple Jacques (et le haricot magique) et Boucle d’or (et les sept ours), la similitude avec l’univers des contes s’arrête là. J’ai trouvé le tout un peu boiteux et maladroit.

Toutefois, si se dit qu’il ne s’agit pas d’un conte réinventé, mais plutôt d’une histoire contemporaine comme tant d’autres, alors Passe le ballon, Blanche-Neige devient beaucoup plus intéressant. C’est une histoire sur la valeur de l’esprit d’équipe et Blanche-Neige apprendra qu’on ne peut pas jouer au soccer seule; l’équipe a besoin de tous les joueur(e)s pour gagner ! On retrouve à la fin de l’album un mot à l’intention des adultes sur comment aborder l’esprit d’équipe auprès des enfants après la lecture du livre. On y retrouve également une idée d’activité à faire en classe : la création d’un journal collectif.

Enfin, l’album, dont la couverture est souple, se révèle assez fragile. Dommage.

Passe le ballon, blanche-neige

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sue Nicholson & Flavia Sorrentino
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9781443176392
Public cible: 4 ans et plus
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Poucette de Toulaba

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Princes des fatras

princes des fatrasSur l’île d’Haïti, la bande de Jeanjean, Cliff, James, Will et Flam grandit dans le quartier défavorisé de Cité Soleil. Pour contrer la pauvreté et l’ennui, ils ont trouvé une parade : le foot ! Un jour, M. BoB leur ouvre les portes de son club et la perspective de grands défis.Une bouleversante histoire d’amitié et une belle leçon d’humanité, alors qu’Haïti, frappé par un terrible tremblement de terre, étouffe sous l’accumulation des déchets, les fatras.

Le mystère entourant le personnage principal m’a intrigué dès les premières pages. On s’adresse directement au lecteur à la deuxième personne du pluriel, mais on en sait bien peut sur celui ou celle qui nous raconte l’histoire. Ce n’est qu’à la 87ème page qu’on nous révèle qu’il s’agit d’une fille, Gina. 87 pages où à aucun moment le genre de la narratrice n’a été révélé, perçu ou même supposé, malgré sa présence dans les illustrations. Un tour de force littéraire qui m’a grandement plu ! Lorsque Gina se révèle à nous, on découvre une jeune fille intelligente, sportive, pleine d’idées et ayant un esprit entrepreneuriat assez prononcé malgré ses 11 ans.

L’auteur, d’origine française, nous fait voyager dans Cité Soleil, une ville haïtienne délaissée, comme si nous y étions. Malgré la pauvreté, la violence et la malpropreté de la ville, on aperçoit à la lecture de ce roman une Haïti belle, fière, pleine de potentiel et culturellement riche. On nous fait découvrir le classique « Gouverneurs de la Rosée » du grand écrivain haïtien Jacques Roumain et la créativité des haïtiens. Le ton est juste, sans condescendance et sans prendre les haïtiens en pitié. Un roman captivant qui plaira aux enfants comme aux adultes ! À noter que certains mots créole ne sont pas traduits, mais ne minent pas la compréhension du texte. À lire au plus vite !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jean Claverie & Jean-Yves Loudes
Maison d’édition : Belin Éditeur
Année de publication : 2015
ISBN : 9782701193755
Public cible : 10 ans et plus

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20, allée de la Danse : La tournée au Japon

20 allée de la danse tournée au japonLes élèves de l’École de Danse vont partir au Japon ! Ils se donneront en spectacle dans plusieurs villes. Depuis qu’elle le sait, Maïna ne pense qu’à une chose: elle va enfin rencontrer Daisuke, un Japonais de son âge, avec qui elle correspond sur un site consacré aux figurines porte-bonheur. Daisuke par-ci, Daisuke par-là… Ses copains finiraient presque par être jaloux !

Sixième titre d’une série issue d’une partenariat inédit permettant de rendre compte fidèlement du quotidien des élèves de l’École de Danse de l’Opéra national de Paris, 20, allée de la Danse : La Tournée au Japon se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. En effet, l’auteure Élizabeth Barféty raconte ici une histoire qui se tient bien en elle-même sur une troupe de danse qui part en voyage en Asie. Dès les premières pages, les personnages nous sont présentés et les membres de la bande de Maïna nous semblent déjà familiers: Constance la brune sérieuse, Zoé la rousse malicieuse, Sofia la timide Italienne, Colas le blond secret et Bilal, le brun qui s’amuse de tout. Malgré leurs différences individuelles, j’ai trouvé les personnages secondaires assez unidimensionnels: Sofia n’est que timide, Bilal n’est que farceur, etc. Cela dit, je ne doute pas qu’à la lecture des autres tomes, chaque personnage gagnera à être reconnu avec plus de profondeur. Maïna est collectionneuse, martiniquaise et douce. Elle parle anglais et un peu de japonais. Elle sait gérer les situations stressantes avec calme et de manière réfléchie. Sa famille ne vit pas en France. Maïna s’interroge sur l’amour et sur sa relation avec Daisuke. D’ailleurs, la complexité des émotions rendent le récit vivant et réaliste. L’auteure nous fait vivre sa passion et son excitation pour la danse et le ballet. Chaque jour, elle fait ce qu’elle aime et elle a les meilleurs amis du monde. Et puis, une danseuse de ballet noire, on n’en voit pas tous les jours, pourtant elles existent et chamboulent les stéréotypes, dont celui, tenace, que le ballet est une danse « pour les blanches ». Pensons à Misty Copeland, Michaela DePrince ou à Alison Stroming.

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« Et quand le cours se termine, elle ressent une joie pure. Simple. « Je ne pourrais pas vivre sans danser », songe-t-elle en se rhabillant. Elle se fait souvent cette réflexion, mais ne cesse jamais de s’émerveiller. « J’ai tellement de chance !  » se dit-elle en se dirigeant vers une autre salle, où aura lieu le second cours de l’après-midi. » (p.24)

J’ai adoré l’atmosphère de camaraderie et l’amitié qui uni tous les membres de la bande de danseurs. Quel plaisir de partager avec Maïna sa fébrilité avant un spectacle, son excitation face aux costumes, son intérêt pour les pièces et les mouvements, les répétitions, les morceaux joués par les pianistes accompagnateurs, le voyage. À noter que les garçons font aussi du ballet et c’est tout à fait normal dans ce livre. J’ai voyagé en même temps que la troupe de danse au Japon en apprenant sur le Meiji-Jingu, un sanctuaire religieux de Tokyo, les ryokans, des auberges traditionnelles de Kyoto, les cerfs de Nara et le métro de Tokyo.

« Lors de son premier spectacle à l’École, sa peau de Martiniquaise lui avait brusquement rappelé sa différence. La couleur des collants « chair », le maquillage que les autres s’échangeaient… Rien n’était adapté à elle ! (…) Maïna sourit en vérifiant son apparence dans le miroir. Elle est habituée maintenant, elle sait mettre ses yeux en valeur pour que son visage soit le plus expressif possible sur scène, et aucune mèche rebelle n’oserait plus frisotter sur son chignon. Elle est prête à entrer en scène.  » (p.85-86)

On retrouve à la fin du récit deux pages informatives sur l’école de danse national de Paris, dont un paragraphe sur son caractère cosmopolite. Un roman très réussi qui nous fait vivre de belles émotions tout en nous faisant découvrir l’univers de la danse classique ! Je recommande !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Élizabeth Barféty & Magalie Foutrier
Maison d’édition: Nathan Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782092572573
Public cible: À partir de 9 ans
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J’apprends le basket

j'apprends le basketTu vas commencer le basket. Découvre le club, les règles du jeu, l’entraînement et les premiers exercices pour contrôler le ballon, sans oublier l’arbitrage et l’Esprit d’équipe. Avec ton « Doc Sport », dribble vers le panier et pars à la découverte du basket.

Abondamment illustré, ce documentaire pour les petits leur fera découvrir une foule d’information sur le basketball. Chaque double page s’intéresse à un volet de ce sport: la tenue, la vie de groupe, le terrain, le jeu, habituer son corps, maîtriser son ballon, faire des passes, dribbler, etc. On suit ainsi l’entraînement d’une petite fille noire. Très complet ! Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuelle Ousset & Anne-Olivia Messana
Maison d’édition: Milan Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782745992222
Public cible: 6 ans et plus
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Cours, Ayana !

cours ayanaPetite Éthiopienne, Ayana vit sur les hauts plateaux et court tous les matins avant d’aller à l’école. Elle rêve de devenir une championne de marathon et veut remporter la prochaine course d’Addis-Abeba à laquelle elle s’est inscrite. Peut-être gagnera-t-elle assez d’argent pour s’acheter des baskets et même pour aider sa famille ? 

L’histoire est simple, séparées en chapitres et abondamment illustrée. Ayana, le personnage principal, est une jeune fille déterminée et persévérante ayant de fortes valeurs familiales. Pour sauver son père, elle se sacrifie et manque le marathon d’Addis-Abeba auquel elle rêve de participer.

Ce petit roman réjouira les jeunes lecteurs de niveau avancé qui se réjouiront d’avoir lu un premier livre à chapitres. Attention, assurez-vous que vos lecteurs ont bien compris le récit car lire est une chose et comprendre ce qu’on lit en est une autre !

Je n’ai pas décelé de clichés dans ce livre, autre le fait qu’encore une fois, on nous présente un personnage noir africain et pauvre vivant en région rurale, comme cela se fait très souvent en littérature jeunesse. Pour l’originalité, on repassera.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Agnès Laroche & Vincent Boyer
Maison d’édition: Rageot
Année de publication: 2017
ISBN: 9782700252385
Public cible: 8 à 11 ans
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Roller girl

rollergirlAstrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte… Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl. Leur amitié survivra-t-elle à l’entrée dans l’adolescence et à leurs goûts qui se révèlent de plus en plus différents l’un de l’autre?

Dès que j’ai vu ce livre à la librairie, j’ai tout de suite pensé aux romans graphiques de Raina Telgemeier (Soeurs, Drame, Fantômes et Souris que j’ai dévorés ces derniers mois). Il y a plusieurs ressemblances avec les livres de l’auteure américaine: une héroïne (blanche), à l’aube de l’adolescence, qui apprend à grandir, à se connaître et à surmonter les difficultés. Roller Girl suit un peu le même genre de trame narrative; il s’agit d’une histoire sur le passage à l’adolescence, sur l’amitié et sur la découverte de soi. Le style graphique n’est bien sûr pas le même, mais la mise en page est dynamique et les illustrations m’ont charmée.

Astrid ne s’intéresse pas au magasinage, aux garçons et au ballet comme son amie de toujours, Charlotte. Elle ne porte jamais de rose, préfère les sciences et le sport. Les deux amies vivent leur dernier été avant le collège (l’équivalent du secondaire 2) et réalisent au fil des jours qu’elles s’éloignent l’une de l’autre. Sans compter que sa pire ennemie, la méchante et superficielle Rachel, se lie d’amitié avec Charlotte… Astrid découvre le Roller Derby, un sport de patins (surtout féminin) où les coups sont permis, lors d’une sortie culturelle avec sa mère. C’est le coup de foudre. Et ce coup de foudre pour le sport, c’est surtout grâce à Rainbow Fight (en version originale: Rainbow Bite), une jammeuse (joueuse de Roller Derby qui compte les points) afro-américaine, musclée, les cheveux crépus et des chaussettes aux couleurs de l’arc-en-ciel aux pieds. Rainbow Fight est un personnage secondaire, mais c’est elle la force qui fait avancer l’histoire. Astrid l’admire et lui demande conseil sur le sport et sur la vie via des messages laissés Roller-Girl-1anonymement dans son casier. Elle accroche même le poster de sa joueuse étoile sur le plafond de sa chambre. Et un jour, peut-être, elle deviendra aussi douée qu’elle…

Cela m’a beaucoup touché de voir un personnage noir dans un rôle si fort, même s’il est secondaire. Rainbow Fight est un guide qui aide la jeune Astrid a se découvrir elle-même, à se surpasser et à faire les bons choix. Un modèle positif, donc, que j’ai adoré admirer autant qu’Astrid. Au final, Astrid en apprend beaucoup sur la vie grâce à Rainbow Fight (à moins que ce soit le contraire…? Je ne vous gâche pas la surprise, lisez cette bande dessinée au plus vite !)  Roller Girl est un roman graphique bourré d’émotions vives qu’on dévore d’un coup.

Coup de cœur !

* Ce livre est un bestseller du New York Times.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Victoria Jamieson & Seyres, Chloé
Maison d’édition404 Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9791032400517
Public cible: 11 ans et plus

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Je suis une ballerine

je suis une ballerineDe magnifiques illustrations font la beauté de ce livre racontant la passion d’une fillette pour le ballet classique. La fillette en question, à la silouhette ronde, à la peau brune, au nez épaté et aux cheveux frisés, contribue à augmenter la visibilité des personnages noirs en littérature jeunesse. Issu de la collection « Je veux lire » chez Scholastic, ce livre est parfait pour un enfant qui apprend à lire; il ne contient que 51 mots et pas plus qu’une courte phrase par page. Bel équilibre entre le texte et les illustrations. Parfait pour la salle de classe! Chapeau!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kristen Hall & Anne Kennedy
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2009
ISBN: 9780545981262
Public cible: 3 à 6 ans.

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