Les incroyables aventures de Baba Wildy

Les incroyables aventures de Baba WildyBaba Wildy est un jeune homme orphelin afro-américain. Son frangin à lui c’est son meilleur copain : un petit hamster au très « très » fort caractère qu’il a surnommé Trombone. Ensemble ils vont devoir affronter les pires individus, les pires situations, frôler la mort et le désespoir ; mais leur amour de la vie les amènera à surmonter les épreuves et faire une découverte extraordinaire à laquelle ils ne s’attendaient plus !

Ce que j’ai aimé

Ce livre a été une découverte pour moi car je ne connaissais pas Sister and Brother, une toute jeune maison d’édition qui se spécialise en littérature jeunesse. « Les incroyables aventures de Baba Wildy » mélange les genres: c’est à la fois un roman et un scénario de film qui d’ailleurs est en préproduction. Le texte est ainsi entrecoupé de scénarimages qui nous indiquent les séquences, les mouvements de caméra, les déplacements des personnages sur l’image et les plans prévus.

Le récit plein de rebondissements plaira aux amateurs d’aventure. Le rythme, soutenu, nous tient en haleine du début à la fin ! De plus, l’amitié entre Baba Wildy et Trombone est touchante. Baba Wildy est un personnage intéressant. Antihéro, il ne se trouve pas particulièrement beau ni intéressant et manque de confiance en lui. Il fera toutefois face à certaines épreuves qui feront de lui un homme plus sûr de lui. Un bon modèle pour les jeunes ! Et puis, je préfère les histoires qui finissent bien et c’est justement le cas dans ce roman.

Ce que j’ai moins aimé

Les femmes ne sont présentes que rarement dans le récit, et lorsqu’elles le sont, cette présence prend soit la forme d’un intérêt amoureux soit celle d’une distraction. Par exemple, lorsqu’on découvre Trouyanov (le vilain de l’histoire) assis à son bureau entouré de « quatre créatures de rêve : une Baba wildyblonde aux yeux verts, une brune aux yeux bleus, une asiatique aux yeux noirs et une métisse aux yeux jaunes » (p.157). J’ignore si je suis plus découragée par l’usage de l’expression « créatures de rêve » (aussi utilisée aux pages 194, 196 et 198) pour faire référence à des personnes humaines, par l’absence de femmes noires dans l’imaginaire de ce que puisse être une femme désirable ou par le fait que la seule utilité de ces femmes est d’être au service d’hommes (notamment en leur servant de la vodka en silence). J’hésite.

Autre exemple: lorsqu’un missile muni d’une caméra dirigé à distance par des agents secrets à l’aide d’un joystick se faufile dans un magasin, se retrouve au milieu du rayon des sous-vêtements féminins et en profite pour stopper sa trajectoire afin de zyeuter les femmes occupées à essayer certains modèles :

Il a les yeux exorbités à la vue de cette foule féminine à moitié déshabillée.
– Oh j’y crois pas. Reluque-moi ça !!! s’esclaffe-t-il.
– Vas-y FREINE !!! hurle Le Hibou
Soudain, le missile s’arrête.
Il reste figé au beau milieu des femmes médusées. Il fait un clin d’œil à Pivert.
– Regarde !!! Les cabines !!!
– Où ??!!!
– Là !!!
Il lui montre un des écrans du doigt.
[…]
– Wahouh !!!! T’as vu les bombes ???!!!! bave Pivert.
Le Hibou découvre une femme à la poitrine imposante.
– Oouhhff le canon !… T’as vu ses boulets?!
(p.45-46)

De plus, l’une des victimes de ce voyeurisme, dont le « soutien-gorge a la graine généreuse » fait même un « sourire un peu effrayé à l’énorme bombe pointée devant elle » (p.46). Sourire bêtement à une arme capable de vous tuer, c’est quand même assez étrange. L’auteur utilise aussi à l’occasion le terme « donzelle » pour faire référence à Blanche, une jeune femme aveugle dont Baba est secrètement amoureux (p.116). Bref, usage de ces termes péjoratifs et irrespectueux envers les femmes, ainsi que leur représentation plutôt paternaliste m’a dérangé.

Avis aux parents: À noter qu’on fait usage d’armes à feu dans le récit, que des personnages abusent de l’alcool fort (on affirme d’ailleurs que l’alcool est un remède « très, très efficace […] contre la solitude » (p.193)) et qu’il y a présence de quelques vulgarités. Pour lecteurs avertis.

Je remercie les éditions Sister and Brother de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Éric Atlan
Maison d’édition: Éditions Sister and BrotherBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 295633400X
Public cible:  Ados

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Jan des cavernes

jan des cavernesJan des cavernes est un conte préhistorique qui se passe « il y a très très très longtemps », quand « il était une fois » n’existait pas encore… Wa Wa Jan vit dans sa tribu de chasseurs-cueilleurs, il y a plus de 20 000 ans. Lorsqu’il brise par mégarde le rocher-totem de son clan, Wa Wa Jan est banni. Il se retrouve dans un pays de grottes et de volcans, où les animaux préhistoriques vont le révéler à lui-même.

Cette sympathique bande dessinée sans texte est issue de la collection « Ma première BD » chez Pouss’ de Bamboo. On y retrouve une phrase pour introduire chaque planche (une page), un atelier pour apprendre à dessiner les personnages et l’histoire dans sa version texte en fin d’album. On suggère aux enfants de 3 ans et plus, mais attention, il y a des scènes de bataille (rien de bien méchant, mais quand même), les personnages ne sont pas toujours gentils et se montrent même parfois mesquins. Une lecture accompagnée s’impose pour les plus petits. Bien que la BD soit sans texte, il faut tout de même bien connaître les codes du genre pour ne rien manquer (trois gouttes sur la tête signifie l’étonnement, mais devant la bouche, elles signifient le cri; un gribouillage
en spirale sur la tête signifie l’étourdissement; les étoiles signifient l’impact ou la douleur, etc.)

Wa wa jan se lie d’amitié avec une jeune fille rousse issue d’un clan maudit après l’avoir libérée d’une malédiction qui l’avait changée en ours. Cette dernière sera acceptée au sein du clan des Hommes Bleus de Wa wa jan et on suppose que c’est le début d’une belle histoire d’amour et d’amitié. Dans l’atelier de dessin, on nomme la jeune fille « Princesse » jan des cavernes 2
alors que rien dans le texte ne laisse suppose que c’en est une. J’ai trouvé dommage qu’on nous ressorte le vieux cliché voulant que toutes les filles sont des princesses attendant d’être sauvées, puis mariées. De plus, on parle des « Hommes » pour parler de tout le clan, comme si les femmes n’en faisait pas partie.

Le conte écrit dans la troisième partie du livre offre un texte assez dense, assez rédhibitoire pour les apprentis lecteurs. Beaucoup de mots difficiles dont aucune définition n’est incluse. Malgré tout, les phrases sont courtes et simplement écrites au présent de l’indicatif, faisant du texte une lecture somme toute assez agréable pour les lecteurs avancés.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Antoine Meunier-Gachkel & Domas
Maison d’édition: Bamboo éditions Bouton acheter
Année de publication: 2018
ISBN: 9782818944578
Public cible: À partir de 3 ans

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Yennega: La femme lion

Yennega femme lionUn roi rêvait d’avoir un garçon. Il eut une fille qu’il appela Yennega. Malgré tout l’amour qu’un père peut avoir pour sa fille, le roi l’éleva comme un garçon. Yennega trouva rapidement sa place dans cet univers masculin, faisant souvent preuve de plus d’audace et de courage que la plupart des garçons. Adulte, elle intégra l’armée royale jusqu’au jour où elle désira se marier et avoir un enfant.

Voilà un conte africain (écrit par un auteur blanc) que l’on prend plaisir à lire. Rien de bien original toutefois; j’aurais aimé une fin moins clichée et plus inattendue. L’auteur représente ici l’Afrique rurale et traditionnelle; on est loin du centre-ville d’Abuja. Le récit m’a semblé patriarcal et anti-féministe; le garçon est l’enfant souhaité et, pour plaire et être acceptée, la fille se comporte comme le sexe opposé. Or, elle accomplira tout de même son « rôle de femme », c’est-à-dire souhaiter et avoir des enfants. C’est doublement problématique, surtout dans la manière que c’est amené dans l’histoire: comme un cheveu sur la soupe. Ordinaire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yann Dégruel
Maison d’édition: Delcourt Jeunesse Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782756086880
Public cible: 10 ans et plus

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Une visite chez le coiffeur

une visite chez le coiffeurLes éditions Passe-temps ont mis sur pied la collection Escalire et offre des livres de lecture graduée. La collection contient 156 livres répartis sur 15 niveaux (lettres A à O). Le livre que j’ai lu est le E4, à lire en première année du primaire (CP – Classe préparatoire). Elle met en scène des personnages présents dans les titres précédents de la collection Escalire, dont Barbe Blonde, un pirate maladroit qui découvre les temps modernes. Dans cette histoire, on suit Émilie, une fille rusée au sens de l’humour aiguisé qui joue un tour à Barbe Blonde en le faisant à son issue teindre sa barbe en rose. Émilie n’est présente que sur quatre illustrations, mais c’est elle qui fait avancer l’histoire. La chute m’a un peu agacée; le gag, c’est de dire qu’un pirate avec une barbe rose, c’est tellement ridicule. Car un pirate est fort et viril, et le rose, « c’est pour les filles ». Personnellement, je ne vois pas trop l’intérêt de véhiculer ce genre de message sexistes aux enfants. Une barbe vert fluo, à pois, rayée ou multicolore aurait eu le même effet: ça ne fait pas sérieux pour un pirate, mais au moins, ça n’aurait pas été sexiste. À vous de juger si ce genre de message vous convient.

La collection Escalire est extrêmement bien montée, parfait pour soutenir votre enfant à l’apprentissage de la lecture. Les mots répétitifs sont en caractère gras, les phrases sont simples, la syntaxe est variée, les images sont séquentielles et ne comportent que les éléments importants. Enseignants et éducateurs, pourquoi ne pas vous procurer la collection pour votre classe?

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pascal-Hugo Caron-Cantin & Dannie Pomerleau
Maison d’édition: Éditions Passe-temps Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782896306275
Public cible: 6 à 7 ans

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Lola Lune

lola luneNino et Milo passent leurs journées dans un terrain vague. Personne d’autre n’ose y entrer: c’est leur repère. Un jour, ils ont un visiteur. Pire que tout: c’est une fille ! Mais lorsque Lola construit un fantastique bolide, puis un incroyable bateau pirate, ils doivent bien avouer qu’elle a vraiment de bonnes idées…

J’ai beaucoup aimé la prémisse de cet album: une fille parviendra-t-elle à prouver aux garçons qu’elle a leur place dans leur groupe « réservé aux garçons »? Très belles illustrations et mise en page dynamique. Une histoire sur l’imagination qui déconstruit à sa manière les stéréotypes sexistes sur le genre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gregoire Mabire, Elizabeth Baguley
Maison d’édition: Éditions Gründ
Année de publication: 2005
ISBN: 2700011813
Public cible: À partir de 4 ans

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