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La ruelle

la ruelle« Élodie, je reviens. Attends-moi deux minutes. » Mais Élodie n’attendra pas son papa. Elle s’aventurera dans la ruelle. SEULE. Quelles découvertes y fera-t-elle ?

Les pages de garde nous font découvrir la ruelle qui s’étend derrière chez Élodie. On reconnaît facilement les ruelles montréalaises, avec leurs arbres matures, leurs jardins communautaires, leurs écureuils , leurs clôtures dépareillées, leurs sols couvert de jeux d’enfants et leurs cordes à linge. Dans la ruelle qui borde la maison d’Élodie, on y découvre les maisons des voisins : Aimée, chez monsieur Lagacé, Madame Lavoie, Monsieur Bélair, Monsieur Brochu, Madame Bernard et son bouvier, Monsieur Desjardins et les fourmis. Le lecteur s’amusera à se référer aux pages de garde pour se repérer dans l’histoire et imaginer lui-même tout ce qui se passe dans cette ruelle.

Le texte est écrit au présent et à la première personne du singulier. C’est en effet le point de vue d’Élodie que l’on découvre tout au long du récit. Élodie qui saute comme dans une marelle, Élodie qui tourne sur elle-même tel une toupie, Élodie qui explore, Élodie qui découvre. On la suit dans ce court moment de découverte où elle rencontrera une nouvelle amie. Leur rencontre d’ailleurs est savoureuse: elles se font des grimaces, puis éclatent de rire. C’est le début d’une nouvelle amitié. Élodie est Noire et vit une existence typiquement montréalaise. On ne mentionne rien sur ces origines. Élodie est simplement une petite fille qui vit dans une maison donnant sur une ruelle arrière. C’est tout.

Le format à l’italienne de cet album splendide rappelle, par sa longueur, la linéarité des ruelles montréalaises. Les auteurs ne s’empêchent pas quelques fantaisies en optant de manière impromptue pour une mise en page verticale; il faudra donc tourner l’album de sens pour continuer la lecture. Un récit du quotidien drôle et touchant par sa familiarité. Le texte, majoritairement en prose, intègre de manière harmonieuse des phylactères empruntés aux bandes dessinées lorsqu’il y a présence de dialogues, parfois en hors-champs. Je recommande vivement !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Céline Comtois & Geneviève Després
Maison d’édition: D’eux Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782924645161
Public cible: 4 à 11 ans.
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Un été au chalet

un été au chaletPour la première fois de sa vie, Emma, dix ans et deux mois, doit passer trois longues semaines estivales loin de Léo, son grand frère adoré. Comble du malheur, ses parents ont loué un petit chalet dans le Bas-Saint-Laurent ! Heureusement, Emma traîne avec elle son petit carnet rouge pour relater tout ce qui marquera ces semaines chargées en émotions. Qui est ce garçon qui regarde la mer sans dire un mot ? Pourquoi les trois voisines ne l’invitent-elle jamais à jouer avec elles ? Et pourquoi la libraire du village la regarde-t-elle ainsi avec de gros yeux ? 

La lecture de ce roman m’a beaucoup plu ! Catherine Girard-Audet a une formidable capacité à se glisser dans la peau des filles de 9-10-11 ans. On ne sent pas du tout qu’il s’agit d’un adulte qui a écrit le livre; les émotions sont vraies, les personnages sont réalistes, leurs réactions sont appropriées à leur âge. À noter qu’il y a quelques québécismes dans le texte (« Ça n’a pas vraiment adonné », « avoir de la misère à faire quelque chose », « j’haïs », etc.), mais que le roman est tout de même fort bien écrit.

Emma, le personnage principal, est une personne qui n’a pas la langue dans sa poche : elle dit ce qu’elle pense, elle est authentique, elle est sociable et courageuse. Elle entretient une excellente relation avec ses parents (surtout avec sa mère qui semble toujours la comprendre!) et son grand-frère de 16 ans. Ces deux derniers sont d’ailleurs très proches. Cela étant dit, j’ai quelques réticences quant à la représentation d’Emma, car j’ai eu l’impression que l’auteure n’avait pas imaginé son personnage comme étant une fille noire à l’écriture de son roman et cela a donné lieu à quelques non-sens. L’illustration de couverture lui a peut-être été proposée qu’au processus d’édition ?

Aucune description physique d’Emma ou des membres de sa famille n’est offerte dans le récit. Les autres personnages du récit, lorsqu’ils sont décrits, sont blancs. À plusieurs reprises, Emma rougit pour signifier son malaise, sa gêne ou son embarras :

  • « Ma mère m’a regardée en souriant. Je pense qu’elle est fière de m’avoir transmis cette assurance qui me permet de parler en public et d’aller vers les autres sans devenir rouge tomate » (p.99-100)
  • Lorsque Loïc, le gentil voisin dont elle tombera amoureuse dans la deuxième partie du récit lui dit qu’elle est « super belle », Emma écrit dans son journal : « J’ai détourné le regard en rougissant, et je me suis empressée de changer de sujet pour dissiper le petit malaise. » (p. 214).
  • « Je lui ai donc offert de jouer à la console pour éviter qu’il se rende compte de mon malaise et du fait que je ressemblais à une tomate, et heureusement pour moi, la diversion a fonctionné! » (p.246-247).

Ces trois petits passages, mine de rien, lancent le message qu’on rougit toujours lorsqu’on est embarrassé et du coup, les petites filles noires grandissent en s’imaginant que cela s’applique à elles aussi ! Or, il faut comprendre que les petites filles ne sont pas noires avant que l’on leur dise ou qu’on leur fasse sentir qu’elles ne sont pas comme les autres. Elles sont simplement des petites filles ! C’est la société qui leur force à réaliser qu’elles sont différentes, qu’elles sont « noires ». C’est toujours bien triste d’entendre une fille noire utiliser l’expression « Être rouge comme une tomate » pour parler d’elle-même, pensant que cela signifie simplement être embarrassé… !

Similairement, à la page 255, Emma mentionne qu’elle avait « les cheveux dans les yeux à cause du vent, et Loïc a gentiment repoussé une mèche pour la placer derrière [son] oreille. » Encore une fois, cela ne concorde pas avec la représentation d’Emma en page couverture où on la montre portant un superbe afro volumineux. Ai-je besoin de mentionner que les cheveux crépus ne bougent pas suffisamment dans le vent pour se rendre jusqu’au centre du visage ? Et puis, bon, j’ai encore jamais entendu parler de familles noires normalement constituées qui vont volontairement s’exiler dans le Bas-Saint-Laurent pour un été complet. C’est bizarre.

Tous ces éléments constituent une forme de microagression : On utilise l’image d’une fille noire en couverture pour faire un coup de marketing, mais ce n’est pas l’histoire d’une personne noire qui est racontée dans le livre. D’ailleurs, on ne fait pas vraiment l’effort d’offrir une représentation juste et réaliste d’une personne noire dans le récit. Ugh. Dommage.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Girard-Audet
Maison d’édition: Les Malins Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782896575961
Public cible: À partir de 9 ans

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Aubergine et Perdido

perdidoPar un soir d’hiver, Aubergine trouve un chaton perdu. Papou et Mamou acceptent de le garder. Une relation tendre et câline se développe, mais la petite pourra-t-ell adopter Perdido?

Nous retrouvons ici une nouvelle aventure d’Aubergine, toujours aussi attachante. Toujours de très belles illustrations faites à l’ordinateur, toujours le texte dont certains mots ont une graphie différente, et toujours des dialogues à l’intérieur de phylactères à la manière d’une bande dessinée. Il s’agit d’une des premières série de livres pour enfants d’âge préscolaire que j’ai connue mettant en scène un personnage dont le père est noir et la mère, blanche. Le thème de la famille est toujours très présent dans la série, avec plusieurs traces laissées ici et là à travers les pages, d’une vie de famille effervescente. Plusieurs clins d’oeil à la vie montréalaise ponctuent également l’album: Le journal de Montréal, le fameux bac de recyclage bleu, le Journal Voir, des bagels, etc. Agréable.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Roselyne Cazazian
Maison d’édition: Hurtubise
Année de publication: 2010
ISBN: 9782896472451
Public cible: 4 à 8 ans

Avez-vous lu ce livre à un enfant? Partagez votre expérience dans les commentaires!

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Le macareux moine

Le_macareux_moine

Ramicot Bourcicot se porte mieux. C’est pourquoi il peut aller camper avec son père et son ami Carlito sur l’île Nue, dans l’archipel de Mingan. Deux jours sans entendre râler sa soeur Sagette, quelles vacances! Mais surtout, deux belles journées à observer les oiseaux et à explorer l’île déserte. Déserte? Pas tant que ça…

Lorsque j’étais enfant, La Courte Échelle était ma maison d’édition préférée. Je dévorais tous leurs livres. Quelle plaisir de relire un petit roman de cette maison d’édition. On suit Ramicot, un enfant (noir, probablement d’origine haÏtienne?) atteint d’une maladie (non nommée dans ce titre de la série, une petite recherche en ligne m’indique qu’il s’agit d’anémie falciforme, un handicap qui l’empêche d’aller à l’école) qui part camper avec son père (qu’il appelle Papi, comme le font beaucoup d’Haïtiens) et son meilleur ami. Probablement issu de la deuxième génération d’immigrants haïtiens au Québec, Ramicot ne parle pas créole. Comme je n’ai pas lu le premier tome de la série, plusieurs détails m’ont échappé. Malgré tout, j’ai bien aimé le récit et les illustrations en noir et blanc d’Élisabeth Eudes-Pascal. Une série à découvrir à votre bibliothèque municipale!

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Sylvain Meunier
Maison d’édition: La Courte Échelle
Année de publication: 2007
ISBN: 9782890219359
Public cible: À partir de 7 ans

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Awa dans le désert

awa dans le désert

Billy, l’ami d’Awa, l’invite au Nevada. Ça promet! Elle accepte et se retrouve donc à Desert City. Un désert de sable entoure la ville et un lac y est aménagé. Mais les maisons à vendre s’y comptent par dizaines. Pourquoi les gens veulent-ils partir? Awa réussira à résoudre un grave problème. Une autre aventure où l’on se préoccupe d’environnement.

Un récit qui fait voyager entre Montréal et le sud des États-Unis, et qui a bien veilli. La protection de l’environnement est aujourd’hui encore un sujet d’actualité. Il s’agit du deuxième titre de la série Awa dont le personnage principal est une métisse intelligente et enjouée dont le père est québécois. Ce livre étant épuisé, trouvez-le à votre bibliothèque de quartier.

Vous aimerez peut-être: Sur le même thème, il y a Pourquoi je dois économiser l’eau?. Si vous cherchez d’autre petits romans pour enfants, essayez Le marcareux moine.

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Sur les traces de Loubaye Dantor

loubaye dantorEntre les jokes à l’école et les explications sur mes origines haïtiennes, j’ai l’impression d’être un alien. Mes parents auraient vraiment pu trouver mieux. C’est bien simple, je déteste ce prénom. Je supporte encore moins tout ce qu’il représente. Il me condamne à ne jamais m’éloigner de mes racines, alors que je suis avant tout Québécois. Je refuse d’être enfermé dans une culture, dont j’ignore presque tout. C’est un pays associé à la misère et aux catastrophes naturelles. Mais si cette île avait bien plus à m’offrir?

La littérature jeunesse manque bien souvent de diversité ethnique et raciale. Quel vent de fraîcheur que de lire ce livre dont le personnage principal, né au Québec (Canada), est d’origine haïtienne. Une rareté dans le paysage de l’édition adressée aux enfants. Les questionnements de Loubaye sur son identité (est-il québécois ou haïtien?), le rejet de ses origines haïtiennes tout en ayant le sentiment de ne pas être totalement québécois… plusieurs ados de la deuxième génération d’immigration pourront s’y identifier. On en apprend un peu sur Haïti et sur sa richesse. Très court, ce livre est un « mini-roman pour adolescents », de petits livres de moins de 100 pages, à la mise en page aérée (on aime ou pas), qu’on lit en un trajet aller-retour en autobus ou en métro. Ce format plaira aux lecteurs récalcitrants. Le ton est parfois un peu trop calculé et les dialogues, peu naturels, rendant le récit mécanique. Quelques passages invraisemblables au niveau du récit. Malgré tout, voilà un livre à lire, si ce n’est pour montrer aux ados racisés qu’il existe des romans dont les personnages principaux les ressemblent, et qui se posent les mêmes questions qu’eux sur leur identité et sur leur place dans le monde. Certains passages sexistes. Quelques passages créoles (traduits en bas de page). Contexte québécois.

Je n’aime pas qu’on m’enferme dans une identité. Je me sens comme dans une cellule de prison. Ou une camisole de force. Je suis Haïtien d’origine, mais aussi un Québécois d’un genre nouveau. Je suis né ici. J’aime le rap, le hip-hop et le slam. On me considère comme un Noir. Je crois plutôt que je suis black. Voilà qui je suis vraiment. J’ai bien dit black! Noir, pour moi, c’est négatif et réducteur. Ça fait appel à la couleur de la peau.  Être black, c’est plus qu’une couleur. C’est un style de vie, une façon d’habiter le monde. (p.26)

Jean Fils-Aimé est un auteur et essayiste canadien.

jean fils aimé

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jean Fils-Aimé
Maison d’édition: Bayard Canada Bouton acheter
Année de publication: 2015
ISBN: 9782895796671
Public cible: À partir de 13 ans

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Ti Pinge

pingeTi Pinge vivait avec une parente éloignée, Madame M, qui ne l’aimait guère. Toute la journée, c’était Ti Pinge par-ci, Ti Pinge par-là. Vous vous rendez compte? Passer toute sa vie ainsi! Mais voilà, notre astucieuse Ti Pinge, avec la complicité de ses petites camarades de classe, échafauda un scénario qui lui permettra de déjouer le stratagème malveillant de Madame M. Cet album est un message d’amour et d’espoir adressé aux enfants du monde à qui le respect est refusé.

English summary: Ti Pinge lived with a distant relative, Madame M, who didn’t like her one little bit. All the live long day, it was « Ti Pinge » here and « Ti Pinge » there. Juste imagine! Spending your whole life saying « yes ma’am » here, and « Yes, Ma’am » there. But in this story, clever Ti Pinge, with the help of here classmates, comes up with a way to turn the tables on Madame M who had a nasty trick in store for her. This book is a message of love and hope for all the children of the wolrd who suffer disrespect.

Mon avis : Joujou Turenne sait comment raconter les histoires, c’est le cas de le dire! Quel conte intéressant, vibrant! Tous les ingrédients du conte sont là: une narration pleine de vie et de surprises, un récit où tout est possible (« parole de conteuse! »), le mystère, la morale de l’histoire, les « krik! » auxquels il faut répondre « Krak! », les « Mistikrik! » auxquels il faut répondre « Mistikrak! », et, petit bonus, un arrangement musical très réussi par Harold Faustin, jazzman montréalais. Au niveau technique, la qualité du son sur le CD est un peu sourd et ceux, mais rien de catastrophique. J’ai moins aimé les illustrations, que j’ai trouvées un peu fades, et la mise en page manquait de dynamisme. Mais comme toujours, ce n’est que mon avis personnel. Quelques passages en créole, traduits à l’écrit uniquement (et non sur le CD audio). Toutefois, cela ne gêne en rien la compréhension du récit. Ti Pinge est ce qu’on appelle en Haïti, une restavek, une enfant faisant du travail domestique dans une famille qui n’est pas la sienne. Pourtant, l’histoire de Ti Pinge est universelle et résonne chez tous les enfants du monde dont l’innocence est bafouée. L’album bilingue (anglais et français) se termine par un mot qui sensibilise les lecteurs à la maltraitance des enfants. Ti Pinge, un conte merveilleux – que dis-je? Fabuleux! – à lire, relire, écouter et réécouter jusqu’à l’âge de 10 ans (ou encore plus si vous êtes comme moi). Je le recommande vivement! Écouter un extrait.

My thoughts: Loooooved this book. Amazing storytelling on Turenne’s part, great musical arrangements, very enjoyable. Double-sided book: one side is in english, the other is in french. Accompanying audio disk is bilingual as well. A story on Restavecs, Haiti’s children domestic servants.

Vous aimerez peut-être: La sanza de Bama, un récit sur la maltraitance accompagné d’un CD audio.

*Prix Anselme-Chiasson remis à Joujou Turenne par le festival Contes en Îles pour l’ensemble de son oeuvre

Coup de coeur !

Loved this book!

Joujou Turenne est une auteure et conteuse professionnelle québécoise d’origine haïtienne.

joujou

 

Trucs et astuces pour utiliser ce livre avec un groupe scolaire

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Joujou Turenne & Karen Hibbard Bouton acheter
Maison d’édition/Publication company: Planète rebelle
Année de publication/publication date: 2006
ISBN: 2922528642
Public cible/Target audience: 6 à 10 ans/6 to 10 years old