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Martin Luther King: Défenseur des droits civiques

martin BDEnfin en bandes dessinées la vie de Martin Luther King, l’homme qui a changé l’Amérique.

La bande dessinée ne narrait pas l’histoire. Au lieu d’utiliser l’action et les péripéties pour faire avancer l’histoire, cette bande dessinée comptait uniquement sur les cartouches (sorte de voix off du récit) pour relater des brides d’évènements. Ceci constitue une grande déception pour moi qui espérais m’immerger un peu plus dans les années 60 de vignette en vignette. Dommage. Un livre certainement informatif (présence de dossiers documentaires en début et fin de live), mais pas à la hauteur de certaines biographies sous format BD que j’ai lues avant celle-ci. Je n’ai pas vraiment aimé, mais je peux comprendre l’utilité de sortir en version BD jeunesse l’histoire de Martin Luther King. Peut être utile; à vous de juger.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gary Jeffrey & Chris Forsey
Maison d’édition: Oskar Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 98235000610
Public cible: À partir de 10 ans

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs. 

Vous aimerez peut-être: Dans le noir, une bande dessinée mettant en scène une famille multiraciale, ou encore Martin et Rosa: ensemble pour l’égalité, car on fait très brièvement référence à Rosa Park dans cette bande dessinée.

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Rougejaunenoireblanche

rougejaunenoireblancheAuteur(s) / illustrateur(s) : Brigitte Minne & Carll Cneut

Maison d’édition: L’école des loisirs

Année de publication: 2001

ISBN: 211081894

Public cible: À partir de 7 ans

Résumé: Rouge, Jaune, Noire et Blanche ont une cabane dans un arbre. Mais un jour, Rouge s’exclame : « Dorénavant, l’arbre est à moi, la cabane est à moi et tous les jouets aussi! » Jaune, Noire et Blanche se regardent, incrédules. Et Noire sent monter en elle une terrible colère…

Mon avis: Il est nécessaire de partager pour mieux communiquer et préserver ses amitiés. D’accord. Compris. Au delà de cette morale que véhicule le livre (magnifique, d’ailleurs), il y a le thème des différences: raciales, de classe, de genre.

Oui, parce que les quatre amis ont chacune une couleur conférée par leurs habits et par leur nom (Rouge, Jaune, Noire et Blanche). Chacun vit dans une maison de la même couleur que leur prénom également, et leurs mères sont également habillées de cette même couleur. Les couleurs ne se mélangent pas dans cette univers et voilà que Rouge (un garçon blanc) se croit mieux que tous. Voilà qu’il monte au sommet d’un arbre et s’exclame à quel point la vue est belle, sans toutefois laisser la place aux autres et s’autoproclame le chef. Les trois autres ont toutes les raisons de se fâcher, bien sûr… Ceci n’est pas sans rappeler les concepts de privilège, que cet extrait illustre bien:

Non loin de l’étang, il y a un arbre. Rouge veut toujours occuper la plus haute branche pour voir l’étang tout entier. « J’aperçois une maman canard avec ses petits », s’exclame-t-il alors. Ou encore: « Quel magnifique oiseau! Son bec ressemble à une cuillère! » Jaune, Noire et Blanche aimeraient voir les bébés canards et l’oiseau au bec en forme de cuillère, mais ils n’en ont pas le droit. Ils sont obligés de rester sur leurs branches. Comme si l’arbre et l’étang n’appartenaient qu’à Rouge. »

Rouge veut que tout soit de sa couleur car le rouge, c’est mieux, c’est universel. Rouge se croit être le chef, car de toute façon, c’est un garçon et un garçon, c’est mieux qu’une fille pour diriger. Alors que Rouge (blanc et homme, rappelons-nous) a des privilèges que lui confère sa couleur (rouge) et son genre (masculin), Jaune (un garçon noir), Noire (une fille asiatique) et Blanche (une fille blanche) ne peuvent avoir accès à certains de ses privilèges (parce qu’ils sont Noir, asiatique ou fille). Il faudra attendre que Rouge soit rejeté, qu’il réalise qu’il a un privilège et que son attitude ait repoussé les autres, pour qu’enfin les enfants se réconcilient et apprennent à vivre ensemble.

Il s’agit bien sûr de mon interprétation personnelle, les auteurs avaient peut-être autre chose en tête. Cette interprétation me vient parce que je place l’histoire dans la société telle que je la connais, alors que dans le livre, le contexte n’est pas défini. En tant que femme Noire vivant dans une société majoritairement blanche au Canada, mon regard peut être différent des auteurs qui sont blancs vivant en Europe. C’est bien là la beauté de la littérature: Le livre, une fois publié, n’appartient plus aux auteurs, mais au lecteur qui en fera une lecture personnelle.

Parce qu’il laisse place à interprétation, ce livre est parfait pour un groupe scolaire (élèves de 7 à 10 ans), pour un travail d’univers social, d’éthique et culture religieuse ou de français.

Vous aimerez peut-être: Si les illustrations nerveuses et angulaires de Rougejaunenoireblanche vous ont plu et que vous souhaitez explorer d’autres livres jeunesse au sujet délicat (racisme, privilège blanc, colère, rébellion), essayez Un Homme de Gilles Rapaport.

Avez-vous lu ce livre à un enfant? Partagez votre expérience dans les commentaires!