Voici Viola Desmond

Voici viola desmondPar un jour pluvieux de novembre 1946, Viola, de passage à Glasgow en Nouvelle-Écosse, décide d’aller au cinéma. Elle s’installe dans la section officiellement réservée aux Blancs, mais l’ouvreuse lui demande de changer de place. Viola refuse, car elle sait que c’est à cause de la couleur de sa peau. La police l’amène de force. Viola est emprisonnée, jugée et déclarée coupable. Cela ne l’empêche pas, avec l’aide de ses partisans, de continuer à se battre pour la justice sociale. Sa cause ira jusqu’à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse. Parce que quand Viola a une idée en tête… elle n’abandonne pas !

La ségrégation a existé au Canada. À l’école, durant le cours obligatoire d’Histoire du Québec et du Canada de 4ème secondaire, on n’en a pas du tout parlé. L’autre jour, j’en discutais justement avec d’autres personnes de mon âge qui m’ont révélé qu’elles non plus n’avaient pas abordé cette période sombre de l’histoire du Canada. On aime bien entretenir notre réputation de « gens gentils » ici. C’est un peu notre marque de commerce. Pourtant, l’histoire de Viola Desmond nous rappelle que le racisme a bel et bien existé dans ce pays.

Viola Desmond était entrepreneure et pionnière en matière d’égalité raciale au Canada. L’histoire est racontée par un narrateur omniscient et on en apprend beaucoup sur la vie de cette grande femme: ses études à Montréal, sa détermination, sa famille nombreuse, sa dignité et sa force de caractère. On s’intéresse davantage au personnage qu’on contexte canadien; j’aurais aimé qu’on s’y attarde un peu plus (par exemple, parler des Noirs Canadiens, parler plus amplement de l’association de la Nouvelle-Écosse pour l’avancement des gens de couleur), de Sydney et d’Halifax. On accuse Viola d’avoir refusé de payer un cent de taxe au gouvernement Canadien en s’assoyant au parterre (réservé aux Blancs) d’un cinéma alors que sont billet était pour le balcon (réservé aux Noirs). Le tribunal ne mentionne pas la couleur de la peau de Viola, mais tout le monde sait que c’est de cela qu’il s’agit. Les illustrations réalisées avec des outils traditionnels et numériques, et les couleurs et textures à la gouache et à l’aquarelle sont très réussies. Les dialogues sont présentés dans des phylactères, ces petites bulles caractéristiques des bandes dessinées. On retrouve à la fin du livre les dates importantes de la vie de Viola et de sa lutte pour l’égalité des droits de tous les Canadiens. Le tout est accompagné de photos d’archives. Très bon ! Couverture rigide.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Voici Viola Desmond 2

Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
Maison d’édition : Éditions Scholastic
Année de publication : 2018
ISBN : 9781443163880
Public cible : À partir de 8 ans

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Les p’tites créatrices: Le défi de Yoli

defi-de-yoli-creatricesYoli apprend que son frère Bonga assiste un célèbre styliste. Dans l’atelier de ce dernier, elle est initiée à la broderie. Pour la jeune passionnée, c’est un défi de concentration et de rapidité.

Voilà un roman d’aventures sur la mode qui saura plaire aux enfants du primaire qui lisent tout seuls. Le livre est très beau, les couleurs sont vives, la reliure est solide et les pages sont en papier glacé. Le texte est écrit suffisamment gros pour faciliter la lecture. Tous les verbes sont conjugués au présent. Le récit est divisé en chapitres, contient des dialogues et des paragraphes. Il est aussi accompagné de plusieurs illustrations en couleur qui complètent bien le texte. Petit extrait:

Yoli, tout en retrouvant ses esprits, reconnaît sa langue maternelle, le kibumdu. Même si cette langue est parlée à Luanda, il n’y a guère qu’à Malanje que les gens l’emploient aussi facilement, car en Angola, la langue la plus parlée est le portugais. (p.10-11)

Yoli, le personnage principal, est d’origine angolaise. Ses parents n’ont pas un rôle important dans l’histoire, mais ceux-ci sont illustrés à la page 49: le père est Noir et la mère, Blanche. Elle a une forte personnalité, est persévérante, intelligente, avide d’apprendre et débrouillarde. Elle apprend à se découvrir elle-même et ose prendre sa place. Un modèle positif pour les jeunes filles qui pourront facilement s’identifier à elle!

J’ai aimé qu’il s’agisse d’un roman sur la mode, mais qu’il ne se contente pas que de parler de paillettes et de beauté. Au contraire, on explique bien toute l’industrie de la mode, tout le travail nécessaire avant qu’un vêtement soit en magasin, et les rôles de plusieurs personnes qui travaillent dans le milieu (chapelier, mannequins, photographes, attaché de presse, artisan, responsable de fabrication, responsable commercial, etc.) Ce roman peut être lu dès l’âge de 7 ans pour de très bons lecteurs, autrement je recommande à partir de l’âge de 8 ou 9 ans.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Mathilde Paris & Shiilia
Maison d’édition: Auzou éditions Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782733841587
Public cible: À partir de 8 ans
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Zut, Félix !

Zut FélixFélix, le champion des pirouettes, s’est cassé le bras. Il va porter un plâtre pendant plusieurs semaines. C’est dur à accepter. Bien sûr, sa famille, madame Édith et ses amis sont là pour l’aider. Mais Félix doit aussi apprendre à se débrouiller !

Ce livre est le troisième de la série La classe de Madame Édith, mais se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. Félix, le personnage principal, est un garçon noir et athlétique qui adore faire des acrobaties pour épater la galerie. Lorsqu’il se casse accidentellement le  bras, il pleure de douleur et est déçu de ne pas pouvoir montrer sa nouvelle pirouette à ses amis le lendemain. Ces derniers veulent tous l’aider, mais Félix aimerait être autonome! Il se demande comment faire plaisir à ses amis si gentils avec lui. Le récit met aussi en scène Rosalie, une camarade de classe très bavarde au teint foncé.

Ce roman de 93 pages est écrit en larges caractères avec empattement dans une mise en page aérée. Les phrases sont relativement courtes pour faciliter la compréhension du texte chez les jeunes lecteurs. Toutefois, certains mots ou phrases sont écrits en caractère gras ou encore en diagonale ; les lecteurs dyslexiques pourraient avoir de la difficulté à lire ces passages. J’ai noté une erreur de grammaire en page 60 (utilisation du mauvais auxiliaire avec le verbe pronominal se casser) et quelques québécismes (« aiguiser » un crayon plutôt que tailler un crayon). Cela dit, le texte est tout de même bien écrit et utilise la nouvelle orthographe française.

La morale de l’histoire est que tout le monde fait face à des difficultés et que chacun de nous doit trouver ses propres solutions pour avoir une vie agréable malgré tout !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Édith Bourget & Boum
Maison d’édition: Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897851095
Public cible: À partir de 6 ans
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Roller girl

rollergirlAstrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte… Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl. Leur amitié survivra-t-elle à l’entrée dans l’adolescence et à leurs goûts qui se révèlent de plus en plus différents l’un de l’autre?

Dès que j’ai vu ce livre à la librairie, j’ai tout de suite pensé aux romans graphiques de Raina Telgemeier (Soeurs, Drame, Fantômes et Souris que j’ai dévorés ces derniers mois). Il y a plusieurs ressemblances avec les livres de l’auteure américaine: une héroïne (blanche), à l’aube de l’adolescence, qui apprend à grandir, à se connaître et à surmonter les difficultés. Roller Girl suit un peu le même genre de trame narrative; il s’agit d’une histoire sur le passage à l’adolescence, sur l’amitié et sur la découverte de soi. Le style graphique n’est bien sûr pas le même, mais la mise en page est dynamique et les illustrations m’ont charmée.

Astrid ne s’intéresse pas au magasinage, aux garçons et au ballet comme son amie de toujours, Charlotte. Elle ne porte jamais de rose, préfère les sciences et le sport. Les deux amies vivent leur dernier été avant le collège (l’équivalent du secondaire 2) et réalisent au fil des jours qu’elles s’éloignent l’une de l’autre. Sans compter que sa pire ennemie, la méchante et superficielle Rachel, se lie d’amitié avec Charlotte… Astrid découvre le Roller Derby, un sport de patins (surtout féminin) où les coups sont permis, lors d’une sortie culturelle avec sa mère. C’est le coup de foudre. Et ce coup de foudre pour le sport, c’est surtout grâce à Rainbow Fight (en version originale: Rainbow Bite), une jammeuse (joueuse de Roller Derby qui compte les points) afro-américaine, musclée, les cheveux crépus et des chaussettes aux couleurs de l’arc-en-ciel aux pieds. Rainbow Fight est un personnage secondaire, mais c’est elle la force qui fait avancer l’histoire. Astrid l’admire et lui demande conseil sur le sport et sur la vie via des messages laissés Roller-Girl-1anonymement dans son casier. Elle accroche même le poster de sa joueuse étoile sur le plafond de sa chambre. Et un jour, peut-être, elle deviendra aussi douée qu’elle…

Cela m’a beaucoup touché de voir un personnage noir dans un rôle si fort, même s’il est secondaire. Rainbow Fight est un guide qui aide la jeune Astrid a se découvrir elle-même, à se surpasser et à faire les bons choix. Un modèle positif, donc, que j’ai adoré admirer autant qu’Astrid. Au final, Astrid en apprend beaucoup sur la vie grâce à Rainbow Fight (à moins que ce soit le contraire…? Je ne vous gâche pas la surprise, lisez cette bande dessinée au plus vite !)  Roller Girl est un roman graphique bourré d’émotions vives qu’on dévore d’un coup.

Coup de cœur !

* Ce livre est un bestseller du New York Times.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Victoria Jamieson & Seyres, Chloé
Maison d’édition404 Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9791032400517
Public cible: 11 ans et plus

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À toi de lire, Sarie !

a toi de lire sarieSarie n’aime pas l’école : chaque fois qu’elle doit lire à voix haute, sa gorge se serre et ses camarades se moquent d’elle. Une seule personne la comprend, Mme Helen, elle lui lit de merveilleuses histoires pour la consoler. Un jour Sarie trouve un vieux livre et les deux amies commencent à lire ensemble… Un livre pour aider les enfants à surmonter leur blocage face à la lecture.

Mon avis

J’ai toujours aimé l’école, surtout pour apprendre à écrire et à lire, et pour connaître la grammaire. Toutefois, je n’aimais pas lire à voix haute devant mes camarades. Je crois que plusieurs enfants redoutent le moment où leur enseignant(e) leur demandera de lire en classe un passage d’un livre. Cette histoire est parfaite pour les enfants qui appréhendent ces moments de lecture à voix haute. Ils se reconnaîtront dans le personnage principal, dans ses peurs et ses appréhensions.

Le texte m’a beaucoup touché. L’école, ce n’est pas facile! Et apprendre alors que les camarades de classe se moquent de toi, encore moins! Heureusement que Sarie a un professeur compréhensif et une amie d’un certain âge, Mme Helen, qui la supporte. Et, bientôt, un nouvel ami de classe qui verra en elle tout le potentiel caché derrière ses peurs. Chaque dimanche, Sarie rencontre sa grande amie, Mme Helen, dans une voiture abandonnée et elles jouent à s’imaginer faire de la grande route, les cheveux au vent. Mme Helen est pleine de sagesse et leur relation est merveilleuse. Elle lui parle de Cendrillon, de son enfance, de l’époque où la voiture pouvait encore rouler, d’histoires…

L’histoire se déroule en Afrique du Sud. Pour se rendre à l’école, Sarie enfile un uniforme bleu marine et doit effectuer une longue marche, très tôt le matin, jusqu’à Hopefield. C’est l’occasion d’aborder avec les enfants ce que l’école représente pour eux et d’explorer les diverses formes que prend l’école autour du monde. Tous les enfants ne vont pas à l’école, savent-ils pourquoi? Certains enfants consacrent des heures et des heures au trajet pour aller à l’école chaque jour, peuvent-ils imaginer vivre ainsi? Certains écoliers doivent porter un uniforme scolaire, qu’en pensent-ils? etc.

Je recommande vivement ce livre, que je conseille aux enfants de 7 ans et plus. Pourquoi ne pas lire une page sur deux avec votre enfant? Il se sentira valorisé et appréciera pouvoir continuer à se faire lire des histoires même s’il commence à apprendre à lire tout seul. Tentez l’exercice et dites-moi ce que vous en pensez dans les commentaires!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Niki Daly
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 2003
ISBN: 201390975
Public cible: 6 à 9 ans

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Jamaica and the substitute teacher

jamaica teacherJamaica likes the substitute teacher, Mrs. Duval, right away. So when there’s a spelling test, of course Jamaica wants to please her by spelling all the words right. But this time something goes wrong and Jamaica has to make an important decision. . . . What will Mrs. Duval think of her now?

The book really captures the essence of childhood. I could almost bring myself back to my first grade class as I was reading this book. I love the Jamaica books. And she every much so ressembles me: black, braided hair with colorful ornaments. All Jamaica books teaches a valuable lesson to young children about right or wrong. Here, Jamaica wants to please the substitute teacher so bad that she copies from a friend during the test. Mrs Duval helps her understand that she does not have to be perfect to be special. Although the book was published more than 15 years ago, it does not really show and can easily be read to today’s children. Highly recommended.

❤ this book!

Author(s) / illustrator(s) : Junita Havill & Anne Sibley O’Brien
Publisher: Reading Rainbow Book (Houghton Mifflin Company)
Publication date: 2009, 1986
ISBN: 9780395453575
Target audience: 6 to 8 years old
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Un garçon sachant siffler

garçon sachant sifflerPeter a un rêve : il aimerait pouvoir siffler. Il essaie, mais en vain. Il aimerait tant pouvoir siffler son chien Willie, et que celui-ci rapplique à toute allure ! Mais Peter continue de s’entraîner. Une belle histoire où la persévérance se trouve récompensée…

Publié pour la première fois en 1964, Un garçon sachant siffler est l’oeuvre d’un auteur né en 1916 dans une famille juive polonaise installée à New York. Mes petites recherches m’indiquent que Ezra Jack Keats est un pionnier en littérature jeunesse américaine: Il est blanc, mais accorde à des personnes noires une place centrale, faisant d’elles ses personnages principaux, une démarche assez rare dans les États-Unis des années 50 et 60. Ses histoires sont simples et c’est ce qui fait leur beauté. Les illustrations épurées accompagnent magnifiquement le texte fait de peu de mots, mais efficace. J’ai adoré ce livre. Je recommande vivement!

garçon sachant siffler 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ezra Jack Keats
Maison d’édition: Didier Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2012
ISBN: 9782278070404
Public cible: 3 à 5 ans.
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