Wagenia : Les pêcheurs intrépides du Congo

Wagenia - Les pêcheurs intrépides du CongoSa mère, qui est veuve et l’élève seule, a confié Mopeta à son frère , pour qu’il vive la vie des pêcheurs wagenia, en amour du fleuve. Mopeta est heureux d’apprendre le métier, mais il a le mal du pays. Le soir, souvent, il s’en va rêver seul en pirogue, près des rapides. Une nuit, des malfaiteurs dérobent du poisson. C’est Mopeta qui est accusé de ce vol, et il va lui être difficile de prouver son innocence…

J’ai tout aimé de cet album. Déjà le titre: remarquez qu’on n’y mentionne pas l’Afrique. On parle du Congo. C’est bon signe, avant même d’avoir lu le livre, car trop souvent on parle de l’Afrique en littérature jeunesse comme s’il s’agissait d’un pays alors qu’il s’agit d’un continent. Les différents villages où se déroule l’action sont aussi clairement nommés: Wagenia et Kisangani. Encore un bon point car les livres jeunesse parlant de l’Afrique on la fâcheuse tendance à taire le nom des villes, des villages et des pays africains, comme si l’un équivalait bien l’autre. Dans cet album signé Dominique Mwankumi, on nomme aussi clairement les différents groupes ethniques qui peuplent le Congo. J’aime bien lorsque les lieux, les choses et les gens sont nommés ; cela les rend réels, vrais, et cela nous rappelle qu’ils existent. C’est important, surtout lorsqu’on fait référence à la représentation des personnes noires dans les médias et les produits culturels.

Ensuite, les thèmes abordés: on y parle pas d’exotisme, de sorcellerie, de pauvreté ou de racisme (comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse lorsqu’il est question de l’Afrique) mais de pêche, de vie de famille, de débrouillardise, d’apprentissage et de bien-être. Pour toutes ces raisons, je recommande vivement cet album.

Les illustrations utilisent les tons de jaune, ocre et orangé, évoquant la chaleur du pays du Congo. Des vignettes superposées aux illustrations principales marquent l’action, les péripéties, le suspense, la vitesse ou l’effervescence.

Le récit en lui seul m’a charmé. Quelle n’a pas été ma surprise de retrouver à la fin de l’album un dossier documentaire extrêmement bien fait sur le Congo, ses habitants, son climat, son histoire, ses productions artistiques, sa géographie, sa gastronomie, sa faune et son économie. Dominique Mwankumi nous offre ici un album merveilleux à mettre entre toutes les mains.

Coup de cœur !

Dominique Mwankumi est un auteur congolais.

dominique mwankumi

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique Mwankumi
Maison d’édition: École des loisirs
Année de publication: 2007
ISBN: 9782211094542
Public cible: À partir de 8 ans
Vous aimerez peut-être: Du même auteur, il y a Fruits du soleilLa pêche à la marmite et  Le petit monde merveilleux.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

 

Publicités

Plus tard, je serai… paléontologue

plus tard je serai paléontologue Silvia BaroncelliAlexis adore jouer dans le bac à sable. Lui et ses amis s’intéressent à toutes les choses qui y sont enterrées. Quand Alexis creuse, il fait semblant d’être un paléontologue célèbre.

J’ai eu un peu de mal à exploiter ce livre en animation. Le récit est constitué d’un monologue fait par Alexis qui s’adresse directement au lecteur dans de larges bulles de bandes dessinées. Ces phylactères brisent l’équilibre entre le texte et l’image: par exemple, sur une page il y a Alexis, ces amis et cet énorme phylactère, et sur la page d’à côté, il n’y a que du sable et un os à demis enfouis dans le sable. Parfois, les phylactères sont remplacés par des encadrés qui occupent la totalité d’une page; seul un lecteur avancé comprendra pleinement ce que sont les phylactère et pourquoi ceux-ci sont parfois absents. Toutes les illustrations se ressemblent: on y voit les amis explorer le sable. Quoi qu’à un moment, il y a Alexis qui a magiquement voyagé dans le temps et l’espace pour ce rendre dans un labo où des scientifiques analyse des fossiles. J’ai vraiment senti que les auteurs cherchaient à s’approcher de ses émissions télévisées éducatives de la même lignée que les capsules de Pichu à la fin de chaque épisode des Mytérieuses Cités d’Or… Le tout est assez confus et mal adapté à la lecture à voix haute. Le livre se clôt par une liste de « mots à connaître pour être paléontologue », mais les définitions sont trop complexe pour le lectorat cible du livre. Par exemple, le mot « crâne » est défini par « partie osseuse de la tête »…

Un livre plutôt difficile à travailler avec les enfants, donc, et ce, même s’il leur est destiné. Cela dit, le personnage principal et plusieurs personnages secondaires sont noirs, permettant ainsi à nos fils et nos filles de s’y identifier plus facilement. Alexis est imaginatif, déterminé, intelligent. Pour la représentation positive d’un personnage de descendance africaine, on aime. Pour la qualité littéraire, on repassera. Dommage!

Auteur(s) : Connie Colwell Miller & Silvia Baroncelli
Maison d’édition: Saunders Book company Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9781770923577
Lectorat cible: 6 ans et plus

Vous aimerez peut-être: J’aime mon métier: conducteur de machines, pour accompagner vos enfants dans la construction de leurs rêves.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Les p’tites créatrices: Le défi de Yoli

defi-de-yoli-creatricesYoli apprend que son frère Bonga assiste un célèbre styliste. Dans l’atelier de ce dernier, elle est initiée à la broderie. Pour la jeune passionnée, c’est un défi de concentration et de rapidité.

Voilà un roman d’aventures sur la mode qui saura plaire aux enfants du primaire qui lisent tout seuls. Le livre est très beau, les couleurs sont vives, la reliure est solide et les pages sont en papier glacé. Le texte est écrit suffisamment gros pour faciliter la lecture. Tous les verbes sont conjugués au présent. Le récit est divisé en chapitres, contient des dialogues et des paragraphes. Il est aussi accompagné de plusieurs illustrations en couleur qui complètent bien le texte. Petit extrait:

Yoli, tout en retrouvant ses esprits, reconnaît sa langue maternelle, le kibumdu. Même si cette langue est parlée à Luanda, il n’y a guère qu’à Malanje que les gens l’emploient aussi facilement, car en Angola, la langue la plus parlée est le portugais. (p.10-11)

Yoli, le personnage principal, est d’origine angolaise. Ses parents n’ont pas un rôle important dans l’histoire, mais ceux-ci sont illustrés à la page 49: le père est Noir et la mère, Blanche. Elle a une forte personnalité, est persévérante, intelligente, avide d’apprendre et débrouillarde. Elle apprend à se découvrir elle-même et ose prendre sa place. Un modèle positif pour les jeunes filles qui pourront facilement s’identifier à elle!

J’ai aimé qu’il s’agisse d’un roman sur la mode, mais qu’il ne se contente pas que de parler de paillettes et de beauté. Au contraire, on explique bien toute l’industrie de la mode, tout le travail nécessaire avant qu’un vêtement soit en magasin, et les rôles de plusieurs personnes qui travaillent dans le milieu (chapelier, mannequins, photographes, attaché de presse, artisan, responsable de fabrication, responsable commercial, etc.) Ce roman peut être lu dès l’âge de 7 ans pour de très bons lecteurs, autrement je recommande à partir de l’âge de 8 ou 9 ans.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Mathilde Paris & Shiilia
Maison d’édition: Auzou éditions Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782733841587
Public cible: À partir de 8 ans
Vous aimerez peut-être: Lulu la très chic, un roman de style « scrapbook » publié chez Scholastic.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Tonton couture : Une histoire au bord du fleuve São Francisco

Tonton coutureLe petit Eduardo veut être couturier, comme son oncle. Il habite dans une petite ville du Brésil, au bord du fleuve San Francisco. Son tonton lui apprend tous les secrets du métier – et lui raconte aussi plein d’histoires sur la vie d’autrefois. Autrefois, avant que la grande usine s’installe au bord du fleuve, et pollue la région. Tonton Couture coud les uniformes des ouvriers. Mais un jour, l’usine décide de produire les uniformes dans un pays lointain. Ça coûte moins cher ! Tonton Couture et Eduardo trouveront une jolie solution pour continuer à travailler. 

Le texte, qui se lit comme on écoute un ami nous relate ses souvenirs, m’a fait voyagé jusqu’au Brésil. J’y ai découvert un peuple, une famille, des individus dont l’histoire m’a touché. Les illustrations sont si belles que j’ai dû plusieurs fois arrêter la lecture pour les dévorer des yeux afin d’observer chacun des détails si longtemps travaillées par l’auteure: des vestes suspendues par des cintres au bord d’une fenêtre ayant vu sur un chantier, aux bouteilles et babioles déposées nonchalamment près d’un écran de télévision, en passant par les linges colorés que les femmes lavent dans le São Franscico, surnommé le « Vieux Chico »,  l’un des plus longs fleuves du Brésil. Ces illustrations vivantes tout en relief composées de collages semblent vouloir s’échapper du livre. C’est un art infiniment beau.

Au fil des pages, la relation entre un jeune garçon et son oncle couturier se tisse et se dévoile au lecteur alors que ce dernier raconte des histoires et transmet les rudiments de la couture au garçon qui attend après l’école que sa mère rentre de travailler. On y découvre comment la petite ville fictive d’Olho d’Agua a été transformée par l’arrivée d’une usine. Les changements ont été sociaux, familiaux, personnels et environnementaux. C’est à travers ce village brésilien transformé et par le biais d’un couturier inventif et persévérant que le livre nous transmet son message écologique. En épilogue, une note de l’auteure nous informe de la manière dont les travaux de dérivation du São Franscico  divise la population brésilienne, et sur ce qui est arrivé au fleuve Doce, théâtre de la plus grande catastrophe écologique de l’histoire du Brésil. On en apprend aussi beaucoup sur le quotidien au Brésil.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

Bien que Olho Agua n’existe pas, les racines véridiques du livre le rende facilement exploitable en milieu scolaire. Pourquoi pas une discussion en classe sur la transmission et sur la protection de l’environnement ? Enseignants, questionnez vos élèves sur les habilités, les compétences ou les passions que les membres de leur famille leur ont transmis. Vous pouvez également les questionner sur les impacts que peut avoir l’arrivée d’une industrie minière ou de tout autre élément nouveau sur l’environnement et/ou l’écosystème. Au cours d’histoire, vous pouvez les questionner sur ces métiers disparus ou en voie de disparition. Au cours d’art plastique, pourquoi ne pas effectuer une toile faite de collages texturés à la manière de Eymard Toledo ?

J’ai vraiment adoré la lecture de cet album qui ouvre une multitude de portes vers la découverte et la réflexion. Bravo!

Coup de cœur !

* Prix « Climate Book » en Allemagne pour son message écologiste.

* Prix « Hautement recommandable » de la Fondation Biblioteca Nacional au Brésil.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Eymard Toledo
Maison d’édition: Anacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782918799894
Public cible: 6 à 9 ans

Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Au travail: Pompiers

pompiersQu’aimerais-tu faire quand tu seras grand? Découvre quelques métiers qui nous aident énormément. Au travail, Frank! Un incendie a éclaté dans l’école et Gérald, le cochon d’Inde, est resté à l’intérieur. Les pompiers réussiront-ils à le sauver?

J’étais si heureuse de trouver ce livre jeunesse où le pompier principal est Noir! Il est là, fièrement, en page couverture. Ce que les enfants remarqueront en premier, c’est bien sûr le costume de pompier et le camion rouge qui leur permettront de comprendre qu’il s’agit d’un livre de pompiers. Mais au-delà de cela, ce livre montre à tous les enfants que les populations noires existent, que nos hommes, nos femmes, nos garçons et nos filles sont là, et qu’ils/elles exercent toutes sortes d’occupations, comme des métiers qui aident toute une communauté.

J’ai tellement lu souvent ce livre à mon neveu que j’ai décidé de le lui acheter. Et ce qui m’a fait le plus plaisir, au-delà du cadeau matériel, c’est de savoir qu’il pourra lire chaque jour une histoire qui lui offre un reflet positif de lui-même en tant que garçon noir.

Petit (grand?) plus: les filles sont aussi pompières! Elles sont bien représentées dans ce livre même si c’est Frank qui est au coeur de l’action.

pompiers2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Lucy M. George & AndoTwin
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9781443145930
Public cible: 3 à 7 ans

Vous aimerez peut-être: J’aime mon métier: policière, un livre où une policière noire raconte se qui défini son travail.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Monsieur Chocolat: Le premier clown noir

Cmonsieur-chocolathocolat est un clown qui a amusé le Tout-Paris des années 1900. Il fut le premier artiste noir de la scène française, inventant avec son acolyte Footit un duo de clowns blanc et noir. Fils d’esclaves, son itinéraire passe par Cuba et Bilbao, où il est repéré dans la rue pour sa force physique et son sens du spectacle. Paris lui offrira vingt ans de succès, où les spectateurs de Montmartre et des Folies Bergère se délecteront des péripéties de cet Auguste noir dominé par le clown blanc. Il inspirera même Toulouse-Lautrec et les frères Lumière. Il se révélera précurseur pour sa participation à des réclames ou ses interventions auprès d’enfants hospitalisés. Mais ce parcours ne le mettra pas à l’abri de la misère. Il achèvera sa courte vie dans la solitude à Bordeaux, en 1917.  (c) Babelio

Les faits et la fiction se mélangent dans le texte, il faudra donc prendre soin d’accompagner les plus jeunes enfants dans la lecture. Le livre est intéressant, mais beaucoup de détails sont passés sous silence malgré le dossier présent en fin de livre réunissant des documents autour de la vie de Chocolat. Les sujets abordés dans le livre le sont de manière superficielle; les très jeunes lecteurs ne comprendront pas tout. Un film mettant en vedette Omar Sy dans le rôle titre est sorti au cinéma et Jeune Afrique nous propose un article qui relativise le choix artistique des réalisateurs. Enseignants, pourquoi ne pas explorer le livre en classe en parallèle avec le film?

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bénédicte Rivière & Bruno Pilorget
Maison d’édition: Rue du Monde Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782355044052
Public cible: 10 ans et plus
Vous aimerez peut-être: Aussi dans la collection Grands Portraits chez Rue du Monde, il y a Martin et Rosa: Ensemble pour l’égalité.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Catfish

«catfishQuand le petit Nèg’ est arrivé dans le domaine, personne ne comprenait ce qu’il disait, et il a préféré se taire. Finalement, quand il a raconté comment il avait quitté son île pour atterrir là, en Amérique, et s’enfuir du bateau, ça a réveillé l’histoire de Vieux George, celui qu’on appelait Kojo sur la terre d’Afrique où il était né. Jonas, le tonnelier du domaine, lui, était venu d’Angleterre dans les bagages de son père, avec sa caisse à outils. Dans son atelier, le petit Nèg’ allait apprendre à lire et à vivre dignement. Il allait aussi recevoir un métier… et un surnom, son futur nom d’homme libre : Catfish.

Cette histoire est dédiée à la mémoire de Cesar Chelor, affranchi en 1752 par son propriétaire. L’homme est devenu l’un des premiers fabricants d’outils américains en bois dont les modèles font aujourd’hui la joie des collectionneurs. Dans Catfish, on suit le destin de deux personnes prises en esclavage qui racontent une histoire qui est la leur, mais qui est aussi celle de millions de personnes victimes de la traite négrière. Cet album est magnifiquement illustré par l’auteur sur du papier de qualité. Un bijou d’histoire et de littérature à découvrir. Il peut aisément être utilisé dans un cadre scolaire pour le niveau primaire ou secondaire.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Maurice Pommier
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782070643370
Public cible: 10 à 14 ans
Vous aimerez peut-être: La case de l’oncle Tom, une version du célèbre récit adaptée pour les enfants de 9 à 13 ans en format livre d’images.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook