Tukaï, l’enfant-sorcier

Tukaï enfant sorcierLe mariage de sa soeur approchant à grands pas, Tukaï se voit confier, par le sorcier du village, la tâche d’aller chercher le miel sauvage qui servira à préparer l’hydromel indispensable aux festivités. Le courage et la sagesse du jeune garçon sont rudement mis à l’épreuve alors qu’il doit affronter les serpents noirs, les éléphants et le lion qui rôdent dans la savane… Il n’a pas le droit d’échouer. Ne pas décevoir son peuple, ne pas déshonorer son clan. Être un Massaï…

Issu de la collection Terres de couleurs des Éditions Milan Jeunesse, ce livre tente de faire découvrir le peuple Massaï avant l’arrivée des Blancs. Il s’agit d’un récit initiatique qu’on lit avec beaucoup de plaisir et on partage les inquiétudes du personnage principal. Ce livre d’images pour les grands comprend au moins une illustration à chaque page, mais ce rapproche davantage du roman par sa quantité de texte. Le grand format (26 cm) rend la lecture de ces 43 pages très agréable. Une très belle lecture !

Quelques pistes de réflexions pour utiliser cet album en classe de 5ème ou 6ème année du primaire:

  • Comment qualifierais-tu les illustrations de cet album ?
  • Informe-toi sur les coutumes et les croyances du peuple Massaï.
  • Énumère les différents rebondissements du récit.
  • Qu’aurais-tu fait à la place de Tukaï à la fin du récit ?

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ghislaine Roman & Frédéric Pillot
Maison d’édition: Milan jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 274591703X
Public cible: À partir de 10 ans

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Le carnaval de Malaika

le carnaval de malaikaMalaika est heureuse de retrouver sa mère, même si cela signifie qu’elle doit déménager au Canada où tout est différent. Il y fait froid, les gens ont un fort accent et le Carnaval de Québec ne ressemble en rien à celui que Malaika aimait tant aux Caraïbes! L’adaptation à son nouvel environnement et à sa nouvelle famille risque d’être difficile…

Ce sont d’abord les illustrations qui m’ont charmée dans cet album à couverture souple. Faites de collages, elles sont dynamiques et vibrantes. La qualité de la mise en page est conforme à ce que nous a habitué les éditions Scholastic, et je n’ai pas été déçue !

Le récit est touchant, difficile parfois, et échappe à une interprétation unique. Bien qu’on devine que Malaika vient des Caraïbes, son pays d’origine est gardé secret. On ignore comment sa mère et son nouveau conjoint se sont rencontrés ni depuis combien de temps dure leur relation. Leur mariage arrive comme un cheveu sur la soupe et nous laisse perplexe, comme le perçoit Malaika de son regard d’enfant: Qui es cet homme ? Pouquoi partir ? Pourquoi une nouvelle famille ? Pourquoi un nouveau pays ? Tous ces non-dits ouvrent la porte aux interprétations et aux discussions avec les lecteurs. Cela rend également facile l’identification au personnage. En effet, même un enfant dont les parents sont séparés et qui doit vivre dans une famille reconstituée pourrait se reconnaître en Malaika même s’il ne partage pas l’expérience de l’immigration.

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Le point de vue de la narratrice, tout à fait original, fait également en sorte que les personnages blancs soient perçus comme étrangers. Malaika ne connaît pas le Canada, et encore moins le Québec. Et, si elle parle français, l’accent québécois lui pose parfois quelques problèmes de compréhension ! Le Carnaval, elle connait, bien sûr, mais celui de la ville de Québec n’a rien à voir avec celui de son pays. Malgré tout, Malaika surmonte les difficultés et parvient à s’adapter à son nouvel environnement. Le dénouement est positif. Un très bel album !

Nadia L. Hohn est une auteure canadienne. 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadia L. Hohn & Irene Luxbacher
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443164962
Public cible: 8 à 11 ans
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Kalita

kalitaUn jour, Hatiam s’enfonce dans la forêt. Soudain surgit une horrible vieille, puis apparaît une jeune fille aux yeux brillants comme des étoiles. La sorcière accepte que sa fille parte avec Hatiam, à une condition : Kalita ne devra plus jamais revoir sa famille. Mais pourquoi Hatiam se réveille-t-il avec trois plumes posées sur lui?

Le musée Dapper (Paris) nous offre ici un superbe livre jeunesse où planent le mystère et l’étrange. Ce récit, magnifiquement écrit et illustré, nous entraîne dans un pays africain, unique et pluriel à la fois, et nous fait découvrir certaines des us et coutumes du continent. Une fable fantastique, étrange et envoûtante qui traite de sorcellerie, d’amulettes, de pouvoirs et de croyances africaines et créoles. À lire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christiane Falgayrettes-Leveau & Philippe Davaine
Maison d’édition: Éditions Dapper
Année de publication: 2005
ISBN: 2915258163
Public cible: 8 à 11 ans
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Née en Guyane française, l’auteure Christiane Falgayrettes-Leveau est aussi à la direction du Musée Dapper depuis plusieurs années.

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Le taxi-brousse de Papa Diop

taxi-brousse papa diopLe trajet est toujours le même – il relie Dakar à Saint-Louis du Sénégal. Mais pour Sène, c’est chaque fois une aventure nouvelle de participer aux tribulations du taxi-brouse de Papa Diop! Nous découvrons avec lui le quotidien de la société sénégalaise.

J’ai tout aimé de ce livre. Son large format, ses illustrations en double page et évocatrices qui capturent à merveille le quotidien, le texte magnifiquement bien écrit, le bruitage qui accompagne le CD audio, la lecture à voix haute de Thierno Diallo dont la voix chaude et musicale nous transporte directement au Sénégal… Ce livre, très court, fait voyager, nous berce et nous émerveille. Car à chaque jour, c’est toute la richesse du Sénégal qui se dévoile dans le taxi rouge de l’oncle de Sène: un jour, il fait monter dans le taxi toute une équipe de lutteurs qui viennent de gagner un tournoi important, un autre, c’est une mariée, et un autre encore, une femme qui accouche dans le taxi! Je recommande vivement ce livre!

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Coup de coeur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christian Epanya
Maison d’édition: Syros Éditions
Année de publication: 2015
ISBN: 9782748514739
Public cible: 7 à 10 ans
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Kwela Kwela, Jamela!

kwela kwela jamelaMaman est très contente. Elle a acheté un beau tissu pour se coudre une nouvelle robe. Elle la portera pour le mariage de Thelma. Jamela en rêve déjà…

Jamela est une petite fille espiègle, pleine de vie, d’idées et de rêves. Elle me fait penser à Jamaica, une petite fille noire qui elle aussi a sa série de livres jeunesse. J’ai déjà lu quelques livres sur les aventures de Jamela et je la retrouve ici avec beaucoup de plaisir. Les paysages urbains sud-africains sont magnifiques, et les illustrations donnent vie au quotidien rempli d’amour de Jamela et sa mère.

Les enfants se reconnaîtront dans cette histoire car tous les enfants font des bêtises, souvent bien malgré eux. Ici, Jamela trouve le tissu qui servira à la confection de la robe de sa mère et l’abîme par accident. L’histoire m’a fait penser à Martine se déguise, que j’aimais beaucoup étant enfant. J’aurais sans doute adoré Kwela Kwela, Jamela! car contrairement à Martine, Jamela me ressemble physiquement et il est plus facile pour moi d’imaginer que nous avons une expérience commune en tant que personnes noires.

Niki Daly ne déçoit pas, comme toujours!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Niki Daly
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 1999
ISBN: 2013907664
Public cible: 5 à 8 ans

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Ayanda: La petite fille qui ne voulait pas grandir

ayanda fille grandirAyanda était une petite fille heureuse, toujours souriante. Un jour, une guerre terrible éclata. Une guerre insensée. Son papa, si doux, si gentil, fut forcé d’aller se battre. Il ne revint jamais. Le cœur d’Ayanda fut brisé. Son chagrin se transforma en colère, elle décida alors d´arrêter de grandir.

Dans cet album tout en poésie, on découvre le chagrin d’une petite fille jadis pleine d’entrain face à la guerre. Refuser de grandir pour ne pas devenir comme les adultes imparfaits que tous deviendront un jour, c’est symboliquement très fort. Refuser le système. Refuser les attentes qui nous enferment dans un moule. Refuser la guerre, les conflits. Et peut-être aussi, refuser de comprendre la guerre, car elle est incompréhensible; toute démarche pour tenter de la justifier est vaine. Ayanda refuse d’entendre tout ça. Ayanda veut rester simplement Ayanda, heureuse, souriante, dans un monde beau et rassurant. Le récit de Véronique Tadjo aborde avec délicatesse et justesse le désenchantement que vivront tous les enfants, à un âge plus ou moins précoce. Les illustrations de Bertrand sont un plaisir pour l’imagination et les tons ocres et couleurs chaudes donnent une chaleur inattendue à l’album. J’ai adoré la manière dont il a allongé les torses et les membres des personnages; cela donne beaucoup de dynamisme aux illustrations. Et cette image sublime où la famille de Ayanda devenue géante tente de la faire littéralement rentrer chez elle, ses pieds dépassant inlassablement de la porte d’entrée…

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Les thèmes abordés sont durs, les images aussi. On fait explicitement référence à la guerre, à la mort, au deuil, à la cruauté. Les illustrations montrent des armes, des chars d’assaut militaires, la peur et la détresse sur les visages des personnages. Le père de Ayanda meurt à la guerre. Sa grand-mère meurt peu après de vieillesse. Sa mère est fortement malade et hospitalisée. Ayanda, réalisant qu’elle doit désormais s’occuper de son petit frère seule, décide de se laisser grandir, jusqu’à devenir une géante… On reproche à Ayanda-petite qu’aucun homme ne voudra l’épouser si elle refuse de grandir, mais Ayanda s’en soucie peu. On reproche à Ayanda-géante qu’elle ne trouvera jamais un mari à sa taille, mais ça lui est égal. Car Ayanda est une femme qui lutte. Elle lutte contre les oppressions, contre les massacres de la guerre, contre les attentes réductrices que la société a envers elle… Elle va même jusqu’à affronter, sans armes, des agresseurs armés pour sauver son village. Une femme forte, vous dites? J’ai A-DO-RÉ cet album, quel petit bijou de littérature.

Cet album serait parfait pour le cours d’éthique et culture religieuse, de morale, de philosophie ou de formation personnelle et sociale au niveau scolaire pour des élèves de 10-11-12 ans. Détrompez-vous; les albums d’images ne sont pas que destinés à la petite enfance! Enseignants et instituteurs, utilisez cet album en classe et questionnez vos élèves sur le sens de la guerre, sur le deuil, sur la perte de l’enfance; vous serez étonnés que même si jeunes, ils sont capables de développer un esprit critique.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Véronique Tadjo & Bertrand Dubois
Maison d’édition: Actes Sud Junior Bouton acheter petit
Année de publication: 2007
ISBN: 9782742769995
Public cible: 7 à 11 ans
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Véronique Tadjo est une auteure franco-ivoirienne.

véronique Tadjo

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Deux copines ont disparu

deux copines ont disparuFatou et sa jeune soeur Mariam devraient déjà être rentrées d’un séjour en Afrique. Sans nouvelles, Sylvie et Marion, les meilleures amies de Fatou, s’inquiètent. Après avoir questionné, en vain, les parents des disparues, elles décident d’alerter leur bande d’amis et leur professeur. Une enquête des services sociaux confirme qu’une histoire de mariage forcé retient les deux soeurs à l’étranger…

J’aimerais pouvoir dire que tous les livres sont bons, mais celui-là, je me dois d’admettre que je ne l’ai pas aimé! Bien sûr, j’ai lu bien pire, mais quand même. Les personnages, distants, semblaient évoluer dans un environnement stérile où leur réactions robotiques et exagérées soutenaient avec trop d’insistance le propos. Le ton moralisateur et bien-pensant du récit agace et le tout sonne assez faux. L’histoire des deux soeurs semblait être une excuse pour dénoncer le mariage forcé des jeunes filles en Afrique. Du coup, je n’ai eu, en tant que lectrice, aucun intérêt pour leurs aventures, et encore moins pour leurs amourettes gnagnan que la société s’attend de voir naître chez toutes les adolescentes, elles-mêmes supposées les espérer sans discernement. Et pourquoi tant d’auteurs pour ados ne cessent jamais d’insérer des sous-textes amoureux dans leurs histoires, même lorsque le sujet du livre n’a rien à voir?

Bref, si on me demande si je connais un roman pour ados traitant du mariage des filles mineures en Afrique, je dirais peut-être « Oui, bien sûr, il y a Deux copines ont disparu ». Si on me demande un bon livre pour ados, je proposerai autre chose. Dommage!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bertrand Solet
Maison d’édition: Oskar Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 9782350001999
Public cible: À partir de 11 ans
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