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Kalita

kalitaUn jour, Hatiam s’enfonce dans la forêt. Soudain surgit une horrible vieille, puis apparaît une jeune fille aux yeux brillants comme des étoiles. La sorcière accepte que sa fille parte avec Hatiam, à une condition : Kalita ne devra plus jamais revoir sa famille. Mais pourquoi Hatiam se réveille-t-il avec trois plumes posées sur lui?

Le musée Dapper (Paris) nous offre ici un superbe livre jeunesse où planent le mystère et l’étrange. Ce récit, magnifiquement écrit et illustré, nous entraîne dans un pays africain, unique et pluriel à la fois, et nous fait découvrir certaines des us et coutumes du continent. Une fable fantastique, étrange et envoûtante qui traite de sorcellerie, d’amulettes, de pouvoirs et de croyances africaines et créoles. À lire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christiane Falgayrettes-Leveau & Philippe Davaine
Maison d’édition: Éditions Dapper
Année de publication: 2005
ISBN: 2915258163
Public cible: 8 à 11 ans
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Née en Guyane française, l’auteure Christiane Falgayrettes-Leveau est aussi à la direction du Musée Dapper depuis plusieurs années.

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Le taxi-brousse de Papa Diop

taxi-brousse papa diopLe trajet est toujours le même – il relie Dakar à Saint-Louis du Sénégal. Mais pour Sène, c’est chaque fois une aventure nouvelle de participer aux tribulations du taxi-brouse de Papa Diop! Nous découvrons avec lui le quotidien de la société sénégalaise.

J’ai tout aimé de ce livre. Son large format, ses illustrations en double page et évocatrices qui capturent à merveille le quotidien, le texte magnifiquement bien écrit, le bruitage qui accompagne le CD audio, la lecture à voix haute de Thierno Diallo dont la voix chaude et musicale nous transporte directement au Sénégal… Ce livre, très court, fait voyager, nous berce et nous émerveille. Car à chaque jour, c’est toute la richesse du Sénégal qui se dévoile dans le taxi rouge de l’oncle de Sène: un jour, il fait monter dans le taxi toute une équipe de lutteurs qui viennent de gagner un tournoi important, un autre, c’est une mariée, et un autre encore, une femme qui accouche dans le taxi! Je recommande vivement ce livre!

Coup de <3!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christian Epanya
Maison d’édition: Syros Éditions
Année de publication: 2015
ISBN: 9782748514739
Public cible: 7 à 10 ans
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Kwela Kwela, Jamela!

kwela kwela jamelaMaman est très contente. Elle a acheté un beau tissu pour se coudre une nouvelle robe. Elle la portera pour le mariage de Thelma. Jamela en rêve déjà…

Jamela est une petite fille espiègle, pleine de vie, d’idées et de rêves. Elle me fait penser à Jamaica, une petite fille noire qui elle aussi a sa série de livres jeunesse. J’ai déjà lu quelques livres sur les aventures de Jamela et je la retrouve ici avec beaucoup de plaisir. Les paysages urbains sud-africains sont magnifiques, et les illustrations donnent vie au quotidien rempli d’amour de Jamela et sa mère.

Les enfants se reconnaîtront dans cette histoire car tous les enfants font des bêtises, souvent bien malgré eux. Ici, Jamela trouve le tissu qui servira à la confection de la robe de sa mère et l’abîme par accident. L’histoire m’a fait penser à Martine se déguise, que j’aimais beaucoup étant enfant. J’aurais sans doute adoré Kwela Kwela, Jamela! car contrairement à Martine, Jamela me ressemble physiquement et il est plus facile pour moi d’imaginer que nous avons une expérience commune en tant que personnes noires.

Niki Daly ne déçoit pas, comme toujours!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Niki Daly
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 1999
ISBN: 2013907664
Public cible: 5 à 8 ans

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Ayanda: La petite fille qui ne voulait pas grandir

ayanda fille grandirAyanda était une petite fille heureuse, toujours souriante. Un jour, une guerre terrible éclata. Une guerre insensée. Son papa, si doux, si gentil, fut forcé d’aller se battre. Il ne revint jamais. Le cœur d’Ayanda fut brisé. Son chagrin se transforma en colère, elle décida alors d´arrêter de grandir.

Dans cet album tout en poésie, on découvre le chagrin d’une petite fille jadis pleine d’entrain face à la guerre. Refuser de grandir pour ne pas devenir comme les adultes imparfaits que tous deviendront un jour, c’est symboliquement très fort. Refuser le système. Refuser les attentes qui nous enferment dans un moule. Refuser la guerre, les conflits. Et peut-être aussi, refuser de comprendre la guerre, car elle est incompréhensible; toute démarche pour tenter de la justifier est vaine. Ayanda refuse d’entendre tout ça. Ayanda veut rester simplement Ayanda, heureuse, souriante, dans un monde beau et rassurant. Le récit de Véronique Tadjo aborde avec délicatesse et justesse le désenchantement que vivront tous les enfants, à un âge plus ou moins précoce. Les illustrations de Bertrand sont un plaisir pour l’imagination et les tons ocres et couleurs chaudes donnent une chaleur inattendue à l’album. J’ai adoré la manière dont il a allongé les torses et les membres des personnages; cela donne beaucoup de dynamise aux illustrations. Et cette image sublime où la famille de Ayanda devenue géante tente de la faire littéralement rentrer chez elle, ses pieds dépassant inlassablement de la porte d’entrée…

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Les thèmes abordés sont durs, les images aussi. On fait explicitement référence à la guerre, à la mort, au deuil, à la cruauté. Les illustrations montrent des armes, des chars d’assaut militaires, la peur et la détresse sur les visages des personnages. Le père de Ayanda meurt à la guerre. Sa grand-mère meurt peu après de vieillesse. Sa mère est fortement malada et hospitalisée. Ayanda, réalisant qu’elle doit désormais s’occuper de son petit frère seule, décide de se laisser grandir, jusqu’à devenir une géante… On reproche à Ayanda-petite qu’aucun homme ne voudra l’épouser si elle refuse de grandir, mais Ayanda s’en soucie peu. On reproche à Ayanda-géante qu’elle ne trouvera jamais un mari à sa taille, mais ça lui est égale. Car Ayanda est une femme qui lutte. Elle lutte contre les oppressions, contre les massacres de la guerre, contre les attentes réductrice que la société a envers elle… Elle va même jusqu’à affronter, sans armes, des agresseurs armés pour sauver son village. Une femme forte, vous dites? J’ai A-DO-RÉ cet album, quel petit bijou de littérature.

Cet album serait parfait pour le cours d’éthique et culture religieuse, de morale, de philosophie ou de formation personnelle et sociale au niveau scolaire pour des élèves de 10-11-12 ans. Détrompez-vous; les albums d’images ne sont pas que destinés à la petite enfance! Enseignants et instituteurs, utilisez cet album en classe et questionnez vos élèves sur le sens de la guerre, sur le deuil, sur la perte de l’enfance; vous serez étonnés que même si jeunes, ils sont capables de développer un esprit critique.

Coup de <3!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Véronique Tadjo & Bertrand Dubois
Maison d’édition: Actes Sud Junior
Année de publication: 2007
ISBN: 9782742769995
Public cible: 7 à 11 ans
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En savoir plus sur l’auteure franco-ivoirienne Véronique Tadjo

véronique Tadjo

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Deux copines ont disparu

deux copines ont disparuFatou et sa jeune soeur Mariam devraient déjà être rentrées d’un séjour en Afrique. Sans nouvelles, Sylvie et Marion, les meilleures amies de Fatou, s’inquiètent. Après avoir questionné, en vain, les parents des disparues, elles décident d’alerter leur bande d’amis et leur professeur. Une enquête des services sociaux confirme qu’une histoire de mariage forcé retient les deux soeurs à l’étranger…

J’aimerais pouvoir dire que tous les livres sont bons, mais celui-là, je me dois d’admettre que je ne l’ai pas aimé! Bien sûr, j’ai lu bien pire, mais quand même. Les personnages, distants, semblaient évoluer dans un environnement stérile où leur réactions robotiques et exagérées soutenaient avec trop d’insistance le propos. Le ton moralisateur et bien-pensant du récit agace et le tout sonne assez faux. L’histoire des deux soeurs semblait être une excuse pour dénoncer le mariage forcé des jeunes filles en Afrique. Du coup, je n’ai eu, en tant que lectrice, aucun intérêt pour leurs aventures, et encore moins pour leurs amourettes gnagnan que la société s’attend de voir naître chez toutes les adolescentes, elles-mêmes supposées les espérer sans discernement. Et pourquoi tant d’auteurs pour ados ne cessent jamais d’insérer des sous-textes amoureux dans leurs histoires, même lorsque le sujet du livre n’a rien à voir?

Bref, si on me demande si je connais un roman pour ados traitant du mariage des filles mineures en afrique, je dirais peut-être « Oui, bien sûr, il y a Deux copines ont disparu ». Si on me demande un bon livre pour ados, je proposerai autre chose. Dommage!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bertrand Solet
Maison d’édition: Oskar Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 9782350001999
Public cible: À partir de 11 ans
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Anna, Kevin et Nomzipo vivent en Afrique du Sud

anna kevin nomzipo afrique du sudFaire connaître aux enfants d’ici la vie quotidienne des enfants d’ailleurs, telle est l’ambition de la collection Enfants d’ailleurs. Ce livre présente trois enfant vivant en Afrique du Sud. Anna est une jeune fille vivant dans le quartier blanc de Johannesburg. Kevin appartient à une famille blanche d’Afrikaners qui emploie depuis toujours des domestiques noirs. Nomzipo, une jeune fille de l’ethnie xhosa, vit à Umtata, une ville à majorité noire.

Certains [métis] restent très soucieux de ressembler aux Blancs, et d’autres, au contraire, veulent renouer avec la culture noire. Les comportements et les façons de penser se transforment toujours plus lentement que les lois, avait conclu le père d’Anna. (p.16)

Mon avis: Les faits sont relatés sont réels, mais les personnages (Anna, Kevin et Nomzipo) sont fictifs. Le texte est assez dense, mélangeant faits vérifiables et tranches de vie des personnages. L’accent est mis sur les relations souvent conflictuelles entre noirs et blancs en Afrique du Sud. Anna est isolée du reste de son pays qu’elle ne connait pas bien. Kevin prouve, de par son amitié avec Mango, que la nouvelle génération peut changer les choses pour le meilleur entre Blancs et Noirs en Afrique du Sud. De nombreuses illustrations et photographies ponctuent le texte. L’apartheid, le traitement des noirs et le traitement des métis sont abordés de manière franche dans un language accessible. De larges morceaux de l’histoire sud-africaine est présentée et expliquée. Très bien pour les travaux scolaires, même si la recherche d’information est difficile à l’intérieur du livre (absence de table des matières et/ou d’index).

Selon les croyances des ancêtres de Kevin, les premiers colons hollandais, français ou allemends, persécutés en Europe pour leur appartenannce au calvinisme, avaient été envoyé par Dieu en Afrique du Sud. Ce pays était leur « terre promise », l’endroit où ils pourraient enfin honorer leur Dieu en toute liberté. Ils se considéraient ainsi comme un peuple élu de Dieu. Ils devaient y remplir une mission: civiliser les populations noires et assurer leur salut. C’est avec ce sentiment de supériorité religieuse et morale que les colons européens n’hésitèrent pas à réduire en esclavage ou même à massacrer les populations noires qui s’opposaient à eux. La certitude d’avoir été élus par Dieu leur permis aussi de concevoir l’apartheid: ils se voyaient supérieurs aux autres hommes. (p.23)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire Veillères & Sophie Duffet
Maison d’édition: De La Martinière Jeunesse
Année de publication: 2006
ISBN: 9782732433936
Public cible: À partir de 9 ans

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Aujourd’hui au Sénégal

aujourd'hui sénégalBocar habite à Pikine, dans la banlieue de Dakar, et prépare en famille le mariage de sa soeur. Le récit de ses rêves et de ses émotions au fil des jours nous fait découvrir le Sénégal d’aujourd’hui. De nombreux volets à soulever et un superbe dépliant panoramique de quatre pages orne le point milieu du livre. À chaque page, une mine d’information documentaires (la cuisine, la famille, le ramadan…) répondent aux questions des enfants.

Au musée, nous avons appris le rôle très important que jouaient les femmes dans la société traditionnelle. M. Ndiaye nous a aussi parlé des femmes signares, ces Sénégalaises de l’époque des colonies qui se mariaient avec des Français. (p.23)

On en apprend beaucoup sur le Sénégal dans ce livre documentaire destiné aux enfants. Le mode de vie, les différentes ethnies peuplant le pays, les traditions, etc. Tout au long du livre, nous lisons le journal d’un jeune garçon toucouleur nommé Bocar vivant en banlieue de Dakar. Le ton est approprié pour les enfants et ils aimeront sans doute le format épistolaire du livre, qui rend la lecture facile et proche de la fiction. De nombreuses capsules d’information accompagnent le texte principal, traitant notamment de la nourriture, l’école, les croyances, la beauté et élégance, l’eau et l’électricité, ou le statut de la femme au Sénégal. Chaque entrée du journal de Bocar est une occasion d’en savoir plus sur la vie au Sénégal et on fini par se sentir très proche du personage principal (on partage ses joies, ses peines et ses déceptions). De nombreuses illustrations enjolivent le tout et cassent le texte parfois dense. Parfait pour l’enfant curieux ou celui qui doit se documenter sur ce pays pour un travail d’école (oral, recherche, etc.)

L’écrivain sénégalais Léopold Sédar Senghor et le poète antillais Aimé Césaire lancent le mouvement de la négritude à Paris en 1939. Ce mouvement intellectuel […] tendait à restaurer l’identité culturelle noire. (p.21)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Fabrice Hervieu-Wane, Aurélia Fronty & Florent Silloray
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse
Année de publication: 2005
ISBN: 2070501566
Public cible: 9 à 13 ans

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