Le garçon sorcière

Garçon sorcièreDans la culture du jeune Aster, treize ans, toutes les filles sont élevées pour devenir des sorcières et les garçons, des métamorphes. Toute personne qui ose contrevenir à cette tradition est exclue. Malheureusement pour Aster, il demeure incapable de se métamorphoser… et il est toujours aussi fasciné par la sorcellerie, bien qu’elle lui soit formellement interdite. Lorsqu’un danger mystérieux menace les autres garçons, Aster sait qu’il peut aider… avec la sorcellerie. Avec les encouragements d’une nouvelle amie excentrique, Charlie, Aster se laisse enfin convaincre d’exercer ses talents de sorcière. Mais il aura besoin d’encore plus de courage pour sauver sa famille… et en réalité, se sauver lui-même.

C’est d’abord le titre qui m’a interpellé lorsque j’ai aperçu ce livre sur une étagère de ma bibliothèque de quartier. Le « garçon sorcière » ? N’est-ce pas simplement un sorcier ? Puis, les illustrations m’ont beaucoup plu et j’adore les bandes dessinées à tome unique. J’ai commencé ma lecture dès que je suis arrivée à la maison et je n’ai pas pu m’arrêter avant d’avoir terminé ! L’histoire est fascinante. Il s’agit d’un monde différent du nôtre, mais en même temps, assez semblable. Du fantastique, de la magie, du suspense ! Tous les ingrédients sont là pour me plaire. Au début du livre, il y a un arbre généalogique où ont découvre la famille d’Aster. Son père est noir et sa mère, blanche. Sa tante a marié une femme. Son grand-père est absent de l’arbre généalogique et à la lecture de la bande dessinée, ont découvrira pourquoi.

Le garçon sorcière 2

Dans l’histoire, on ne remet pas en question le métissage d’Aster, ni l’homosexualité de sa tante. Toutes ces différences sont normalisées. Toutefois, la différence d’Aster (à savoir qu’il s’intéresse à la magie malgré le fait qu’il soit un garçon) est au centre de l’histoire. C’était intéressant de voir cette dualité de point de vue. La normalité est bien relative !

AsterLe garçon sorcière witch boy 3 fera très tôt dans l’histoire la connaissance de Charlie, une voisine humaine. Elle est noire, a les cheveux crépus ornés de perles, et s’intéresse au basketball et au baseball. Or, son école vient de séparer les activités de gars et de filles. Du coup, les garçons font beaucoup plus de sport que les filles et elle ne pourra sans doute pas jouer cette année, alors que c’est le sport que Charlie aime faire ! Ainsi, Aster et Charlie créeront des liens sur leurs frustrations et leur conviction que tous devraient avoir le droit de faire les choses dans lesquelles ils sont doués. Car Aster est doué pour la magie. Il n’est pas bon dans les « activités de garçons » (c’est-à-dire la métamorphose), mais est persuadé que son don pour la magie pourra aider à élucider le mystère de la disparition de son cousin. Il prendra d’ailleurs confiance en lui lorsqu’il parviendra avec succès à guérir la jambe cassé de Charlie à l’aide de la magie.

Bref, c’était absolument rafraîchissant de voir autant de diversité raciale et sexuelle dans une bande dessinée adressée aux enfants et aux adolescents. Molly Knox Ostertag est une bédéiste à surveiller ! Le garçon sorcière est sa première bande dessinée en tant qu’auteur-illustratrice.

Coup de cœur !

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Molly Knox Ostertag
Maison d’édition : Éditions Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication : 2018
ISBN : 9781443168809
Lectorat cible : 10 à 17 ans

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La fenêtre magique

la fenêtre magiquePour une petite fille, la fenêtre de la cuisine de ses grands-parents est source de magie… Récit de découvertes enfantines, cet album est aussi un hymne à la relation unique entre petits-enfants et grand-parents.

Les illustrations naïves et colorées de cet album utilisent le crayon, la peinture et le feutre. La mise en page exceptionnelle donne à voir le lien entre une petite fille métissée et ses grands-parents qui la gardent le temps d’une journée. Les joues rouges des personnages leur donne un air heureux. La grand-mère, appelée Nanny, est noire et a les cheveux bouclés et gris. Le grand-père, appelé Poppy, est blanc, chauve et a les yeux bleus. Le texte nous pousse à observer et à apprécier la lenteur et la douceur de la vie. Un livre merveilleux.

*Prix Caldecott 2006 pour l’édition originale

Auteur(s) / illustrateur(s) : Norton Juster & Chris Raschka
Maison d’édition: Le Génévrier Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782362900235
Public cible: 4 à 7 ans
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Disparais !

disparais escoffierCharlotte aime beaucoup ses parents, même si ce ne sont pas les siens. Car Charlotte vient d’une autre planète. De temps en temps, elle s’en souvient. Là-bas, elle faisait tout ce qu’elle voulait, c’est-à-dire n’importe quoi. Quel bonheur ! Ses parents terrestres, eux, n’ont rien compris et passent leur temps à lui donner des ordres absurdes : manger, ranger, se laver, faire ses devoirs, dormir. Aussi, Charlotte a décidé de s’en débarrasser. Mais pour ça, il lui faut une boîte de magie et une baguette…

Cet album est absolument fantastique ! Quel enfant n’a pas rêvé avoir une boîte magique ? Et quel enfant n’a pas rêvé à la liberté de faire tout ce qu’il veut quand il le veut ? Faire disparaître ses parents avec une baguette magique, cela semble de prime abord ne pas être une si mauvaise idée. Mais ce n’est pas si simple…

La famille de Charlotte est multiraciale: son père est noir et sa mère est blanche. Charlotte a les cheveux bruns, courts et lisses. Elle a énormément d’imagination. Elle se sent prête à vivre comme une grande et faire ses affaires de manière autonome, mais elle réalisera que ses parents, même s’ils imposent pas mal de règles, lui apportent confort et sécurité. Cet album est un plaisir à lire et à raconter. Il peut aussi se lire de manière autonome par un enfant en apprentissage de la lecture. Dans cet album, certains dialogues sont présentés dans des phylactères. Le rouge vif et jaune pétant donnent également fière allure à ce livre jeunesse drôle et rassurant à la fois. L’éditeur suggère de 3 à 5 ans, mais les enfants de 6 à 10 pourraient mieux comprendre le récit.

Coup de cœur !

disparais 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Michaël Escoffier & Matthieu Maudet
Maison d’édition: École des loisirs Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782211231458
Public cible: 6 à 10 ans.

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Probouditi !

probouditiLe jour de son anniversaire, Calvin assiste au spectacle du magicien Lomax le magnifique. Impatient d’essayer lui-même ses techniques d’hypnose, il les applique à sa jeune soeur Trudy en lui faisant croire qu’elle est un chien. Toute la journée, la petite Trudy aboie et marche à quatre pattes, menant la vie dure à son frère qui a oublié le mot à prononcer pour faire cesser l’état d’hypnose. (c) À livres ouverts.

Calvin ne s’entend pas bien avec sa petite sœur et adore l’embêter. Il la rejette parfois et l’exclue de ses jeux. J’ai eu pitié pour elle, car elle souhaite vraiment pouvoir passer du temps avec son frère. Cela a été difficile de la voir ainsi rejetée; certains y verront même de l’intimidation.

Cela dit, la fin du livre semble suggérer que ce n’est pas la petite Trudy qu’il faut prendre en pitié, mais peut-être bien son frère car Trudy est bien plus futée qu’elle n’y paraît. On ne saura jamais si se comporter en chien a été pour elle une manière détournée d’obtenir ce qu’elle voulait et si elle a fait semblant d’être hypnotisée. Au fond, devrions-nous avoir pitié de Calvin qui ne sera jamais rien d’autre qu’un enfant méchant et égoïste ? Et puis, n’existe-t-il pas toujours une certaine compétition entre les membres d’une même fratrie ?

Il est également possible d’aborder ce livre sous l’angle du contexte des États-Unis de la seconde moitié du XXe siècle. Les voitures anciennes arpentent les rues, les deux garçons noirs s’assoient à l’avant de l’autobus publique qui les ramène chez eux, le décor de la probouditi 2maison familiale, la mode vestimentaire et les jeux auxquels jouent les enfants sont d’autant d’éléments à analyser pour bien comprendre le contexte historique. Cet album offre donc plusieurs points d’entrée. Tout n’est pas dit, tout n’est pas clair. Je recommande donc une lecture accompagnée. Il serait idéal pour une lecture en classe ! D’ailleurs, le site web À livres ouverts offre plusieurs pistes de réflexions pour une exploitation en classe de 4ème, 5ème ou 6ème année du primaire.

Je ne peux passer sous silence les illustrations précises et détaillées de Chris Van Allsburg. Les tons de sépia offrent chaleur et se déploient tels des tableaux de grands maîtres sous les yeux des lecteurs.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Chris Van Allsburg
Maison d’édition: L’École des loisirs
Année de publication: 2006
ISBN: 9782211086592
Public cible: 8 à 11 ans

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Cassandra prend son envol

cassandra prend son envolCassandra a un don. Elle peut communiquer par la pensée avec les animaux, c’est la communication intuitive. Alors que sa mère est sur le point de se remarier et qu’elle ne s’entend pas vraiment avec sa future demi-sœur Juliette, Cassandra apprend que sa meilleure amie Sophie, va partir vivre en Angleterre, nouvelle qu’elle supporte mal, se sentant abandonnée. Elle décide en parallèle de ses problèmes personnels, de mettre son don à profit, accompagnée par sa chienne Miss Dolly, en aidant Dimitri, un petit garçon de 5 ans à retrouver son chat disparu.

Cette bande dessinée du quotidien raconte une histoire intéressante et originale, mais ponctuée de coupures maladroites au niveau du récit. Les scènes changent un beau milieu d’une page sans indication aucune. Le texte est bien écrit et les illustrations douces aux couleurs pastel s’harmonisent bien aux personnages joufflus à la bouille sympathique. Par contre, le manque de dialogue m’a un peu ennuyé. En effet, on aurait dit que Cassandra parle tout seule car il y a rarement un interlocuteur avec elle. J’ai trouvé ça un peu étrange.

Le personnage principal, Cassandra, est noire ou métisse et sa mère est blanche. On ne connaît pas son père et on ignore si elle est adoptée. Il faudra lire le deuxième tome pour en savoir plus. J’ai adoré le fait que Cassandra soit une adolescente ordinaire de 14 ans ayant la capacité de parler aux animaux. Elle ne fait pas pitié, n’est pas exotique ou une bête curieuse, comme c’est souvent le cas lorsqu’il y a la présence d’un personnage noir en littérature jeunesse. Cassandra a une vie de famille à laquelle bien des lecteurs pourront s’identifier. Elle prend confiance en elle tout au long du récit et gagne en maturité. J’ai hâte de découvrir la suite de ses aventures !

À la fin du livre, on retrouvera le « carnet secret de Miss Dolly », incluant un recette de biscuits pour chiens, un journal intime et de l’information sur comment décypter le comportement de son chien de compagnie. Sympathique !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hélène Canac & Isabelle Bottier.
Maison d’édition: Miss Jungle Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782822221337
Public cible: 11 ans et plus
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L’oranger magique : Conte d’Haïti

oranger magiqueIl y a bien longtemps, vivait une petite fille qui faisait la joie de ses parents. Hélas! le malheur, on le sait, arrive souvent sur la pointe des pieds… Et voilà Élise obligée de vivre avec une femme qui n’a vraiment rien d’une mère.

Voilà un conte d’Haïti sous forme d’album jeunesse qui plaira aux enfants. J’ai beaucoup aimé la mise en page variée et les illustrations aux traits épais. Récit réussi. Quelques passages créoles. À découvrir!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Célie Agnant & Barroux
Maison d’édition: Les éditions 400 coups
Année de publication: 2003
ISBN: 2895401381
Public cible: À partir de 6 ans

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En savoir plus sur l’auteure canadienne d’origine haïtienne, Marie-Célie Agnant

marie célie agnant

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Le petit ours polaire qui sauva Noël

Lpetit ours polaire noelorsque Léo se perd, il découvre le village du père Noël. Là-bas, c’est le désastre et les lutins s’apprêtent à annuler Noël. Sans une minute à perdre pour livrer les cadeaux du monde entier, Léo se lance dans une aventure magique qu’il ne pourra oublier !

Cette histoire est rigolotte. Le texte est ponctué de questions « Sans chemin à suivre, arrivera-t-il à rentrer chez lui comme un grand? » qui garde le lecteur en haleine, impatient de connaître la suite. Les illustrations sont très vives et belles. La technique utilisée par l’illustratrice, faite de crayon et de collages, donne du relief aux images. La couverture est en outre parsemée de brillants. Il y a dans l’histoire un lutin noir, qui n’a pas spécialement un rôle majeur, mais qui, par sa présence, contribue à rendre visible des personnes noires souvent absentes en littérature jeunesse. J’ai trouvé ce livre à 7$ dans une librairie indépendante. Pas de raison de ne pas l’acheter pour le lire en attendant Noël! 🙂

Auteur(s) / illustrateur(s) : Fiona Boon & Clare Fennell
Maison d’édition: Éditions Coup d’oeil
Année de publication: 2015
ISBN: 9782897315276
Lectorat cible: 3 à 5 ans

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