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Le Petit Mamadou Poucet

le_petit_mamadou_poucet« Le petit Mamadou Poucet est le souffre-douleur de sa famille. Simplement parce qu’il est différent de ses frères… et noir de peau ! En détournant le conte original du Petit Poucet, les auteurs Tarek et Morinière racontent de manière ludique et pertinente une histoire qui aidera petits et grands à réfléchir sur un problème clé de notre société : le racisme et l’intolérance. »

Je suis toujours curieuse de découvrir les milles et unes manière dont les auteurs réinvente les contes classiques. Le petit Mamadou Poucet ne déçoit pas et offre plusieurs niveaux de lecture, de nature à ravir divers publics. S’inspirant bien évidemment du Petit Poucet, conte classique de la tradition orale française, cette bande dessinée nous transporte dans un monde où être Noir signifie être coupable de tous les maux et pourchassé par le Ku Klux Klan. On y aperçoit des clins d’oeil à des classiques de la littérature tels que Le Petit Chaperon Rouge de Charles Perrault et Les Misérables de Victor Hugo. Tous ces éléments d’intertextualité et d’histoire échapperont aux plus jeunes (« C’est qui le type avec le chapeau pointu blanc???! ») et me laisse penser qu’une lecture accompagnée (par un parent, ou encore en classe à l’école) s’impose dans certains cas. Le sujet du racisme est abordé franchement et sans détour: la discrimination, le rejet, la violence psychologique, la haine, le profilage. Le tout manque parfois un peu de subtilité (on en beurre épais, comme on dit!), mais la morale est propice à discussion. Inventif.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Tarek, Morinière, Svart
Maison d’édition: Emmanuel Proust Jeunesse
Année de publication: 2008
ISBN: 2848101830
Public cible: 9 à 12 ans
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Peau noire peau blanche

peau noire blancheLe père d’Issam est noir et vient du Sénégal. Il est grutier et travaille sur les chantiers. Sa mère est blanche et française. Elle travaille à la maison. Issam, c’est le petit dernier. De chantier en chantier, on déménage souvent dans la famille. Être nouveau et black à l’école, ce n’est pas toujours facile et ça le rend triste, Issam. Sa maman n’a pas les réponses à toutes les questions mais ils aiment bien jouer ensemble à « pourquoi? parce que… parce que quoi? parce que que »… Parce que ça finit toujours par des rires ou des câlins. Quand toute la famille rentre au Sénégal, c’est souvent la mère qui est triste. Trop blanche là-bas, la maman d’Issam. Alors, quand elle demande pourquoi elle se sent étrangère, Issam est content de la consoler en lui disant : « parce que »…

L’histoire, racontée au « je » par Issam, est intéressante: un petit garçon Sénégalais trop noir pour la France, pour Paris, pour Marseille, et une maman française trop blanche pour le Sénégal. Issam est « tout noir » (p.1) et dans la cours de récré, on tente de lui voler son blouson, sa casquette, on ne veut pas jouer avec lui. Les autres enfants sont méchants à l’école, car ici, à Marseille, on « n’aime pas trop les beurs, ni les blacks. » Le Sénégal est présenté comme un terre salvatrice, où la famille pourra échapper aux discriminations vécues en France. Sauf qu’une fois arrivée là-bas, la maman pleure car les autres femmes la rejettent car elle est différente, blanche. Alors que le père trouve facilement du travail et qu’Issam peut enfin jouer librement, on réalise que d’autre difficultés les guettent.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, ce qui est bien pour entamer une conversation sur les préjugés, les différences, l’injustice et le racisme. On s’attend d’un parent qu’il nous fournisse une réponse, surtout lorsqu’il s’agit de sujet délicats tels l’intimidation et le racisme, mais le petit jeu des pourquois entre la mère et le fils a quelque chose de rassurant pour chacun d’eux et renforce le lien qui les unit.

Colorées et naïves, les illustrations de Mireille Vautier pleines de couleurs primaires contrebalancent un récit assez dur sur le racisme. Même si place est laissée pour discutions, la morale du récit me semble un peu triste: notre monde est-il si clairement divisé en noir et blanc? N’existe-t-il pas de tons de gris? Ah! Déjà, voilà de quoi alimenter un débat avec des enfants d’âge scolaire. Un album jeunesse à explorer. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Bichet & Mireille Vautier
Maison d’édition: Galimard Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 2070543358
Public cible: 8 à 11 ans
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Freedom summer

freedom summerJoe and John Henry are a lot alike. They both like shooting marbles, they both want to be firemen, and they both love to swim. But there’s one important way they’re different: Joe is white and John Henry is black, and in the South in 1964, that means John Henry isn’t allowed to do everything his best friend is. Then a law is passed that forbids segregation and opens the town pool to everyone. Joe and John Henry are so excited they race each other there . . .  only to discover that it takes more than a new law to change people’s hearts… This stirring account of the “Freedom Summer” that followed the passage of the Civil Rights Act of 1964 powerfully and poignantly captures two boys’ experience with racism and their friendship that defied it.

I absolutely loved this book. What wonderful and realistic illustrations that marvelously capture this one summer between two friends. It was a pleasure to read and to follow the lives of the boys and witness how the end of segregation affected their friendship. This is a intime story set in a very important moment in the United States recent history. A must read.

❤ this book!

*Ezra Jack Keats award, 2002

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Author(s) / illustrator(s) : Deborah Wiles & Jerome Lagarrigue
Publisher: Simon & Schuster
Publication date: 2001
ISBN: 9780689878299
Target audience: 7 to 11 years old

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Deux copines ont disparu

deux copines ont disparuFatou et sa jeune soeur Mariam devraient déjà être rentrées d’un séjour en Afrique. Sans nouvelles, Sylvie et Marion, les meilleures amies de Fatou, s’inquiètent. Après avoir questionné, en vain, les parents des disparues, elles décident d’alerter leur bande d’amis et leur professeur. Une enquête des services sociaux confirme qu’une histoire de mariage forcé retient les deux soeurs à l’étranger…

J’aimerais pouvoir dire que tous les livres sont bons, mais celui-là, je me dois d’admettre que je ne l’ai pas aimé! Bien sûr, j’ai lu bien pire, mais quand même. Les personnages, distants, semblaient évoluer dans un environnement stérile où leur réactions robotiques et exagérées soutenaient avec trop d’insistance le propos. Le ton moralisateur et bien-pensant du récit agace et le tout sonne assez faux. L’histoire des deux soeurs semblait être une excuse pour dénoncer le mariage forcé des jeunes filles en Afrique. Du coup, je n’ai eu, en tant que lectrice, aucun intérêt pour leurs aventures, et encore moins pour leurs amourettes gnagnan que la société s’attend de voir naître chez toutes les adolescentes, elles-mêmes supposées les espérer sans discernement. Et pourquoi tant d’auteurs pour ados ne cessent jamais d’insérer des sous-textes amoureux dans leurs histoires, même lorsque le sujet du livre n’a rien à voir?

Bref, si on me demande si je connais un roman pour ados traitant du mariage des filles mineures en afrique, je dirais peut-être « Oui, bien sûr, il y a Deux copines ont disparu ». Si on me demande un bon livre pour ados, je proposerai autre chose. Dommage!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bertrand Solet
Maison d’édition: Oskar Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 9782350001999
Public cible: À partir de 11 ans
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Abraham Lincoln: L’homme qui a aboli l’esclavage aux États-Unis

Abraham lincoln homme qui aboli esclavage étatsEn 1865, Abraham Lincoln abolit l’esclavage aux États-Unis. D’origine très modeste, Abraham Lincoln s’instruit seul et exerce toutes sortes de métiers avant de devenir avocat et de se lancer en politique. Élu président, il est porté par un objectif : mettre fin à l’esclavage.

Cet album jeunesse, publié chez Steinkis, offre une présentation matérielle de qualité: papier glacé, couverture rigide. Le large format laisse beaucoup de place aux magnifiques illustrations de Kadir Nelson. Très beau texte également. Même s’il s’agit d’un livre d’images, ce livre s’adresse aux enfants d’âge scolaire. Il s’agit d’un livre magnifique pour en apprendre davantage sur l’histoire des États-Unis et comprendre l’esclavage. À acheter et mettre dans une place de choix dans sa bibliothèque personnelle.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Doreen Rappaport & Kadir Nelson
Maison d’édition: Steinkis
Année de publication: 2015
ISBN: 9781090090668
Public cible: 7 à 12 ans

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Coup de ❤ !

En savoir plus sur l’illustrateur américain Kadir Nelson

kadir nelson

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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Nelson Mandela

nelson mandela kadirÀ l’âge de neuf ans, Nelson Mandela quitte son village pour aller à l’école en ville.
Là, il découvre des Africains pauvres et impuissants. Il décide alors qu’il fera tout pour les aider. Plus tard, alors qu’il est devenu avocat, le gouvernement impose la stricte séparation des gens en fonction de la couleur de leur peau. Mettre fin à cette loi sera le combat de sa vie.

Dans un texte simple et poignant, Kadir Nelson retrace la vie d’un homme qui a changé l’avenir de son pays et qui s’est battu pour l’égalité. Magnifiques illustrations réalistes. Parfait pour apprendre un peu d’histoire à de jeunes enfants sans que ce soit dans un contexte scolaire. À lire pour connaître le combat de Nelson Mandela, oui, mais aussi la vie qu’il a menée depuis l’enfance. Le livre, à couverture rigide et de large format, est de qualité.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kadir Nelson
Maison d’édition: Steinkis Éditions
Année de publication: 2013
ISBN: 9791090090187
Public cible: 5 à 9 ans

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En savoir plus sur l’auteur américain Kadir Nelson

kadir nelson

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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Un homme

un hommeAuteur(s) / illustrateur(s) : Gilles Rapaport

Maison d’édition: Circonflexe

Année de publication: 2007

ISBN: 9782878334166

Public cible: À partir de 9 ans

Résumé: « Qui suis-je ? » Un esclave selon les dictats du code noir. Mais l’homme qui pose la question s’adresse à celui qui fût son maître tout en interpellant le lecteur et demande ce qui peut justifier son quotidien : violence, humiliation, souffrance … Le sentiment d’injustice et l’incompréhension lui donnent ce regard noir, plein de détermination farouche et de rage désespérée. Jamais il ne renoncera à ce qui fait de lui un homme : sa liberté.

Mon avis: Voilà un livre d’image pour les plus grands qui pousse à la réflexion (j’attendrais 9 ou 10 ans avant de faire lire ce livre à un enfant). Le thème de l’esclavage est amené de façon nouvelle par le biais d’une narration faite par un esclave qui, à la manière d’un journal intime ou de mémoires, adresse à son bourreau des mots qu’il n’osera jamais lui dire en face. L’histoire est racontée au rythme des souvenirs que se remémore le narrateur. Ce rythme narratif saccadé soutient bien la lourdeur du thème abordé. La calligraphie et la police utilisée enrichit le texte; certains mots ou phrases écrites en gros et en caractères gras mettent l’accent de manière textuelle sur la détresse du narrateur et sur la violence qui lui est infligée. Les illustrations aux tracés grossiers et nerveux, et aux couleurs sombres soutiennent de manière juste la noirceur, tristesse et la violence des faits qui y sont relatés en dotant l’histoire d’une atmosphère visuelle appropriée. La partie fictive de l’album est suivie d’un court dossier explicatif sur le Code noir et les deux parties se complètent bien. À la lisière du fictif et du réel, Un Homme en dit beaucoup, mais pas trop, sur l’esclavage tout en laissant la porte ouverte à la réflexion et à la discussion. Attention: Pour lecteurs avertis!

Avez-vous lu ce livre à un enfant? Partagez votre expérience dans les commentaires!