On est pas des super-héros / On n’est pas des poupées / Ni poupées ni super-héros

On n'est pas des super-hérosOn n’est pas des super-héros

Un album sur les stéréotypes sexistes où des garçons racontent entre autres qu’ils n’aiment pas se battre, aiment les câlins et sont admiratifs devant l’intelligence des filles.

Ce livre est une pépite d’or. Il est tout désigné pour parler du sexisme auprès des enfants en s’adaptant à leur ton, leur vision du monde et leurs préoccupations. J’ai aimé qu’on s’adresse aux garçons, car il est faux de penser que le féminisme ne concerne que les femmes. Des personnages de toutes origines sont présent dans ce livre, dont un garçon noir. Le livre aborde un féminisme plutôt occidental, mais ne prétend pas non plus être universel dans les enjeux qu’il aborde. En fin d’album, une petite présentation du féminisme d’hier à aujourd’hui, avec un focus très français (d’ailleurs on n’a inclus que des hommes blancs dans les courtes présentations biographiques: Nicolas de Condorcet, Victor Hugo, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Auguste Bebel, Friedrich Engels, François Poullain de la Barre, Michel Montaigne).

On n’est pas des poupées

On n'est pas des poupéesOn n’est pas des poupées s’attaque de manière frontale aux stéréotypes de genre, sans périphrases ni métaphores mais avec beaucoup d’humour, de tendresse et de fantaisie ! On n’y trouve pas de clichés, mais des clins d’œil au mouvement féministe, et des petites filles pétillantes qui, au fil des pages, fournissent aux jeunes lecteurs et lectrices des outils pour être soi-même, et non pas ce que les autres voudraient que l’on soit.

J’ai noté la présence de plusieurs personnalités connues dans ce livre, dont Angela Davis qu’on reconnait sur le chandail d’une fille qui a grimpé dans un arbre. Ce livre inclut lui aussi une courte présentation biographique de quelques figures féministes: Olympe de Gouges, Georges Sand, Louise Michel, Rosa Luxemburg, Virginia Woolf, Rosie la riveteuse, Simone de Beauvoir. Très bien fait, ce livre jeunesse rappelle aux filles qu’elles doivent être libres d’être ce qu’elles sont et de ne pas s’enfermer dans des stéréotypes.

Ni poupées ni super-héros

Ni poupées ni super-hérosParce qu’il n’est jamais trop tôt pour lutter contre les stéréotypes Pour que filles et garçons puissent, ensemble, construire un monde antisexiste et égalitaire, On n’est pas des poupées et On n’est pas des super-héros, déjà parus dans cette collection, sont maintenant réunis en un seul livre. Ni poupées ni super-héros, en avant les super-égaux !

Après la lecture de On est pas des super-héros, puis de On n’est pas des poupées, j’ai trouvé dommage la séparation du lectorat: l’un vise les garçons et l’autre, les filles, un peu comme les collections de livres commercialisés pour un genre uniquement. Cette séparation m’a toujours dérangée car il oblige les enfants à choisir entre dragons et princesses, super-héros et animaux, licornes et voitures en fonction de leur genre. Dans Ni poupées ni super-héros, on retrouve une sélection de quelques-unes des pages des deux autres livres de la série. Même si les deux autres livres ont aussi leur utilité, Ni poupées ni super-héros comble le besoin d’un livre jeunesse antisexiste que garçons et filles pourront consulter ensemble. Petit bémol: Ce livre n’ajoute aucun nouveau contenu aux précédents. Très bon quand même ! Dans chacun des livres, on retrouve des enfants noirs ou racisés.

Alors, au final, on achète lequel puisque le contenu est quasiment le même ? Achetez donc les trois. Ça vaut la peine !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Beauvois, Delphine & Claire Cantais
Maison d’édition: La ville brûle Bouton acheter petit
Année de publication: 2014 / 2013 / 2015
ISBN: 9782360120482  / 9782360120369  / 9782360120666
Public cible: À partir de 10 ans
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De petite à grande : Rosa Parks

RosaRosa Parks - De petite à grande La courte échelle Parks a grandi en Alabama, aux États-Unis, où elle a appris à défendre ses droits dès son plus jeune âge. Toute sa vie, elle a travaillé pour que les Noirs cessent d’être moins bien traités que les Blancs. Son courage et sa dignité ont servi d’étincelle au mouvement qui a mis fin à la ségrégation raciale dans son pays.

Cet album magnifique permet de découvrir Rosa Parks sous un angle nouveau. Plutôt que de réduire la lutte de cette femme à ce jour où elle a décidé de ne pas laisser sa place à une personne blanche dans un autobus, on s’intéresse ici à sa personnalité, à sa famille, à ses valeurs et à sa force de caractère. À la lecture de ce livre, on découvre la petite Rosa, une fillette brave qui s’efforçait toujours de faire ce qui était juste et qui savait qu’elle était une personne normale qui avait autant de valeur que n’importe qui, quelle que soit sa couleur. On parle de sa capacité à continuer à essayer et à ne pas baisser les bras.

Les phrases courtes et simples parviennent à expliquer le contexte historique de manière accessible aux enfants. On parle de sa lutte pour obtenir plus de droits pour les Noirs et de l’aide qu’elle travaillait à offrir à ceux et celles d’entre eux qui étaient mal traités. On parle de comment elle n’avait pas peur car elle savait que ce qu’elle faisait était juste. On parle de la manière dont elle a réussi à rallier des milliers de personnes à son combat. On parle de son humilité. Le tout est extrêmement bien mené.

En fin d’album, on retrouve une courte biographie accompagné d’une photo de Rosa Parks, ce qui permettra aux enfants de réaliser qu’il s’agit d’une personne qui a réellement existé.

Coup de cœur !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Lisbeth Kaiser & Marta Antelo
Maison d’édition: La courte échelle Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897741457
Public cible:  À partir de 5 ans.
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Voici Viola Desmond

Voici viola desmondPar un jour pluvieux de novembre 1946, Viola, de passage à Glasgow en Nouvelle-Écosse, décide d’aller au cinéma. Elle s’installe dans la section officiellement réservée aux Blancs, mais l’ouvreuse lui demande de changer de place. Viola refuse, car elle sait que c’est à cause de la couleur de sa peau. La police l’amène de force. Viola est emprisonnée, jugée et déclarée coupable. Cela ne l’empêche pas, avec l’aide de ses partisans, de continuer à se battre pour la justice sociale. Sa cause ira jusqu’à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse. Parce que quand Viola a une idée en tête… elle n’abandonne pas !

La ségrégation a existé au Canada. À l’école, durant le cours obligatoire d’Histoire du Québec et du Canada de 4ème secondaire, on n’en a pas du tout parlé. L’autre jour, j’en discutais justement avec d’autres personnes de mon âge qui m’ont révélé qu’elles non plus n’avaient pas abordé cette période sombre de l’histoire du Canada. On aime bien entretenir notre réputation de « gens gentils » ici. C’est un peu notre marque de commerce. Pourtant, l’histoire de Viola Desmond nous rappelle que le racisme a bel et bien existé dans ce pays.

Viola Desmond était entrepreneure et pionnière en matière d’égalité raciale au Canada. L’histoire est racontée par un narrateur omniscient et on en apprend beaucoup sur la vie de cette grande femme: ses études à Montréal, sa détermination, sa famille nombreuse, sa dignité et sa force de caractère. On s’intéresse davantage au personnage qu’on contexte canadien; j’aurais aimé qu’on s’y attarde un peu plus (par exemple, parler des Noirs Canadiens, parler plus amplement de l’association de la Nouvelle-Écosse pour l’avancement des gens de couleur), de Sydney et d’Halifax. On accuse Viola d’avoir refusé de payer un cent de taxe au gouvernement Canadien en s’assoyant au parterre (réservé aux Blancs) d’un cinéma alors que sont billet était pour le balcon (réservé aux Noirs). Le tribunal ne mentionne pas la couleur de la peau de Viola, mais tout le monde sait que c’est de cela qu’il s’agit. Les illustrations réalisées avec des outils traditionnels et numériques, et les couleurs et textures à la gouache et à l’aquarelle sont très réussies. Les dialogues sont présentés dans des phylactères, ces petites bulles caractéristiques des bandes dessinées. On retrouve à la fin du livre les dates importantes de la vie de Viola et de sa lutte pour l’égalité des droits de tous les Canadiens. Le tout est accompagné de photos d’archives. Très bon ! Couverture rigide.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Voici Viola Desmond 2

Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
Maison d’édition : Éditions Scholastic
Année de publication : 2018
ISBN : 9781443163880
Public cible : À partir de 8 ans

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Histoires du soir pour filles rebelles: 100 destins de femmes extraordinaires

VHistoires du soir pour filles rebelles - 100 destins de femmes extraordinaireséritables contes de femmes – et non simples contes de fées, ces Histoires du soir pour filles rebelles permettront à tous les enfants de se rêver un destin extraordinaire et sans limites. Pirates, scientifiques, romancières, sportives, guerrières, reines et chanteuses, les 100 femmes d’hier et d’aujourd’hui qui figurent dans ce brillant et splendide livre ont eu l’audace de franchir des obstacles et de combattre les injustices pour réaliser leurs rêves. Ces Coco Chanel, Frida Kahlo, Serena et Venus Williams, Hillary Clinton, Marie Curie, Rosa Parks, etc., sont autant de preuves qu’un cœur confiant a le pouvoir de changer le monde. Grâce à ces pionnières inspirantes et déterminées, garçons et filles fermeront leurs yeux le soir venu avec la ferme conviction qu’ils peuvent devenir qui ils veulent, peu importe leur couleur, leur statut, leur âge ou leur sexe. N’est-ce pas là la plus merveilleuse façon de s’endormir ?

Wow. Ce livre est fabuleux ! Écrit et illustré uniquement par des femmes, il présente une centaine de filles et de femmes qui ont pris en main leur destin. Chaque double page s’intéresse à une personne et raconte un pan de sa vie ou ce qu’elle a fait qui se démarque des autres. Les personnalités les plus connues comme Coco Chanel, Cléopâtre, Maire Curie et Rosa Parks côtoient des personnes moins connues mais non moins importantes tel que Ashley Fiolek, une pilote de motocross américaine, Coy Mathis, une élève du primaire transgenre, Jacquotte Delahaye, une pirate haïtienne du 17ème siècle ou Manal Al-Sharif, une militante pour le droit des femmes vivant en Arabie Saoudite. La diversité des femmes présentées et des illustratrices les ayant dessinées donne toute sa force à ce livre merveilleux. Des femmes noires sont aussi incluses dans ce recueil: Alek Wek (top model), Ameenah Gurib-Fakim (présidente et scientifique de la république de Maurice), Balkissa Chaibou (militante nigériane), Fadumo Dayib (femme politique somalienne), Harriet Tubman (combattante pour la liberté américaine), Mae C. Jemison (astronaute et médecin américaine), Maya Angelou (écrivaine américaine), Melba Liston (tromboniste américaine), Michaela Deprince (danseuse de ballet née en Sierra Leona, adoptée par des américains), Michelle Obama (avocate et première dame américaine), Miriam Mekeba (militante et chanteuse sud africaine), Misty Copeland (bellerine américaine), Nanny des marrons (reine jamaïcaine, Nina Simone (chanteuse américaine), Rosa Parks (militante américaine), Serena et Venus Williams (joueuses de tennis américaines), Simone Biles (gymnaste américaine), Wangari Maathai (militante kényane) et Yaa Asantewaa (reine guerrière ghanéenne).

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Petit bémol: malgré un soucis d’inclure des femmes du monde entier, la majorité sont occidentales. Mais ce n’est pas si grave, car la dernière femme de ce recueil n’est nul autre que la lectrice du livre ! Elle pourra écrire son histoire et dessiner son portrait, s’insérant ainsi dans une longue lignée de femmes et de filles fortes, indépendantes et courageuses. Une lecture incontournable.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Elena Favilli & Francesca Cavallo
Maison d’édition: Guy Saint-Jean Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782897584627
Public cible: À partir de 10 ans

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Des mensonges dans nos têtes

Des mensonges dans nos têtes1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté.
C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les cœurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…

C’est d’abord le sujet du livre qui m’a interpellé. Une histoire d’amour impossible entre deux adolescentes dans les États-Unis en pleine lutte pour les droits civiques, je n’avais jamais lu quelque chose de semblable auparavant. Le roman débute tout de go lors de la rentrée scolaire. Racisme, insultes lancées à tue-tête, ici scandés par la foule d’élèves blancs (« Un, deux, trois, l’intégration on n’en veut pas ! »), là crachés par des dizaines d’élèves croisant le passage de Sarah, jeune fille noire surdouée intégrant une école pour Blancs. « Sale négresse qui pue! » par-ci, ricanements, dénigrements et déchets lancés par-là… C’est très dur à lire et ça dure près de la moitié du roman. Cela m’a agacé, car même si le contexte historique a permis tant de haine, plutôt que de faire avancer l’histoire, l’auteur consacre plusieurs pages à ses effusions de racisme.

J’ai eu un malaise constant en lisant ce roman. Voilà cette femme américaine, blanche, qui fait parler une personne noire (fictive, mais s’inspirant de personnes ayant réellement existées), et qui semble carburer aux insultes racistes. « Black Twitter », ces afro-américains qui échangent en 140 caractère sur les réseaux sociaux (parfois en étant totalement ignorés par la majorité blanche) n’ont pas manqué de le soulever également. Et ce, pour plusieurs raisons (traduction libre de quelques propos recueillis sur Twitter concernant la version originale du roman, The Lies We Tell Ourselves. Notez que ces propos ne sont pas les miens):

  • Quelqu’un peut-il me dire pour qui a été écrit ce roman ?? V’là 100 pages d’insultes en continu envers les Noirs.

  • Auteurs blancs, écoutez ceci: Quand vous écrivez un livre sur le racisme, votre livre est automatiquement catégorisé comme ayant un « White Gaze » [c’est-à-dire un regard Blanc sur la chose, n’abordant que la vision des Blancs sur le racisme].

  • OH MON DIEU, LADY [c’est-à-dire l’auteure], comment as-tu pu penser que c’était ta place d’écrire ceci ?

  • Je deviens vraiment frustrée lorsque les gens donnent de bonnes critiques à ce livre.

Bref, vous l’aurez compris, les gens étaient plutôt furieux. Que l’on soit d’accord ou pas avec cette colère, cette situation fait réfléchir et mérite qu’on y porte attention. L’idée n’est pas d’interdire les personnes blanches d’écrire sur le racisme ou de créer des personnages noirs dans leurs œuvres. L’idée est pour ces personnes blanches d’être conscientes de leur « blanchitude », de leur regard, de leur privilège. L’idée est aussi de réaliser que pendant que les personnes blanches parlent « pour nous », les médias accordent peu de place aux artistes noirs, et qu’il est difficile de parler pour nous-mêmes. L’idée, enfin, est d’être conscient de trois choses cruciales : QUI parle ? POUR QUI parle-t-on? POURQUOI parle-t-on de ceci ?

L’auteure Robin Talley, ayant eu vent de la controverse entourant son roman, s’est par la suite excusée sur sa page officielle, se disant « reconnaissante à ceux qui ont soulevé ses problématiques » et souhaitant « s’excuser profondemment pour les blessures [qu’elle a] occasionnées ». Elle dit avoir « appris » de cette expérience et prend les points soulevés par ses détracteurs « très, très au sérieux. » Elle ajoute que lorsqu’elle a écrit ce roman en 2010, elle a « fait ses recherches », mais n’a pas « pris un moment de recul pour [se] demander si [elle] devai[t] raconter cette histoire en premier lieu. » Elle semble avoir compris que nonobstant les recherches qu’elle puisse avoir effectuées, son écriture était, par nature, limitée par sa propre expérience.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Robin Talley
Maison d’édition: Mosaic Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782280338677
Public cible: Ados

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Joujou Turenne raconte Mandela

Joujou Terenne raconte MandelaC’est l’histoire d’un homme fascinant et inspirant. Un homme aux mille et un parcours. Chaque page de sa vie est un enseignement. Né libre… mort libre ! Grand sage rempli d’humilité dont les célèbrescitations traversent les frontières, le temps… les coeurs. Fier combattant de justice et de liberté. Défenseur des droits des Noirs dans un pays dirigé par un gouvernement qui impose un régime raciste nommé apartheid et qui fixe des lois inégales selon la couleur de la peau de ses citoyens.

J’aime Joujou Turenne pour son incroyable capacité à raconter des histoires. Conteuse, elle me fait voyager à chaque fois que je la vois sur scène ou que j’écoute l’un de ses livres. Quelle déception, alors, de ne pas avoir d’accompagnement audio avec Joujou Turenne Raconte Mandela. D’ailleurs, ce livre s’apparente davantage à un documentaire qu’à un roman. On y lit des faits, puis des moments clés de la vie de l’ex-président sud-africain Nelson Mandela. Mi-roman, ni-documentaire, le livre ne présente pas l’information de manière indexée: bien que des chapitres sont présents, il n’y a pas de tables de matières.

La mise en page ne m’a pas particulièrement plu non plus, certains pages sont noircies de texte alors que d’autres semblent vides. L’illustration de couverture est très belle; celles à accompagnement le récit aussi. Toutefois, les deux artistes n’ayant pas le même style, il manque de continuité entre les deux; j’aurais aimé retrouver quelques illustrations de Bug Rogers à l’intérieur du livre et des illustrations de Patrick Noze en quatrième de couverture ou dans les pages de garde.

J’ai adoré le passage sur le discours de Nelson Mandela à Montréal peu de temps après sa libération de prison et qu’on parle de la politique canadienne en lien avec la lutte de l’Afrique du Sud.

Joujou Turenne est une auteure et conteuse canadienne d’origine haïtienne.

joujou

Auteur(s) / illustrateur(s) : Joujou Turenne
Maison d’édition: Planète Rebelle Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9872924797099
Public cible: À partir de 9 ans
Vous aimerez peut-être: Nelson Mandela, un album magnifique illustré par Kadir Nelson.

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Probouditi !

probouditiLe jour de son anniversaire, Calvin assiste au spectacle du magicien Lomax le magnifique. Impatient d’essayer lui-même ses techniques d’hypnose, il les applique à sa jeune soeur Trudy en lui faisant croire qu’elle est un chien. Toute la journée, la petite Trudy aboie et marche à quatre pattes, menant la vie dure à son frère qui a oublié le mot à prononcer pour faire cesser l’état d’hypnose. (c) À livres ouverts.

Calvin ne s’entend pas bien avec sa petite sœur et adore l’embêter. Il la rejette parfois et l’exclue de ses jeux. J’ai eu pitié pour elle, car elle souhaite vraiment pouvoir passer du temps avec son frère. Cela a été difficile de la voir ainsi rejetée; certains y verront même de l’intimidation.

Cela dit, la fin du livre semble suggérer que ce n’est pas la petite Trudy qu’il faut prendre en pitié, mais peut-être bien son frère car Trudy est bien plus futée qu’elle n’y paraît. On ne saura jamais si se comporter en chien a été pour elle une manière détournée d’obtenir ce qu’elle voulait et si elle a fait semblant d’être hypnotisée. Au fond, devrions-nous avoir pitié de Calvin qui ne sera jamais rien d’autre qu’un enfant méchant et égoïste ? Et puis, n’existe-t-il pas toujours une certaine compétition entre les membres d’une même fratrie ?

Il est également possible d’aborder ce livre sous l’angle du contexte des États-Unis de la seconde moitié du XXe siècle. Les voitures anciennes arpentent les rues, les deux garçons noirs s’assoient à l’avant de l’autobus publique qui les ramène chez eux, le décor de la probouditi 2maison familiale, la mode vestimentaire et les jeux auxquels jouent les enfants sont d’autant d’éléments à analyser pour bien comprendre le contexte historique. Cet album offre donc plusieurs points d’entrée. Tout n’est pas dit, tout n’est pas clair. Je recommande donc une lecture accompagnée. Il serait idéal pour une lecture en classe ! D’ailleurs, le site web À livres ouverts offre plusieurs pistes de réflexions pour une exploitation en classe de 4ème, 5ème ou 6ème année du primaire.

Je ne peux passer sous silence les illustrations précises et détaillées de Chris Van Allsburg. Les tons de sépia offrent chaleur et se déploient tels des tableaux de grands maîtres sous les yeux des lecteurs.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Chris Van Allsburg
Maison d’édition: L’École des loisirs
Année de publication: 2006
ISBN: 9782211086592
Public cible: 8 à 11 ans

Vous aimerez peut-être: Mon ombre, ou Libre: Le long voyage d’Henri pour la qualité de leurs illustrations.

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