Tu ne manqueras jamais d’amour

tu ne manqueras jamais d'amourTu peux manquer de biscuits, tu peux manquer de lait, tu peux manquer de bas, tu peux manquer d’argent, d’idées et d’énergie… Mais tu ne manqueras jamais, au grand jamais, d’amour. On ne peut pas le mesurer dans un récipient. Il est impossible de l’épuiser complètement. L’amour n’est pas un jeu, on ne compte pas les points. On a beau en donner, il en reste toujours plein.

Voilà le genre de livre qu’il faut lire plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités. Les phrases, succinctes, soutiennent des illustrations abondantes d’éléments narratifs complétant le récit. Deux récits sont racontés en parallèles : celui d’une fille au teint foncé, de sa petite sœur encore en couches et de leur chat noir et brun, ainsi que celui d’un garçon roux, de son chien-saucisse et de son lapin. J’aime particulièrement exploiter ce genre d’album avec les grands lecteurs de troisième ou quatrième année, ou encore avec les lecteurs récalcitrants. Car oui, l’album n’est pas réservé à la petite enfance ! N’hésitez pas à en lire avec vos enfants d’âge scolaire. Le récit est tendre, les illustrations sont touchantes, parfois drôles. Un très, très bel album que je recommande vivement !

tu ne manqueras jamais d'amour 2

* L’auteure Helen Docherty est récipiendaire de plusieurs prix littéraires pour la jeunesse.

Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Helen Docherty & Ali Pye
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443165334
Public cible: À partir de 4 ans
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Nous serons toujours là pour toi

Nous serons toujours là pour toi ValentinEn grandissant, votre enfant se pose beaucoup de questions: « Et s’il y a un monstre dans ma chambre ? « , « Et si vous sortez le soir sans moi ? « . Ce livre est là pour le rassurer, en lui faisant comprendre qu’il pourra toujours compter sur vous. 

Le personnage de ce livre est un petit garçon métis qui s’inquiète de tout un tas de petites choses, comme le font bien des enfants. Chaque double page s’attarde à une de ses peurs: sur la page de droite la peur en question, et sur la page de gauche la manière dont les deux parents aident et rassurent leur enfant. Cette narration, répétitive, est très rassurante pour les enfants: ils savent un peu à quoi s’attendre, ils anticipent la suite de l’histoire et font des inférences. Cette capacité à utiliser plusieurs éléments d’une situation pour en tirer une conclusion ou prévoir une réaction fait partie de l’apprentissage des enfants en bas âge. Les histoires les aident beaucoup à développer cette compétence qui leur sera utile tout au long de la vie !

La famille représentée est mixte et hétéroparentale, et se montre, à l’occasion, plutôt hétéronormative. En effet, pour rassurer son garçon malade, la maman se fait infirmière alors que le papa, docteur. Pour chasser les monstres cachés dans la chambre du petit, la maman utilise un balai alors que le papa, un couvercle de casserole en guise de bouclier et un fouet en guise d’épée… Autrement, les deux parents travaillent ensemble, de manière égalitaire et se soutiennent mutuellement dans leur rôle de parents. L’amour qui unit les membres de la famille est tout à fait touchante ! Les illustrations naïves accompagnent bien le texte et facilitent la compréhension auprès des petits qui « liront » les images à défaut de savoir lire les mots. L’illustratrice utilise également l’humour, en faisant apparaître le petit chien de la famille sur chaque page (les enfants s’amuseront à le trouver!), ou en créant des images rigolotes (par exemple, le chien qui vole sur le dos d’un oiseau).

Bref, cet album a pour héros une famille unie par l’affection et qui fait preuve de spontanéité et de collaboration pour faire face au monde. Une lecture douce, parfaite pour l’histoire du soir, qui fera du bien tant aux enfants qu’aux parents. Un beau cadeau à offrir à toute la petite famille !

Je remercie l’auteur Stephan Valentin de m’avoir offert ce livre.

Nous serons toujours là pour toi Valentin 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Stephan Valentin & Denitza Mineva
Maison d’édition: Pfefferkorn
Année de publication: 2017
ISBN: 9783944160306
Public cible: 3 à 6 ans
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Antoinette

AntoinetteAntoinette a trois frères bouledogues, Rocky, Ricky et Bruno. Elle n’est ni la plus rapide, ni la plus intelligente, ni la plus forte. Sa maman lui dit qu’elle a forcément quelque chose d’extra particulier, mais en fait, Antoinette ne sait pas trop ce que c’est. Jusqu’au jour où…

Ce sont des chiens qui occupent la place centrale du récit. Les personnages humains, lorsque représentés, sont surtout non-blancs. Les enfants n’auront tout de fois aucune difficulté à se projeter dans la peau des chiots de l’histoire. La morale du récit informe le lecteur que tout un chacun a une qualité ou un talent particulier qui lui est propre. Certains sont intelligents, courageux, persévérants, alors que d’autres sont comiques, patients ou généreux. Les illustrations, véritable travail d’artiste, utilisent des techniques mixtes tels que le collage, la peinture ou estampe. Il existe dans cet album un équilibre parfait entre le texte et les illustrations, faisant de ce livre un petit bijou de littérature, idéal pour une heure du conte auprès des 4 à 8 ans.

* Gagnant du choix des parents 2017 de la maison d’édition Simon et Schuster.

Coup de cœur !

Christian Robinson est un illustrateur américain.

christian robinson

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kelly Dipucchio & Christian Robinson
Maison d’édition: Hélium Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782330075156
Public cible: À partir de 4 ans
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Un été au chalet

un été au chaletPour la première fois de sa vie, Emma, dix ans et deux mois, doit passer trois longues semaines estivales loin de Léo, son grand frère adoré. Comble du malheur, ses parents ont loué un petit chalet dans le Bas-Saint-Laurent ! Heureusement, Emma traîne avec elle son petit carnet rouge pour relater tout ce qui marquera ces semaines chargées en émotions. Qui est ce garçon qui regarde la mer sans dire un mot ? Pourquoi les trois voisines ne l’invitent-elle jamais à jouer avec elles ? Et pourquoi la libraire du village la regarde-t-elle ainsi avec de gros yeux ? 

La lecture de ce roman m’a beaucoup plu ! Catherine Girard-Audet a une formidable capacité à se glisser dans la peau des filles de 9-10-11 ans. On ne sent pas du tout qu’il s’agit d’un adulte qui a écrit le livre; les émotions sont vraies, les personnages sont réalistes, leurs réactions sont appropriées à leur âge. À noter qu’il y a quelques québécismes dans le texte (« Ça n’a pas vraiment adonné », « avoir de la misère à faire quelque chose », « j’haïs », etc.), mais que le roman est tout de même fort bien écrit.

Emma, le personnage principal, est une personne qui n’a pas la langue dans sa poche : elle dit ce qu’elle pense, elle est authentique, elle est sociable et courageuse. Elle entretient une excellente relation avec ses parents (surtout avec sa mère qui semble toujours la comprendre!) et son grand-frère de 16 ans. Ces deux derniers sont d’ailleurs très proches. Cela étant dit, j’ai quelques réticences quant à la représentation d’Emma, car j’ai eu l’impression que l’auteure n’avait pas imaginé son personnage comme étant une fille noire à l’écriture de son roman et cela a donné lieu à quelques non-sens. L’illustration de couverture lui a peut-être été proposée qu’au processus d’édition ?

Aucune description physique d’Emma ou des membres de sa famille n’est offerte dans le récit. Les autres personnages du récit, lorsqu’ils sont décrits, sont blancs. À plusieurs reprises, Emma rougit pour signifier son malaise, sa gêne ou son embarras :

  • « Ma mère m’a regardée en souriant. Je pense qu’elle est fière de m’avoir transmis cette assurance qui me permet de parler en public et d’aller vers les autres sans devenir rouge tomate » (p.99-100)
  • Lorsque Loïc, le gentil voisin dont elle tombera amoureuse dans la deuxième partie du récit lui dit qu’elle est « super belle », Emma écrit dans son journal : « J’ai détourné le regard en rougissant, et je me suis empressée de changer de sujet pour dissiper le petit malaise. » (p. 214).
  • « Je lui ai donc offert de jouer à la console pour éviter qu’il se rende compte de mon malaise et du fait que je ressemblais à une tomate, et heureusement pour moi, la diversion a fonctionné! » (p.246-247).

Ces trois petits passages, mine de rien, lancent le message qu’on rougit toujours lorsqu’on est embarrassé et du coup, les petites filles noires grandissent en s’imaginant que cela s’applique à elles aussi ! Or, il faut comprendre que les petites filles ne sont pas noires avant que l’on leur dise ou qu’on leur fasse sentir qu’elles ne sont pas comme les autres. Elles sont simplement des petites filles ! C’est la société qui leur force à réaliser qu’elles sont différentes, qu’elles sont « noires ». C’est toujours bien triste d’entendre une fille noire utiliser l’expression « Être rouge comme une tomate » pour parler d’elle-même, pensant que cela signifie simplement être embarrassé… !

Similairement, à la page 255, Emma mentionne qu’elle avait « les cheveux dans les yeux à cause du vent, et Loïc a gentiment repoussé une mèche pour la placer derrière [son] oreille. » Encore une fois, cela ne concorde pas avec la représentation d’Emma en page couverture où on la montre portant un superbe afro volumineux. Ai-je besoin de mentionner que les cheveux crépus ne bougent pas suffisamment dans le vent pour se rendre jusqu’au centre du visage ? Et puis, bon, j’ai encore jamais entendu parler de familles noires normalement constituées qui vont volontairement s’exiler dans le Bas-Saint-Laurent pour un été complet. C’est bizarre.

Tous ces éléments constituent une forme de microagression : On utilise l’image d’une fille noire en couverture pour faire un coup de marketing, mais ce n’est pas l’histoire d’une personne noire qui est racontée dans le livre. D’ailleurs, on ne fait pas vraiment l’effort d’offrir une représentation juste et réaliste d’une personne noire dans le récit. Ugh. Dommage.

Mise à jour du 9 septembre 2018: Eh bien, eh bien. Surprise: Je viens de découvrir que ce livre a d’abord été édité sous le titre « Les drôles de vacances de Coralie ». Même histoire, mais on a changé la couverture. Certains crient au « Black Washing », ou l’utilisation de personnes noires pour faire un coup de pub sans que celles-ci ne soit consultées ou qu’on fasse l’effort d’offrir une représentation juste. Isssssshhhh. Ça fait grincer des dents.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Girard-Audet
Maison d’édition: Les Malins Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782896575961
Public cible: À partir de 9 ans

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