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Le petit sorcier de la pluie

sorcier-de-la-pluieDès que le petit garçon eut l’âge de marcher, il voulut aller trop vite. Il courait et tombait. Les femmes du clan répétaient: « Le fils de Kuyu-ma et de Panunya tombe toujours sans prévenir. Il est comme la pluie. » Les gens-qui-chassent-dans-le-pays finirent par appeler l’enfant Petite Pluie. Si bien qu’un soir, même ses parents lui dirent: « Dors bien, Petit Pluie. Ne tombe pas du nuage de tes rêves. » Quand il commença à comprendre les mots, Petite Pluie fut très content de porte ce nom-là. La pluie, dans ce pays, est la bienvenue. Sans elle, rien ne pousse, rien ne vit. Or, cette année-là, la pluie ne venait pas.

Mon avis

Le récit, d’une grande qualité littéraire, nous fait voyager dans l’Australie aborigène. Anne-Catherine De Boel nous offre des illustrations chaudes et nous prouve encore son grand talent artistique. Dessins réalistes côtoient harmonieusement des peintures plus naïves. Certaines doubles pages constituent de merveilleux tableaux abstraits. Enseignants, retrouvez ici des fiches d’exploitation afin d’aborder ce livre en classe avec vos élèves!

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Carl Norac & Anne-Catherine De Boel
Maison d’édition: École des Loisirs
Année de publication: 2004
ISBN: 9782211075435
Public cible: 6 à 10 ans
Vous aimerez peut-être: Alba, de la même illustratrice.

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Un dinosaure à souper

Idinosaure-soupernviterais-tu un dinosaure à souper? Partagerais-tu ta brosse à dents avec un requin? Ce livre loufoque, idéal à l’heure du dodo, entraînera les enfants au pays des rêves.

Quand j’ai d’abord lu pour une première fois ce livre à une fillette de 6 ans, elle a pris très sérieusement tout ce qui y était écrit et a même voulu raisonner: « Un dinosaure à souper!!?? Ça ne se peut pas! » Elle n’a d’abord pas saisi le ton humoristique et a pris toutes les recommandations du personnage principal pour des impératifs. Puis, à la deuxième et troisième lecture, elle a ri, a inventé de nouvelles péripétie à l’histoire, à voulu elle aussi jouer des tours et inventer des situations rocambolesques! C’est bien le propre de la littérature jeunesse: grandir avec l’enfant, nourrir son imaginaire et l’accompagner dans son développement global. De plus, comme elle vient de commencer la première année et l’apprentissage de la lecture, elle a porté une attention toute particulière aux mots. Elle a d’ailleurs remarqué que certains mots rimaient: « chouette » et « couette », « requin » et « salle de bains », « coton » et « solution », etc. Elle a aussi demandé la définition des mots et expressions plus difficiles, comme « soupe au lait » ou « maigrirez ». Nous aurions pu exploiter pendant des semaines encore ce livre merveilleux, mais je devais le ramener à la bibliothèque !

J’ai aussi lu ce livre à un garçon de trois ans qui a tout de suite été intéressé par l’histoire. Tourner les pages était un peu difficile pour lui (compte tenu des pages de papier glacé), mais il a tenu à le faire tout seul comme un grand (et on ne saute pas de pages, svp!) ! À cet âge, un enfant ne comprend pas le côté humoristique du récit, même après plusieurs relectures. À trois ans, tout est possible, même d’inviter un dinosaure à souper! Par contre, il parviendra à expliquer clairement pourquoi c’est une mauvaise idée de le faire et sera fier de montrer qu’il a compris les règles. Les illustrations l’ont beaucoup plu et il aimait passer de longs moments à les regarder.

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Le personnage principal de ce livre est un garçon noir, représenté dans son quotidien de manière positive: une perle rare en littérature jeunesse. Le texte qui rime rythme le récit et la lecture à voix haute. À chaque page, il y a un petit ourson à trouver. Un livre réconfortant. À lire !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gareth Edwards & Guy Parker-Rees
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2016
ISBN: 9781443153492
Public cible: 3 à 6 ans
Vous aimerez peut-êtreAu travail: Pompiers, aussi publié chez Scholastic.

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Gabriel et Gabriel

gabriel gabrielGabriel a onze ans. Gabriel prend l’avion pour la première fois. Gabriel va au Brésil, passer des vacances chez sa marraine. Une fois arrivé, Gabriel rencontre Gabriel. Un garçon qui porte le même prénom, mais que tout différencie de lui : la couleur de sa peau, sa vie dans une famille modeste, sa familiarité avec les animaux et la nature. Cet été sera celui de leur rencontre, de leur amitié, et de la magie qui en naît… pour de vrai !

Mon avis

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque dans le seul but de le lire et l’analyser pour ce blog qui recense les livres jeunesse ayant des personnages noirs ou métissés d’origine caribéenne ou africaine. Toutefois, je me suis laissée prendre par la beauté de l’écriture de Pauline Alphen. Les tournures de phrases sont jolies, les mots sont recherchés, l’intrigue est bien ficelée. Chaque phrase est si belle qu’on a le goût de les relire deux fois. Tout ça, jumelé aux courts chapitres, font en sorte qu’on ne peut s’arrêter de lire.

Maman a téléphoné, je lui ai dit que c’était pas juste, que je ne voulais pas qu’on m’appelle França. Je suis presque moitié-moitié comme elle, non? Elle a rigolé et a dit de ne pas m’inquiéter, qu’il y a des moitiés qui sont plus moitiés que d’autres, et des quarts qui valent des tout entiers.

L’histoire est aussi bien intéressante: Deux garçons au même prénom, l’un français d’origine brésilienne (« Gabriel-França »), l’autre brésilien (« Gabriel-Brasil »), l’un blanc, l’autre noir, et leur rencontre, inoubliable. Gabriel França tient un journal intime que l’on découvre ponctuellement dans le texte. Il est facile de s’identifier à eux deux. Gabriel França a entendu le brésilien toute sa vie, mais ne peut le parler. Gabriel Brasil est futé, vif, parfois jaloux. Leur amitié se dévoile de page en page, même si on sait que Gabriel França devra repartir en France un jour. black blonde hair

Enfin, le texte donne à voir une négritude différente de celle régulièrement présenté en littérature jeunesse: Un Noir aux cheveux naturellement blonds, c’est quand même moins commun qu’un Noi aux cheveux naturellement noirs. L’auteure ne tait d’ailleurs pas la mixité du peuple brésilien, qu’elle célèbre au contraire par cette rencontre entre ces deux garçons, ces deux Brésils, différents, formant l’identité plurielle du pays.

Plusieurs mots portugais dans le texte et présence d’un lexique en fin de livre pour les définitions et traduction françaises. Très belles illustrations en noir et blanc. Un très beau récit ponctué de poésie, à découvrir très vite. J’ai adoré.

Coup de <3!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pauline Alphen
Maison d’édition: Hachette Romans
Année de publication: 2014
ISBN: 9782012044401
Public cible: À partir de 8 ans

Vous aimerez peut-être: Freedom summer, une histoire sur l’amitié entre un garçon blanc et un garçon noir au sud des États-Unis de 1964. Ou encore: L’enfant, le jaguar et le feu, un conte brésilien.

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La statue de la liberté: Quatre garçons racontent son histoire

la statue de la libertéCatfishÀ l’époque de la construction de la statue de la Liberté – cadeau des républicains français aux États-Unis d’Amérique pour fête le centenaire de leur indépendance – très peu d’enfants allait à l’école. La plupart travaillaient aux champs, dans les magasins, les mines, les usines ou les ateliers. Léo, Fanch’, Ben et Angus, les quatre jeunes héros de cette histoire, ont personnellement participé à ce chantier extraordinaire, qui s’ouvre en France en 1875 et s’achève onze ans plus tard de l’autre côté de l’Atlantique. Chacun à sa manière a contribué à ce qu’aujourd’hui encore la Liberté éclaire le monde…

Mon avis

Ce livre particulier offre une mise en page peu courante: le texte est entrecoupé d’illustrations encadrées de différentes tailles. Le livre est divisé en quatre: une pour chaque personnage, dont un est noir et descendant d’esclaves. Intéressant. Si ce livre vous a plu, vous aimerez peut-être Catfish, qui offre une mise en page semblable.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Serge Hochain
Maison d’édition: École des loisirs
Année de publication: 2011
ISBN: 9782211070041
Public cible: 9 à 13 ans

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Peau noire peau blanche

peau noire blancheLe père d’Issam est noir et vient du Sénégal. Il est grutier et travaille sur les chantiers. Sa mère est blanche et française. Elle travaille à la maison. Issam, c’est le petit dernier. De chantier en chantier, on déménage souvent dans la famille. Être nouveau et black à l’école, ce n’est pas toujours facile et ça le rend triste, Issam. Sa maman n’a pas les réponses à toutes les questions mais ils aiment bien jouer ensemble à « pourquoi? parce que… parce que quoi? parce que que »… Parce que ça finit toujours par des rires ou des câlins. Quand toute la famille rentre au Sénégal, c’est souvent la mère qui est triste. Trop blanche là-bas, la maman d’Issam. Alors, quand elle demande pourquoi elle se sent étrangère, Issam est content de la consoler en lui disant : « parce que »…

L’histoire, racontée au « je » par Issam, est intéressante: un petit garçon Sénégalais trop noir pour la France, pour Paris, pour Marseille, et une maman française trop blanche pour le Sénégal. Issam est « tout noir » (p.1) et dans la cours de récré, on tente de lui voler son blouson, sa casquette, on ne veut pas jouer avec lui. Les autres enfants sont méchants à l’école, car ici, à Marseille, on « n’aime pas trop les beurs, ni les blacks. » Le Sénégal est présenté comme un terre salvatrice, où la famille pourra échapper aux discriminations vécues en France. Sauf qu’une fois arrivée là-bas, la maman pleure car les autres femmes la rejettent car elle est différente, blanche. Alors que le père trouve facilement du travail et qu’Issam peut enfin jouer librement, on réalise que d’autre difficultés les guettent.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, ce qui est bien pour entamer une conversation sur les préjugés, les différences, l’injustice et le racisme. On s’attend d’un parent qu’il nous fournisse une réponse, surtout lorsqu’il s’agit de sujet délicats tels l’intimidation et le racisme, mais le petit jeu des pourquois entre la mère et le fils a quelque chose de rassurant pour chacun d’eux et renforce le lien qui les unit.

Colorées et naïves, les illustrations de Mireille Vautier pleines de couleurs primaires contrebalancent un récit assez dur sur le racisme. Même si place est laissée pour discutions, la morale du récit me semble un peu triste: notre monde est-il si clairement divisé en noir et blanc? N’existe-t-il pas de tons de gris? Ah! Déjà, voilà de quoi alimenter un débat avec des enfants d’âge scolaire. Un album jeunesse à explorer. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Bichet & Mireille Vautier
Maison d’édition: Galimard Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 2070543358
Public cible: 8 à 11 ans
Vous aimerez peut-être: Même les mangues ont des papiers, un livre sur l’immigration.

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Le petit monde merveilleux

petit monde merveilleuxKéheli tient son journal dans un petit agenda. Il nous fait partager son quotidien en Afrique, dans le village sur pilotis où vit sa famille. Comme la plupart des enfants de son âge, il va à l’école, fait des blagues, et ne supporte pas sa plus jeune soeur. Et puis, il y a la jolie Amiri, et le « petit monde » merveilleux que Kéheli rêve de lui faire découvrir : le soleil qui se couche tous les soirs sur le lac, devant sa maison, véritable coin de paradis offert par la nature? Mais, soudain, le lac se met à dégager une drôle d’odeur, et les habitants du village tombent malades les uns après les autres? Que se passe-t-il ? Où est donc passé le petit monde merveilleux de Kéheli ?

Mon avis

J’ai beaucoup aimé ce roman où un garçon raconte dans un journal intime ce qui fait son petit monde merveilleux: sa soeur qui pleure sans arrêt, ses rêves où il incarne un prince sauvant une princesse, la nouvelle élève qui lui plaît tant, les jeux dans la cours de récrée, puis la maladie, le choléra… Extrêmement bien mené, ce petit bijou de littérature jeunesse vaut le détour. À lire en toute urgence.

Coup de !

En savoir plus sur l’auteur Togolais Gustave Akakpo

Akakpo gustave

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gustave Akakpo & Dominique Mwankumi
Maison d’édition: Grasset-Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 9782246646518
Public cible: 7 à 12 ans
Vous aimerez peut-être: Du désespoir à la liberté: Julia May Jackson, sur le chemin de fer clandestin (De la Virginie au Canada-Ouest, 1863-1864), un journal intime à lire dès l’âge de 10 ans.

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Freedom summer

freedom summerJoe and John Henry are a lot alike. They both like shooting marbles, they both want to be firemen, and they both love to swim. But there’s one important way they’re different: Joe is white and John Henry is black, and in the South in 1964, that means John Henry isn’t allowed to do everything his best friend is. Then a law is passed that forbids segregation and opens the town pool to everyone. Joe and John Henry are so excited they race each other there . . .  only to discover that it takes more than a new law to change people’s hearts… This stirring account of the “Freedom Summer” that followed the passage of the Civil Rights Act of 1964 powerfully and poignantly captures two boys’ experience with racism and their friendship that defied it.

I absolutely loved this book. What wonderful and realistic illustrations that marvelously capture this one summer between two friends. It was a pleasure to read and to follow the lives of the boys and witness how the end of segregation affected their friendship. This is a intime story set in a very important moment in the United States recent history. A must read.

❤ this book!

*Ezra Jack Keats award, 2002

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Author(s) / illustrator(s) : Deborah Wiles & Jerome Lagarrigue
Publisher: Simon & Schuster
Publication date: 2001
ISBN: 9780689878299
Target audience: 7 to 11 years old

Learn more about french-american illustrator Jérôme Lagarrigue: