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Roller girl

rollergirlAstrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte… Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl. Leur amitié survivra-t-elle à l’entrée dans l’adolescence et à leurs goûts qui se révèlent de plus en plus différents l’un de l’autre?

Dès que j’ai vu ce livre à la librairie, j’ai tout de suite pensé aux romans graphiques de Raina Telgemeier (Soeurs, Drame, Fantômes et Souris que j’ai dévorés ces derniers mois). Il y a plusieurs ressemblances avec les livres de l’auteure américaine: une héroïne (blanche), à l’aube de l’adolescence, qui apprend à grandir, à se connaître et à surmonter les difficultés. Roller Girl suit un peu le même genre de trame narrative; il s’agit d’une histoire sur le passage à l’adolescence, sur l’amitié et sur la découverte de soi. Le style graphique n’est bien sûr pas le même, mais la mise en page est dynamique et les illustrations m’ont charmée.

Astrid ne s’intéresse pas au magasinage, aux garçons et au ballet comme son amie de toujours, Charlotte. Elle ne porte jamais de rose, préfère les sciences et le sport. Les deux amies vivent leur dernier été avant le collège (l’équivalent du secondaire 2) et réalisent au fil des jours qu’elles s’éloignent l’une de l’autre. Sans compter que sa pire ennemie, la méchante et superficielle Rachel, se lie d’amitié avec Charlotte… Astrid découvre le Roller Derby, un sport de patins (surtout féminin) où les coups sont permis, lors d’une sortie culturelle avec sa mère. C’est le coup de foudre. Et ce coup de foudre pour le sport, c’est surtout grâce à Rainbow Fight (en version originale: Rainbow Bite), une jammeuse (joueuse de Roller Derby qui compte les points) afro-américaine, musclée, les cheveux crépus et des chaussettes aux couleurs de l’arc-en-ciel aux pieds. Rainbow Fight est un personnage secondaire, mais c’est elle la force qui fait avancer l’histoire. Astrid l’admire et lui demande conseil sur le sport et sur la vie via des messages laissés Roller-Girl-1anonymement dans son casier. Elle accroche même le poster de sa joueuse étoile sur le plafond de sa chambre. Et un jour, peut-être, elle deviendra aussi douée qu’elle…

Cela m’a beaucoup touché de voir un personnage noir dans un rôle si fort, même s’il est secondaire. Rainbow Fight est un guide qui aide la jeune Astrid a se découvrir elle-même, à se surpasser et à faire les bons choix. Un modèle positif, donc, que j’ai adoré admirer autant qu’Astrid. Au final, Astrid en apprend beaucoup sur la vie grâce à Rainbow Fight (à moins que ce soit le contraire…? Je ne vous gâche pas la surprise, lisez cette bande dessinée au plus vite !)  Roller Girl est un roman graphique bourré d’émotions vives qu’on dévore d’un coup.

Coup de coeur !

* Ce livre est un bestseller du New York Times.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Victoria Jamieson & Seyres, Chloé
Maison d’édition404
Année de publication: 2016
ISBN: 9781443145930
Public cible: 11 ans et plus

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L’arbre aux fruits amers

1arbre-aux-fruits-amers930. Dans le sud profond d’une Amérique toujours ségrégationniste, James Cameron, adolescent noir sans histoire, vit avec sa mère à Marion, une petite ville de l’Indiana. Entraîné par deux amis, Tommy et Abel, il prend part à un braquage qui tourne au drame. Les trois amis sont arrêtés. Ameutée par le Ku Klux Klan, une foule blanche crie vengeance et envahit la prison…

Les évènements qui servent de toile de fond à ce roman sont authentiques. Ils ont inspiré le poète Abel Meeropol qui écrivit en 1937 Strange Fruit (Fruit amer), magnifique poème interprété plus tard par la chanteuse afro-américaine Billie Holiday et connu dans le monde entier.

Mon avis

Ce roman m’a accroché dès les premières pages et j’ai eu du mal à le laisser de côté. La plume de Wlodarczyk est fluide, précise, franche. Un style qui se marie parfaitement bien au propos du livre qui aborde racisme et violence avec honnêteté. Même s’il s’agit d’un livre pour enfants, l’auteur n’hésite pas à parler de manière crue et sans détour du Ku Klux Klan et des pendaisons tout au long du récit. Le tout est assez dur, on espère y apercevoir une parcelle d’espoir, mais celle-ci n’arrive pas. Car même si Cameron vit par sortir de prison, il a tout de même été injustement traité, été victime de racisme, été lynché, été pendu – pis encore, il a survécu à sa pendaison – et on sait que bien d’autres Noirs de l’époque ont connu la même chose sinon pire.

L’arbre aux fruits amers est un récit court et intense qui se clôt avec un dossier historique complet sur l’esclavage, la ségrégation, les lynchages et le mouvement des droits civiques.

Hudson se retint pour ne pas lui cracher au visage. Il était hors de lui. À ses yeux, James était un traîte à la cause. Un de ces fils de putain qui pourrissaient les quartiers noirs. Aux yeux de James, Hudson était un oncle Tom, un de ces Noirs investis dans la cause blanche pour se blanchir soi-même. Deux logiques noires plus éloignées l’une de l’autre que les Blancs et les Noirs entre eux.

Coup de <3!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Isabelle Wlodarczyk
Maison d’édition: Oskar Jeunesse
Année de publication: 2012
ISBN: 9782350009735
Public cible: 13 ans et plus
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Francie

francieFrancie rêve d’une vie meilleure aux côtés de son père, à Chicago. En attendant, elle travaille durement chez les Blancs, après l’école, pour aider sa mère. Heureusement, il y a Jesse, un jeune garçon, noir comme elle, qui, lui aussi, en a assez de cette vie de misère. Leur amitié leur donnera le courage d’affronter l’adversité.

Mon avis

Francie est comme une amie pas si lointaine que ça, un personnage à qui on s’attache rapidement. Quel plaisir d’entendre à travers les mots de ce roman la voix d’une enfant afro-américaine qui nous raconte comment c’était d’être noir au sud des États-Unis au début du siècle dernier. Dès les premières pages, où Francie nous présente le détestable chat de la voisine, on se surprend à ne pas aimer ce chat non plus et à vouloir passer plus de temps avec la fillette à travers la lecture. Le contexte est bien campé et le lecteur apprend quelques notions d’histoire contemporaine au passage. L’illustration de couverture ne m’a pas particulièrement plue. Même si elle peu sembler un peu terne, ne vous y fiez pas! Ce livre est un petit bijou de littérature jeunesse. À lire dès l’âge de 11 ans. Dans certaines écoles (notamment aux USA), ce livre fait partie du curriculum obligatoire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Karen English
Maison d’édition: Bayard Jeunesse
Année de publication: 2001
ISBN: 2227739142
Public cible: 11 à 14 ans
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*Prix Coretta Scott King pour la version originale anglaise.

En savoir plus sur l’auteure américaine et enseignante au primaire Karen English

karen english

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Jamaica’s find

jamaica's findJamaica finds a stuffed dog at the playground and after taking him home without trying to find the owner discovers her conscience as well. Jamaica’s honest and appealing character inspired five more books, each about a childhood ethical dilemma.

Hum. I have conflicted feelings about this book. It was an amazing story, one from which children will learn a lot about right and wrong, and empathy. Beautifully written and accompanied by soft realistic water-painted illustrations. The audio book did a great job with musical arrangement and sound effects. The sound of birds chirping and steps on the ground and wind blowing in trees truly draws the reader in the story. There are two tracks: one with page turn signals, and the other without. The signal itself is not too strong, just enough not to disturb the fluidity of the reading. The thing that I did not like was the actual book. For a twentieth annyversary edition, I at least expect nice flyleafs and a hard cover. At least. The soft covers and the ads at the end of the book really diminishes the quality of the book. Such a shame. Still. This is a very, very nice story.

❤ this book!

Author(s) / illustrator(s) : Junita Havill & Anne Sibley O’Brien
Publisher: Reading Rainbow Book (Houghton Mifflin Company)
Publication date: 2009, 1986
ISBN: 9780395453575
Target audience: 5 to 7 years old

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Le collège selon Olivia, demi-princesse

olivia demi-pincesseOlivia apprend un beau jour qu’elle est une princesse. Et pas n’importe laquelle! Elle est la demi-sœur de la célèbre princesse Mia de Genovia! Très vite, Olivia devient une vraie star avec une vie de rêve : New York, le grand luxe, le shopping, les montagnes de cookies, les limousines… Mais Olivia va aussi comprendre que la vie d’une princesse n’est pas tous les jours un conte de fées!

« Cheveux : moyennement marron et longs. Normalement, j’ai des nattes. Ça me simplifie la vie, parce que mes cheveux frisottent quand il pleut. Il pleut souvent dans le New Jersey.
Teint : ni blanc ni noir, mais «café (ou chocolat) au lait». C’est parce que mon père est de type Caucasien (rose et blanc) et ma mère afro-américaine. […] Je suis une fille archi-normale et genre banalissime. »

Découvrir qu’on fait partie d’une famille royale, le rêve! Olivia écrit dans son journal sa vie à l’école et puis dans un penthouse au sommet d’une tour de New York. Le personnage est attachant, mais il ne se démarque pas des autres personnages semblables de la littérature jeunesse; pas de talents particuliers, de personnalité éclatée, de manière unique de voir le monde. Olivia est simplement une fille de 12 ans comme les autres. J’aurais aimé un peu plus d’éclats à ce niveau-là.

Olivia vit avec sa tante, son bel-oncle et ses beaux-cousins car sa mère est décédée et elle ne connaît pas son père. Outre une petite rivalité fraternelle avec les cousins, rien ne laisse penser qu’elle est malheureuse dans cette dynamique familiale. Pourtant, vers la fin du livre, elle se refuse catégoriquement de retourner vivre avec eux, comme si elle avait connu la torture auprès d’eux. J’ai trouvé cette réaction bizarre et cette chute m’a semblé peu crédible.

Le titre et le résumé en quatrième de couverture laisse supposer une histoire sur le «collège» (comment y survivre, etc.), mais le récit ne s’y déroule pas vraiment. Olivia fréquente un établissement scolaire comme toutes les personnes de son âge, mais on ne la suit pas à l’école. Le récit se déroule sur 4 jours (du 6 au 10 mai), et on passe beaucoup plus de temps Quvenzhané Wallisà suivre Olivia dans sa nouvelle vie de princesse qu’à l’école (à aucun moment elle n’apprend à jongler avec sa vie d’ado et sa vie de princesse : au début elle va à l’école, après elle n’y va plus, point.)

Le récit m’a fait penser à la nouvelle version de film Annie sorti en 2014 avec Quvenzhané Wallis (en image). Vous allez aimer ce livre si le film vous a plu; c’est le même genre.

Pour finir, la traduction est plutôt franco-française; il y a présence de mots et tournures de phrases non utilisées au Québec.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Meg Cabot
Maison d’édition: Hachette Jeunesse
Année de publication: 2015
ISBN: 9782912256538
Public cible: 11 à 13 ans

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La statue de la liberté: Quatre garçons racontent son histoire

la statue de la libertéCatfishÀ l’époque de la construction de la statue de la Liberté – cadeau des républicains français aux États-Unis d’Amérique pour fête le centenaire de leur indépendance – très peu d’enfants allait à l’école. La plupart travaillaient aux champs, dans les magasins, les mines, les usines ou les ateliers. Léo, Fanch’, Ben et Angus, les quatre jeunes héros de cette histoire, ont personnellement participé à ce chantier extraordinaire, qui s’ouvre en France en 1875 et s’achève onze ans plus tard de l’autre côté de l’Atlantique. Chacun à sa manière a contribué à ce qu’aujourd’hui encore la Liberté éclaire le monde…

Mon avis

Ce livre particulier offre une mise en page peu courante: le texte est entrecoupé d’illustrations encadrées de différentes tailles. Le livre est divisé en quatre: une pour chaque personnage, dont un est noir et descendant d’esclaves. Intéressant. Si ce livre vous a plu, vous aimerez peut-être Catfish, qui offre une mise en page semblable.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Serge Hochain
Maison d’édition: École des loisirs
Année de publication: 2011
ISBN: 9782211070041
Public cible: 9 à 13 ans

statue liberté 2

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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

En savoir plus sur l’auteur afro-américain Aaron McGruder

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