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Probouditi !

probouditiLe jour de son anniversaire, Calvin assiste au spectacle du magicien Lomax le magnifique. Impatient d’essayer lui-même ses techniques d’hypnose, il les applique à sa jeune soeur Trudy en lui faisant croire qu’elle est un chien. Toute la journée, la petite Trudy aboie et marche à quatre pattes, menant la vie dure à son frère qui a oublié le mot à prononcer pour faire cesser l’état d’hypnose. (c) À livres ouverts.

Calvin ne s’entend pas bien avec sa petite sœur et adore l’embêter. Il la rejette parfois et l’exclue de ses jeux. J’ai eu pitié pour elle, car elle souhaite vraiment pouvoir passer du temps avec son frère. Cela a été difficile de la voir ainsi rejetée; certains y verront même de l’intimidation.

Cela dit, la fin du livre semble suggérer que ce n’est pas la petite Trudy qu’il faut prendre en pitié, mais peut-être bien son frère car Trudy est bien plus futée qu’elle n’y paraît. On ne saura jamais si se comporter en chien a été pour elle une manière détournée d’obtenir ce qu’elle voulait et si elle a fait semblant d’être hypnotisée. Au fond, devrions-nous avoir pitié de Calvin qui ne sera jamais rien d’autre qu’un enfant méchant et égoïste ? Et puis, n’existe-t-il pas toujours une certaine compétition entre les membres d’une même fratrie ?

Il est également possible d’aborder ce livre sous l’angle du contexte des États-Unis de la seconde moitié du XXe siècle. Les voitures anciennes arpentent les rues, les deux garçons noirs s’assoient à l’avant de l’autobus publique qui les ramène chez eux, le décor de la probouditi 2maison familiale, la mode vestimentaire et les jeux auxquels jouent les enfants sont d’autant d’éléments à analyser pour bien comprendre le contexte historique. Cet album offre donc plusieurs points d’entrée. Tout n’est pas dit, tout n’est pas clair. Je recommande donc une lecture accompagnée. Il serait idéal pour une lecture en classe ! D’ailleurs, le site web À livres ouverts offre plusieurs pistes de réflexions pour une exploitation en classe de 4ème, 5ème ou 6ème année du primaire.

Je ne peux passer sous silence les illustrations précises et détaillées de Chris Van Allsburg. Les tons de sépia offrent chaleur et se déploient tels des tableaux de grands maîtres sous les yeux des lecteurs.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Chris Van Allsburg
Maison d’édition: L’École des loisirs
Année de publication: 2006
ISBN: 9782211086592
Public cible: 8 à 11 ans

Vous aimerez peut-être: Mon ombre, ou Libre: Le long voyage d’Henri pour la qualité de leurs illustrations.

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Frères

JFrères Kwame Alexander.jpgosh et Jordan sont jumeaux, tous les deux stars de leur équipe de basketball. Guidés par leur père, grand joueur retraité surnommé « Le Boss », les deux frères sont inséparables, dans la vie comme sur le terrain. À mi-chemin entre le slam et le vers libre, Frères, est un texte magnifique qui utilise avec finesse les règles du basket pour dire l’importance de la famille, de l’amour et du libre arbitre.

Une fois qu’on s’est habitué à la traduction française très européenne, ce roman pour adolescents signé Kwame Alexander ne peut que nous charmer.

Josh, le narrateur, énumère en page 22 ce qu’il aime de ses cheveux qu’il porte en dreadlocks. Je ne le dirai jamais assez, mais les cheveux ont une importance capitale pour les personnes afro-descendantes. Pour Josh, ses locks sont des ailes, façonnées mèches par mèches, et constituent une partie intégrante de sa personne. J’ai trouvé cela puissant.

Mes dreads : 5 raisons

5. Certains de mes rappeurs préférés en ont:
Lil Wayne, 2 Chainz et Wale.

4. Elles me donnent l’impression
d’être un roi.

3. Personne d’autre sinon
n’en a dans l’équipe, et

2. ça aide les joueurs à nous
distinguer, moi et JB.

Mais
la vraie raison, c’est que

1. un jour j’ai vu la
vidéo de papa
qui dunk par-dessus
un pivot croate de deux mètres douze
dans l’émission Les meilleurs dunks de tous les temps…
Il décolle — ses longs
cheveux torsadés se déploient
comme des ailes
qui le portent très haut
plus haut
que le cercle.

J’ai su ce jour-là
qu’à moi aussi il me faudrait
des ailes pour m’envoler

Au niveau de la représentation, on a ici deux garçons noirs américains qui jouent au basketball et qui se passionnent pour ce sport. Leur père est présent dans leur vie et s’occupe des tâches ménagères, tandis que leur mère est directrice adjointe de l’école secondaire où ils étudient. Leurs parents s’aiment et se respectent. Ils sont studieux. Josh récolte des A+ en cours d’anglais et rêve d’étudier à l’Université Duke. Premier de classe, il fait aussi du bénévolat à la bibliothèque. Leur mère leur répète sans cesse l’importance des études et les force à livre un livre chaque soir. Ces garçons ce permettent de pleurer lors des moments difficiles et c’est normalisé dans l’histoire. Josh et Jordan grandissent et prennent en maturité au fur et à mesure que le récit avance: Le terrain de basketball est pour eux un terrain d’apprentissage du sport, oui, mais aussi de la vie. Et malgré une rivalité dans la fratrie, Josh et Jordan ont une relation saine. Leur réactions opposées face à la maladie de leur père et l’histoire d’amour de Jordan avec une fille de l’école les éloignera au début, mais finira par les rapprocher.

Le texte en vers libre, déstabilisant au départ, se révèle être une manière fabuleuse de raconter cette histoire. Cette poésie se prête tout aussi bien aux matchs de basketball endiablés qu’aux conflits entre frères. L’auteur a choisi d’inclure une série de règles léguées par leur père qui, plutôt que d’alourdir le récit, lui profère sagesse et  profondeur.

Règle no 3

Ne laissez jamais personne
baisser le panier pour vous.
Les attentes des autres
dépendent de leurs propres limites.
Le ciel, voilà votre limite, mes garçons.
Visez toujours
le soleil
et c’est vous qui brillerez.

Les chutes à la fin des chapitres nous donnent le goût de continuer notre lecture. Difficile de poser ce livre ! Ce roman est excellent et plaira tant aux adolescents récalcitrants qu’aux mordus de lecture. Fortement recommandé !

* Newbery Medal

* Prix Coretta Scott King

Coup de cœur !

Kwame Alexander est un auteur noir américain.

Kwame alexander

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kwame Alexander
Maison d’édition: Albin Michel Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782226328502
Public cible: Ados
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Terminus

terminus christian robinson matt de la penaLors de leur voyage en bus, Tom et sa grand-mère découvrent la beauté du monde qui les entoure…

Terminus est un album qu’on lit lentement. Pour admirer les illustrations et savourer les mots. L’illustrateur Christian Robinson utilise avec beaucoup d’inventivité des techniques mixtes telles que la peinture, le collage, l’estampe et le fusain.

Le récit est très bien mené. Au départ, on peut croire que Tom et sa grand-mère sont moins privilégiés que d’autres personnes de leur communauté et on se pose beaucoup de questions, tout comme Tom. Pourquoi prennent-ils l’autobus ? Pourquoi n’ont-ils pas de voiture ? Le quartier couvert de déchets et de graffitis est-il celui de leur maison? Se rendent-ils à une soupe populaire pour dîner ? Eh bien, non, non et non. Tom et sa grand-mère se rendent dans un quartier défavorisé après une matinée à l’église pour y faire du bénévolat. Et c’est magnifique. La grand-mère de Tom trouve toujours les réponses les plus justes, appropriées, authentiques et poétiques qu’il soit. À travers leur trajet en autobus, on découvre toute la bonté, la générosité, le respect et le don de soi dont nous sommes tous capables. Tous les éléments sont là pour faire de Terminus un album qu’il faut absolument avoir dans sa bibliothèque personnelle. Fabuleux !

Coup de cœur !

* Médaille Caldecott 2016

* Livre d’honneur 2016 du Coretta Scott King Illustrator

* Médaille John Newberry 2016

 

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Christian Robinson est un illustrateur américain.

christian robinson

Je remercie les Éditions des éléphants de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christian Robinson & Matt De La Peña
Maison d’édition: Les Éditions des éléphants Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782372730273
Public cible: À partir de 4 ans
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Black Music: 40 artistes de la musique noire

black musicDécouvrez le portrait de 40 artistes et groupes de légende qui, du blues au rap, ont écrit l’histoire de la musique afro-américaine. Au programme: Biographies, répertoires, sélections CD, tubes, concerts de légende mais aussi engagement et prises de position. Pour tous les grands passionnés.

En introduction, on nous explique que la musique noire aux États-Unis a connu de nombreuses mutations, d’abord par le blues, puis par le Rock & Roll, créé par les Noirs mais popularisé dans les années 1950 par des Blancs.

Chaque double page s’intéresse à un artiste et on y retrouve des faits divers tels que la meilleure chanson des artistes présentés, les éléments de leur look qui les distinguaient des autres, les controverses qui ont entaché leur carrière et les dates importantes. En somme, on y retrouve une présentation très sommaire de quelques artistes afro-américains. C’est bien pour la culture générale, mais pour trouver de l’information de fond, il faudra compléter ses recherches avec d’autres livres plus complets. De plus, on inclut Eminem, les Beastie Boys et Amy Winehouse dans la liste des artistes noirs et on se justifie en disant que cette musique est dite « Black », mais qu’elle est en fait « universelle », renforçant du même coup la domination blanche dans l’industrie musicale.

Enfin, plusieurs grands artistes tels que Ray Charles sont oubliés au profit d’artistes plus contemporains qui n’ont pas encore passé l’épreuve du temps tels que Drake et the Weeknd. Ugh. Je n’ai pas aimé ce livre.

black music 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Olivier Cachin & Jérôme Masi
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782075089128
Public cible: À partir de 10 ans

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Ruby tête haute

Ruby tête hauteL’histoire vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer une école pour Blancs aux États-Unis.

Le récit est bien mené. Une enseignante d’école primaire montre un tableau à ses élèves et leur demande ce qu’il évoque pour eux. On découvre ainsi l’histoire d’une jeune fille, Ruby Bridges,  qui a participé à l’âge de six ans (à sa manière et peut-être même sans le savoir) à la lutte pour les droits civiques. L’auteur entretient le mystère car la signification du tableau est révélée petit à petit.

La petite fille est la seule enfant noire de son école. Le jour de la rentrée, des Blancs manifestent contre l’intégration; la dureté de leurs propos et leurs visages crispés de haine sont des armes utilisés contre une fillette de six ans qui elle, confond toute cette agitation avec les célébrations carnavalesques du Mardi Gras. Les parents blancs en colère chantent des slogans racistes que la petite fille chantera elle aussi à la maison, entraînée par leur rythme accrocheur, mais ne comprenant pas la signification des paroles. C’est à travers sa naïveté, son courage et son inébranlable estime d’elle-même qu’on découvre un moment charnière de l’histoire américaine.

Le livre se termine par un dossier thématique sur le contexte socio-politique des années 1960, ainsi que la véritable histoire de Ruby Bridges. Ce livre peut être utilisé en classe pour apprendre une foule d’éléments historiques: le président Einsenhower, l’auteur John Steinbeck, ou encore le peintre Norman Rockwell. Un album grand format magnifique qui peut servir de porte d’entrée vers une discussion sur la tolérance et l’acceptation des différences.

Ruby tête haute 2

* Sélection du prix des Incorruptibles 2018.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Je remercie les Éditions des éléphants de m’avoir offert ce livre.

Auteurs / illustrateurs : Irène Cohen-Janca & Marc Daniau
Maison d’édition: Éditions Des éléphants Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782372730327
Public cible: 11 ans et plus
Vous aimerez peut-être: Le bus de Rosa, un album pour les grands tirée d’une histoire vraie.

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Ray Charles: Découverte des musiciens

Sray-charlesais-tu que Ray Charles a perdu la vue à l’âge de sept ans? Qu’avant de chanter, il a appris à jouer du piano, du saxophone et de l’orgue? Et qu’à 15 ans, il a quitté l’école pour ne se consacrer qu’à la musique? Et toi, as-tu déjà rêvé très fort, comme Ray Charles, d’être musicien? En écoutant ce disque, tu pourras peut-être devenir, toi aussi, un très grand chanteur de rhythm’n’blues !

J’ai été conquise par cet album dès la première page et la première note de musique sur le CD d’accompagnement. Le livre, très bien fait, est de très bonne qualité matérielle: La reliure est solide, la couverture est rigide, les pages sont glacées. Chaque double page s’intéresse à un pan de la vie ou de la carrière du talentueux Ray Charles: son enfance dans la pauvreté, ses deux frères, le début de sa cécité. De plus, de petits encadrés informent le lecteur sur le contexte social de l’époque, sur des éléments du texte (le braille, le juke-box, le blues) ou encore questionnent le lecteur (« On rêve parfois d’avoir une aussi belle voix que son chanteur préféré. Et toi, as-tu déjà joué devant la glace à imiter ton idole? »). L’histoire se termine par un dossier sur l’héritage laissé par Ray Charles, le tout accompagné musicalement par des morceaux tels que Georgia On My Mind, What I’d Say, et Hit the Road Jack. Enseignants, ce livre est idéal pour une exploitation en classe. Parents, ce livre est idéal pour les voyages en voiture: Pourquoi ne pas lire et écouter un chapitre ou deux chaque jour en allant à l’école? (Mais attention: la musique de Ray Charles donne une irrésistible envie de bouger!) J’ai adoré cet album et je le recommande vivement!

Coup de cœur !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Rémi Courgeon (illustrations), Stéphane Ollivier (texte) & Daniel Lobé (voix). Bouton acheter petit
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Musique
Année de publication: 2015
ISBN: 9782070668564
Public cible: 6 à 10 ans
Vous aimerez peut-être: Nina.

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Roller girl

rollergirlAstrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte… Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl. Leur amitié survivra-t-elle à l’entrée dans l’adolescence et à leurs goûts qui se révèlent de plus en plus différents l’un de l’autre?

Dès que j’ai vu ce livre à la librairie, j’ai tout de suite pensé aux romans graphiques de Raina Telgemeier (Soeurs, Drame, Fantômes et Souris que j’ai dévorés ces derniers mois). Il y a plusieurs ressemblances avec les livres de l’auteure américaine: une héroïne (blanche), à l’aube de l’adolescence, qui apprend à grandir, à se connaître et à surmonter les difficultés. Roller Girl suit un peu le même genre de trame narrative; il s’agit d’une histoire sur le passage à l’adolescence, sur l’amitié et sur la découverte de soi. Le style graphique n’est bien sûr pas le même, mais la mise en page est dynamique et les illustrations m’ont charmée.

Astrid ne s’intéresse pas au magasinage, aux garçons et au ballet comme son amie de toujours, Charlotte. Elle ne porte jamais de rose, préfère les sciences et le sport. Les deux amies vivent leur dernier été avant le collège (l’équivalent du secondaire 2) et réalisent au fil des jours qu’elles s’éloignent l’une de l’autre. Sans compter que sa pire ennemie, la méchante et superficielle Rachel, se lie d’amitié avec Charlotte… Astrid découvre le Roller Derby, un sport de patins (surtout féminin) où les coups sont permis, lors d’une sortie culturelle avec sa mère. C’est le coup de foudre. Et ce coup de foudre pour le sport, c’est surtout grâce à Rainbow Fight (en version originale: Rainbow Bite), une jammeuse (joueuse de Roller Derby qui compte les points) afro-américaine, musclée, les cheveux crépus et des chaussettes aux couleurs de l’arc-en-ciel aux pieds. Rainbow Fight est un personnage secondaire, mais c’est elle la force qui fait avancer l’histoire. Astrid l’admire et lui demande conseil sur le sport et sur la vie via des messages laissés Roller-Girl-1anonymement dans son casier. Elle accroche même le poster de sa joueuse étoile sur le plafond de sa chambre. Et un jour, peut-être, elle deviendra aussi douée qu’elle…

Cela m’a beaucoup touché de voir un personnage noir dans un rôle si fort, même s’il est secondaire. Rainbow Fight est un guide qui aide la jeune Astrid a se découvrir elle-même, à se surpasser et à faire les bons choix. Un modèle positif, donc, que j’ai adoré admirer autant qu’Astrid. Au final, Astrid en apprend beaucoup sur la vie grâce à Rainbow Fight (à moins que ce soit le contraire…? Je ne vous gâche pas la surprise, lisez cette bande dessinée au plus vite !)  Roller Girl est un roman graphique bourré d’émotions vives qu’on dévore d’un coup.

Coup de cœur !

* Ce livre est un bestseller du New York Times.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Victoria Jamieson & Seyres, Chloé
Maison d’édition404 Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9791032400517
Public cible: 11 ans et plus

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