Wangari Maathai : La femme qui plante des millions d’arbres

wangari maathai femme plante millions d'arbresCette Africaine est désormais célèbre dans le monde entier pour tous les courageux combats qu’elle mène au service de la planète, des droits des femmes et de la liberté. Dans son pays, le Kenya, comme ailleurs en Afrique, elle s’oppose à la déforestation avec l’aide de milliers de personnes. Le prix Nobel de la Paix lui a été décerné en 2004.

Cet album est le deuxième que je lis sur l’inspirante Wangari Maathai. L’histoire nous est bien racontée et les illustrations de Fronty sont tout à fait intrigantes, intéressantes et recherchées. En fin d’ouvrage, un cahier réunit des documents autour de la vie de Maathai, notamment son passage aux États-Unis. Parfait pour une recherche scolaire. Un livre jeunesse excellent !

Wangari Maathai est décédée en 2011 à l’âge de 71 ans.

Wangari Maathai

Un livre pour souligner le mois de l’Histoire des Noirs. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Franck Prévot & Aurélia Fronty
Maison d’édition: Rue du Monde Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782355041587
Public cible: À partir de 8 ans

Vous aimerez peut-être: Aussi publié chez Rue du Monde, il y a Même les mangues ont des papiers et Monsieur Chocolat: Le premier clown noir.

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Dix-sept ans

dix-sept ans ava dellairaDans les années 1990, pour Marilyn, 17 ans, c’est la liberté. Enfermée dans les rêves de célébrité de sa mère qui l’entraîne d’auditions en castings, elle ne revit que lorsqu’elle retrouve le beau et insaisissable James. Mais les regards que certains portent sur la couleur de peau de James ne risquent-ils pas de détruire leur amour naissant ?
De nos jours, pour Angie, 17 ans, c’est la vérité. Alors que le monde semble s’être arrêté de tourner pour sa mère, Marilyn, la jeune métisse est prête à tout pour retrouver James, ce père qu’on lui a toujours caché. Embarquée par son ex-petit ami Sam, Angie fuit sa ville de province et plonge dans les rues bruyantes et colorées de Los Angeles, à la recherche d’un passé trop longtemps maintenu dans l’ombre.
Une mère, une fille, deux façons d’aimer.

Un joli roman qui s’intéresse à la filiation, l’identité, la mixité raciale, les relations mère-fille et le passage à l’âge adulte. On suit l’histoire de Angie et de Marilyn parralèllement et les deux récits se complètent et se répondent l’un l’autre. Ava Dellaira a une plume forte et on se plait à lire ce roman en sirotant un bon thé. Angie, élevée par sa mère blanche, ressent un vide face à l’absence de son père. Qui est-il ? Quelle est sa connection à lui ? Comment peut-elle définir son identité raciale dans cette Amérique qui accorde, on le sait, énormément de place et de sens à la race ? En fait, Angie n’a pas du tout connu la famille de son père. Un passage m’a particulièrement interpelé: Angie, son amie Jess (qui est blanche) sont en sortie scolaire de maternelle avec Marilyn qui accompagne le groupe classe. Jess demande à Angie si elle est adoptée car elle ne ressemble pas du tout à sa mère. La petite Angie, affolée, se demande si son amie n’a pas raison et demande à sa mère pourquoi elle ne lui ressemble pas. Pas facile pour une enfant de 5 ans, et ses questionnements vis-à-vis son identité perdureront jusqu’à son adolescence où une employeuse mettra en doute son lien de parenté avec sa mère et, méfiante, la prendra pour une démarcheuse. Angie est malheureusement trop familière de ses microagressions et en parle avec son ex-petit-ami qui lui conseille des livres sur le sujet (dont du Ta-Nehisi Coates et du Claudia Rankine!)

Angie recherche aussi son passé pour mieux comprendre ce que l’avenir lui réserve. Lorsque des secrets de famille referont surface, Marilyn se défend en disant à sa fille qu’elle souhaitait la protéger, mais Angie ne mord pas le morceau:

Me protéger de quoi ? Tu ne crois pas que ça aurait été bien pour moi de connaître une autre personne noire dans ma famille ? Quelqu’un susceptible de faire office de figure paternelle, ou je ne sais quoi, en l’absence de père ? […] Tu m’as menti ! À propos d’une des choses les plus importantes pour moi ! (p.341)

Ce roman a été très bien reçu lors de sa sortie. Sur son site web, l’auteure propose d’écouter la playlist du roman car oui, la musique prendre beaucoup de place dans ce livre. Très bon !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ava Dellaira
Maison d’édition: Michel LafonBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782749932101
Lectorat cible: Ados.
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Le garçon qui n’était pas noir

Le garçon qui n_était pas noirFrannie vit dans le quartier noir d’une ville américaine, de l’autre côté de l’autoroute, au-delà du quartier des Blancs. Un jour, Frannie voit arriver dans son école un nouvel élève. Il est maigre, a de longs cheveux bouclés, et surtout il est blanc. Très vite, on le surnomme « Jésus », et il devient le souffre-douleur de Trevor, un jeune métis craint par tous. Frannie, elle, intriguée par cet étrange garçon blanc, tente de tisser des liens…

Parfois, on tombe sur un roman qui nous habite longtemps après en avoir terminé la lecture. Le garçon qui n’était pas noir est l’un deux. J’ai absolument adoré ce roman !

Les personnages forts et complexes évoluent dans un environnement riche et réaliste. « Jésus », ce garçon blanc adopté par une famille noire se dévoile peu à peu. Trévor, le métis en quête d’identité porte en lui le poids d’incarner deux mondes qui ne se mélangent pas. Frannie, somme tout assez à l’aise en tant que fille noire (personne ne remet sa négritude en question), doit tout de même gérer sa différence car elle parle la langue des signes avec son frère qui est sourd. L’enseignant des jeunes personnages porte la voix d’un adulte qui souhaite faire d’eux des citoyens compétents et des adultes accomplis.

Les éléments narratifs cohérents donnent du poids au récit. L’autoroute s’impose comme une barrière entre deux quartiers racialement divisés, ce qui n’est pas sans rappeler la séparation raciale présente dans plusieurs grandes villes, y compris Montréal. Chacun rêve l’autre côté par curiosité ou par nécessité. L’école secondaire où évoluent les personnages devient comme une microsociété où on retrouve de tout, même du racisme et de l’ignorance.

Et que dire de ce titre : « Le garçon qui N’était PAS noir », qui place les personnes racisées au centre du récit et leur permet de montrer le monde tel qu’elles le perçoivent. Car l’important n’est pas ce que « Jésus » était (Blanc), mais bien ce qu’il N’était PAS (noir), c’est ce qui faisait sa différence, celle-là même qui a chamboulé tant de choses pour Frannie.

Les éditions Bayard nous offre une mise en page aérée, des pages épaisses et un format robuste qui rend la lecture agréable. Il faut absolument que vous lisiez ce roman. Et ensuite, vous devez absolument m’écrire pour qu’on puisse en discuter plus longuement !

Coup de cœur !

Jacqueline Woodson est une auteure américaine. 

Woodson

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jacqueline Woodson
Maison d’édition: Bayard Éditions
Année de publication: 2011
ISBN: 9782747030182
Public cible: À partir de 10 ans
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Jean-Michel Basquiat: L’enfant radieux

Jean-Michel Basquiat l'enfant radieuxQuelque part à New York, dans le Brooklyn des années 1960, un petit garçon rêve de devenir un artiste célèbre. Un peu plus tard, cet enfant sauvage, génial et rayonnant, fera de lui-même un Roi… Figure de l’underground new-yorkais, Jean-Michel Basquiat, avec ses graffiti et ses peintures, fut propulsé au rang de célébrité et de monument culturel dans les années 80. Ami d’autres artistes de l’époque, tels que Andy Warhol et Keith Haring, il a incarné, mieux que quiconque, l’avènement du Street Art, spontané et libre, ayant l’espace urbain pour terrain de jeu et de création grandeur nature.

Honte à moi, je ne connaissais pas Jean-Michel Basquiat. Cet album jeunesse signé Javaka Steptoe me la fait découvrir de très belle façon. Comme Basquiat, Steptoe s’est inspiré de divers éléments de la ville de New York pour illustrer ce livre notamment sur des matériaux récupérés tels que le bois. Ce magnifique travail d’artiste donne lieu à de superbes compositions riches tout en relief et en profondeur. L’auteur a choisi de ne pas reproduire ou d’intégrer des copies de véritables peintures de Basquiat; plutôt, il a créé ses propres interprétations de certaines pièces de l’artiste. Cette démarche, parce qu’elle réinterprète une œuvre, nous pousse à en savoir plus tant Basquiat que Steptoe.

Le texte retrace la vie de Basquiat, de l’enfance jusqu’à la reconnaissance artistique. Le livre se termine par un dossier informatif qui nous en apprend beaucoup sur celui qu’on a d’abord connu sous le nom de « SAMO(c) »: Ses origines haïtiennes et portoricaines, son goût pour le célèbre tableau Guernica de Pablo Picasso, son éveil l’engagement et la guérison par l’art, son addiction à la drogue, et sa mort, soudaine, à l’âge de 27 ans. On y découvre également le symbolisme dans l’œuvre de Basquiat. Enfin, par le biais de la maladie de la mère de Basquiat, l’auteur aborde le thème de la santé  mentale.

Cet album saura intéresser les préadoslescents et les adolescents; n’hésitez pas à le leur faire lire !

* Prix Caldecott 2017

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Javaka Steptoe
Maison d’édition: Le Genévrier
Année de publication: 2016
ISBN: 9782362900402
Public cible: À partir de 8 ans
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Toc toc toc, Papa, où es-tu ?

Toc toc toc, papa où es-tuChaque matin, je joue au même jeu avec mon père. TOC, TOC, TOC, il frappe à ma porte, je fais semblant de dormir, jusqu’à lui sauter dans les bras. Mais, un matin. Silence. Papa n’est plus là… Une histoire vraie, un album poignant sur l’absence du père salué par le New York Times.

Je dois absolument débuter cette critique en soulignant la qualité des illustrations de Bryan Collier. Faites de photographies, de collages et d’aquarelles hyper-réalistes, elles témoignent d’un minutieux  travail d’artiste. Tout s’emboîte parfaitement et les techniques mixtes se côtoient comme si elles étaient faites pour être ensemble tout en soutenant habilement le texte. Celle que je préfère, c’est celle où on voit une peinture du jeune garçon devant un miroir où son visage photographié est reflété dans un cadre en bois. Le texte, puissant, ira chercher auprès du lecteur quelques larmes par l’authenticité des émotions véhiculées. L’amour, l’attente, la déception, le manque, l’absence, le vide, l’oubli, l’incompréhension, la perte. En épilogue, l’auteur Daniel Beaty raconte comment la visite de son père en prison a été traumatisante pour lui et comment son absence a créé un énorme vide dans sa vie. L’illustrateur, qui a été touché par le texte de Beaty lorsqu’il l’a entendu sur scène, explique son processus artistique. Cet album fabuleux est à mettre entre toutes les mains.

* Salué par le New York Times.

* Prix Coretta Scott King 2014.

Coup de cœur !

Daniel Beaty est un auteur noir américain.

Daniel Beaty

Bryan Collier est un illustrateur noir américain. 

Bryan Collier

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bryan Collier & Daniel Beaty
Maison d’édition: Little Urban Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782374080123
Public cible: 8 à 12 ans.
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Le club des Baby-sitters : Le langage secret de Jessica

Language secret de jessicaJessica est très occupée : elle prépare un ballet et doit garder un enfant pour le club. Ce dernier lui apprend la langue des signes.

Le personnage principal de ce roman pour enfants de 133 pages est une fille noire nommée Jessica. On l’a décrit comme sérieuse, persévérante et fidèle en amitié. Elle adore la danse classique et son petit frère, P’tit Bout. Très consciente de sa négritude, Jessica sait que sa couleur de peau rime parfois avec discrimination. Cela dit, elle affronte toutes les difficultés qu’elle rencontre la tête haute et sans jamais baisser les bras. Dès les premières pages, c’est avec beaucoup de maturité qu’elle nous présente sa famille :

Voici les membres qui la composent: maman, papa, ma sœur Rebecca (que l’on appelle souvent Becca), huit ans, mon frère John Philip Ramsey Junior, surnommé P’tit Bout, et moi, Jessica Ramsey. J’ai onze ans. Ma famille est noire.
Je sais que cela paraît bizarre de l’annoncer comme ça. Si j’étais blanche, je n’aurais pas à préciser ma couleur de peau, parce que vous imagineriez que nous sommes blancs. Mais lorsqu’on l’on appartient à une minorité, les choses sont différentes. (p.12-13)

La famille de Jessica vivait auparavant au New Jersey, dans un quartier mixte, mais où tous les habitants de sa rue étaient afro-américains. Le déménagement à Stonebroke, la ville où se déroule l’histoire, a été un choc pour la famille: il n’y a pratiquement pas de famille noire dans cette ville. Ils sont les seuls Noirs du quartier et Jessica est la seule fille noire de toutes les classes de sixième du collège. À ce sujet, elle raconte:

Malheureusement, les choses ont été un peu difficiles pour nous. Je ne sais pas si c’est parce que les gens d’ici n’aiment pas les Noirs ou bien parce qu’ils n’en connaissent pas beaucoup, et que ça les rend un peu méfiants mais, ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas été très sympathiques avec nous au début. Les choses ont l’air de plutôt s’arranger (tout doucement).  (p.14)

J’ai apprécié que le sujet de l’origine ethnique soit ainsi abordé sans détour. Plusieurs lecteurs pourront s’y identifier, et ceux qui n’ont pas la même expérience de vie que Jessica pourront s’ouvrir à une réalité à laquelle ils n’auraient peut-être pas été exposés autrement. C’est incroyable de penser que ce roman ait d’abord été publié en 1998 et qu’il soit toujours aussi d’actualité ! On ne sent pas vraiment que l’histoire se déroule à une époque où le lectorat cible (les enfants de 9 ans et plus) n’étaient même pas encore nés! (Bon, il y a bien eu ce moment où le club des Baby-sitter attendent des appels sur le téléphone familial qui m’a fait un peu sourire!)

Même s’il s’agit du 16è tome de la série Le Club des Baby-sitters, « Le language secret de Jessica » se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. L’histoire s’intéresse à Jessica, à son rôle dans la troupe de danse de l’école, et à sa relation avec Matthew, le jeune enfant sourd qu’elle garde trois fois par semaine après l’école. Lorsque sa troupe de danse est en processus de choisir une danseuse étoile pour le ballet Coppelia, Jessica s’imagine qu’elle ne sera pas choisie car il n’y avait pas de Noirs dans les petites villes européennes du XIXè siècle, où se déroule l’histoire de ce ballet. Elle sera malgré tout choisie par la professeure de ballet. Jessica trouve encourageant que cette dernière se moque bien d’avoir une Swanilda noire et espère être à la hauteur.

On parle du handicap et de la surdité de manière franche et réaliste: d’ailleurs, la sœur de Matthew vit parfois difficilement la surdité de son frère car cela rend son intégration difficile à l’école. Lorsqu’une camarade du Club, Kristy, se plaint d’avoir eu de la difficulté l’été dernier alors qu’elle a déménagé dans un quartier où personne ne l’aimait car sa famille est pauvre, la petite sœur de Jessica s’étonne: « Personne ne t’aimait, toi ? (…) Mais tu es parfaite. Je veux dire tu n’es pas sourde ou autre chose. Et tu es blanche. » J’ai trouvé la réponse de Kristy à ce commentaire tout à fait à propos: Être blanc ne veut pas nécessairement dire bénéficier d’une vie facile à tous les niveaux. Être rejeté(e) peut arriver à tout le monde, même pour les plus petites choses, comme arriver en jean à une soirée habillée, et être injurié(e) fait toujours mal.

Le texte est merveilleusement écrit et on s’attache beaucoup à Jessica. La lecture de ce roman m’a donné le goût de me replonger dans les autres livres du club des Baby-sitters (eh oui, j’en ai lu quelque uns étant enfant ! La nostalgie y compte sûrement pour quelque chose hihi! 🙂 )

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ann M. Martin
Maison d’édition: Gallimard JeunesseBouton acheter petit
Année de publication: 2018 (1998)
ISBN: 9782075104074
Public cible: À partir de 9 ans

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La haine qu’on donne

La haine qu'on donneLa jeune noire Starr Carter, 16 ans, vit entre deux mondes : le quartier pauvre où elle habite et le lycée blanc situé dans une banlieue chic qu’elle fréquente. Cet équilibre difficile est brisé quand Starr voit son meilleur ami d’enfance, Khalil, tué par un policier trop nerveux. Son quartier s’embrase, Khalil devient un symbole national. Starr doit apprendre à surmonter son deuil et sa colère.

Ouf. Quelle lecture intense ! Résolument ancré dans son époque, La Haine qu’on donne (version française de The Hate You Give) m’a tenu en haleine du début à la fin. Les personnages sont authentiques et attachants, si bien qu’on a l’impression de pouvoir les rencontrer dans la vraie vie. Je me suis énormément reconnue dans le vécu de Starr qui doit jongler entre son identité noire et sa vie dans un système scolaire majoritairement blanc. Selon elle, « pour les Blancs, être noir c’est la classe jusqu’au jour où ça devient un problème » (p.18). Il est difficile pour elle  de jumeler ses deux univers qu’elle tient à garder séparés car autrement, elle ignore quelle Starr elle est censée être. Puis le racisme ordinaire, elle connaît, par exemple lorsque tout le monde s’attend à ce qu’elle sorte avec Ryan, le seul autre Noir en onzième année. Ou encore lorsque tout le monde suppose que son ami Khalil était un dealer parce qu’il était noir. Ou encore la croyance que la violence envers les Noirs ne concerne que les Noirs.

La star de Williamson ne parle pas en slang — tout ce qu’un rappeur dirait, elle évite, même si ses copains blancs l’utilisent. L’argot, ça leur donne l’air cool. À elle, ça lui donne l’air de sortir d’un quartier mal famé. La Starr de Williamson tient sa langue quand les gens l’énervent pour que personne ne la voie comme une « Noire en colère ». La starr de Williamson est accessible. Pas de sales regards ni de regards en coin — rien. La Starr de Williamson ne fait pas de vagues. En gros, la Starr de Williamson ne donne à personne des raisons de penser qu’elle sort d’un ghetto. Je me déteste d’agir comme ça, mais je le fais quand même (p.82)

 

Face au racisme d’une amie, Starr décide de mettre son pied à terre et de la rayer de sa vie. Pour se donner du courage, elle forme même une « Alliance des minorités » avec Maya, son amie d’origine chinoise. Angie Thomas a écrit ce roman sur une communauté noire américaine et ne fait pas d’excuses: elle dit les choses telles qu’elles sont et avec beaucoup de doigté. Une Noire qui écrit au sujet des Noirs, moi, ça me fait du bien. Un peu moins rythmée, la troisième partie m’a cependant moins plu et la finale m’a semblée racoleuse. Malgré tout, je suis sortie de la lecture de ce roman avec toute sorte d’émotions et le sentiment d’avoir lu quelque chose d’important, de beau et de nécessaire. Par rapport à la violence policière envers les Noirs et ces policiers Blancs qui souhaitent « faire une différence dans la vie des [gens du ghetto] », Starr dit:

C’est drôle. Les esclavagistes eux aussi pensaient qu’ils faisaient une différence dans la vie des Noirs. Qu’ils les sauvaient de leurs « manières africaines ». Autre siècle, même logique. J’aimerais que les gens comme eux arrêtent de penser que les gens comme moi ont besoin d’être sauvés. (p.272)

À noter que la version que j’ai lu a été traduite de l’anglais par Nathalie Bru et adaptée pour le Canada par Rachel Martinez. On y trouve une poignée de québécismes (« kétaine », « J’ai-tu l’air de… », « ma blonde », « c’est plate », « pourquoi que », etc.), mais l’adaptation est somme toute très réussie. Un roman incontournable à mettre entre toutes les mains. Ce roman a d’ailleurs été adapté au cinéma en 2018. #OwnVoices.

Angie Thomas est une auteure américaine.

Angie Thomas

Auteur(s) / illustrateur(s) : Angie Thomas
Maison d’édition: Nathan Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782092589274
Public cible: Ados
Vous aimerez peut-être: Uppercut, un roman pour les adolescents avec un personnage principal noir à la recherche de son identité.

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