Des blanches et des noires: Pas de pause pour la ségrégation

Des blanches et des noires pas de pause pour la ségrégation Isabelle WlodarczykDans les années 40, une fillette noire donne son premier concert de piano. Ses parents sont fiers de venir la voir jouer. Mais un couple de Blancs arrive et leur demande de céder leurs places…Une histoire émouvante sur la ségrégation, inspirée d’un moment de la vie de Nina Simone.Suivi d’un dossier documentaire faisant écho au récit : la ségrégation et ses liens avec la musique des Noirs américains. Les chants que les esclaves entonnaient pour se donner du coeur à l’ouvrage puis ceux des militants des droits civiques criant leur désir de liberté.

Économe en mots, mais puissant, cet album s’inspire de ce moment où la chanteuse afro-américaine Nina Simone, encore enfant, a été témoin de l’humiliation de voir ses parents devoir céder leur place à un couple de Blancs lors d’un de ses récitals de piano. La moitié de l’album est consacré à ce récit, court et efficace, qui nous touche droit au coeur. Les illustrations aux couleurs froides évoquent la solitude, la mélancolie et la tristesse. Dans une deuxième partie de l’album, on retrouve un dossier très complet la ségrégation aux États-Unis: on y parle du rôle qu’a joué la musique dans l’émancipation des noirs américains, des lois Jim Crow, du Black Face, du KKK, et des leaders de la liberté tels que Martin Luther King et les Black Panthers. On n’oublie pas de souligner qu’aujourd’hui encore, et malgré l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis, le pays de vit pas dans une ère post-raciale et la couleur de la peau demeure un élément central de la culture américaine. Un livre excellent.

Coup de coeur !

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Isabelle Wlodarczyk & Hajnalka Cserhati
Maison d’édition: Oskar éditeur
Année de publication: 2016Bouton acheter petit
ISBN: 9791021404502
Public cible: 11 ans et plus
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Haïti : La perle nue

DécHaïti perle nue mémoire d'encrier.jpgouvrir un pays, comprendre les enjeux environnementaux, c’est saisir le lien entre la terre et les hommes. Haïti, pays à l’avenir balbutiant, mélange de tradition et d’incertitude, est une terre façonnée par des siècles d’histoire douloureuse. À travers l’exemple d’Haïti, cet ouvrage nous incite à une prise de conscience du rôle primordial de l’écologie aujourd’hui pour le monde de nos enfants demain.

J’ai emprunté ce livre dans une bibliothèque municipale. On ne trouve pas beaucoup de documentaires sur Haïti destiné aux enfants présentement sur le marché. Haïti : Perle nue offre beaucoup d’informations sur cette île des Caraïbes dans un documentaire richement illustré et entrecoupé de contes traditionnels. Le livre est divisé en cinq chapitres, en plus d’un avant propos, d’un glossaire et d’annexes pour en savoir plus : 1. Un environnement modelé par l’histoire; 2. Le bois et l’arbre; 3. L’eau douce et l’eau salée; 4. La faune et la flore; 5. De la campagne à la ville.

Le premier chapitre s’intéresse à l’île avant l’arrivée de Christophe Colomb, l’introduction de l’esclavage, la fin des Arawaks, la colonie française et l’indépendance d’Haïti. Le deuxième chapitre explique comment les forêts ont disparu du pays, les conséquences de la déforestation et les manières dont le bois est utilisé pour produire de l’électricité, pour créer une source de revenu pour les paysans et pour confectionner des œuvres d’art. Les troisième et quatrième chapitres survolent les ressources naturelle, la pénurie d’eau potable et les écosystèmes haïtiens. Enfin, le dernier chapitre aborde la question de la pollution, de la pauvreté et de l’urbanité en Haïti.

On retrouve également cinq contes haïtiens dans ce livre: « Dife Flanbo et Loraj Kale », « L’oranger magique » (un conte très populaire déjà publié aux Éditions 400 coups),  » « L’île de la Gonâve », « L’oiseau aux ailes bleues » et « Malice et les tambours du roi (Bouki et Malice sont également des personnages très populaires du folklore haïtien). Plusieurs mots ou expressions créoles ponctuent les contes. Même si les sections documentaires sont accompagnées de nombreuses photographies, les contes ne sont agrémentés que d’une ou deux vignettes.

Le livre se termine par une liste des dates importantes, ce qui est très utile pour se repérer dans le temps et connaître les événements marquants de l’histoire d’Haïti. Toutefois, les annexes sont de trop à mon avis car toute l’information qu’on y retrouve aurait pu être ajoutée à l’un ou l’autre des chapitres du livre. De plus, la typographie de cette section est très petite comparée à celle utilisée dans les chapitres; ce qui rend la mise en page très dense et quelque peu rédhibitoire. Parlant de mise en page, j’ai aimé que les photos soient accompagnées d’une légende explicative, parfois assez longue. Par contre, ces dernières coupent parfois un paragraphe en plein milieu d’une phrase et minent la fluidité de la lecture. On s’y retrouve tout de même, mais le va-et-vient entre deux pages est parfois un peu agaçant.

Cela étant dit, les jeunes qui liront ce livre en apprendront énormément sur Haïti: non seulement son histoire, mais aussi les raisons qui expliquent pourquoi le pays est aujourd’hui si pauvre et désorganisé. J’aurais aimé une petite section sur les écarts de richesse et l’absence d’une classe moyenne; cela aura été très intéressant. J’ai trouvé le ton utilisé parfois mal adapté aux enfants (mots difficiles, tournures du phrases trop littéraires, ou encore explications trop vagues ou compliquées). Les préados pourraient avoir un peu de mal à tout comprendre.

Les éditions Mémoire d’encrier nous offre malgré tout un livre documentaire très complet, nuancé et passionnant ! Plaira aussi aux adultes !

Mimi Barthélémy est une auteure, conteuse et metteuse en scène haïtienne
(1939-2013).

mimi bar

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gérard Barthélémy & Mimi Barthélémy
Maison d’édition: Mémoire d’encrier / Vents d’ailleurs Bouton acheter petit
Année de publication: 2010
ISBN: 9782923713311 / 9782911412714
Public cible: 8 à 12 ans
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Fleur de coton

fleur-de-cotonEn Louisiane, dans une plantation, Fleur de Coton, 10 ans, est une jeune esclave. Elle découvre qu’elle est une mulâtresse, née de l’union de sa mère esclave et du maître de la plantation. La fillette se trouve dans la situation difficile des « bâtardes » qui n’ont leur place ni au sein de la communauté nègre, ni dans le cercle des blancs, les dirigeants…

Ce livre de 70 pages se lit très vite et se glisse facilement dans la poche. Je l’ai d’ailleurs dévoré en un voyage en métro sur la ligne orange! Ce tout petit roman s’adresse aux bons lecteurs de 10 ans et plus et aborde la question de l’esclavage en termes très généraux. Malgré la présence d’un dossier en fin de livre sur l’histoire de la Louisiane, on n’y explique pas vraiment les raisons politiques, sociales et économiques qui ont mis la table à la montée de l’esclavage en Amérique. Dommage.

Il y a beaucoup de personnages pour un si petit récit, beaucoup de personnages secondaires aussi, et forcément, on n’a ni le temps de les connaître vraiment, ni le temps de s’y attacher. J’ai eu du mal à m’attacher à Mai, le personnage principal. On sait bien peu de choses d’elle et ses réactions m’ont paru parfois bizarres ou incompréhensibles. Par exemple, lorsqu’elle apprend qu’elle est née d’un père blanc, en l’occurrence le maître de la plantation, elle se réjouit de réaliser que du sang blanc coule dans ses veines et rejette sa filiation à sa famille noire, allant jusqu’à se considérer supérieure à eux. Or, il y a peu de mise en contexte dans le roman qui puisse explique que Mai ait une telle réaction, et le tout risque d’être bien confus pour un jeune lecteur de 10-11 ans. Le danger est qu’il en retienne un message négatif ou internationalise un racisme bien malgré lui à la lecture de ce roman.

De plus, le récit n’offre pas de réelle conclusion et on ne sent pas que Mai a évoluée par rapport au début du roman. L’histoire se termine sur son départ de la plantation car elle a été vendue à une autre famille. Bien des questions restent sans réponse: Qu’est-il arrivé à la famille de Mai? Que va-t-il arriver à Mai? Mai finira-t-elle par s’accepter? Parviendra-t-elle à s’émanciper? Les personnages parviendront-ils à se pardonner ? Le père de Mai finira-t-il par reconnaître sa paternité ? …

Je suggère donc une lecture accompagnée: prenez le temps de lire aussi ce livre et d’en discuter avec votre enfant ou vos élèves. Posez-lui des questions sur ce qu’il a compris du récit et ce qu’il en pense, mais soyez aussi prêt à répondre à ses questions (elles pourront vous surprendre!)

Auteur(s) : Corinne Albaut
Maison d’édition: Oskar éditeur Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782350009988
Public cible: À partir de 10 ans

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Un air de liberté à Congo Square

air de liberté congo square

Tous les jours à la Nouvelle-Orléans, les esclaves doivent obéir à leurs maîtres. Tous les jours sauf le dimanche, où ils peuvent aller chanter et danser à Congo Square, le seul endroit où rêver leur est permis.

Le livre débute par une note de l’auteur expliquant l’origine historique du parc Louis Armstrong, autrefois nommé Congo Square, où les esclaves se réunissaient le dimanche pour danser, jouer de la musique et renouer avec leurs diverses origines africaines. Le texte se lit comme un poème rimé qui décompte les jours de la semaine, idéal pour la lecture à voix haute. Présence de repères historiques à la fin du livre. Un album tout simplement magnifique.

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Coup de cœur !

* Prix de l’illustration catégorie album par le New York Times en 2016.

R. Gregory Christie est un illustrateur américain.

R. Gregory Christie

Carole Boston Weatherford est une écrivaine et critique littéraire américaine.

Carole Boston Weatherford

Auteur(s) / illustrateur(s) : R. Gregory Christie & Carole Boston Weatherford
Maison d’édition: Éditions Piccolia Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782753044234
Public cible: 5 ans et plus
Vous aimerez peut-être : Harriet et la terre promise, un album sur la vie de Harriet Tubman, née esclave, qui s’est enfuie jusqu’au nord des États-Unis et au risque de sa vie, elle est revenue au sud dix-neuf fois pour mener plus de trois cents des siens jusqu’à la « Terre promise ».

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Harriet et la Terre promise

Harriet et la terre promise Jacob LawrenceVoici l’histoire d’Harriet Tubman, née esclave dans le Maryland vers 1820, et de son échappée héroïque vers le Nord et la liberté. Au risque de sa vie, elle est revenue dix-neuf fois pour mener plus de trois cents des siens jusqu’à la « Terre promise ».

Ce livre est une œuvre d’art. Jacob Lawrence l’a conçu en 1968 et l’a dédié aux femmes courageuses d’Amérique, et des 17 peintures originales, 2 ont disparu (« Slave at Work » et « The North Star »). Laissez-moi vous dire que cet album sublime plaira aussi aux adultes (après tout, le travail de Jacob Lawrence a été exposé au Philips Memorial Gallery, la Downton Gallery à New York et le Moma). Il a d’ailleurs été honoré à plusieurs reprises, notamment par le National Institute of Arts and Letters. Son travail, un « cubisme dynamique », met en image la vie et l’histoire de la communauté afro-américaine, ainsi que le courage d’Harriet Tubman.

En lisant ce livre, prenez le temps d’observer longuement les peintures de l’auteur. Regardez les couleurs, admirez les techniques utilisées, réfléchissez à ce qu’elle représente et à la manière dont l’art transmet des messages. Interrogez-vous sur la place de l’art comme technique de lutte. Informez-vous sur le contexte d’où sont issues ses œuvres. Apprenez à connaître l’héritage de Jacob Lawrence (on retrouve à la fin de ce livre un texte d’introduction de l’auteur, ainsi qu’une biographie, ce qui est un bon départ). Mais creusez. Découvrez. Puis écrivez-moi pour qu’on en discute plus longuement. Un incontournable.

Coup de cœur !

* Le travail de Lawrence a été honoré par le National Institute of Arts and Letters.

Jacob Lawrence est un peintre et auteur noir américain.

Jacob Lawrence

Je remercie Ypsilone Éditeur de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jacob Lawrence
Maison d’édition: Ypsilone Éditeur Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782356540799
Public cible: À partir de 9 ans
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Dandara et les esclaves libres

Dandara et les esclaves libresEn pleine forêt tropicale brésilienne, au 17e siècle, des dizaines de milliers d’esclaves fugitifs regroupés dans le camp quilombo de Palmares résistèrent aux Portugais pendant un siècle. Zumbi en fut le chef mythique et Dandara, sa compagne, resta pendant longtemps dans son ombre. L’histoire authentique d’une cheffe rebelle, qui a tenu tête aux colons Portugais contre la barbarie de l’esclavage.

Le livre débute par une introduction par la traductrice et éditrice Paula Anacaona où elle explique comment les premiers Noirs d’Afrique sont arrivés au Brésil, ainsi que le contexte du roman qui se déroule dans le Brésil colonial entre 1680 et 1695. On retrouve ensuite une préface de l’auteure Jarid Arraes où elle présente comment est né l’idée d’écrire l’histoire de Dandara. D’ailleurs, Arraes a beaucoup écrit sur les femmes Afro-Brésiliennes qui ont marqué l’Histoire mais ont été injustement oubliées. J’ai aimé son approche: Alors que plusieurs contestent l’existence même de Dandara, Arraes a décidé de confronter cette idée qu’il ne s’agit que d’une légende. Car même s’il s’agissait que d’une légende, quelqu’un doit l’écrire ! Pourquoi laisser le machisme et le racisme effacer cette histoire ? On sait que Dandara a été l’une des cheffes du quilombo de Palmares, qu’elle a été la compagne de Zumbi, et qu’elle n’acceptait pas le rôle féminin imposé par la société de l’époque. Trois ingrédients qui ont inspirés Arraes à l’écriture de ce roman.

Dandara avait désormais conscience du rôle de chacun, et de l’importance de chaque rôle dans le fonctionnement et la défense de Palmares. Sans personne pour préparer les repas, les guerriers ne pouvaient pas lutter ; sans personne pour cueillir les herbes curatives, les Palmarinos ne pouvaient pas être soignés… Elle avait également réalisé que ces tâches n’étaient pas plus faciles ou exemptes de dangers que les autres – le risque mortel que Bayô avait couru, et la crainte que les guerriers du quilombo avaient manifestée à l’idée de retourner à la rivière, montraient bien que les rôles attribués aux femmes n’étaient pas des rôles de figuration. Même si Dandara préférait s’entraîner au maniement des armes, cette constatation s’installait peu à peu dans son esprit. (p.43-44)

Dandara et les esclaves libres m’a captivée du début à la fin. L’auteure a un style vif et entraînant; difficile de lâcher le livre une fois qu’il est entammé. Aussi, l’inconnu et la découverte m’ont gardé en haleine tout au long de ma lecture. J’admets en connaître peu sur l’histoire des Afro-brésiliens, même si je la sais liée à la mienne, à cette Grande Histoire des populations afro-descendantes. Je connaissais déjà les orixas (divinités originaires d’Afrique qui représentent les forces de la nature) et j’ai été émerveillée de constater que l’auteure s’en est inspiré pour ajouter un élément de fantastique à ce roman. Quel bonheur d’y retrouver Iansà, Oxum, Nana, Iemanja, Xango et Ogum ! Dandara a la peau sombre et les cheveux crépus. Elle porte et sait manier l’épée, elle est courageuse et héroïque. C’est une guerrière vraiment badass, quoi ! 🙂

Ce livre mélange habilement fiction et réalité dans un format agréable. Chaque chapitre est titré et se déploie sur une dizaine de pages. Le fait que les femmes soient au centre du récit rend ce livre audacieux et captivant. Les femmes y sont partout, elles font tout et il n’y a rien qu’un homme puisse faire qu’elle soient incapable d’accomplir. Loin des stéréotypes, les personnages de ce livre sont authentiques, pluriels, uniques. Action, fantastique, éléments historiques, mythologie, romance, suspense… tout est là pour faire de ce roman pour enfant un succès ! Dandara et les esclaves libres est un roman audacieux, palpitant et incontournable. D’ailleurs, les adultes le liront aussi avec beaucoup d’intérêt. Du coup, pourquoi ne pas lire Dandara et les esclaves libres en même temps que votre enfant ? Achetez deux copies et cela vous permettra d’en discuter ensemble au fur et à mesure que votre lecture avance !

Les esclaves fugitifs de Palmares (ainsi que les hommes et femmes nés au quilombo, donc nés libres) vivaient en liberté et semaient la terreur dans la région, adoptant une véritable tactique de guérilla. Ils pillaient les entrepôts, volaient du bétail, incendiaient des propriétés agricoles – et surtout, fait hautement symbolique, libéraient leurs frères et sœurs dans des razzias qui auraient touché plus de 60 plantations de canne à sucre. Il n’en fallait pas plus pour créer le mythe de Palmares, premier royaume Noir hors d’Afrique. (Introduction de Paula Anacaona)

Un livre jeunesse pour souligner le mois de l’histoire des Noirs.

Jarid Arraes est une auteure brésilienne.

Jarid-Arraes

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jarid Arraes
Maison d’éditionAnacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782918799979
Public cible: 11 ans et plus

Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

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Marche à l’étoile

Marche à l'étoileBilly a quinze ans et il est esclave dans le Sud des États-Unis. Un soir d’automne, il s’échappe. Poursuivi, traqué, il entame une course folle au cœur d’un pays gigantesque. Jasper est un brillant étudiant américain, plutôt sûr de lui. Mais le jour où il trouve un vieux carnet qui raconte l’étrange histoire d’un esclave en fuite, son monde bascule. Qui est l’auteur de ce texte ? Et lui, Jasper, qui est-il vraiment ? Pour le découvrir, il doit à son tour prendre la route. Entre le passé et le présent, entre l’Amérique et l’Europe, deux voyages s’engagent.

L’écriture concise et vive d’Hélène Montardre est un plaisir à lire. Elle crée un rythme soutenu avec de courtes phrases et une succession de petits chapitres (de deux à quatre pages généralement) pour raconte une histoire qu’il m’a été difficile d’arrêter de lire. Difficile de dormir, faire le ménage, sortir et même manger avec Marche à l’étoile tant l’histoire nous rentre dedans. On ne voit pas le temps passer !

Au départ, cette plume particulière, presque expéditive, déstabilise. Tout va si vite, tout le temps, c’est un feu roulant. Puis, on apprivoise ce livre petit à petit, jusqu’à ne plus pouvoir le lâcher. On pourrait penser que l’histoire nous est « balancée » de manière superficielle, mais il n’en est rien. Tout est là: le suspense, les émotions, l’attente, même si à une ou deux reprises, j’aurais aimé que l’auteur prennent plus son temps sur certains passages clés car la vitesse à laquelle ils étaient racontés donnaient presque l’impression que la fuite de Billy a été facile (pourtant; quoi de plus difficile que d’être un esclave en fuite dans le sud des États-Unis avec un chasseur d’esclave à ses trousses ?)

[Le prochain paragraphe contient des divulgacheurs] Lors de sa quête de liberté, Billy est majoritairement aidé par des personnes blanches contre le système esclavagisme, notamment des Quakers. Au début de sa fuite, il est brièvement aidé par une esclave du nom de Rose. Un peu plus tard, alors qu’il tente de fuir par bateau vers New York, des hommes afro-américains libres lui tendent un piège en lui faisant croire qu’ils allaient l’aider, alors qu’il le dénonceront plutôt à des chasseurs d’esclaves. Enfin, il sera aidé par la famille Hood, une famille noire libre qui prendra soin de lui. Bref, on assiste peu à une solidarité entre esclaves et afro-américains libres dans le roman et la réussite de la quête de liberté de Billy repose assez lourdement sur l’aide de personnes blanches.

Le trois-quart du roman est consacré à Billy et à sa fuite de sa plantation jusqu’au nord des États-Unis où il trouvera la liberté. Quant à moi, le roman aurait été complet sans la deuxième partie consacrée à Jasper, un homme de notre époque remontant la trace de ses ancêtres. Au départ, le récit de Jasper m’a un peu ennuyé: d’ailleurs, tout était assez prévisible et un peu tiré par les cheveux (trop de coïncidences tue la crédibilité !). Puis, la démarche de ce personnage est venue me chercher au plus profond de moi-même: Et moi, qui étaient mes ancêtres ? La lecture de ce roman m’a finalement donné envie de creuser l’histoire de ma famille pour découvrir d’où je viens vraiment en tant que femme antillaise.

Si je devais noter ce roman sur dix, je lui donnerais un généreux huit, car même s’il ne m’a pas fait vibrer, il m’a gardé en haleine du début à la fin !

« Les larmes lui montèrent aux yeux. Voilà si longtemps qu’il fuyait, qu’il se cachait, invisible aux yeux de tous, comme s’il n’existait pas. Pourquoi avait-il hérité de cette peau noire qui faisait de lui un esclave, une marchandise ?
Il se reprit. Oh si, il existait ! Il avait hurlé son nom dans la solitude des Appalaches : « Oh ! Oh ! Je suis Billy ! Billy ! Billy ! » (p. 114)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hélène Montarde
Maison d’édition: Rageot Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782700256246
Public cible: Ados
Vous aimerez peut-être: Frères, un roman percutant pour les adolescents sur la thématique du basketball, du passage à l’âge adulte et de la famille.

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