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Zut, Félix !

Zut FélixFélix, le champion des pirouettes, s’est cassé le bras. Il va porter un plâtre pendant plusieurs semaines. C’est dur à accepter. Bien sûr, sa famille, madame Édith et ses amis sont là pour l’aider. Mais Félix doit aussi apprendre à se débrouiller !

Ce livre est le troisième de la série La classe de Madame Édith, mais se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. Félix, le personnage principal, est un garçon noir et athlétique qui adore faire des acrobaties pour épater la galerie. Lorsqu’il se casse accidentellement le  bras, il pleure de douleur et est déçu de ne pas pouvoir montrer sa nouvelle pirouette à ses amis le lendemain. Ces derniers veulent tous l’aider, mais Félix aimerait être autonome! Il se demande comment faire plaisir à ses amis si gentils avec lui. Le récit met aussi en scène Rosalie, une camarade de classe très bavarde au teint foncé.

Ce roman de 93 pages est écrit en larges caractères avec empattement dans une mise en page aérée. Les phrases sont relativement courtes pour faciliter la compréhension du texte chez les jeunes lecteurs. Toutefois, certains mots ou phrases sont écrits en caractère gras ou encore en diagonale ; les lecteurs dyslexiques pourraient avoir de la difficulté à lire ces passages. J’ai noté une erreur de grammaire en page 60 (utilisation du mauvais auxiliaire avec le verbe pronominal se casser) et quelques québécismes (« aiguiser » un crayon plutôt que tailler un crayon). Cela dit, le texte est tout de même bien écrit et utilise la nouvelle orthographe française.

La morale de l’histoire est que tout le monde fait face à des difficultés et que chacun de nous doit trouver ses propres solutions pour avoir une vie agréable malgré tout !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Édith Bourget & Boum
Maison d’édition: Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897851095
Public cible: À partir de 6 ans
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Le libraire de la favela

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Dans une favela de Rio de Janeiro, le témoignage plein d’espoir d’Otavio : sans jamais baisser les bras, il a toujours cherché à faire partager sa passion de la lecture.

J’aime les livres qui parlent de livres. Les livres sur les bibliothécaires, sur les lecteurs, sur les libraires. Le libraire de la favela s’inscrit dans cette catégorie. Et j’admet ne pas avoir été attirée au premier abord par ce petit roman de 94 pages, qui pourtant m’a gracieusement été offert par l’éditeur. Mais voilà, je me suis lancée et j’ai été agréablement surprise par la qualité du récit, l’art de conter de l’auteur, les illustrations angulaires en contre-plongée et les vignettes en noir et blanc, ainsi que tout le dossier documentaire en fin de livre qui nous informe sur le Brésil et ses bidonvilles, sur la vie de l’auteur et sur les initiatives technologiques et sociales dans les favelas. Tout au long du texte, des notes en bas de page aident le lecteur à comprendre les concepts et les mots qui pourraient lui être inconnus (par exemple: les favelas, la bande dessinée brésilienne Histoires de Monica, la religion mormone, l’auteur pour la jeunesse Monteiro Lobato, l’alcool cachaça, les télénovelas, le bédéiste Ziraldo, etc.)

Ce roman, qui s’ouvre sur un survol historique des bidonvilles en bordure de Rio de Janeiro, capte le lecteur dès les premières phrases:

Tous les Brésiliens qui habitent dans les favelas savent que dans ces quartiers, nous vivons avec la peur et l’angoisse. Mais nous avons aussi un désir immense de dépasser tout cela, de dépasser les idées reçues et le fait d’habiter dans un des quartiers les plus violents de Rio de Janeiro, de dépasser un futur bouché. (p.7)

Alors que la criminalité s’installe dans les bidonvilles brésiliens et que la « guerre de la poudre » (la cocaïne) fait rage, les trafiquants aident financièrement les habitants et leur offre des cadeaux (mais pas de livres pour les enfants!) en échange de respect, loyauté et protection. Malgré la violence et la pauvreté qui l’entoure, Octávio Júnior aime sa vie dans la favela. Il y est libraire et cela lui permet de sensibiliser les membres de sa communauté à la lecture. Conscient que les enfants de son quartier ont une « vision très réduite du monde » (p.11), il souhaite leur transmettre le goût de la lecture qu’il considère être une échappatoire. C’est à travers ses mots qu’il nous raconte son histoire, tel un mémoire ou un conte de fées, et qu’on découvre avec lui la vie qu’il a vécue et comment il est devenu libraire dans un endroit aussi inusité. Octávio Júnior a véritablement existé et c’est fantastique de voir comment une personne seule peut porte un si gros et beau projet dans un environnement aussi difficile.

Ce roman aborde sans grands détours des sujets tels que la violence conjugale, le trafic de drogue, la mort des enfants, analphabétisme fonctionnel, la brutalité policière, la guerre, l’hypersexualisation des filles ou le crime organisé. Il plaira aux adultes, mais également aux enfants matures ayant déjà abordés ces sujets avec un adulte. Malgré quelques longueurs, on lit avec plaisir le récit de ce garçon mordu de lecture, débrouillard et futur libraire inspirant.

Otávio César de Souza Júnior est un écrivain, producteur théâtral, acteur et conteur brésilien.

Otávio César de Souza Júnior

Auteur(s) / illustrateur(s) : Octávio Júnior & André Diniz
Maison d’édition: Éditions Anacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782918799887
Public cible: 10 à 13 ans
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Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

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Moi Dieu Merci qui vis ici

moi dieu merci qui vis iciL’histoire vraie de Dieu Merci, qui a fui son pays, l’Angola, pour la France. Les douleurs de l’exil, mais aussi l’espoir sont évoqués avec justesse et respect, avec des mots et des images vraies et pudiques. Cet album est empreint d’une force poétique (et politique), qui affirme, de superbe manière, le droit pour chacun de vivre, ici ou ailleurs en paix et sereinement.

Je suis né là-bas. Un jour, j’ai dû fuir. Aujourd’hui, je suis ici, en vie.

Voilà un livre poignant qui a beaucoup à offrir. D’abord, un texte fort, un récit intimiste narré par un homme ayant fui son pays et qui confie au lecteur ses aspirations, ses craintes, les obstacles qu’il a dû surmonter, ses inquiétudes et ses espoirs. Il offre un regard lucide sur les éléments politiques, sociaux et historique qui ont miné son pays, l’Angola:

Depuis des années, sur la terre de mes aînés, des Angolais tuaient des Angolais mouraient. Les autres pays regardaient et semblaient dire: tant pis. Pourtant c’étaient eux qui, il y a longtemps, avaient allumé l’incendie. Et moi, Dieu Merci, j’ai grandi sur cette terre, par eux meurtrie.

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Le livre s’adresse au 6 à 9 ans selon l’éditeur, mais je le suggérerais plutôt aux 8 à 12 ans. C’est un livre particulièrement adapté à une exploitation en classe puisqu’il permet aux jeunes lecteurs de développer leur esprit critique et de s’interroger sur leur propre privilège. Questionnez-les sur l’immigration, sur le statut de réfugié, sur leur sentiment d’être « chez soi », sur les impacts contemporains de la colonisation. Les illustrations sont riches, et soutiennent à merveille le texte de Lenain, connu pour aborder dans ses livres des sujets graves ou difficiles avec sobriété et légèreté. Fameux.

Coup de cœur!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Thierry Lenain & Olivier Balez
Maison d’éditionAlbin Michel Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2008
ISBN: 9782226324610
Public cible: 8 à 12 ans
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Au travail: Pompiers

pompiersQu’aimerais-tu faire quand tu seras grand? Découvre quelques métiers qui nous aident énormément. Au travail, Frank! Un incendie a éclaté dans l’école et Gérald, le cochon d’Inde, est resté à l’intérieur. Les pompiers réussiront-ils à le sauver?

J’étais si heureuse de trouver ce livre jeunesse où le pompier principal est Noir! Il est là, fièrement, en page couverture. Ce que les enfants remarqueront en premier, c’est bien sûr le costume de pompier et le camion rouge qui leur permettront de comprendre qu’il s’agit d’un livre de pompiers. Mais au-delà de cela, ce livre montre à tous les enfants que les populations noires existent, que nos hommes, nos femmes, nos garçons et nos filles sont là, et qu’ils/elles exercent toutes sortes d’occupations, comme des métiers qui aident toute une communauté.

J’ai tellement lu souvent ce livre à mon neveu que j’ai décidé de le lui acheter. Et ce qui m’a fait le plus plaisir, au-delà du cadeau matériel, c’est de savoir qu’il pourra lire chaque jour une histoire qui lui offre un reflet positif de lui-même en tant que garçon noir.

Petit (grand?) plus: les filles sont aussi pompières! Elles sont bien représentées dans ce livre même si c’est Frank qui est au coeur de l’action.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Lucy M. George & AndoTwin
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9781443145930
Public cible: 3 à 7 ans

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Baobonbon

baobonbonPaa vit dans un village en Afrique. Son prénom signifie « gazelle »; ce qui est plutôt normal quand on court aussi vite. La mission de Paa, c’est d’aller au marché pour vendre des bananes, gagner de l’argent afin d’acheter du sel, de l’huile, du café, du savon et des allumettes pour Maman. Il adore ça! Pourtant la route est longue et il fait très très chaud. L’aventure commence quand Paa entend qu’on lui parle. Mais qui peut bien lui parler… à part ce gros baobab ?

Depuis que j’ai commencé ce blogue qui propose et critique les livres pour la jeunesse ayant des personnages noirs, j’ai découvert quelques artistes méconnus qui méritent qu’on s’attarde à leur travail. Satomi Ichikawa est l’un d’eux. Née au Japon, elle débarque à Paris sans parler français et décide d’y faire sa vie. Elle se met au dessin et fini par publier plusieurs livres jeunesse où elle effectue tant le travail d’auteure que celui d’illustratrice. Elle écrit directement en français, même si ses livres sont traduits en plusieurs langues. Ses histoires se situent souvent en Afrique et explorent avec une grande inventivité des thèmes tels que le partage, la rencontre, l’inconnu, l’enfance. Ces personnages, noirs, sont intelligents, rusés, débrouillards et pleins de bonnes idées. Peu importe où et dans quelles conditions ils vivent, ils gardent le sourire et leur naïveté d’enfant.

J’ai beaucoup aimé Baobonbon, tout comme les autres livres de Satomi Ichikawa que j’ai lus. Je trouve que le parcours d’Ichikawa est intéressant et nourrit merveilleusement son oeuvre. Quel est votre livre préféré de cette auteure? Dites-le moi dans les commentaires!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Satomi Ichikawa
Maison d’édition: L’École des loisirs Bouton acheter petit
Année de publication: 2001
ISBN: 9782211064736
Public cible: 5 à 7 ans

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Francie

francieFrancie rêve d’une vie meilleure aux côtés de son père, à Chicago. En attendant, elle travaille durement chez les Blancs, après l’école, pour aider sa mère. Heureusement, il y a Jesse, un jeune garçon, noir comme elle, qui, lui aussi, en a assez de cette vie de misère. Leur amitié leur donnera le courage d’affronter l’adversité.

Francie est comme une amie pas si lointaine que ça, un personnage à qui on s’attache rapidement. Quel plaisir d’entendre à travers les mots de ce roman la voix d’une enfant afro-américaine qui nous raconte comment c’était d’être noir au sud des États-Unis au début du siècle dernier. Dès les premières pages, où Francie nous présente le détestable chat de la voisine, on se surprend à ne pas aimer ce chat non plus et à vouloir passer plus de temps avec la fillette à travers la lecture. Le contexte est bien campé et le lecteur apprend quelques notions d’histoire contemporaine au passage. L’illustration de couverture ne m’a pas particulièrement plue. Même si elle peu sembler un peu terne, ne vous y fiez pas! Ce livre est un petit bijou de littérature jeunesse. À lire dès l’âge de 11 ans. Dans certaines écoles (notamment aux USA), ce livre fait partie du curriculum obligatoire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Karen English
Maison d’édition: Bayard Jeunesse
Année de publication: 2001
ISBN: 2227739142
Public cible: 11 à 14 ans
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*Prix Coretta Scott King pour la version originale anglaise.

Karen English est une auteure américain et enseignante au primaire.

karen english

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La famille Labougeotte

labougeotte
Les parents Labougeotte ont toujours voyagé. Maintenant qu’ils ont des triplés, ils ont décidé de s’installer. Encore faut-il trouver logement à leur pied !

Une famille au teint foncé et aux cheveux lisses passent leur temps à déménager. Appartement trop petit, trop grand, trop ensoleillé ou pas assez, trop bruyant… Ce livre capture une tranche de vie occidentale. C’est une histoire à rebondissements assez rigolote, à découvrir dès l’âge de 4 ans, ou encore à lire seul dès la première année. Il s’agit du huitième titre de la série Drôles de familles.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pierrette Dubé, Estelle Bachelard
Maison d’édition: Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9782897393175
Public cible: 4 à 7 ans

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