J’en ai assez de la 1re année !

PaJ'en ai assez de la première année .jpgrfois, le changement est difficile, mais il peut aussi avoir du bon. Stella adore être dans la classe de Mme Cartier. Elle s’inquiète quand elle apprend le départ de son enseignante. Elle craint que la personne qui la remplacera ne sache pas comment s’y prendre. Stella décide d’écrire une lettre au directeur pour lui faire part de ses inquiétudes. Elle menace d’abonner l’école si ses exigences ne sont pas satisfaites. Une histoire touchante sur la relation privilégiée entre les enseignants et leurs élèves.

Les illustrations de Tom Goldsmith, faites au pinceau avec de l’encre et de l’aquarelle selon la technique du lavis, sont douces et colorées. Ses illustrations laissent suffisamment de place au texte sans briser l’équilibre entre les deux; chaque page se lit aisément et se regarde comme un tout.

Stella est le personnage principal du récit. Débrouillarde et obéissante, mais de nature inquiète, elle n’hésite pas à se confier à ses parents sur sa crainte de voir son enseignante quitter pour le reste de l’année scolaire. Ceux-ci ont une bonne écoute et tentent de la rassurer. La famille de cet album ressemble à n’importe quelle famille occidentale: ils mangent des repas équilibrés en famille, ont un chien de compagnie et affichent les dessins de leur enfant sur le réfrigérateur. Les auteurs nous donnent également beaucoup d’information sur Stella, se qui la rend encore plus réelle, comme si elle était une petite fille comme une autre que l’on pourrait rencontrer dans la cours d’école, à la bibliothèque ou au centre commercial. Elle aime dessiner (surtout des chats) et faire de la peinture, apprécie les bonnes blagues (-Toc toc toc. – Qui est là? – Jean. – Jean qui ? – J’en ai marre des devoirs ! 🙂 ), a encore un peu de difficulté à attacher ses lacets et aime lire des livres avec beaucoup d’images. Au fond, Stella est une fille noire et cela ne change absolument rien à l’histoire. Une représentation comme je les aime. Fortement recommandé !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nancy Wilcox Richards & Tom Goldsmith
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443139205
Public cible: 6-7 ans
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Rêves amers

Rêves amersAvec Rêves amers, Maryse Condé dresse un portrait sombre mais tout à fait réaliste des conditions de vie en Haïti à l’époque où Jean-Claude Duvalier présidait le pays. Elle narre à la troisième personne le difficile parcours de Rose-Aimée, une jeune fille issue d’une famille pauvre vivant dans la région du Cap. Ses parents la placent comme domestique au service d’une bourgeoise qu’ils croient honnête mais qui se révèle violente et injuste. (c) Bayard Jeunesse.

Ce roman, paru pour la première fois en 1987 sous le titre Haïti Chérie dans le magazine Je Bouquine, contient 79 pages qui se lisent d’une traite. Il est tout adapté aux lecteurs de niveau avancé appréciant les romans sans images. Condé a une incroyable capacité à jouer avec les mots pour évoquer des images vives. Les mots difficiles sont définis en bas de page. Tontons Macoutes, Vaudou, loas, Gonaïves, glaces frescos et tap-taps sont autant d’éléments haïtiens qui ponctuent le récit. J’aurais aimé que l’auteure donne plus d’informations sur le contexte socio-historique qui a mis la table à des problématiques comme les Restaveks (les enfants-esclaves) et l’embauche d’hommes haïtiens pour travailler dans les champs de canne à sucre dominicains dans les années 1980. Difficile pour un jeune lecteur de comprendre certains éléments clés du récit comme la pauvreté, l’exode, la dictature ou le travail forcé des enfants. Attention ! Le récit se termine par la mort du personnage principal et de sa meilleure amie, forcées à sauter du bateau qui devait les mener clandestinement à Miami, surprises par des gardes-côtes américaines. Pour lecteurs avertis. Pour les enseignants, vous trouverez une fiche pédagogique sur le site de l’éditeur.

* Recommandé par le ministère de l’éducation nationale de France.

Maryse Condé est une auteure née en Guadeloupe.

Maryse Condé

Auteur(s) / illustrateur(s) : Maryse Condé
Maison d’édition: Éditions Bayard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2001
ISBN: 9782747083423
Public cible: 11 ans et plus
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La statue de la liberté: Quatre garçons racontent son histoire

la statue de la libertéÀ l’époque de la construction de la statue de la Liberté – cadeau des républicains français aux États-Unis d’Amérique pour fête le centenaire de leur indépendance – très peu d’enfants allait à l’école. La plupart travaillaient aux champs, dans les magasins, les mines, les usines ou les ateliers. Léo, Fanch’, Ben et Angus, les quatre jeunes héros de cette histoire, ont personnellement participé à ce chantier extraordinaire, qui s’ouvre en France en 1875 et s’achève onze ans plus tard de l’autre côté de l’Atlantique. Chacun à sa manière a contribué à ce qu’aujourd’hui encore la Liberté éclaire le monde…

Ce livre particulier offre une mise en page peu courante: le texte est entrecoupé d’illustrations encadrées de différentes tailles. Le livre est divisé en quatre: une pour chaque personnage, dont un est noir et descendant d’esclaves. Intéressant. Si ce livre vous a plu, vous aimerez peut-être Catfish, qui offre une mise en page semblable.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Serge Hochain
Maison d’édition: École des loisirs
Année de publication: 2011
ISBN: 9782211070041
Public cible: 9 à 13 ans

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Tibouchina: Conte créole bilingue

1312349-gfTibouchina, c’est l’histoire d’une enfant de Guadeloupe. Maltraitée par une marâtre, Tibouchina décide de se faire aider par deux de ses amis de classe pour se sauver, « maronner ». Elle part à la recherche de sa vraie mère. Un voyage initiatique à travers l’Île, de la Basse-Terre à la Grande-Terre, une quête d’identité au cours de laquelle elle découvre la tendresse de Choubouloute, l’affection de Pipilite, la générosité de ceux et celles qui vont l’aider à échapper aux gendarmes à sa recherche.

Mon avis

Tibouchina est un très beau livre relié et au papier glacé. Les illustrations nettes aux couleurs franches et froides de Biscuit sont agréables et douces. C’est un genre qu’on aime ou pas, mais j’aurais bien aimé quelque chose de plus vif, de plus pimenté pour accompagner le texte de couleurs chaudes qui, pourquoi pas, aurait bien illustré la vie quotidienne des îles. Bref, le texte est bien raconté et les illustrations sont magnifiques, mais on dirait qu’elles ne vont pas ensemble. La mise en page est assez quelconque; certaines doubles page n’ont pas du tout d’images et le format carré du livre leur donne une lourdeur visuelle au texte. Aucune double page illustrée. Ce format m’a un peu dérangée. Est-ce un roman? Est-ce un livre d’images? Difficile à dire… Trop gros pour les enfants d’âge préscolaire, trop de mots pour débutants lecteurs, mais trop petit pour lecteurs de romans avancés qui n’aimeront peut-être pas non plus le format qui rappelle celui d’un album.

Le titre indique « Conte créole bilingue », mais il s’agit plutôt d’une série de petits contes qui se présentent comme les chapitres d’une même histoire. Le livre contient en réalité deux récits identiques, l’un en français, l’autre en créole guadeloupéen: les 44 premières pages constituent la version française, et la quarantaine de page suivante constituent la version créole. Le titre me laissait plutôt croire qu’il n’y aurait qu’un seul conte raconté simultanément en deux langues, mais ce n’est pas le cas. Il aura fallu dire: « Version créole incluse » ou quelque chose comme cela.

Le livre est beau et de qualité (super à offrir en cadeau!), on en apprend beaucoup sur la vie et la culture en Guadeloupe, mais le format ne me plaît pas. À lire quand même, car il ne s’agit que de mon opinion personnelle. D’ailleurs, le texte est magnifique, les histoires sont intéressantes et les illustrations sont belles!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hector Poullet & Biscuit
Maison d’édition: Éditions Orphie
Année de publication: 2011
ISBN: 9782877637190
Public cible: 6 à 9 ans

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En savoir plus sur Hector Poullet, auteur guadeloupéen

Hector-Poullet

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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

Aaron McGruder est un auteur afro-américain.

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Une enquête signée Betty

enquête bettyBetty se dirige vers la station de métro parisienne Château-Rouge… quand elle assiste à un kidnapping ! Un homme pousse une femme à l’intérieur d’un taxi qui part en trombe. Dans la panique, un objet tombe du sac-à-dos de la femme : une statuette africaine. Betty la ramasse, la met dans son sac et décide qu’à partir de ce moment, sa mission (et un peu aussi celle de Lucas, son amoureux) sera de délivrer la femme à la statuette !

Cela faisait un bon moment que ce livre attendait dans ma pile de livres à lire en vue d’un nouveau billet pour Mistikrak!. Je me suis finalement décidée à le lire cet après-midi, en n’ayant aucune attente. Et voilà que l’intrigue m’a happée de plein fouet; dès les premières pages, on meurt d’envie de connaître la suite. L’intrigue est géniale et Betty est un personnage comme je les aime: futée, intelligente, débrouillarde et pleine de bonnes intentions. L’enquête qu’elle va mener nous entraîne dans plusieurs quartiers de Paris (une ville que je connais mal, mais l’auteur a bien réussi à me faire croire que j’y étais pendant ma lecture!). L’enquête permet également au lecteur d’en connaître beaucoup sur la culture africaine et ses nombreux pays: Ghana, Gabon, Sénégal, Mauritanie, Burkina Faso, Togo… Niveau culture aussi, le lecteur est bien servi: pagnes, bananes plantains, gombos, safous, le chanteur Papa Wemba, la groundnut sauce, et j’en passe. L’auteur a bien fait ses devoirs côté recherches, bravo! Plein de suspense et de rebondissements, ce polar plaira aux enfants dès l’âge de 10 ans. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Alain Korkos
Maison d’édition: Éditions Nathan Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9782092555736
Public cible: 10 à 13 ans
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L’oranger magique : Conte d’Haïti

oranger magiqueIl y a bien longtemps, vivait une petite fille qui faisait la joie de ses parents. Hélas! le malheur, on le sait, arrive souvent sur la pointe des pieds… Et voilà Élise obligée de vivre avec une femme qui n’a vraiment rien d’une mère.

Voilà un conte d’Haïti sous forme d’album jeunesse qui plaira aux enfants. J’ai beaucoup aimé la mise en page variée et les illustrations aux traits épais. Récit réussi. Quelques passages créoles. À découvrir!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Célie Agnant & Barroux
Maison d’édition: Les éditions 400 coups
Année de publication: 2003
ISBN: 2895401381
Public cible: À partir de 6 ans

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En savoir plus sur l’auteure canadienne d’origine haïtienne, Marie-Célie Agnant

marie célie agnant

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