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Moi aussi ! Moi aussi !

Moi aussi moi aussi 2Catherine et Fabiane deviennent très vite de bonnes amies. Plus leur amitié grandit, plus elles découvrent qu’elles se ressemblent. Comme des sœurs ou, pourquoi pas, des jumelles! D’ailleurs, Catherine souhaite tellement être identique à son amie que parfois elle oublie… de dire la vérité.

J’ai bien aimé cet album coloré et frais qui aborde le thème de l’amitié, de l’enfance et de l’affirmation de soi. La meilleure amie du personnage principal, prénommée Fabiane, est une fillette au teint brun et aux longs cheveux crépus qui sont difficiles à brosser. Elle vient du Midi, en France et son accent charme beaucoup les autres élèves de sa classe, dont plusieurs sont noirs. L’amitié entre Fabiane et Catherine est si vive, si belle, si authentique que les enfants n’auront aucun mal à s’y identifier. Le récit, bien mené, intègre des bulles empruntées aux bandes dessinées. Les illustrations colorées nous informent avec subtilité du temps qui passe (par exemple, on remarque les arbres ornés de feuilles vertes au début du livre et les feuilles d’automne vers la fin). Voilà une histoire du quotidien qui se termine bien et que les enfants de 6, 7, 8 ans pourront lire seuls. Très bon !

Moi aussi moi aussi

Auteur(s) / illustrateur(s) : Mireille Messier & Yves Dumont
Maison d’édition: Éditions de la Bagnole Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782897142117
Public cible: À partir de 6 ans

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Ruby tête haute

Ruby tête hauteL’histoire vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer une école pour Blancs aux États-Unis.

Le récit est bien mené. Une enseignante d’école primaire montre un tableau à ses élèves et leur demande ce qu’il évoque pour eux. On découvre ainsi l’histoire d’une jeune fille, Ruby Bridges,  qui a participé à l’âge de six ans (à sa manière et peut-être même sans le savoir) à la lutte pour les droits civiques. L’auteur entretient le mystère car la signification du tableau est révélée petit à petit.

La petite fille est la seule enfant noire de son école. Le jour de la rentrée, des Blancs manifestent contre l’intégration; la dureté de leurs propos et leurs visages crispés de haine sont des armes utilisés contre une fillette de six ans qui elle, confond toute cette agitation avec les célébrations carnavalesques du Mardi Gras. Les parents blancs en colère chantent des slogans racistes que la petite fille chantera elle aussi à la maison, entraînée par leur rythme accrocheur, mais ne comprenant pas la signification des paroles. C’est à travers sa naïveté, son courage et son inébranlable estime d’elle-même qu’on découvre un moment charnière de l’histoire américaine.

Le livre se termine par un dossier thématique sur le contexte socio-politique des années 1960, ainsi que la véritable histoire de Ruby Bridges. Ce livre peut être utilisé en classe pour apprendre une foule d’éléments historiques: le président Einsenhower, l’auteur John Steinbeck, ou encore le peintre Norman Rockwell. Un album grand format magnifique qui peut servir de porte d’entrée vers une discussion sur la tolérance et l’acceptation des différences.

Ruby tête haute 2

* Sélection du prix des Incorruptibles 2018.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteurs / illustrateurs : Irène Cohen-Janca & Marc Daniau
Maison d’édition: Éditions Des éléphants Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782372730327
Public cible: 11 ans et plus
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André a la peau noire

andré peau noireC’était une journée récompense à l’école de Félix. Félix et son ami André sont heureux que leur classe ait récolté assez de points au cours des derniers mois pour mériter cette activité spéciale. Les élèves ont choisi de faire de la balle molle. Alors que les enfants forment les équipes, Félix propose à sa capitaine Léa de choisir André, qui est très fort en ce sport. Mais Léa refuse catégoriquement: « Beurk! Pas question que je choisisse André. Il est noir. Je ne veux pas de Noir dans mon équipe. » Comment Félix et ses camarades de classe réagiront-il au racisme de Léa?

Il y a quelques mois, j’ai fait une revue d’un autre titre de la collection Escalire sur ce blog. André a la peau noire s’adresse à un lectorat avancé (3ème ou 4ème année du primaire). Ce petit roman de 24 pages et de 1147 mots présente occasionnellement des phrases s’étalant sur plus d’une page, un vocabulaire plus difficile et des variations dans les modes et les temps de conjugaison dans une même phrase. De plus, la relation texte-image est plus complexe; il y a notamment la présence d’éléments graphiques comportant du texte complémentaire au texte principal.

J’ai eu un malaise tout au long de la lecture de ce livre et ce, pour deux raisons principales. D’une part, parce qu’il simplifie à l’extrême ce qu’est le racisme. D’autre part, parce qu’il parle de racisme sans vraiment mettre de l’avant la personne racisée qui la subit.

D’abord, on nous présente le racisme comme étant le fait de rejeter explicitement quelqu’un à cause de sa couleur de peau. C’est parce que André est Noir que Léa ne veut pas jouer avec lui. Or, aujourd’hui, le racisme ne se présente pas ainsi. Aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus subtil et complexe: micro-agressions, marginalisation, absence de privilège, inégalité des chances, racisme systémique, etc. Le racisme d’aujourd’hui est ordinaire, il est insidieux, présent dans la vie de tous les jours. Il est aussi souvent perpétré par des gens bien-intentionnés. Rien à voir avec « Tu es Noir, donc je ne joue pas avec toi. » Des enfants de 3ème et 4ème année du primaire sont capables d’aborder ces sujets. Pourtant, ce livre perpétue cette idée fausse que le racisme se limite aux insultes criées à tue-tête et aux groupes suprémacistes. Que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous. Je le répète, les enfants de 8-9 ans, lectorat cible de ce livre, sont assez matures pour aborder ces sujets. En page 1, il y a Léa qui lit un livre en classe dont le titre est « Mon combat » (Référence au livre d’Adolf Hitler). Malaise. Comme s’il était nécessaire d’en rajouter une couche.

Ensuite, à la lecture du livre, j’étais à la fois heureuse que Félix défende son ami et déçue qu’André ne s’affirme pas davantage. Nous avons tous des réactions différentes face au racisme: colère, rejet, honte, tristesse… Certains bouillonnent et éclatent alors que d’autres se replient sur eux-mêmes. C’est compréhensible, mais compte tenu qu’il s’agit d’une histoire inventée, il aurait été bien qu’on ne nous serve pas encore la recette du sauveur Blanc qui part à la rescousse de personnes racisées sans défense, comme ça se fait souvent en littérature et au cinéma. En fait, on nous raconte l’histoire de Félix-et-comment-il-a-condamné-publiquement-le-racisme-de-sa-camarade-de-classe, et non l’histoire d’André-dont-la-journée-a-été gâchée-par-le-comportement-de-sa-camarade. J’ai besoin davantage de d’histoires racontées du point de vue de personnes Noires. Que nos voix soient entendues. Que notre vision des choses soit reconnue. En littérature jeunesse et ailleurs. Pour moi, pour les enfants de mon entourage, pour les enfants Noirs et pour les enfants qui ne sont pas d’origine afro-caribéenne. Pour tous!

Finalement, André a la peau noire aborde une problématique sociale et culturelle délicate, mais n’offre qu’un début de pistes de réflexion au lecteur. En troisième de couverture, 6 questions à répondre par oui ou par non sont posées au lecteur, notamment « T’est-il déjà arrivé de te sentir rejeté? », « As-tu des amis qui ne sont pas de la même nationalité que toi? » et « Aurais-tu défendu André, si tu avais été présent ce jour-là? » Je suggère donc une lecture accompagnée par un adulte.

Auteur(s): Simon Tobin, Dannie Pomerleau
Illustrateur(s) : Oana Vaida, Oana Cocheci & Anna Benczedi
Maison d’édition: Les Éditions Passe-Temps Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782896307234
Public cible: 8 à 10 ans

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Pense aux jours heureux

pense aux jours heureuxPense aux jours heureux… Ludovic se répète les paroles de cette belle chanson pour se consoler. Il pense à Fatouma, aux jours heureux quand ils étaient assis côte à côte à l’école et que tous les enfants parlaient d’eux en disant « Oh, les amoureux… ». Ils aimaient être ensemble, jusqu’à ce que tout bascule…

Mon avis

Ce petit roman de 64 pages raconte l’amitié entre un garçon et une fille de CM1. Ludovic aime beaucoup Fatouma, peut-être même plus que comme une amie, et Fatoume l’apprécie aussi beaucoup. Les chapitres, très courts, laissent peu de place au développement des personnages. Le récit se déroule sur une longue période – presque qu’un an – et tout se passe très vite. Fatouma vient du Sénégal et son origine ethnique est centrale au récit, alors que celle de Ludovic est tue. Le personnage de Ludovic est donc présenté comme allant de soi et comme étant universel, alors que le personnage de Fatouma est présentée comme s’il constituait une variation qui doit être justifiée. Or, la mention du pays d’origine de cette dernière – le Sénégal – et les illustrations montrent bien que Ludovic est blanc alors que Fatouma est noire. Ainsi, « L’Autre » est encore une fois un personnage noir, d’autant plus que ce personnage est réduit à son origine ethnique. Dommage. En somme, l’histoire est intéressante, mais manque de consistance. Extrait:

Je connais Fatouma depuis le CE1. Je ne l’ai pas aimée tout de suite. JE ne l’ai pas remarquée, au début. Dans notre école, des enfants noirs comme elle, il y en a d’autres, mais ce n’est pas la question. Je ne lui ai pas prêté attention parce que c’Est une fille timide. Pas exactement timide: discrète, plutôt. La différence? Une fille timide, on remarque sa timidité. Une fille discrète, on ne remarque rien, elle se laisse oublier. Les filles timides finissent par devenir pénible, elles font des manières, et on n’a plus envie de leur parler, alors que les filles discrètes, il y a comme un mystère en elles, qui donne envie de mieux les connaître. (p.11-12)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Guy Jimenes
Maison d’édition: Oskar poche
Année de publication: 2011
ISBN: 9782350006727
Public cible: 7 à 11 ans.
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Naïma n’a pas le SIDA

naima n'a pas le SIDANaïma est triste car personne ne veut jouer avec elle depuis qu’elle a dit à son amie que ses parents avaient le SIDA. La nouvelle s’est répandue dans la cours d’école et les camarades de classe pensent que Naïma est contagieuse.

Ce petit livre aux images évocatrices est informatif et aborde de manière franche les effets de la maladie, particulièrement du VIH/SIDA, sur le réseau social d’une personne. Le message véhiculé est qu’il ne faut pas rejeter une personne parce qu’elle a cette maladie, que le SIDA n’est pas contagieux et qu’il suffit d’éviter tout contact avec le sang d’une personne affectée. L’histoire se concentre sur Naïma et même si les parents sont très présents dans l’histoire, on ne sait pas ce qu’il arrivera d’eux. Aujourd’hui, on peut vivre très bien et longtemps avec la maladie, mais ceci n’est pas mentionné dans le livre. Il faut dire que ceci-ci a été publié il y a 12 ans et que les choses ont bien changées depuis. Peut être utile.

Un livre jeunesse pour souligner la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dossou Paul Kpitimé
Maison d’édition: Éditions Ruisseaux d’Afrique
Année de publication: 2004
ISBN: 2847700889
Public cible: 6 à 10 ans

* Les Éditions Ruisseaux d’Afrique ont été lauréates en 2002 du Prix Alioune Diop pour la promotion de l’éditio en Afrique décerné par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie.

Dossou Paul Kpitime est un auteur et illustrateur béninois

Dossou Paul Kpitime

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Francie

francieFrancie rêve d’une vie meilleure aux côtés de son père, à Chicago. En attendant, elle travaille durement chez les Blancs, après l’école, pour aider sa mère. Heureusement, il y a Jesse, un jeune garçon, noir comme elle, qui, lui aussi, en a assez de cette vie de misère. Leur amitié leur donnera le courage d’affronter l’adversité.

Mon avis

Francie est comme une amie pas si lointaine que ça, un personnage à qui on s’attache rapidement. Quel plaisir d’entendre à travers les mots de ce roman la voix d’une enfant afro-américaine qui nous raconte comment c’était d’être noir au sud des États-Unis au début du siècle dernier. Dès les premières pages, où Francie nous présente le détestable chat de la voisine, on se surprend à ne pas aimer ce chat non plus et à vouloir passer plus de temps avec la fillette à travers la lecture. Le contexte est bien campé et le lecteur apprend quelques notions d’histoire contemporaine au passage. L’illustration de couverture ne m’a pas particulièrement plue. Même si elle peu sembler un peu terne, ne vous y fiez pas! Ce livre est un petit bijou de littérature jeunesse. À lire dès l’âge de 11 ans. Dans certaines écoles (notamment aux USA), ce livre fait partie du curriculum obligatoire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Karen English
Maison d’édition: Bayard Jeunesse
Année de publication: 2001
ISBN: 2227739142
Public cible: 11 à 14 ans
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*Prix Coretta Scott King pour la version originale anglaise.

En savoir plus sur l’auteure américaine et enseignante au primaire Karen English

karen english

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Dis moi pourquoi… Nous n’avons pas la même couleur de peau?

dis moi pourquoi couleur peauAujourd’hui, dans la classe d’Anna est arrivée une nouvelle élève qui se prénomme Aifa. Elle a la peau noire et plein de tresses. « Maîtresse », demanda Anna, « pourquoi Aifa n’a pas la même couleur de peau que nous ? » A travers un récit original et de jolies illustrations, voilà une façon amusante et sympathique de trouver des réponses à toutes les questions que les enfants se posent.

Ce livre est plein de questions, mais aussi plein de réponses. Ce qu’on en retient, c’est qu’il n’y a pas que la couleur de peau qui nous rend différent. Il y a aussi la grosseur du nez, la couleur des cheveux, la taille, la corpulance, les goûts. Et plus important encore, il y a ce qui nous rend semblable: l’envie d’être aimé, le goût du chocolat, le besoin de jouer, etc.

Le livre aborde aussi la grandeur du monde: « Les hommes ont une couleur de peau différente selon l’endroit où ils vivent ou celui d’où vient leur famille ». Les images sont assez évocatrices et illustrent bien le propos. Cela dit, le point de vu est celui de personnes Blanches qui questionnent la négritude d’autrui et pas l’inverse. L’Autre, c’est la nouvelle élève Noire, si différente d’un « nous » sous-entendu, un « nous » blanc. Cette approche ignore le lectorat Noir qui ne se reconnaîtra pas nécessairement dans l’histoire.

Ensuite, il y a quelques irritants mineurs, comme la faute dans le titre, et l’utilisation de l’expression « les hommes » pour parler de l’humanité, comme si les femmes n’en faisait pas partie… Malgré tout, ce livre, assez bien fait, peut être utile pour aborder la question des différences ethniques et raciales.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sara Agostini
Maison d’édition: Cyel
Année de publication: 2010
ISBN: 9782362610059
Public cible: 5 à 7 ans
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