0

Pense aux jours heureux

pense aux jours heureuxPense aux jours heureux… Ludovic se répète les paroles de cette belle chanson pour se consoler. Il pense à Fatouma, aux jours heureux quand ils étaient assis côte à côte à l’école et que tous les enfants parlaient d’eux en disant « Oh, les amoureux… ». Ils aimaient être ensemble, jusqu’à ce que tout bascule…

Mon avis

Ce petit roman de 64 pages raconte l’amitié entre un garçon et une fille de CM1. Ludovic aime beaucoup Fatouma, peut-être même plus que comme une amie, et Fatoume l’apprécie aussi beaucoup. Les chapitres, très courts, laissent peu de place au développement des personnages. Le récit se déroule sur une longue période – presque qu’un an – et tout se passe très vite. Fatouma vient du Sénégal et son origine ethnique est centrale au récit, alors que celle de Ludovic est tue. Le personnage de Ludovic est donc présenté comme allant de soi et comme étant universel, alors que le personnage de Fatouma est présentée comme s’il constituait une variation qui doit être justifiée. Or, la mention du pays d’origine de cette dernière – le Sénégal – et les illustrations montrent bien que Ludovic est blanc alors que Fatouma est noire. Ainsi, « L’Autre » est encore une fois un personnage noir, d’autant plus que ce personnage est réduit à son origine ethnique. Dommage. En somme, l’histoire est intéressante, mais manque de consistance. Extrait:

Je connais Fatouma depuis le CE1. Je ne l’ai pas aimée tout de suite. JE ne l’ai pas remarquée, au début. Dans notre école, des enfants noirs comme elle, il y en a d’autres, mais ce n’est pas la question. Je ne lui ai pas prêté attention parce que c’Est une fille timide. Pas exactement timide: discrète, plutôt. La différence? Une fille timide, on remarque sa timidité. Une fille discrète, on ne remarque rien, elle se laisse oublier. Les filles timides finissent par devenir pénible, elles font des manières, et on n’a plus envie de leur parler, alors que les filles discrètes, il y a comme un mystère en elles, qui donne envie de mieux les connaître. (p.11-12)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Guy Jimenes
Maison d’édition: Oskar poche
Année de publication: 2011
ISBN: 9782350006727
Public cible: 7 à 11 ans.
Vous aimerez peut-être: Deux copines ont disparu, un roman qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui doit quitter la France car elle a été mariée à un inconnu dans son pays d’origine.

Pour d’autres suggestions de lecture, suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!

0

Naïma n’a pas le SIDA

naima n'a pas le SIDANaïma est triste car personne ne veut jouer avec elle depuis qu’elle a dit à son amie que ses parents avaient le SIDA. La nouvelle s’est répandue dans la cours d’école et les camarades de classe pensent que Naïma est contagieuse.

Ce petit livre aux images évocatrices est informatif et aborde de manière franche les effets de la maladie, particulièrement du VIH/SIDA, sur le réseau social d’une personne. Le message véhiculé est qu’il ne faut pas rejeter une personne parce qu’elle a cette maladie, que le SIDA n’est pas contagieux et qu’il suffit d’éviter tout contact avec le sang d’une personne affectée. L’histoire se concentre sur Naïma et même si les parents sont très présents dans l’histoire, on ne sait pas ce qu’il arrivera d’eux. Aujourd’hui, on peut vivre très bien et longtemps avec la maladie, mais ceci n’est pas mentionné dans le livre. Il faut dire que ceci-ci a été publié il y a 12 ans et que les choses ont bien changées depuis. Peut être utile.

Un livre jeunesse pour souligner la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dossou Paul Kpitimé
Maison d’édition: Éditions Ruisseaux d’Afrique
Année de publication: 2004
ISBN: 2847700889
Public cible: 6 à 10 ans

* Les Éditions Ruisseaux d’Afrique ont été lauréates en 2002 du Prix Alioune Diop pour la promotion de l’éditio en Afrique décerné par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie.

Dossou Paul Kpitime est un auteur et illustrateur béninois

Dossou Paul Kpitime

Pour plus de suggestions de lecture, suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!

0

Francie

francieFrancie rêve d’une vie meilleure aux côtés de son père, à Chicago. En attendant, elle travaille durement chez les Blancs, après l’école, pour aider sa mère. Heureusement, il y a Jesse, un jeune garçon, noir comme elle, qui, lui aussi, en a assez de cette vie de misère. Leur amitié leur donnera le courage d’affronter l’adversité.

Mon avis

Francie est comme une amie pas si lointaine que ça, un personnage à qui on s’attache rapidement. Quel plaisir d’entendre à travers les mots de ce roman la voix d’une enfant afro-américaine qui nous raconte comment c’était d’être noir au sud des États-Unis au début du siècle dernier. Dès les premières pages, où Francie nous présente le détestable chat de la voisine, on se surprend à ne pas aimer ce chat non plus et à vouloir passer plus de temps avec la fillette à travers la lecture. Le contexte est bien campé et le lecteur apprend quelques notions d’histoire contemporaine au passage. L’illustration de couverture ne m’a pas particulièrement plue. Même si elle peu sembler un peu terne, ne vous y fiez pas! Ce livre est un petit bijou de littérature jeunesse. À lire dès l’âge de 11 ans. Dans certaines écoles (notamment aux USA), ce livre fait partie du curriculum obligatoire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Karen English
Maison d’édition: Bayard Jeunesse
Année de publication: 2001
ISBN: 2227739142
Public cible: 11 à 14 ans
Vous aimerez peut-être: De la même auteure, il y a les aventures de deux fillettes, Nikki et Deja, que j’ai évalué sur ce blog.

*Prix Coretta Scott King pour la version originale anglaise.

En savoir plus sur l’auteure américaine et enseignante au primaire Karen English

karen english

Suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!

0

Dis moi pourquoi… Nous n’avons pas la même couleur de peau?

dis moi pourquoi couleur peauAujourd’hui, dans la classe d’Anna est arrivée une nouvelle élève qui se prénomme Aifa. Elle a la peau noire et plein de tresses. « Maîtresse », demanda Anna, « pourquoi Aifa n’a pas la même couleur de peau que nous ? » A travers un récit original et de jolies illustrations, voilà une façon amusante et sympathique de trouver des réponses à toutes les questions que les enfants se posent.

Ce livre est plein de questions, mais aussi plein de réponses. Ce qu’on en retient, c’est qu’il n’y a pas que la couleur de peau qui nous rend différent. Il y a aussi la grosseur du nez, la couleur des cheveux, la taille, la corpulance, les goûts. Et plus important encore, il y a ce qui nous rend semblable: l’envie d’être aimé, le goût du chocolat, le besoin de jouer, etc.

Le livre aborde aussi la grandeur du monde: « Les hommes ont une couleur de peau différente selon l’endroit où ils vivent ou celui d’où vient leur famille ». Les images sont assez évocatrices et illustrent bien le propos. Cela dit, le point de vu est celui de personnes Blanches qui questionnent la négritude d’autrui et pas l’inverse. L’Autre, c’est la nouvelle élève Noire, si différente d’un « nous » sous-entendu, un « nous » blanc. Cette approche ignore le lectorat Noir qui ne se reconnaîtra pas nécessairement dans l’histoire.

Ensuite, il y a quelques irritants mineurs, comme la faute dans le titre, et l’utilisation de l’expression « les hommes » pour parler de l’humanité, comme si les femmes n’en faisait pas partie… Malgré tout, ce livre, assez bien fait, peut être utile pour aborder la question des différences ethniques et raciales.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sara Agostini
Maison d’édition: Cyel
Année de publication: 2010
ISBN: 9782362610059
Public cible: 5 à 7 ans
Vous aimerez peut-être: De quelle couleur sera le bébé?

1

Ma soeur étoile

Ma-soeur-etoileDans ce texte autobiographique, Alain Mabanckou met en scène un jeune garçon, un brin naïf et très imaginatif dans le Congo des années 1970. Fils unique, solitaire, il dialogue la nuit avec sa sœur « montée au ciel avec les anges ». (c) Dimedia

« J’avais dix ans en ce temps-là. Pendant la saison sèche, je quittais en douce mon lit, j’ouvrais la porte de notre maison et je sortais dans la cour. (…) J’attendais parfois une demi-heure. Soudain, il y avait une étoile, une toute petite étoile qui brillait plus que les autres. Je l’observais avec attention. Je la voyais alors se déplacer, s’isoler, me sourire, avant de disparaître un moment entre deux nuages et de réapparaître. (…) Je lui avait donné un petit nom, un joli petit nom : Ma Soeur-Etoile… »

Quel beau récit. Alain Mabanckou nous raconte en toute intimité une histoire autobiographique à laquelle il est facile de s’identifier. Il s’agit d’une histoire universelle, belle et touchante. Le récit fait notamment référence au Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. À lire au plus vite!

soeur-etoile-4

Coup de <3!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Alain Mabanckou & Judith Gueyfier
Maison d’édition: Seuil Jeunesse
Année de publication: 2010
ISBN: 9782021005882
Public cible: 6 à 9 ans
Vous aimerez peut-êtreMistigri mon ami, une histoire sur le deuil d’un jeune garçon.

En connaître davantage sur l’auteur congolais Alain Mabanckou

Alain Mabanckou

Suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!

0

TOP 5 des livres jeunesse pour souligner la rentrée scolaire

Ça y est, le compte à rebours a commencé! Les vacances d’été sont sur le point de se terminer et plus que quelques jours avant la rentrée scolaire. Certains enfants sont nerveux ou anxieux, d’autres sont impatients ou curieux, d’autres encore sont heureux ou indifférents… Que ce soit l’entrée à la maternelle, à l’école primaire, au cours moyen ou à la petite école, entamer une nouvelle année scolaire n’est jamais banale dans la vie d’un enfant ! Voici le top 5 des livres à lire en attendant la fin août.

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Child-getting-on-School-bus

5. Mon premier jour d’école, de Jane Godwin & Anna Walker premier jour d'école

C’est la rentrée ! Tim, Anna, Fatou, Julien et Pauline vont à l’école pour la première fois. Pour eux, c’est une véritable aventure qui démarre ! On y suit 21 enfants d’une classe de maternelle, dont Fatou, Ali, Jiao, Noé et Émilie.

4. Jamaica and the substitute teacher, by Junita Havill and Anne Sibley O’Brienjamaica teacher

Jamaica likes the substitute teacher, Mrs. Duval, right away. So when there’s a spelling test, of course Jamaica wants to please her by spelling all the words right. But this time something goes wrong and Jamaica has to make an important decision. . . . What will Mrs. Duval think of her now? Although the book was published more than 15 years ago, it does not really show and can easily be read to today’s children. Highly recommended.solani endormie

3. Solani s’est endormie, de Carole Muloin

Solani arrive dans une nouvelle école et ne connait pas encore tous ses nombres. Il est très important de bien les connaître, au risque de se perdre en prenant le mauvais numéro d’autobus! Un livre à lire tout seul dès l’âge de 6 ans.

2. Une grande fleur, d’Yves Pinguilly & Maja Seredagrande fleur

Chaque matin, Knosazana et son ami Dylan, sur le chemin de l’école, rencontrent une Grande Fleur curieuse qui penche la tête par-dessus la clôture. Elle veut voir ce qui se passe dans la rue! Après leur longue journée en classe, le soir quand Nkosazana et Dylan rentrent chez eux, la Grande Fleur fatiguée tourne la tête de l’autre côté. Du côté où s’en va le soleil…

1. Tibili, le petit garçon qui ne voulait pas aller à l’école, de Marie Léonard et Andrée Prigenttibili

Tibili est un petit garçon africain de six ans qui passe ses journées à rire. Lorsque sa maman parle d’école, c’est la catastrophe! Tibili ne veut pas y aller… Un beau récit bien ficellé se déroulant en Afrique et regorgeant de références à la vie sur ce continent. Enseignants, ce livre peut être utilisé en classe!

1

À l’eau Mariétou!

eau mariétouYoupi ! Lundi, Mariétou va avec sa classe à la mer pour apprendre à nager. Elle parvient à convaincre son père de lui acheter le maillot de championne olympique de ses rêves, dans la boutique de Mama Bikini. Pourtant, une fois sur la plage, Mariétou est impressionnée : la mer est immense, les vagues sont grosses et font du bruit… Celle qu’on surnomme dans son quartier de Douala « Kissaitounapeurderien » aurait-elle peur de se jeter à l »eau?

Mariétou est une fille espiègle qui, c’est bien connu, n’a peur de rien. Elle avait si hâte d’aller à la plage se baigner, mais une fois là-bas, prend peur. Il est rare de voir un livre sur la vie du quotidien n’ayant que des personnages noirs. J’ai lu ce livre à une enfant de presque 6 ans. Elle a aimé les longues tresses d’un personnage figurant et les billes dans ses cheveux. Elle a dit qu’elle voulait avoir des cheveux comme ça! Elle s’est aussi intéressée à la sirène, elle ne savait pas que les sirènes pouvaient être méchantes. Dans l’histoire, Mamiwater, la sirène, chante pour entraîner au fond de l’eau les enfants qui s’éloignent trop de la rive. Nous avons quand même nuancé le propos en disant que certaines sirènes sont gentilles, comme Arielle (parce que Disney, on ne s’en sort pas…!). Le texte est très bien, même si j’ai dû changer quelques mots pour l’adapter au contexte québécois (par exemple, je lisais « éducateur » plutôt que « maître » pour faire référence au professeur d’école). Un excellent livre pour faire passer quelques règles de sécurité dans l’eau aux enfants. Nous avons « lu » le livre plusieurs fois, moi avec les mots de l’auteur et elle avec ses propres mots, en inventant une nouvelle histoire en se basant sur les images. Le format horizontal à l’italienne m’a plu. Très bien, ce livre!

En savoir plus sur l’auteure camerounaise, Marie-Félicité Ébokéa

marie-felicite-ebokea

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Félicité Ébokéa & Clémentine Sourdais
Maison d’édition: Éditions du Sorbier
Année de publication: 2010
ISBN: 9782732039718
Public cible: 4 à 7 ans

Vous aimerez peut-être: Dans L’amie, une petite fille s’aventure trop loin dans l’eau lors d’une journée à la plage. Dans Sirènes du monde, on découvre plusieurs histoires sur les sirènes.

Suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!