Le carnaval de Malaika

le carnaval de malaikaMalaika est heureuse de retrouver sa mère, même si cela signifie qu’elle doit déménager au Canada où tout est différent. Il y fait froid, les gens ont un fort accent et le Carnaval de Québec ne ressemble en rien à celui que Malaika aimait tant aux Caraïbes! L’adaptation à son nouvel environnement et à sa nouvelle famille risque d’être difficile…

Ce sont d’abord les illustrations qui m’ont charmée dans cet album à couverture souple. Faites de collages, elles sont dynamiques et vibrantes. La qualité de la mise en page est conforme à ce que nous a habitué les éditions Scholastic, et je n’ai pas été déçue !

Le récit est touchant, difficile parfois, et échappe à une interprétation unique. Bien qu’on devine que Malaika vient des Caraïbes, son pays d’origine est gardé secret. On ignore comment sa mère et son nouveau conjoint se sont rencontrés ni depuis combien de temps dure leur relation. Leur mariage arrive comme un cheveu sur la soupe et nous laisse perplexe, comme le perçoit Malaika de son regard d’enfant: Qui es cet homme ? Pouquoi partir ? Pourquoi une nouvelle famille ? Pourquoi un nouveau pays ? Tous ces non-dits ouvrent la porte aux interprétations et aux discussions avec les lecteurs. Cela rend également facile l’identification au personnage. En effet, même un enfant dont les parents sont séparés et qui doit vivre dans une famille reconstituée pourrait se reconnaître en Malaika même s’il ne partage pas l’expérience de l’immigration.

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Le point de vue de la narratrice, tout à fait original, fait également en sorte que les personnages blancs soient perçus comme étrangers. Malaika ne connaît pas le Canada, et encore moins le Québec. Et, si elle parle français, l’accent québécois lui pose parfois quelques problèmes de compréhension ! Le Carnaval, elle connait, bien sûr, mais celui de la ville de Québec n’a rien à voir avec celui de son pays. Malgré tout, Malaika surmonte les difficultés et parvient à s’adapter à son nouvel environnement. Le dénouement est positif. Un très bel album !

Nadia L. Hohn est une auteure canadienne. 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadia L. Hohn & Irene Luxbacher
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443164962
Public cible: 8 à 11 ans
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J’en ai assez de la 1re année !

PaJ'en ai assez de la première année .jpgrfois, le changement est difficile, mais il peut aussi avoir du bon. Stella adore être dans la classe de Mme Cartier. Elle s’inquiète quand elle apprend le départ de son enseignante. Elle craint que la personne qui la remplacera ne sache pas comment s’y prendre. Stella décide d’écrire une lettre au directeur pour lui faire part de ses inquiétudes. Elle menace d’abonner l’école si ses exigences ne sont pas satisfaites. Une histoire touchante sur la relation privilégiée entre les enseignants et leurs élèves.

Les illustrations de Tom Goldsmith, faites au pinceau avec de l’encre et de l’aquarelle selon la technique du lavis, sont douces et colorées. Ses illustrations laissent suffisamment de place au texte sans briser l’équilibre entre les deux; chaque page se lit aisément et se regarde comme un tout.

Stella est le personnage principal du récit. Débrouillarde et obéissante, mais de nature inquiète, elle n’hésite pas à se confier à ses parents sur sa crainte de voir son enseignante quitter pour le reste de l’année scolaire. Ceux-ci ont une bonne écoute et tentent de la rassurer. La famille de cet album ressemble à n’importe quelle famille occidentale: ils mangent des repas équilibrés en famille, ont un chien de compagnie et affichent les dessins de leur enfant sur le réfrigérateur. Les auteurs nous donnent également beaucoup d’information sur Stella, se qui la rend encore plus réelle, comme si elle était une petite fille comme une autre que l’on pourrait rencontrer dans la cours d’école, à la bibliothèque ou au centre commercial. Elle aime dessiner (surtout des chats) et faire de la peinture, apprécie les bonnes blagues (-Toc toc toc. – Qui est là? – Jean. – Jean qui ? – J’en ai marre des devoirs ! 🙂 ), a encore un peu de difficulté à attacher ses lacets et aime lire des livres avec beaucoup d’images. Au fond, Stella est une fille noire et cela ne change absolument rien à l’histoire. Une représentation comme je les aime. Fortement recommandé !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nancy Wilcox Richards & Tom Goldsmith
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443139205
Public cible: 6-7 ans
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Alerte aux poux ! La maîtresse se gratte

alerte aux poux maîtresse se gratteLa maîtresse se gratte la tête… C’est sûr, elle a des poux ! Arthur et ses copains ont un super plan pour s’en débarrasser…

C’est dans la collection de premières lectures Folio Cadet de chez Gallimard que l’on retrouve ce livre destiné aux apprentis lecteurs. La meilleure amie du personnage principal s’appelle Anissa. La fillette noire est présente sur la page de couverture ainsi que sur douze pages de ce livre qui en contient une vingtaine. À noter que le personnage de la maîtresse d’école, amérindienne, est très stéréotypé. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Mathilde Bréchet & Amandine Laprun
Maison d’édition: Gallimard jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782070589296
Public cible: 6 à 8 ans.

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Zut, Félix !

Zut FélixFélix, le champion des pirouettes, s’est cassé le bras. Il va porter un plâtre pendant plusieurs semaines. C’est dur à accepter. Bien sûr, sa famille, madame Édith et ses amis sont là pour l’aider. Mais Félix doit aussi apprendre à se débrouiller !

Ce livre est le troisième de la série La classe de Madame Édith, mais se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. Félix, le personnage principal, est un garçon noir et athlétique qui adore faire des acrobaties pour épater la galerie. Lorsqu’il se casse accidentellement le  bras, il pleure de douleur et est déçu de ne pas pouvoir montrer sa nouvelle pirouette à ses amis le lendemain. Ces derniers veulent tous l’aider, mais Félix aimerait être autonome! Il se demande comment faire plaisir à ses amis si gentils avec lui. Le récit met aussi en scène Rosalie, une camarade de classe très bavarde au teint foncé.

Ce roman de 93 pages est écrit en larges caractères avec empattement dans une mise en page aérée. Les phrases sont relativement courtes pour faciliter la compréhension du texte chez les jeunes lecteurs. Toutefois, certains mots ou phrases sont écrits en caractère gras ou encore en diagonale ; les lecteurs dyslexiques pourraient avoir de la difficulté à lire ces passages. J’ai noté une erreur de grammaire en page 60 (utilisation du mauvais auxiliaire avec le verbe pronominal se casser) et quelques québécismes (« aiguiser » un crayon plutôt que tailler un crayon). Cela dit, le texte est tout de même bien écrit et utilise la nouvelle orthographe française.

La morale de l’histoire est que tout le monde fait face à des difficultés et que chacun de nous doit trouver ses propres solutions pour avoir une vie agréable malgré tout !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Édith Bourget & Boum
Maison d’édition: Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897851095
Public cible: À partir de 6 ans
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École de Tibi

école de tibiAujourd’hui, c’est la première fois que Tibi va à l’école. Il faut faire des kilomètres à pied, mais le petit garçon est heureux, avec son beau cahier tout neuf et son style quatre couleurs. Il va apprendre des tas de choses… Même des choses auxquelles il ne s’attend pas…

Ce roman s’adresse aux bons lecteurs. Il y a environ une quarantaine de mots par page, mais aucun chapitre et de très courtes phrases. Tibi a très, très hâte d’aller à l’école. Son grand frère, lui, redoute un peu plus la rentrée scolaire. L’histoire se déroule au Sénégal et Tibi vit dans une case. Sa mère est allée à l’école jusqu’à l’âge de 9 ans car ses parents trouvaient qu’il n’était pas utile qu’une fille aille à l’école. Son père vit en France où il construit des autoroutes. Plus tard, Tibi veut devenir joueur de soccer professionnel. À l’école, il fait preuve d’une grande générosité en partageant des feuilles de son cahier avec les élèves qui n’ont pas de matériel scolaire. C’est le début d’un apprentissage nouveau. Un petit roman bien écrit avec une intrigue intéressante, mais dont la représentation des personnages noirs est tout de même assez stéréotypée. Peut plaire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Zidrou & Frédéric Rébéna
Maison d’édition: Nathan Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782092546949
Public cible: 7 ans et plus
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L’académie Grimm: Chaperon Rouge est perdue

chaperon-rouge-est-perdueChaperon Rouge rêve de participer à la pièce de l’école, mais l’audition tourne à la catastrophe. Elle décide alors de se consacrer à la protection de l’académie Grimm contre la société M.A.L.I.C.E avec ses amies Cendri, Blanche et Raiponce. Malheureusement, elle se perd dans la forêt Sansretour où elle rencontre Jean-Loup, un camarade de l’académie. Ferait-il partie de la société maléfique? Elle aura besoin de son panier magique et d’une prestation grimmadmirable pour découvrir le pot aux roses !

Les contes réinventés sont une merveilleuse manière de donner le goût de lire et d’écrire. Parce que les contes classiques sont connus, il est toujours fascinant de constater les mille et une façons de les détourner. Ici, on retrouve Chaperon rouge qui a le teint basané, les cheveux tressés et le nez épaté. On ne connaît pas les origines de Chaperon Rouge dans ce livre, mais il est possible que le sujet ait été abordé dans le premier tome de la série. J’ai suivi ses aventures à l’Académie Grimm avec un intérêt mitigé; après tout, je ne suis pas le public cible du roman. Les préados pourront aimer: les chutes sont bien menées et les chapitres se lisent rapidement. Peut plaire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Joan Holub & Suzanne Williams
Maison d’édition: Éditions scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9781443147262
Public cible: 11 à 13 ans
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Un crocodile à l’école

crocodile à l'écoleOka est un étrange crocodile, bien décidé à devenir Président de la République. Nany est une petite fille bien courageuse. Lorsqu’elle rencontre le curieux animal, elle parle avec lui ! Même, elle devient son amie ! Mais les choses se compliquent lorsqu’Oka veut aller à l’école avec Nany.

Je n’ai pas trop aimé ce livre. La chute est forcée et peu naturelle: Oka se marie avec le crocodile afin qu’il devienne enfin président (par alliance), et fait de la protection des animaux son cheval de bataille. Déjà Oka affirme, après trois secondes de réflexion, qu’elle souhaite épouser le crocodile et qu’elle l’a « aimé depuis le premier jour ». La chute m’a semblé sortir de nulle part. De plus, dans l’histoire, il n’est pas précisé la raison pour laquelle le crocodile souhaite devenir président. Est-ce pour protéger les autres animaux? Curieux, quand même, pour un crocodile (!). Et de toute façon, aucune raison n’est donné quant à ce choix de carrière. Bref, le récit est boiteux. D’autant plus que les enfants ont tendance à se reconnaître aux personnages d’un livre, qu’il soit humain où non. L’enfant qui se reconnaît en le crocodile en retiendra qu’il y a certains rêves qui lui sont inaccessibles (par exemple, devenir président!) et qui peuvent être considéré comme des citoyens de seconde zone pour des raisons qui sont hors de leur contrôle (ex.: le crocodile est né crocodile, il ne peut le changer!). D’habitude, j’aime bien les livres d’Yves Pinguilly, mais là, déception.

Du côté des illustrations, c’est beaucoup mieux. Diallo a mélangé les techniques pour un produit vibrant et recherché. Collages, peintures, aquarelles et fusain se mélangent à merveille.

Muriel Diallo est une illustratrice ivoirienne. 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Muriel Diallo & Yves Pinguilly
Maison d’édition: Planète Rêvée Éditions Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782917871140
Public cible: 5 à 7 ans

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