Interdit aux éléphants

Interdit aux éléphants

Le problème, quand on a un éléphant à la maison, c’est qu’on n’est pas tout à fait comme tout le monde. Personne d’autre n’a un éléphant. D’ailleurs, sur la porte du Club des animaux, il est écrit : « Interdit aux éléphants ». Les deux amis ont le cœur gros. Et s’ils créaient leur propre club, un club ouvert à tous ?

Les Éditions des Éléphants ont collaboré avec Amnesty International pour nous offrir ce magnifique album sur la discrimination et la force de la solidarité. Cet album doux et tendre aborde avec finesse le rejet de l’autre et, plus important encore, le pouvoir que nous avons d’agir ensemble pour y mettre fin. Les illustrations délicates de Taeeun Yoo sont un délice pour les yeux et occupent une fonction narrative intéressante. Dans l’histoire, on rencontre une petite fille noire qui elle aussi est rejetée car son animal de compagnie est une moufette. Elle aura un rôle important dans le récit car sa présence incitera le personnage principal à former un nouveau club où tous les animaux sont acceptés.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • Sens de la déduction: En te basant sur cette histoire, que font les bons amis ? (Ils nous aident à franchir les lignes, ils bravent les choses effrayantes pour nous, ils ne laissent jamais personne derrière eux, ils nous indiquent le chemin). Quelles sont les qualités recherchées chez les bons amis ?
  • Sens de l’observation: Durant quelle saison se déroule l’histoire ? Justifie ta réponse.
  • Faire des liens avec sa propre expérience: As-tu déjà vécu une situation similaire à cette de l’éléphant dans l’histoire ?
  • Imaginer: si tu pouvais avoir un animal exotique de compagnie, lequel choisirais-tu ? Pourquoi ?
  • Débattre et convaincre : Trouve trois raisons pour lesquelles interdire l’accès au club à certains animaux n’est pas bien.
  • Vocabulaire et compréhension: Qu’est-ce que cela veut dire, « Franchir les lignes » ? Quels éléments de l’histoire peux-tu utiliser pour t’aider à comprendre le sens de cette expression ?

Interdit aux éléphants 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Lisa Mantchev & Taeeun Yoo
Maison d’édition: Éditions des éléphantsBouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782372730143
Public cible: 5 à 8 ans
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Vingt petit pas vers Maria

vingt petits pas vers maria« Tout à coup, elle se mit à fredonner un air, une mélodie qui, de manière étrange, semblait éveiller en moi comme un écho. Sans trop savoir où mes pas me conduiraient, je me mis à la suivre. » C’est ainsi qu’une écrivaine s’est intéressée au destin d’une étrangère… pourtant si proche.

Aujourd’hui, j’ai été faire un tour à ma bibliothèque de quartier avec la ferme intention de mettre la main sur les livres de Marie-Célie Agnant. Heureusement, Vingt petits pas vers Maria et L’Enfant gazelle étaient disponibles pour le prêt. J’ai tout de suite lu Vingt petits pas vers Maria en arrivant à la maison. La prémisse du roman m’intriguait: le texte est né du malaise ressenti par Agnant lorsque son fils âgé de sept ou huit ans lui demande, alors qu’il sont en chemin vers l’école dans un quartier huppé du Grand Montréal, « Pourquoi, ici, c’est des femmes noires qui promènent les bébés blancs ? » Les « vingts petits pas », se sont ceux qui nous séparent de l’Autre, souvent ignoré, mais au final si proche de nous. Par exemple, les employées de maisons, les sans-abris ou simplement le voisin d’à-côté. Ce roman réfléchi ouvre les horizons du lecteur et le pousse à ouvrir ses yeux et son cœur à ceux qui l’entourent. Le roman se termine par un « dossier plus » où l’on retrouve des questions de compréhension de texte, des entrevues avec l’auteure et des pistes de réflexion. Idéal pour une exploitation en milieu scolaire !

Marie-Célie Agnant est une auteure, enseignante, traductrice et interprète canadienne née en Haïti. Elle vit à Montréal.

marie célie agnant

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Célie Agnant & Normand Cousineau
Maison d’édition: Hurtubise
Année de publication: 2001
ISBN: 2894285396
Public cible: Ados
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Peau noire peau blanche

peau noire blancheLe père d’Issam est noir et vient du Sénégal. Il est grutier et travaille sur les chantiers. Sa mère est blanche et française. Elle travaille à la maison. Issam, c’est le petit dernier. De chantier en chantier, on déménage souvent dans la famille. Être nouveau et black à l’école, ce n’est pas toujours facile et ça le rend triste, Issam. Sa maman n’a pas les réponses à toutes les questions mais ils aiment bien jouer ensemble à « pourquoi? parce que… parce que quoi? parce que que »… Parce que ça finit toujours par des rires ou des câlins. Quand toute la famille rentre au Sénégal, c’est souvent la mère qui est triste. Trop blanche là-bas, la maman d’Issam. Alors, quand elle demande pourquoi elle se sent étrangère, Issam est content de la consoler en lui disant : « parce que »…

L’histoire, racontée au « je » par Issam, est intéressante: un petit garçon Sénégalais trop noir pour la France, pour Paris, pour Marseille, et une maman française trop blanche pour le Sénégal. Issam est « tout noir » (p.1) et dans la cours de récré, on tente de lui voler son blouson, sa casquette, on ne veut pas jouer avec lui. Les autres enfants sont méchants à l’école, car ici, à Marseille, on « n’aime pas trop les beurs, ni les blacks. » Le Sénégal est présenté comme un terre salvatrice, où la famille pourra échapper aux discriminations vécues en France. Sauf qu’une fois arrivée là-bas, la maman pleure car les autres femmes la rejettent car elle est différente, blanche. Alors que le père trouve facilement du travail et qu’Issam peut enfin jouer librement, on réalise que d’autre difficultés les guettent.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, ce qui est bien pour entamer une conversation sur les préjugés, les différences, l’injustice et le racisme. On s’attend d’un parent qu’il nous fournisse une réponse, surtout lorsqu’il s’agit de sujet délicats tels l’intimidation et le racisme, mais le petit jeu des pourquois entre la mère et le fils a quelque chose de rassurant pour chacun d’eux et renforce le lien qui les unit.

Colorées et naïves, les illustrations de Mireille Vautier pleines de couleurs primaires contrebalancent un récit assez dur sur le racisme. Même si place est laissée pour discutions, la morale du récit me semble un peu triste: notre monde est-il si clairement divisé en noir et blanc? N’existe-t-il pas de tons de gris? Ah! Déjà, voilà de quoi alimenter un débat avec des enfants d’âge scolaire. Un album jeunesse à explorer. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Bichet & Mireille Vautier
Maison d’édition: Galimard Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 2070543358
Public cible: 8 à 11 ans
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