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Annie et Willie

annie-et-willieAnnie et Willie ne sont jamais d’accord. Quand Annie veut de la crème glacée, Willie veut du gâteau. Quand Annie veut grimper à l’arbre, Willie veut patiner. Etc. Le texte simple de ce livre pour apprentis lecteurs célèbre les différences qu’il peut y avoir dans l’amitié. Ce sont d’ailleurs ces différences qui rendent l’amitié si belle. Sauf que lorsqu’il faut aller à la bibliothèque, Annie et Willie sont toujours d’accord !

Ma nièce de 6 ans et demi avait commencé la première année depuis 2 mois lorsqu’elle a lu ce livre presque qu’au complet. J’étais très fière d’elle ! Certains mots ne sont pas évidents pour elle, par exemple « Annie » (elle aura tendance à lire En-Ni-E car elle a commencé à apprendre les syllabes AN, OU, IN et EU à l’école). Aussi, comment savoir qu’il ne faut pas prononcer le T du mot « veut »? En ce sens, je me suis dit qu’un nouveau lecteur ayant 6 mois ou plus d’expérience en lecture pourra facilement lire ce livre. En attendant, les adultes sont là pour aider !

J’ai adoré Annie. Ces cheveux sont magnifiques, bouclés et ornés de barrettes rouges. Elle grimpe dans les arbres, aime explorer la nature et s’intéresse aux sciences. Et ses lunettes sont vraiment cools!

Le livre de 31 pages se termine par une liste de mots utilisés dans le livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Larry Dane Brimner, Rebecca McKillip Thornburgh
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2009
ISBN: 9780545981125
Public cible: À partir de 6 ans
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Yozakura, la fille du cerisier

yozakura fille cerisierFille d’un vénérable cerisier et de la nuit, Yozakura est différente. Mais la différence inquiète, elle suscite les jalousies et attise la méchanceté. Comment une petite fille peut-elle y faire face ?

Mon avis

Voici un très bel album en grand format signé Muriel Diallo, une auteure que j’aime beaucoup. Elle aborde ici des thèmes comme la différence, le rejet de sa communauté d’acceuil, l’adoption, le pardon et le don de soi. Comme toujours, les illustrations sont sublimes, fruit d’un travail artistique d’une infinie qualité.

Comment utiliser cet album jeunesse en classe

Pour utiliser cet album en classe primaire (2ème ou 3ème cycle), je vous conseille une lecture à voix haute suivi d’une discussion sur les thèmes abordés dans le livre. Ensuite, vous pourriez donner au élèves un projet d’art plastique où ils utilisent les mêmes techniques mixtes de Diallo (collage, peinture, découpage, crayon) pour créer une oeuvre collective anti-raciste qui sera exposée dans l’école. Les possibilités sont nombreuses!

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*Lauréat du prix St-Exupéry, Valeurs jeunesse 2012

Pour en connaître davantage sur l’auteure ivoirienne Muriel Diallo

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Muriel Diallo
Maison d’édition: Vents d’ailleurs
Année de publication: 2012
ISBN: 9782911412974
Public cible: 7 à 10 ans

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Dis moi pourquoi… Nous n’avons pas la même couleur de peau?

dis moi pourquoi couleur peauAujourd’hui, dans la classe d’Anna est arrivée une nouvelle élève qui se prénomme Aifa. Elle a la peau noire et plein de tresses. « Maîtresse », demanda Anna, « pourquoi Aifa n’a pas la même couleur de peau que nous ? » A travers un récit original et de jolies illustrations, voilà une façon amusante et sympathique de trouver des réponses à toutes les questions que les enfants se posent.

Ce livre est plein de questions, mais aussi plein de réponses. Ce qu’on en retient, c’est qu’il n’y a pas que la couleur de peau qui nous rend différent. Il y a aussi la grosseur du nez, la couleur des cheveux, la taille, la corpulance, les goûts. Et plus important encore, il y a ce qui nous rend semblable: l’envie d’être aimé, le goût du chocolat, le besoin de jouer, etc.

Le livre aborde aussi la grandeur du monde: « Les hommes ont une couleur de peau différente selon l’endroit où ils vivent ou celui d’où vient leur famille ». Les images sont assez évocatrices et illustrent bien le propos. Cela dit, le point de vu est celui de personnes Blanches qui questionnent la négritude d’autrui et pas l’inverse. L’Autre, c’est la nouvelle élève Noire, si différente d’un « nous » sous-entendu, un « nous » blanc. Cette approche ignore le lectorat Noir qui ne se reconnaîtra pas nécessairement dans l’histoire.

Ensuite, il y a quelques irritants mineurs, comme la faute dans le titre, et l’utilisation de l’expression « les hommes » pour parler de l’humanité, comme si les femmes n’en faisait pas partie… Malgré tout, ce livre, assez bien fait, peut être utile pour aborder la question des différences ethniques et raciales.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sara Agostini
Maison d’édition: Cyel
Année de publication: 2010
ISBN: 9782362610059
Public cible: 5 à 7 ans
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Mbéla et la perle de Mamiwater

mbela mamiwater perleMbéla habite au Cameroun, dans un village de pêcheurs au bord de l’océan. Elle passe ses dimanches à pêcher des coquillages avec ses deux amies, Mariétou et Angèle, en rêvant de trouver des perles. Les fillettes prennent garde de rester loin de la grotte souvent immergée et recouverte d’algues gluantes. Car selon la légende, Mamiwater, la sirène, y garde ses perles les plus précieuses. Mais un jour, Mbéla ne résiste pas. Elle s’approche de la grotte et y dérobe une grosse perle. Elle est aussitôt engloutie par une grosse vague. Réussira-t-elle à échapper au courroux de la sirène ?

Je ne connaissais pas du tout Mamiwater (« Mami wata« ). Il s’agit d’une divinité aquatique du culte Africain Vodoun, dont la pratique est répandue en Afrique de l’ouest, du centre et du sud, ainsi que dans la diaspora africaine et les Caraïbes. Mbéla et la perle de Mamiwater parle justement de cette divinité, une sirène qui recherche la compagnie alors que tout le monde la craint. Le livre est d’excellente qualité et les illustrations sont colorées et recherchées. Le contraste entre la couleur du texte et les couleurs de fond est parfois un peu faible et peut miner la lecture. Rien d’alarmant, toutefois. Un livre super avec des personnages féminins forts, libres et maîtresses de leur destin. À lire!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Félicité Ébokéa
Maison d’édition: Éditions Belin
Année de publication: 2006
ISBN: 2701143306
Public cible: 5 à 8 ans

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En savoir plus sur l’auteure, Marie-Félicité Ébokéa

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Gabriel et Gabriel

gabriel gabrielGabriel a onze ans. Gabriel prend l’avion pour la première fois. Gabriel va au Brésil, passer des vacances chez sa marraine. Une fois arrivé, Gabriel rencontre Gabriel. Un garçon qui porte le même prénom, mais que tout différencie de lui : la couleur de sa peau, sa vie dans une famille modeste, sa familiarité avec les animaux et la nature. Cet été sera celui de leur rencontre, de leur amitié, et de la magie qui en naît… pour de vrai !

Mon avis

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque dans le seul but de le lire et l’analyser pour ce blog qui recense les livres jeunesse ayant des personnages noirs ou métissés d’origine caribéenne ou africaine. Toutefois, je me suis laissée prendre par la beauté de l’écriture de Pauline Alphen. Les tournures de phrases sont jolies, les mots sont recherchés, l’intrigue est bien ficelée. Chaque phrase est si belle qu’on a le goût de les relire deux fois. Tout ça, jumelé aux courts chapitres, font en sorte qu’on ne peut s’arrêter de lire.

Maman a téléphoné, je lui ai dit que c’était pas juste, que je ne voulais pas qu’on m’appelle França. Je suis presque moitié-moitié comme elle, non? Elle a rigolé et a dit de ne pas m’inquiéter, qu’il y a des moitiés qui sont plus moitiés que d’autres, et des quarts qui valent des tout entiers.

L’histoire est aussi bien intéressante: Deux garçons au même prénom, l’un français d’origine brésilienne (« Gabriel-França »), l’autre brésilien (« Gabriel-Brasil »), l’un blanc, l’autre noir, et leur rencontre, inoubliable. Gabriel França tient un journal intime que l’on découvre ponctuellement dans le texte. Il est facile de s’identifier à eux deux. Gabriel França a entendu le brésilien toute sa vie, mais ne peut le parler. Gabriel Brasil est futé, vif, parfois jaloux. Leur amitié se dévoile de page en page, même si on sait que Gabriel França devra repartir en France un jour. black blonde hair

Enfin, le texte donne à voir une négritude différente de celle régulièrement présenté en littérature jeunesse: Un Noir aux cheveux naturellement blonds, c’est quand même moins commun qu’un Noi aux cheveux naturellement noirs. L’auteure ne tait d’ailleurs pas la mixité du peuple brésilien, qu’elle célèbre au contraire par cette rencontre entre ces deux garçons, ces deux Brésils, différents, formant l’identité plurielle du pays.

Plusieurs mots portugais dans le texte et présence d’un lexique en fin de livre pour les définitions et traduction françaises. Très belles illustrations en noir et blanc. Un très beau récit ponctué de poésie, à découvrir très vite. J’ai adoré.

Coup de <3!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pauline Alphen
Maison d’édition: Hachette Romans
Année de publication: 2014
ISBN: 9782012044401
Public cible: À partir de 8 ans

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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

En savoir plus sur l’auteur afro-américain Aaron McGruder

aaron-mcgruder

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Emma et ses amis

emma et ses amisC’est l’anniversaire d’Emma. Tous ces amis sont venus chez elle pour la fêter. Chaque ami a un couleur préférée, que l’auteure a magnifiquement fait resortir par des éclats d’une peinture vive sur fond beige. Le format à l’italienne de cet album fait d’autant plus ressortir les couleurs. Le mélange de feutre, crayon et peinture donne un visuel très intéressant. Le récit est tout simple et se termine par une question lancée au jeune lecteur : « Et toi? Quelle couleur préfères-tu? »

J’ai lu ce livre à une fillette de 5 ans qui n’a pas particulièrement aimé. Elle n’aime pas beaucoup avoir à choisir une couleur; ça l’agace. Oui, oui, elle aime bien le mauve et le rose, mais elle aime toutes les couleurs aussi!! Et puis en ce moment, elle a envie d’histoires plus longues, avec des rebondissements. Eh oui, une phrase par page, ça ne lui suffit plus! Bah, c’est la vie. Elle ne peut pas aimer TOUS les livres, si? 😉 En tout cas, moi j’ai bien aimé, même si le titre est un peu banal. C’est aussi ça, transmettre le goût de la lecture: accompagner l’enfant dans la découverte et l’évolution de ses goûts littéraires.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sandra Desmazières
Maison d’édition: Casterman
Année de publication: 2005
ISBN: 2203553170
Public cible: 3 à 6 ans.