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Ma chèvre Karam-Karam

karam karamDeux amis, Konta et Samba, vont en pirogue au marché. Konta doit y vendre ses poissons, Samba veut y vendre sa chèvre. Les poissons n’ont plus leur mot à dire, la chèvre si. En tout cas, elle le pense. Et cette chèvre a décidé qu’elle ne serait pas vendue au marché. C’est une chèvre très intelligente. Elle sait que si elle se jette à l’eau, l’un des garçons va se lancer à sa poursuite. Elle sait qu’elle nage plus vite que lui, qu’elle court plus vite que lui, et qu’elle est bien plus maligne que lui. Elle sait qu’elle peut lui faire passer la pire matinée de sa vie, et ne jamais le laisser l’attraper. Mais elle sait aussi, cette petite chèvre, qu’elle a besoin d’un allié, d’un ami. Pour être sûre de ne jamais être vendue au marché. Et aussi parce qu’il est bien plus agréable d’avoir un ami qu’un ennemi. Et peut-être même parce qu’elle commence à éprouver de la compassion pour son pauvre poursuivant. Alors, après avoir mis toute son intelligence à l’épuiser, elle va mettre toute son intelligence… à se faire pardonner. (c) L’École des Loisirs

Mon avis

Les illustrations sont particulièrement douces et apaisantes. On s’y pert à les regarder longuement, avec leurs couleurs en tons de beige et leurs prises de vues originales. Quel bel équilibre de page en page! Sans lire le texte, les illustrations racontent elles-mêmes une histoire cohérente et complète. Le texte, toujours bien placé, ne casse pas la mise en page, bien au contraire; il la renforce avec doigté.

Le récit m’a plu. J’adore ces tranches de vies de contrées lointaines car elles me font voyager. Sans jugement, Ma chèvre Karam-Karam raconte l’histoire d’un garçon, d’une chèvre, et d’une journée ordinaire. Rassurant, chaleureux, plaisant. J’ai beaucoup aimé! L’avez-vous lu?

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Satomi Ichikawa
Maison d’édition: L’École des loisirs
Année de publication: 2005
ISBN: 2211081975
Public cible: 5 à 7 ans.
Vous aimerez peut-être: Les récits de Satomi Ichikawa me rappellent ceux de Dominique Mwankumi. Utilisant les mêmes couleurs chaudes, les deux auteurs, l’un japonais, l’autre congolais, racontent tous deux la quotidienneté d’enfants africains.

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For you are a Kenyan Child

for you are kenyan childImagine you live in a small Kenyan village, where the sun rises over tall trees filled with doves. You wake to the sound of a rooster’s crow, instead of an alarm clock and the school bus. Your afternoon snack is a tasty bug plucked from the sky, instead of an apple. And rather than kicking a soccer ball across a field, you kick a homemade ball of rags down a dusty road. But despite this, things aren’t that different for a Kenyan child than they would be for an American kid, are they? With so much going on around you, it’s just as easy to forget what your mama asked you to do!

A wonderful book full of the emotions of childhood and the reason of growing up. All children will be able to identify with the main character. Highly recommended. Presence of a few words in Swahili in the text (with translation).

* An Ezra Jack Keats New Writer Award

Author(s) / illustrator(s) : Kelly Cunnane & Ana Juan
Publisher: Ann Schwartz
Année de publication: 2006
ISBN: 978689861949
Target audience: 3 to 6 years old

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Marilou casse-cou

marilouMarilou adore grimper… HOP, HOP, HOP, HOP! Elle grimpe jusqu’au sommet de tout ce qu’elle trouve. Comment son papa et sa maman la feront-ils descendre?

Un adaptation d’un Robert Munsch en format tout-carton, spécialement pour les petits. L’histoire est plus courte, mais la recette « Robert Munsch » y est toujours. Le récit met en scène une petite fille courageuse, intrépide et un peu turbulente. Les illustrations naïves et colorées donnent vie au récit. Drôle.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Robert Munsch & Michael Martchenko
Maison d’édition: Éditions Scholastic
Année de publication: 2011
ISBN: 9781443113472
Public cible: 3 à 6 ans

Vous aimerez peut-être: Maquillage à gogo.

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Épaminondas

épaminondasAuteur(s) / illustrateur(s) : Un conte d’Odile Weulersse, d’après Sarah Cone Bryant. Illustré par Kersti Chaplet.

Maison d’édition: Flammarion

Année de publication: 2015

ISBN: 9782081344341

Public cible: À partir de 7 ans

Résumé: Épaminondas applique tous les conseils que lui donne sa maman. Il les applique même aveuglément. Voilà pourquoi entre autres sottises, il transporte dans son chapeau du beurre, qui dégouline sur ses cheveux, sur le bout de son nez… ! Moralité : obéir c’est bien, réfléchir, c’est mieux ! Un livre audio.

Mon avis: Hum. Souvenez-vous. Épaminondas était à l’origine un livre plutôt raciste, faisant usage du Blackface, se moquant des noirs, les représentant comme simplets, voire stupides, imitant avec condescendance la diction des Noirs américains. Au temps de l’esclavage, il était commun d’affubler à un Nègre un prénom « blanc » connu et associé à un certain prestige, l’ironie de la chose étant considérée comme une blague particulièrement bonne puisque les noirs était considérés comme étant inférieurs. Épaminondas est le nom d’un homme d’état ayant vécu en Grèce antique, un statut social bien entendu hors de portée à un noir du début du XXè siècle. La version originale, epaminondas originalmaintenant entrée dans le domaine public depuis sa publication en 1907 et disponible en ligne (en anglais), est particulièrement insultante et dégradante. Tant le texte que les illustrations d’Épaminondas et sa marraine étaient teintés de racisme.

Fait intéressant: le livre a été banni dans les années 1960 et 1970 aux États-Unis, en pleine lutte pour les droits civiques. Le livre continue tout de même à être enseigné en classe primaire par des professeurs cherchant à faire « découvrir l’Afrique » à leurs élèves. Il y a des histoires sur l’Afrique bien plus intéressantes et moins insultantes à faire découvrir aux enfants (en espérant que ce blog vous ait donné quelques suggestions de lecture scolaires de meilleure qualité).

À première vue, cette nouvelle édition d’Épaminondas peut sembler dénuée de signification raciale: le Blackface a été remplacé par des personnages noirs au physique ordinaire, vivant en Afrique. Les stupidités d’Épaminondas ont été remplacées par des stupidités un peu moins idiotes que celles présentes dans la version originale. Sauf que les archives sont là. Aujourd’hui encore, peu de personnages noirs sont présents dans les produits culturels et ils sont souvent limités à des rôles et représentations stéréotypées. C’est déjà assez difficile de trouver des livres ayant des personnages noirs, et voilà ce que le marché nous offre. C’est à pleurer.

Un livre à lire? Si on est conscient de l’origine du récit et qu’on s’en sert pour parler avec un enfant mature (ou même avec un adulte) du racisme et du blackface, ok. Si c’est simplement pour lire et faire écouter un livre à un enfant avant d’aller dormir: Je passe mon tour, merci. Je sais bien que d’autres contes africains, afro-américains ou antillais existent et sont plus suceptibles de m’intéresser.

Vous aimerez peut-être: L’âne au crottin d’or, un conte africain accompagné d’un CD audio.

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