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Les petits héros

Les petits héros 2Chaque jour, les enfants sont courageux à leur façon. Ce sont de vrais petits héros! Ils sont courageux chaque fois qu’ils accomplissent quelque chose de grand, bien qu’ils soient petits. Ils sont courageux quand ils regardent s’il y a un monstre sous leur lit, juste au cas. Ils sont courageux quand ils doivent passer du temps à l’hôpital. Car être courageux, ce n’est pas que pour les superhéros…

Ce texte touchant invite les enfants à faire preuve de courage au quotidien. Parmi les exemples magnifiquement illustrés par Joanne Lew-Vriethoff, il y a une jeune fille métisse qui affronte un vétéran aux échecs, un garçon qui vérifie qu’il n’y a pas de monstre sous le lit pour son petit frère, un enfant en fauteuil roulant qui participe à une course à pied, un jeune garçon noir qui sauve un chat coincé dans un arbre, un enfant malade qui se bat contre le cancer, un enfant handicapé qui tient tête à une intimidatrice pour prendre la défense à un camarade de classe et un violoniste noir qui s’apprête à monter sur scène. Ce livre d’images est approprié à une lecture à voix haute, ou encore aux enfants de première ou deuxième année du primaire en apprentissage de la lecture. Cela dit, les enfants plus vieux y trouveront aussi leur bonheur. Tout simplement beau et touchant. À lire au plus vite !

Les petits héros

Auteur(s) / illustrateur(s) : Stacy McAnulty & Joanne Lew-Vriethoff
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443165730
Public cible: 6 à 9 ans

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Ruby tête haute

Ruby tête hauteL’histoire vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer une école pour Blancs aux États-Unis.

Le récit est bien mené. Une enseignante d’école primaire montre un tableau à ses élèves et leur demande ce qu’il évoque pour eux. On découvre ainsi l’histoire d’une jeune fille, Ruby Bridges,  qui a participé à l’âge de six ans (à sa manière et peut-être même sans le savoir) à la lutte pour les droits civiques. L’auteur entretient le mystère car la signification du tableau est révélée petit à petit.

La petite fille est la seule enfant noire de son école. Le jour de la rentrée, des Blancs manifestent contre l’intégration; la dureté de leurs propos et leurs visages crispés de haine sont des armes utilisés contre une fillette de six ans qui elle, confond toute cette agitation avec les célébrations carnavalesques du Mardi Gras. Les parents blancs en colère chantent des slogans racistes que la petite fille chantera elle aussi à la maison, entraînée par leur rythme accrocheur, mais ne comprenant pas la signification des paroles. C’est à travers sa naïveté, son courage et son inébranlable estime d’elle-même qu’on découvre un moment charnière de l’histoire américaine.

Le livre se termine par un dossier thématique sur le contexte socio-politique des années 1960, ainsi que la véritable histoire de Ruby Bridges. Ce livre peut être utilisé en classe pour apprendre une foule d’éléments historiques: le président Einsenhower, l’auteur John Steinbeck, ou encore le peintre Norman Rockwell. Un album grand format magnifique qui peut servir de porte d’entrée vers une discussion sur la tolérance et l’acceptation des différences.

Ruby tête haute 2

* Sélection du prix des Incorruptibles 2018.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteurs / illustrateurs : Irène Cohen-Janca & Marc Daniau
Maison d’édition: Éditions Des éléphants Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782372730327
Public cible: 11 ans et plus
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Jan des cavernes

jan des cavernesJan des cavernes est un conte préhistorique qui se passe « il y a très très très longtemps », quand « il était une fois » n’existait pas encore… Wa Wa Jan vit dans sa tribu de chasseurs-cueilleurs, il y a plus de 20 000 ans. Lorsqu’il brise par mégarde le rocher-totem de son clan, Wa Wa Jan est banni. Il se retrouve dans un pays de grottes et de volcans, où les animaux préhistoriques vont le révéler à lui-même.

Cette sympathique bande dessinée sans texte est issue de la collection « Ma première BD » chez Pouss’ de Bamboo. On y retrouve une phrase pour introduire chaque planche (une page), un atelier pour apprendre à dessiner les personnages et l’histoire dans sa version texte en fin d’album. On suggère aux enfants de 3 ans et plus, mais attention, il y a des scènes de bataille (rien de bien méchant, mais quand même), les personnages ne sont pas toujours gentils et se montrent même parfois mesquins. Une lecture accompagnée s’impose pour les plus petits. Bien que la BD soit sans texte, il faut tout de même bien connaître les codes du genre pour ne rien manquer (trois gouttes sur la tête signifie l’étonnement, mais devant la bouche, elles signifient le cri; un gribouillage
en spirale sur la tête signifie l’étourdissement; les étoiles signifient l’impact ou la douleur, etc.)

Wa wa jan se lie d’amitié avec une jeune fille rousse issue d’un clan maudit après l’avoir libérée d’une malédiction qui l’avait changée en ours. Cette dernière sera acceptée au sein du clan des Hommes Bleus de Wa wa jan et on suppose que c’est le début d’une belle histoire d’amour et d’amitié. Dans l’atelier de dessin, on nomme la jeune fille « Princesse » jan des cavernes 2
alors que rien dans le texte ne laisse suppose que c’en est une. J’ai trouvé dommage qu’on nous ressorte le vieux cliché voulant que toutes les filles sont des princesses attendant d’être sauvées, puis mariées. De plus, on parle des « Hommes » pour parler de tout le clan, comme si les femmes n’en faisait pas partie.

Le conte écrit dans la troisième partie du livre offre un texte assez dense, assez rédhibitoire pour les apprentis lecteurs. Beaucoup de mots difficiles dont aucune définition n’est incluse. Malgré tout, les phrases sont courtes et simplement écrites au présent de l’indicatif, faisant du texte une lecture somme toute assez agréable pour les lecteurs avancés.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Antoine Meunier-Gachkel & Domas
Maison d’édition: Bamboo éditions Bouton acheter
Année de publication: 2018
ISBN: 9782818944578
Public cible: À partir de 3 ans

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Tous à l’eau !

tous-a-leauAujourd’hui, Oscar et Salomé vont à la piscine avec leur classe. C’est une première pour Axel! La maître-nageuse propose même de faire un parcours dans l’eau… Les enfants vont bien s’amuser !

J’ai lu ce livre à un groupe atypique: deux enfants de 2 ans et demi, un enfant de 3 ans, un enfant de 6 ans. Même s’ils ne sont pas tous au même niveau de développement, chacun y a trouvé sont compte. Les plus jeunes ont compris l’histoire et ont surtout été interpellés par le respect des consignes et l’expression des visages des personnages. La plus vieille a été intéressée par la continuité de l’histoire et a aimé les jeux à fin livre. Présence d’un personnage noir secondaire (la prochaine fois, on vise le personnage principal!). Le texte s’adresse à un public bon lecteur: les phrases sont longues, nombreuses par page, et il y a du dialogue.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Clémence Masteau & Caroline Modeste
Maison d’édition: Auzou Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782733839553
Public cible: Lecture à voix haute à partir de 2 ans. Lecture seule dès 6 ans.
Vous aimerez peut-être: Il faut ranger!, un livre à lire tout seul comme un grand.

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Cours, Ayana !

cours ayanaPetite Éthiopienne, Ayana vit sur les hauts plateaux et court tous les matins avant d’aller à l’école. Elle rêve de devenir une championne de marathon et veut remporter la prochaine course d’Addis-Abeba à laquelle elle s’est inscrite. Peut-être gagnera-t-elle assez d’argent pour s’acheter des baskets et même pour aider sa famille ? 

L’histoire est simple, séparées en chapitres et abondamment illustrée. Ayana, le personnage principal, est une jeune fille déterminée et persévérante ayant de fortes valeurs familiales. Pour sauver son père, elle se sacrifie et manque le marathon d’Addis-Abeba auquel elle rêve de participer.

Ce petit roman réjouira les jeunes lecteurs de niveau avancé qui se réjouiront d’avoir lu un premier livre à chapitres. Attention, assurez-vous que vos lecteurs ont bien compris le récit car lire est une chose et comprendre ce qu’on lit en est une autre !

Je n’ai pas décelé de clichés dans ce livre, autre le fait qu’encore une fois, on nous présente un personnage noir africain et pauvre vivant en région rurale, comme cela se fait très souvent en littérature jeunesse. Pour l’originalité, on repassera.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Agnès Laroche & Vincent Boyer
Maison d’édition: Rageot
Année de publication: 2017
ISBN: 9782700252385
Public cible: 8 à 11 ans
Vous aimerez peut-être: Si vous cherchez d’autres petits romans avec une jeune fille aux cheveux naturels, lisez Une journée à la gomme. À la recherche d’un roman pour jeunes lecteurs de niveau avancé? Je vous conseille Raconte Bouqui et Malice.

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À l’eau Mariétou!

eau mariétouYoupi ! Lundi, Mariétou va avec sa classe à la mer pour apprendre à nager. Elle parvient à convaincre son père de lui acheter le maillot de championne olympique de ses rêves, dans la boutique de Mama Bikini. Pourtant, une fois sur la plage, Mariétou est impressionnée : la mer est immense, les vagues sont grosses et font du bruit… Celle qu’on surnomme dans son quartier de Douala « Kissaitounapeurderien » aurait-elle peur de se jeter à l »eau?

Mariétou est une fille espiègle qui, c’est bien connu, n’a peur de rien. Elle avait si hâte d’aller à la plage se baigner, mais une fois là-bas, prend peur. Il est rare de voir un livre sur la vie du quotidien n’ayant que des personnages noirs. J’ai lu ce livre à une enfant de presque 6 ans. Elle a aimé les longues tresses d’un personnage figurant et les billes dans ses cheveux. Elle a dit qu’elle voulait avoir des cheveux comme ça! Elle s’est aussi intéressée à la sirène, elle ne savait pas que les sirènes pouvaient être méchantes. Dans l’histoire, Mamiwater, la sirène, chante pour entraîner au fond de l’eau les enfants qui s’éloignent trop de la rive. Nous avons quand même nuancé le propos en disant que certaines sirènes sont gentilles, comme Arielle (parce que Disney, on ne s’en sort pas…!). Le texte est très bien, même si j’ai dû changer quelques mots pour l’adapter au contexte québécois (par exemple, je lisais « éducateur » plutôt que « maître » pour faire référence au professeur d’école). Un excellent livre pour faire passer quelques règles de sécurité dans l’eau aux enfants. Nous avons « lu » le livre plusieurs fois, moi avec les mots de l’auteur et elle avec ses propres mots, en inventant une nouvelle histoire en se basant sur les images. Le format horizontal à l’italienne m’a plu. Très bien, ce livre!

En savoir plus sur l’auteure camerounaise, Marie-Félicité Ébokéa

marie-felicite-ebokea

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Félicité Ébokéa & Clémentine Sourdais
Maison d’édition: Éditions du Sorbier
Année de publication: 2010
ISBN: 9782732039718
Public cible: 4 à 7 ans

Vous aimerez peut-être: Dans L’amie, une petite fille s’aventure trop loin dans l’eau lors d’une journée à la plage. Dans Sirènes du monde, on découvre plusieurs histoires sur les sirènes.

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Ayanda: La petite fille qui ne voulait pas grandir

ayanda fille grandirAyanda était une petite fille heureuse, toujours souriante. Un jour, une guerre terrible éclata. Une guerre insensée. Son papa, si doux, si gentil, fut forcé d’aller se battre. Il ne revint jamais. Le cœur d’Ayanda fut brisé. Son chagrin se transforma en colère, elle décida alors d´arrêter de grandir.

Dans cet album tout en poésie, on découvre le chagrin d’une petite fille jadis pleine d’entrain face à la guerre. Refuser de grandir pour ne pas devenir comme les adultes imparfaits que tous deviendront un jour, c’est symboliquement très fort. Refuser le système. Refuser les attentes qui nous enferment dans un moule. Refuser la guerre, les conflits. Et peut-être aussi, refuser de comprendre la guerre, car elle est incompréhensible; toute démarche pour tenter de la justifier est vaine. Ayanda refuse d’entendre tout ça. Ayanda veut rester simplement Ayanda, heureuse, souriante, dans un monde beau et rassurant. Le récit de Véronique Tadjo aborde avec délicatesse et justesse le désenchantement que vivront tous les enfants, à un âge plus ou moins précoce. Les illustrations de Bertrand sont un plaisir pour l’imagination et les tons ocres et couleurs chaudes donnent une chaleur inattendue à l’album. J’ai adoré la manière dont il a allongé les torses et les membres des personnages; cela donne beaucoup de dynamisme aux illustrations. Et cette image sublime où la famille de Ayanda devenue géante tente de la faire littéralement rentrer chez elle, ses pieds dépassant inlassablement de la porte d’entrée…

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Les thèmes abordés sont durs, les images aussi. On fait explicitement référence à la guerre, à la mort, au deuil, à la cruauté. Les illustrations montrent des armes, des chars d’assaut militaires, la peur et la détresse sur les visages des personnages. Le père de Ayanda meurt à la guerre. Sa grand-mère meurt peu après de vieillesse. Sa mère est fortement malade et hospitalisée. Ayanda, réalisant qu’elle doit désormais s’occuper de son petit frère seule, décide de se laisser grandir, jusqu’à devenir une géante… On reproche à Ayanda-petite qu’aucun homme ne voudra l’épouser si elle refuse de grandir, mais Ayanda s’en soucie peu. On reproche à Ayanda-géante qu’elle ne trouvera jamais un mari à sa taille, mais ça lui est égal. Car Ayanda est une femme qui lutte. Elle lutte contre les oppressions, contre les massacres de la guerre, contre les attentes réductrices que la société a envers elle… Elle va même jusqu’à affronter, sans armes, des agresseurs armés pour sauver son village. Une femme forte, vous dites? J’ai A-DO-RÉ cet album, quel petit bijou de littérature.

Cet album serait parfait pour le cours d’éthique et culture religieuse, de morale, de philosophie ou de formation personnelle et sociale au niveau scolaire pour des élèves de 10-11-12 ans. Détrompez-vous; les albums d’images ne sont pas que destinés à la petite enfance! Enseignants et instituteurs, utilisez cet album en classe et questionnez vos élèves sur le sens de la guerre, sur le deuil, sur la perte de l’enfance; vous serez étonnés que même si jeunes, ils sont capables de développer un esprit critique.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Véronique Tadjo & Bertrand Dubois
Maison d’édition: Actes Sud Junior Bouton acheter petit
Année de publication: 2007
ISBN: 9782742769995
Public cible: 7 à 11 ans
Vous aimerez peut-être: Rougejaunenoireblanche, un album jeunesse parfait pour développer le sens critique des jeunes enfants.

Véronique Tadjo est une auteure franco-ivoirienne.

véronique Tadjo

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