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Yozakura, la fille du cerisier

yozakura fille cerisierFille d’un vénérable cerisier et de la nuit, Yozakura est différente. Mais la différence inquiète, elle suscite les jalousies et attise la méchanceté. Comment une petite fille peut-elle y faire face ?

Mon avis

Voici un très bel album en grand format signé Muriel Diallo, une auteure que j’aime beaucoup. Elle aborde ici des thèmes comme la différence, le rejet de sa communauté d’acceuil, l’adoption, le pardon et le don de soi. Comme toujours, les illustrations sont sublimes, fruit d’un travail artistique d’une infinie qualité.

Comment utiliser cet album jeunesse en classe

Pour utiliser cet album en classe primaire (2ème ou 3ème cycle), je vous conseille une lecture à voix haute suivi d’une discussion sur les thèmes abordés dans le livre. Ensuite, vous pourriez donner au élèves un projet d’art plastique où ils utilisent les mêmes techniques mixtes de Diallo (collage, peinture, découpage, crayon) pour créer une oeuvre collective anti-raciste qui sera exposée dans l’école. Les possibilités sont nombreuses!

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*Lauréat du prix St-Exupéry, Valeurs jeunesse 2012

Pour en connaître davantage sur l’auteure ivoirienne Muriel Diallo

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Muriel Diallo
Maison d’édition: Vents d’ailleurs
Année de publication: 2012
ISBN: 9782911412974
Public cible: 7 à 10 ans

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Dis moi pourquoi… Nous n’avons pas la même couleur de peau?

dis moi pourquoi couleur peauAujourd’hui, dans la classe d’Anna est arrivée une nouvelle élève qui se prénomme Aifa. Elle a la peau noire et plein de tresses. « Maîtresse », demanda Anna, « pourquoi Aifa n’a pas la même couleur de peau que nous ? » A travers un récit original et de jolies illustrations, voilà une façon amusante et sympathique de trouver des réponses à toutes les questions que les enfants se posent.

Ce livre est plein de questions, mais aussi plein de réponses. Ce qu’on en retient, c’est qu’il n’y a pas que la couleur de peau qui nous rend différent. Il y a aussi la grosseur du nez, la couleur des cheveux, la taille, la corpulance, les goûts. Et plus important encore, il y a ce qui nous rend semblable: l’envie d’être aimé, le goût du chocolat, le besoin de jouer, etc.

Le livre aborde aussi la grandeur du monde: « Les hommes ont une couleur de peau différente selon l’endroit où ils vivent ou celui d’où vient leur famille ». Les images sont assez évocatrices et illustrent bien le propos. Cela dit, le point de vu est celui de personnes Blanches qui questionnent la négritude d’autrui et pas l’inverse. L’Autre, c’est la nouvelle élève Noire, si différente d’un « nous » sous-entendu, un « nous » blanc. Cette approche ignore le lectorat Noir qui ne se reconnaîtra pas nécessairement dans l’histoire.

Ensuite, il y a quelques irritants mineurs, comme la faute dans le titre, et l’utilisation de l’expression « les hommes » pour parler de l’humanité, comme si les femmes n’en faisait pas partie… Malgré tout, ce livre, assez bien fait, peut être utile pour aborder la question des différences ethniques et raciales.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sara Agostini
Maison d’édition: Cyel
Année de publication: 2010
ISBN: 9782362610059
Public cible: 5 à 7 ans
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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

En savoir plus sur l’auteur afro-américain Aaron McGruder

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Peau noire peau blanche

peau noire blancheLe père d’Issam est noir et vient du Sénégal. Il est grutier et travaille sur les chantiers. Sa mère est blanche et française. Elle travaille à la maison. Issam, c’est le petit dernier. De chantier en chantier, on déménage souvent dans la famille. Être nouveau et black à l’école, ce n’est pas toujours facile et ça le rend triste, Issam. Sa maman n’a pas les réponses à toutes les questions mais ils aiment bien jouer ensemble à « pourquoi? parce que… parce que quoi? parce que que »… Parce que ça finit toujours par des rires ou des câlins. Quand toute la famille rentre au Sénégal, c’est souvent la mère qui est triste. Trop blanche là-bas, la maman d’Issam. Alors, quand elle demande pourquoi elle se sent étrangère, Issam est content de la consoler en lui disant : « parce que »…

L’histoire, racontée au « je » par Issam, est intéressante: un petit garçon Sénégalais trop noir pour la France, pour Paris, pour Marseille, et une maman française trop blanche pour le Sénégal. Issam est « tout noir » (p.1) et dans la cours de récré, on tente de lui voler son blouson, sa casquette, on ne veut pas jouer avec lui. Les autres enfants sont méchants à l’école, car ici, à Marseille, on « n’aime pas trop les beurs, ni les blacks. » Le Sénégal est présenté comme un terre salvatrice, où la famille pourra échapper aux discriminations vécues en France. Sauf qu’une fois arrivée là-bas, la maman pleure car les autres femmes la rejettent car elle est différente, blanche. Alors que le père trouve facilement du travail et qu’Issam peut enfin jouer librement, on réalise que d’autre difficultés les guettent.

Il y a beaucoup de non-dits dans cette histoire, ce qui est bien pour entamer une conversation sur les préjugés, les différences, l’injustice et le racisme. On s’attend d’un parent qu’il nous fournisse une réponse, surtout lorsqu’il s’agit de sujet délicats tels l’intimidation et le racisme, mais le petit jeu des pourquois entre la mère et le fils a quelque chose de rassurant pour chacun d’eux et renforce le lien qui les unit.

Colorées et naïves, les illustrations de Mireille Vautier pleines de couleurs primaires contrebalancent un récit assez dur sur le racisme. Même si place est laissée pour discutions, la morale du récit me semble un peu triste: notre monde est-il si clairement divisé en noir et blanc? N’existe-t-il pas de tons de gris? Ah! Déjà, voilà de quoi alimenter un débat avec des enfants d’âge scolaire. Un album jeunesse à explorer. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves Bichet & Mireille Vautier
Maison d’édition: Galimard Jeunesse
Année de publication: 2000
ISBN: 2070543358
Public cible: 8 à 11 ans
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À la ferme… Le mouton un peu différent

mouton différentÀ la ferme, Réglisse, un nouveau mouton vient d’arriver. Comme il est de couleur noire, les autres moutons se méfient de lui et le laissent à l’écart. Le Mouton un peu différent est une histoire sur le thème de la différence avec des jeux et des conseils pour dessiner le héros en fin de livre.

Bon. D’accord, j’ai triché. Les personnages de ce livre ne sont pas humains et ne sont donc pas d’origine caribéenne ou africaine. M’enfin… Techniquement. Sauf que la symbolique de la race humaine est bien là, même s’il s’agit de moutons. Réglisse est en effet appelé « noir » même si dans les faits, il est de couleur brune. On fait donc clairement référence à la race telle qu’elle est construite par la société et non pas simplement à une teinte de couleur.

La situation dans laquelle se retrouve Réglisse est famillière à bien des enfants noirs vivant en occident. Arriver dans un environnement où l’on est la seule personne noire, c’est le quotidien pour plusieurs. Le rejet du troupeau de moutons blancs est assez brutal. Réglisse va même jusqu’à se rouler dans l’herbe ou encore plonger dans l’eau en espérant faire disparaître sa couleur noire. Heureusement, une brebis apprend à connaître Réglisse et grâce à elle, ce dernier fini par se faire accepter du groupe. Toutefois, je dois admettre qu’une scène en particulier m’a mise mal à l’aise. Alors que la brebis amène Réglisse pour le présenter au troupeau, les moutons blancs s’approchent du mouton noir et se mettent à l’examiner comme une bête de foire… Et un mouton de s’exclamer: « Venez toucher sa laine! »

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Euh.

Non.

Ça me semble évident de ne pas toucher les gens sans permission. Pour les personnes de descence africaine ou caribéenne en particulier, combien de fois les gens se permettent-ils de toucher vos cheveux ou votre peau sous un prétexte douteux? Imposer sa fascination pour le corps des autres en envahisant leur espace personnel n’est jamais une bonne idée. Aux parents qui liront ce livre à leur enfant, je vous implore d’également sensibiliser votre progéniture sur les microagressions (petit truc: ne touchez pas les gens sans permission! C’est super impoli!!)

Autre truc qui m’a déplu: l’usage du mot « différent ». Différent de quoi? De qui? En tant que lectrice noire, le choix de ce mot ne cadre pas avec ma réalité. Au contraire, le mouton noir me ressemble tout à fait! Il s’agit donc d’un livre qui ne m’est pas addressé et c’est pourquoi je ne l’ai pas lu aux enfants de mon entourage.

Cela dit, ce livre peut constituer un point d’entrée vers une discution sur la tolérance, un sujet crucial qu’il n’est jamais trop tôt d’aborder avec les enfants.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Christophe Boncens
Maison d’édition: Beluga
Année de publication: 2001
ISBN: 9782371330214
Public cible: 4 à 7 ans.
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Avez-vous lu ce livre à un enfant? Partagez votre expérience dans les commentaires!

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Dipoula, l’albinos: La vie Gabonaise

dipoula albinosMbolo je suis Dipoula ! “Mbolo” chez moi ça veut dire bonjour. J’habite sur le continent africain au Gabon. Sauf que je suis né Blanc… enfin, je veux dire… Noir… Mais les gens ne me voient pas comme un africain, vu que je suis albinos… Bref c’est un peu compliqué mais avec les copains de l’orphelinat on se moque de la couleur de peau et du coup on s’éclate comme des fous ! Même si des fois c’est pas du goût de la mère supérieure…

Avec Dipoula l’Albinos, on est dans du une page = un gag, une série de sketchs humoristiques, une série de tranches de vie sur la vie gabonaise. Les gags sont faciles et prévisibles, mais plairont aux amateurs du genre. À découvrir!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pahé, Sti, L. B Devaud
Maison d’édition: Paquet
Année de publication: 2012
ISBN: 9782888904427
Public cible: À partir de 8 ans
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L’amie

amie sarah stewart david smallBelle est une petite fille sage et étonnante à la fois. Elle croit pouvoir tout faire toute seule comme si elle était déjà une grande personne. Heureusement, Béa, sa grande amie, veille sur elle…

D’un point de vue technique, le livre est super. Les illustrations aux traits ronds et aux tons doux et pâles m’ont beaucoup plu. La narration est fantastique aussi; comme il était intéressant de découvrir ce qui berce les semaines de Béatrice et d’Annabelle un jour à la fois. Et comme il était doux de constater à quel point elles semblaient s’aimer. Cela étant dit, toute la douceur des illustrations et tout le côté paisible de la relation amicale entre les deux personnages contrastre avec la violence de leur situation. D’un côté, la petite Annabelle est négligée par ses parents qui sont trop occupés à travailler et à aller à des soirées mondaines plutôt que de s’occuper de leur fille. Annabelle ne semble pas non plus avoir d’amis de son âge. Même si la famille d’Annabelle vit dans le luxe et la richesse monétaire, Annabelle est affreusement seule. C’est donc sans surprise qu’elle développe une amitié avec sa gouvernante, qui se révèle être la seule figure parentale stable de son existence.

D’un autre côté, Béatrice effectue un travail exigeant, pour lequel elle est probablement sous-payée et ne reçoit pas de reconnaissance. On en connaît très peu sur elle. Qui est-elle? Quelle est son histoire? Comment s’est-elle retrouvée à travailler pour cette famille? Est-elle heureuse? Elle travaille 6 jours sur 7 et vit dans une maison qui n’abrite pas sa famille. Le dimanche, elle va à l’église et le soir, elle regarde deux photo-portaits posés sur sa table de chevet. Qui sont ces gens? Des amis? Une fille? Un frère? Un mari? Où sont-ils? Ou bien est-ce une photo d’elle même, diplômée, mais qui se retrouve quand même à travailler comme femme-à-tout-faire pour une famille de riche?

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On ne peut ignorer les relations raciales présentes dans cette histoire dont le contexte semble être celui d’après-guerre. Béatrice est noire et gouvernante. Annabelle est blanche et riche. L’album n’aborde pas cet aspect, ni même l’auteur dans sa dédicace en fin de livre où l’on peut voir la véritable Annabelle (l’auteure – Sarah Stewart) et sa gouvernante. Beaucoup de non-dits, donc, dans cet album, qui célèbre davantage la relation entre Annabelle et Béatrice qu’il n’aborde la question de la race, du racisme d’après-guerre et du the-friend-illustration-david-smallprivilège racial. Pour ces raisons, il m’a semblé que L’amie était davantage un livre d’images pour adultes (possiblement nostalgiques face à l’insouciance de l’enfance) qu’un album destiné à la jeunesse.

La dernière scène du livre m’a marquée. Un jour ensoleillé, Béatrice sauve la vie de la petite Annabelle qui, voulant récupérer un ballon rouge tombé à l’eau, passe à deux doigts de se noyer. Le soulagement ressenti par Béatrice est indéniable, alors qu’elle prend la fillette dans ses bras, heureuse qu’un drame ait pu être évité. Elles s’aiment, oui. De manière naturelle ou par la force des choses. Ou peut-être un peu des deux. Car au final, chacune à leur manière, elles n’ont qu’elles au monde.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sarah Stewart & David Small
Maison d’édition: Les éditions des éléphants
Année de publication: 2015 (2004 pour la version originale)
ISBN: 9782372730068
Public cible: 6 à 9 ans
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