Chez grand-maman

Chez grand-mamanUne fillette enthousiaste raconte à quel point elle apprécie passer du temps avec sa grand-mère. Le livre s’ouvre sur une note à l’intention des parents et des enseignants mentionnant que dès que l’enfant sait reconnaître les 33 mots utilisés pour raconter cette histoire, il peut lire le lire en entier. Chaque double page illustre un moment du quotidien et est accompagné par une courte phrase conjuguée au présent de l’indicatif.

La fillette de cette histoire est noire. Ces deux parents et sa grand-mère portent leurs cheveux naturellement crépus et frisés. La grand-mère vit dans une belle et grande maison entourée d’arbres matures avec son petit chien. Une très belle relation unit la famille, elle-même présente à toutes les pages. Voilà une représentation positive d’une famille noire en littérature jeunesse !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kristen Hall & Gloria Calderas
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2007
ISBN: 9780545998895
Public cible: À partir de 5 ans
Vous aimerez peut-être: Au terrain de jeu, un livre pour les lecteurs débutants.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Publicités

Max et Koffi sont copains

Max et Lili sont copainsA la récréation, Koffi se fait injurier parce qu’il est noir et son ami Max s’en mêle… Comment vont-ils se défendre ? Ce petit livre de « Max et Lili » parle de l’amitié et du racisme. Tous pareils et tous différents, les hommes ont le même droit de vivre dignement sur la Terre, sans souffrir du mépris.

Ahhhhh… Max et Lili… Ces petites bandes dessinées adorées des enfants que je dois racheter à l’infini pour ma bibliothèque car ils sont littéralement dévorés par nos petits lecteurs ! La recette est gagnante: des situations du quotidien des enfants, une petite bande dessinée, des personnages face à un dilemme éthique, des questions et mises en situations pour se faire sa propre opinion. Personnellement, je dois admettre que je trouve ces livres parfois un peu moralisateurs, hétéronormatifs et s’adressant plutôt à un lectorat européen blanc. Mais les enfants les aiment, bon ! Et puis les illustrations de Serge Bloch sont vraiment fantastiques. À ce niveau, rien à redire; Serge Bloch est une valeur sûre. Le texte de Dominique de Saint Mars aussi est bien et j’apprécie qu’elle parvienne à intéresser les enfants à la philosophie. C’est plutôt le ton ou la manière dont certains sujets sont abordés qui me chicotte un peu parfois.

La scène phare dans « Max et Koffi sont copains » est ce moment où Koffi se fait apostropher par un camarade de classe dans la cours de récré, alors qu’il s’occupait tranquille de ses affaires avec son ami Max sur un banc. Le camarade en question, bien peu sympathique, lui réclame la place en prétextant qu’elle lui appartient. Puis, il lance: « C’est pas ton banc, pas ta cour, et en plus, c’est pas ton pays ! D’abord, t’es qu’un SALE NOIR!  »

Max et Koffi sont copains 3

Ce genre de représentation laisse supposer que le racisme, ce sont les insultes lancées à tue-tête par des Blancs méchants en manque d’attention. Bien sûr, les insultes racistes, ça arrive. Mais aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus pernicieux, implicite et systémique. Je le dit et le redis, les enfants de 7, 8, 9 10 ans sont assez matures pour aborder ces sujets, il suffit que les livres choisis soient adaptés à leur âge. Ce livre a d’abord publié en 1995 et les choses ont bien changé depuis, j’en conviens. Mais rien n’aurait empêché une réédition mise à jour, histoire de s’éloigner de cette idée que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous.

Premier petit malaise en page 18 lorsque la maman de Max, voyant Koffi pour la première fois, s’exclame, étonnée « Mais il est noir ! ». Oui, et alors ? J’ai attendu une suite qui n’est jamais venue. Juste « Mais il est noir! » Point. Bizarre. Cela dit, passé son étonnement initial, elle se montre très ouverte à l’amitié de son fils pour Koffi. Au départ, je me suis dit: « Bon, ok, les auteurs font sûrement questionner les enfants sur la réaction de la mère à la fin de la bande dessinée. Ils ont toujours de bonnes questions pour faire réfléchir les enfants ». Et malheureusement, aucune question n’est posée en lien avec cette scène.

Deuxième petit malaise en page 23 lorsque Koffi présente à Max son petit frère d’un mois et déclare, tête basse : « Sa peau est claire parce qu’il est bébé ! Il a de la chance!  » Que veut-il dire par là ? Qu’avoir la peau claire est mieux que d’avoir la peau foncée ? Et encore une fois, les auteurs ne questionnent pas les enfants sur le colorisme ou le racisme intériorisé à la fin du livre. Cela dit, la mère de Koffi répond du tac-au-tac: « Mais elle est belle ta peau noire, mon doudou ! », ce qui est positif. C’est à ce moment que Max semble réaliser la différence de son ami et déclare « C’est marrant, j’avais jamais fait attention ! On dirait qu’elle est teinte! » en lui touchant la main pour l’observer. Dois-je mentionner que ce n’est pas apprécié d’être perçu comme une bête de foire qu’on peut toucher, palper et observer avec curiosité à cause de sa couleur de peau ? On peut se dire qu’il ne s’agit que de la curiosité naturelle des enfants, mais dans le livre, Koffi ne manifeste pas la même curiosité envers Max, laissant supposer que la peau blanche est normale et n’a pas besoin d’être touchée, palpée et observée avec curiosité. Koffi exprime enfin son malaise d’être traité différemment en disant qu’il « en a marre de ne pas être comme les autres et de se faire traiter [de sale noir] », donnant ainsi une voix aux minorités visibles qui peuvent ressentir ce genre de malaise intérieur.

Max et Koffi sont copains 2

J’ai aimé qu’à la fin de l’histoire, ce soit le pardon qui l’emporte lorsque Koffi vient en aide à son camarade de classe l’ayant insulté au début du livre alors que celui-ci est victime d’intimidation par des plus vieux de l’école. Par contre, cela m’a dérangé que le personnage ne s’excuse pas pour les propos racistes qui a tenus envers Koffi. Il dit qu’ils sont « plus forts ensemble », demande s’ils peuvent « rester copains », veut « faire la paix » et qu’il a « été bête », mais les mots JE M’EXCUSE ne sortent pas de sa bouche. Ugh.

En épilogue, des questions intelligentes sont posées aux enfants: « Quand tu as peur de quelqu’un, essaies-tu de le connaître ou t’enfermes-tu dans ta coquille? », « Connais-tu des exemples de racisme dans l’histoire? As-tu des idées sur les façons de le combattre? », « Est-ce que cela te rend triste d’être différent? Ou est-ce que cela te fait « grandir dans ta tête »? « , « Trouves-tu difficile de parler de ses différences? Est-ce que ça te rend aggressif? » Ou encore « As-tu souffert de racisme? As-tu été rejeté ou injurié par les autres? Ou est-ce arrivé à un ami? »

D’autres questions, toutefois, le sont beaucoup moins, par exemple: « Et toi… Est-ce qu’il t’est arrivé la même histoire qu’à Max? » (Ah, parce que quelque chose est arrivé à Max? J’ai manqué ce bout de l’histoire, car il m’a semblé que c’était plutôt à Koffi qu’il était arrivée quelque chose.) Ou encore « Est-ce que ça existe pour toi le racisme ? » (Cette question n’est pas valide. Ça existe, point.)

Eh, misère…

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique de Saint Mars & Serge Bloch
Maison d’édition: Calligram
Année de publication: 1995
ISBN: 2884452508
Lectorat cible: 7 à 12 ans
Vous aimerez peut-être: Pour le traitement similaire de la différence raciale, il y a André a la peau noire.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

 

Lou-la i té vlé chanjé koulè a-y la (« Le loup qui voulait changer de couleur »)

Lou-la i té vlé chanjé koulè a-y la (Le loup qui voulait changer de couleur) créole guadeloupéenMonsieur Loup est de méchante humeur ce matin. Il n’aime pas du tout sa couleur d’origine et il a l’intention d’en essayer d’autres, histoire de se glisser dans la peau d’un autre. Un album sur l’acceptation de soi.

J’adooooooore les aventures de Loup signés Orianne Lallemand ! Quel plaisir de les lire aux tout-petits et d’animer ces albums pendant l’heure du conte à ma bibliothèque. Les éditions Auzou m’ont fait découvrir plusieurs de leurs livres en créole et voilà que mon histoire préférée de Loup est disponible en créole guadeloupéen ! Créolophones, vous devez absolument vous procurer ce livre pour vos tout-petits !

L’histoire se débute comme un conte avec le traditionnel « Tim tim ! – Bwa sèk ! » qui indique le début d’une nouvelle histoire à raconter et à écouter. Dans cette histoire, on rencontre un loup noir qui n’aimait pas sa couleur. Lundi, il essaie donc le vert. Mais en se regardant dans le miroir, il trouve qu’il ressemble à une grenouille, et bien entendu, ça ne va pas du tout. Alors, il essaiera le rouge le mardi, puis le rose, le bleu, l’orange, etc. Jusqu’à ce qu’il réalise qu’aucune autre couleur ne lui va aussi bien que le noir.

Ah ! Et saviez-vous que les aventures de Loup sont disponibles en plusieurs langues régionales françaises ? J’aimerais bien une version en créole haïtien, mais entre temps, je trouve cela fantastique que toutes ces traductions existent.

Coup de coeur !

Je remercie les éditions Auzou de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Orianne Lallemand & Éléonore Thuillier
Maison d’édition: Auzou
Année de publication: 2016
ISBN: 9782733841143
Public cible: 3 à 5 ans
Vous aimerez peut-être: Chez le même éditeur, il y a Mon premier imagier français, anglais, créole guadeloupéen.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook

Entre chiens et loups

Entre chiens et loups blackmanImaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s’affrontent à coup de lois racistes et de bombes. C’est un monde où Callum et Sephy n’ont pas le droit de s’aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d’un rebelle clandestin…Et s’ils changeaient ce monde?

Ceci est une relecture. J’ai d’abord lu Entre chiens et loups lorsque j’étais au secondaire et je me souviens à quel point cette lecture m’avait marqué à l’époque. J’avais 15-16 ans, je commençais à peine à comprendre le monde et l’histoire de l’Humanité – particulièrement en ce qui a trait à la traite des Noirs, à l’esclavage et à la lutte pour les droits civiques. J’étais une adolescente noire qui, comme plusieurs autres, était victime de racisme à l’école (par des camarades de classe ET par des professeurs), et qui cherchait sa place dans le monde. Qu’est-ce que ça voulait dire d’être femme, francophone, noire d’origine haïtienne en Amérique du Nord ? Pourquoi donc est-ce que les gens avaient cette fâcheuse tendance à supposer qui j’étais et ce dont j’étais capable simplement en regardant la couleur de ma peau ? J’avais du mal à trouver réponse à mes questionnements: le tout était si intangible et difficile à cerner ! J’avais moi-même du mal à exprimer ce que je ressentais vis-à-vis tout cela, mais la frustration et le malaise que je ressentais face aux inégalités et au racisme étaient bien réels. Entre chiens et loups a été un véritable exutoire pour moi. Un autre monde était possible ! Et même si le monde dans lequel Sephy et Callum évoluent n’était pas réel, il me faisait réaliser que le racisme concerne davantage un système que des individus, que le privilège est quelque chose de réel sur lequel on a bien peu de pouvoir, que la fragilité blanche (« White Fragility ») existe bel et bien et que les microagressions sont sournoises. C’était mes premiers balbutiements vers une meilleure compréhension des mécanismes qui régissent notre société et de ma place dans le monde.

Et puis, l’histoire de Sephy et Callum m’a gardé en halène du début à la fin. J’ai dévoré tous les tomes de la série et lorsque cela a été terminé, j’étais carrément en deuil ! J’étais triste que tout cela soit fini et j’aurais voulu rester dans l’univers de Malorie Blackman plus longtemps. Ce roman a validé d’une certaine manière ce que je ressentais face au racisme : Au Québec, on aime bien dire que le racisme n’existe pas ici et on tolère mal la chicane ou le conflit. On préfère dire qu’on ne voit pas la couleur ! Combien de fois m’avait-on fait comprendre que la couleur de ma peau n’avait rien à voir avec la manière dont j’étais traitée ? À la longue, ça te met un doute dans la tête ! Pourtant, il y avait bien ces petits gestes, ces petites manières de faire, des petits commentaires glissés ça et là qui me pesaient. À titre d’exemple, il y a un passage dans le roman (p. 70) où une Nihil (une fille blanche, donc) a un pansement marron foncé sur le front qui jure avec la couleur de sa peau. C’est tout bête, on n’y pense pas, mais pourquoi est-ce que tous les pansements disponibles sur le marché son beige ?? Bref, Malorie Blackman a mis le doigt sur toutes ces micro-agressions qui vous verront vous lever en plein milieu de votre lecture pour vous écrier « OUI, C’EST EXACTEMENT ÇA!! » Dans le roman, Dieu a la peau noire et les cheveux crépus, les médias parlent des méfaits des nihils en précisant que c’étaient des nihils, mais pas lorsqu’ils sont commis par des Primas, dans les oeuvres de fiction, les Nihils sont des brutes des alcooliques ou les deux… Ça sonne familier ? De plus, j’ai bien aimé le clin d’oeil de l’auteure à Matthew Henson, car dans le monde de Sephy et Callum, on se souvient de lui comme étant le premier à avoir atteint le pôle nord géographique, mais pas du Blanc (Peary) qui l’accompagnait dans son expédition dans le nord. C’est tout le contraire qui s’est passé dans la réalité !

J’ai adoré suivre l’histoire parallèlement du point de vue de Sephy et de celui de Callum. Ce roman jumelle habilement histoire d’amour, fresque historique, tourments adolescents, passage à l’âge adulte et critique sociale et politique. Un incontournable. Ne passez pas à côté !

* Ce roman a reçu de nombreux prix.

Coup de coeur !

Malorie Blackman est une auteure américaine.

Malorie Blackman

Auteur(s) / illustrateur(s) : Malorie Blackman
Maison d’édition: Milan
Année de publication: 2011 Bouton acheter petit
ISBN: 9782745957252
Public cible: Ados
Vous aimerez peut-être: Marche à l’étoile, un roman pour adolescents.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook

Tamina couleur soleil

tamina couleur soleil

Tamina est triste car elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas, comme les autres enfants, la peau claire des matins d’hiver. Elle se réfugie au creux de la ramure du laurier-tin et confie son chagrin à son amie la pie. D’oiseau en oiseau, le souci de Tamina parvient aux oreilles du soleil. C’est ce dernier qui expliquera à la petite fille le secret de sa couleur.

J’ai été émue par cette histoire. Tamina est une fille noire qui se demande pourquoi elle est la seule a avoir la peau si foncée. L’histoire débute avec son chagrin, sans qu’on en sache la raison. Le texte, tout en poésie, nous révèle peu à peu ce qui fait pleurer la jeune fille. Les plantes, les étoiles et les animaux sont dotés de raison dans cet univers et c’est auprès de la nature que Tamina tentera de trouver réponses à ses questionnements.

Lorsqu’elle rencontre un corbeau, noir de jais et magnifique, qui lui dit qu’il est tout à fait satisfait de la couleur de son plumage car « le jaune de son bec est bien plus éclatant sur le noir que sur le blanc », Tamina a la réplique facile: elle n’a pas de bec jaune pour justifier l’avantage d’avoir la peau noire et puis, tous les corbeaux sont noirs ! S’il existaient un corbeau au plumage blanc, ce dernier la comprendrait peut-être. C’est ainsi que l’auteur parvient à aborder les enjeux entourant l’identité raciale et le statut minoritaire dans ce livre auprès des enfants.

Au final, c’est le soleil (oui, oui!) qui parviendra à consoler Tamina. Le soleil lui explique qu’à la naissance de la fillette, il la trouvait si belle qu’il n’a pas pu s’empêcher d’attacher son regard à sa beauté. Ainsi, c’est parce que Tamina était le plus beau bébé que la Terre n’ait jamais portée qu’elle a le teint foncé. Joli, non ?

Les illustrations angulaires et aux couleurs franches sont très jolies. Voilà donc un bel album qui sauta apaiser certains maux liés à la couleur de peau chez les enfants noirs ou métissés de descendance africaine ou caribéenne. Recommandé !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ghislaine Biondi & Laurent Corvaisier
Maison d’édition: Gautier Languereau
Année de publication: 2001
ISBN: 9782013908825
Lectorat cible: 7 à 12 ans
Vous aimerez peut-être: Peau noire, peau blanche, un album idéal pour entamer une discussion sur les préjugés raciaux auprès des enfants d’âge scolaire.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook

… Et me voilà !

Et me voilàMa mère a le teint de Blanche-Neige, mon père n’est pas du tout bronzé. Et moi… j’ai la peau caramel au lait. Maman, Papa, Mamette, Papé et tous mes ancêtres m’ont donné chacun un petit bout d’eux-mêmes, et… me voilà ! mélange de toutes ces personnes-là.

Quel bel album sur la filliation, la couleur de peau et l’identité ! Le personnage de ce livre d’images a le teint caramel, des cheveux blonds crépus et des yeux bleus. Il raconte avec fierté d’où vient son nez, sa bouche, ses pommettes, son sourire, ses cheveux, sa démarche, etc. et nous parle de sa famille. On découvre que sa grand-mère est née à Tahiti et que son arrière-grand-mère est noire. Cet « enfant du monde » nous transporte dans l’Histoire de l’humanité où il s’insère tout naturellement, comme vous, comme moi. Très beau !

J’ai eu 2 parents, 4 grand-parents, 8 arrière-grands-parents et plein d’autres parents encore avant. Tous ces hommes et ces femmes-là m’ont donné chacun un petit bout d’eux-mêmes. Tous ces hommes et ces femmes-là sont mes ancêtres.

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Jean-Pierre Kerloc’h & Florence Koenig
Maison d’édition : Éditions l’élan vert Bouton acheter petit
Année de publication : 2007
ISBN : 9782844551047
Pubilc cible : 4 à 8 ans

Vous aimerez peut-être : Dis-moi… pourquoi nous n’avons pas la même couleur de peau ?, un livre sur les différences raciales.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Le garçon qui n’était pas noir

Le garçon qui n_était pas noirFrannie vit dans le quartier noir d’une ville américaine, de l’autre côté de l’autoroute, au-delà du quartier des Blancs. Un jour, Frannie voit arriver dans son école un nouvel élève. Il est maigre, a de longs cheveux bouclés, et surtout il est blanc. Très vite, on le surnomme « Jésus », et il devient le souffre-douleur de Trevor, un jeune métis craint par tous. Frannie, elle, intriguée par cet étrange garçon blanc, tente de tisser des liens…

Parfois, on tombe sur un roman qui nous habite longtemps après en avoir terminé la lecture. Le garçon qui n’était pas noir est l’un deux. J’ai absolument adoré ce roman !

Les personnages forts et complexes évoluent dans un environnement riche et réaliste. « Jésus », ce garçon blanc adopté par une famille noire se dévoile peu à peu. Trévor, le métis en quête d’identité porte en lui le poids d’incarner deux mondes qui ne se mélangent pas. Frannie, somme tout assez à l’aise en tant que fille noire (personne ne remet son identité raciale en question), doit tout de même gérer sa différence car elle parle la langue des signes avec son frère qui est sourd. L’enseignant des jeunes personnages porte la voix d’un adulte qui souhaite faire d’eux des citoyens compétents et des adultes accomplis.

Les éléments narratifs cohérents donnent du poids au récit. L’autoroute s’impose comme une barrière entre deux quartiers racialement divisés, ce qui n’est pas sans rappeler la séparation raciale présente dans plusieurs grandes villes, y compris Montréal. Chacun rêve l’autre côté par curiosité ou par nécessité. L’école secondaire où évoluent les personnages devient comme une microsociété où on retrouve de tout, même du racisme et de l’ignorance.

Et que dire de ce titre : « Le garçon qui N’était PAS noir », qui place les personnes racisées au centre du récit et leur permet de montrer le monde tel qu’elles le perçoivent. Car l’important n’est pas ce que « Jésus » était (Blanc), mais bien ce qu’il N’était PAS (noir), c’est ce qui faisait sa différence, celle-là même qui a chamboulé tant de choses pour Frannie.

Les éditions Bayard nous offre une mise en page aérée, des pages épaisses et un format robuste qui rend la lecture agréable. Il faut absolument que vous lisiez ce roman. Et ensuite, vous devez absolument m’écrire pour qu’on puisse en discuter plus longuement !

Coup de cœur !

Jacqueline Woodson est une auteure américaine. 

Woodson

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jacqueline Woodson
Maison d’édition: Bayard Éditions
Année de publication: 2011
ISBN: 9782747030182
Public cible: À partir de 10 ans
Vous aimerez peut-être: Le langage secret de Jessica, un roman à lire dès l’âge de 9 ans.

 

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook