Prince Cradoc au royaume du chic

Prince Cradoc au royaume du chicLe prince Cradoc a beau être un prince, il n’en est pas moins extrêmement ringard, à l’image de son royaume, Craspec. Qu’elle n’est donc sa surprise quand il reçoit une invitation pour le bal du royaume du Chic voisin ! L’événement le plus couru de l’année où se montrent les nobles les plus élégants ! Cradoc en est certain : on ne l’a invité que pour se moquer de lui. Et… c’est exactement ce qui se produit. Mais quand Cradoc rencontre Francesca, princesse des Chics, il tient peut-être sa revanche. Car Francesca a beau être l’héritière du royaume le plus chic, elle est surtout un rat de bibliothèque qui aime passer ses journées en pyjama. Au grand dam de son père… Et ensemble, ces deux ringards-là pourrait bien avoir une jolie leçon de style à nous donner !

La totalité de ce roman qui se lit comme un conte est écrit en Alexandrin ! Ce tour de force donne lieu à une lecture, ma foi, plutôt agréable et drôle car le ton plutôt sérieux et protocolaire jure avec le propos plus léger, loufoque et farfelu. J’ai trouvé cette dichotomie tout à fait savoureuse ! De plus, le narrateur brise fréquemment le quatrième mur en s’adressant directement au lecteur. La typographie est variée et éclatée; les enfants dyslexiques auront du mal, les autres pourraient apprécier davantage.

Le père de Franscesca souhaite influencer sa fille, mordue de lecture et préférant son pyjama aux jolies robes, à être plus coquette. Ce ne sera pas chose facile car Franscesca a une forte tête ! On assistera alors à un clash des générations qui permettra du même coup à Franscesca de s’émanciper. Lorsque son père rencontrera le royaume des Cradoc, il sera bien obligé de constater que sa manière de vivre et celle qu’il souhaite imposer à sa progéniture, n’est pas universelle.

Cela étant dit, j’ai été dérangée par le fait que les dreadlocks soient non seulement perçus négativement, mais aussi considérés dans ce livre comme étant indicateurs de malpropreté:

« Sans oublier son bouc, ses tuniques frivoles,

Et pendues à ses lobes deux rangées de créoles.

Ses dreadlocks à l’aspect de vieille serpillère

Étaient enturbannées. Et piquées de primevères! » (p.24)

N’aurait-il pas suffit de mentionner que ses cheveux étaient emmêlés et sales, sans associer ses adjectifs aux dreadlocks ? Ce genre de représentation renforce les stéréotypes négatifs sur les dreadlocks qui, comme toute coiffure, ne sons pas plus sales que les autres lorsque bien entretenus. Ugh.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Robert Paul Weston
Maison d’édition: Seuil Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9791023509144
Public cible: À partir de 12 ans

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Zut, Félix !

Zut FélixFélix, le champion des pirouettes, s’est cassé le bras. Il va porter un plâtre pendant plusieurs semaines. C’est dur à accepter. Bien sûr, sa famille, madame Édith et ses amis sont là pour l’aider. Mais Félix doit aussi apprendre à se débrouiller !

Ce livre est le troisième de la série La classe de Madame Édith, mais se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. Félix, le personnage principal, est un garçon noir et athlétique qui adore faire des acrobaties pour épater la galerie. Lorsqu’il se casse accidentellement le  bras, il pleure de douleur et est déçu de ne pas pouvoir montrer sa nouvelle pirouette à ses amis le lendemain. Ces derniers veulent tous l’aider, mais Félix aimerait être autonome! Il se demande comment faire plaisir à ses amis si gentils avec lui. Le récit met aussi en scène Rosalie, une camarade de classe très bavarde au teint foncé.

Ce roman de 93 pages est écrit en larges caractères avec empattement dans une mise en page aérée. Les phrases sont relativement courtes pour faciliter la compréhension du texte chez les jeunes lecteurs. Toutefois, certains mots ou phrases sont écrits en caractère gras ou encore en diagonale ; les lecteurs dyslexiques pourraient avoir de la difficulté à lire ces passages. J’ai noté une erreur de grammaire en page 60 (utilisation du mauvais auxiliaire avec le verbe pronominal se casser) et quelques québécismes (« aiguiser » un crayon plutôt que tailler un crayon). Cela dit, le texte est tout de même bien écrit et utilise la nouvelle orthographe française.

La morale de l’histoire est que tout le monde fait face à des difficultés et que chacun de nous doit trouver ses propres solutions pour avoir une vie agréable malgré tout !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Édith Bourget & Boum
Maison d’édition: Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897851095
Public cible: À partir de 6 ans
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L’amour, c’est…

l'amour, c'est...En compagnie d’une fillette et de son caneton, les parents et les enfants découvriront ce qu’est l’amour, à toutes les étapes de la vie.  

Le texte se lit comme un poème qu’il faut savourer à chaque phrase. Le personnage du récit est une fillette noire aux cheveux bouclés coiffés en deux lulus. Elle semble très jeune, mais porte énormément de maquillage; l’épais mascara noir, le fard sur les joues et les lèvres rouges et pulpeuses détonnent avec la petitesse de son corps et sa dentition d’enfant dont il manque d’ailleurs les deux dents d’en avant. J’aurais aimé un peu plus de sobriété. À offrir aux enfants avec précaution car ceux-ci sont très sensibles aux images. Cela dit, j’ai adoré la douceur des illustrations et la manière dont l’auteure rend compte du temps qui passe et de la relation d’amour qui se développe entre la fillette et son canard. Cela fait tout de même du bien de retrouver un personnage noir dans un contexte autre que l’Afrique exotique peuplée d’animaux sauvages. On est ici clairement en occident, dans une grande ville, voir une métropole (probablement New York), où une jeune fille ordinaire vit son quotidien de manière semblable aux gens d’Amérique ou d’Europe. Rafraîchissant.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Diane Adams & Claire Keane
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443165488
Public cible: 3 à 5 ans
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Mama miti la mère des arbres

Mama Miti la mère des arbres

Wangari ne reconnaît pas son Kenya natal. Les arbres ont été coupés, les rivières sont à sec.

Face à la déforestation, celle que les Kenyans surnomment affectueusement Mama Miti, « la mère des arbres » en swahili, a alors une idée simple, mais grande: Planter des arbres. Beaucoup d’arbres.

Le récit de Wangari Maathai, la première femme africaine a avoir reçu le prix Nobel de la paix, est un plaisir à lire. Le format à l’italienne se marie bien avec l’équilibre des illustrations et du texte. Informatif et inspirant ! Se termine par un dossier explicatif sur le Kenya et le mouvement Green Belt créé par Maathai.

Publié en collaboration avec Amnesty International.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire A. Nivola
Maison d’édition: Éditions du Sorbier
Année de publication: 2008
ISBN: 978273209176
Public cible: 9 à 13 ans

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Mariétou Kissaitou

marietou-kissaitouAu Cameroun, dans le quartier de Douala où elle habite, Mariétou est surnommée Kissaitounapeurderien. Pour se rendre à l’école elle court entre les taxis-brousse et passe son temps à disparaître dans la foule lorsqu’elle se rend au marché avec sa mère. Pourtant, tout le monde ignore que Mariétou est terrifiée par la nuit.

Plusieurs enfants ont peur du noir, même s’ils aiment bien prétendre qu’ils n’ont peur de rien. Au travers la lecture partagée avec un adulte, il apprendront que leurs peurs sont normales, valides et partagées par d’autres. Une étape cruciale dans leur développement global! Pour partager un moment de lecture agréable avec vos enfants, je vous suggère Mariétou Kissaitou, un livre aux illustrations carrées et naïves dont le récit aborde le thème de la peur du noir. Format à l’italienne.

En savoir plus sur l’auteure camerounaise, Marie-Félicité Ébokéa

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Félicité Ébokéa & Clémentine Sourdais
Maison d’édition: Éditions du Sorbier
Année de publication: 2008
ISBN: 9782732039077
Public cible: 4 à 7 ans

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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

Aaron McGruder est un auteur afro-américain.

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Rita et le renard

rita et le renardLe renard veut gober les oeufs que Rita doit apporter à Mam’zelle Viola. Il essaie de lui faire peur.
-Ma chère, lui dit-il, une petite fille comme toi devrait tout simplement être terrorisée en me voyant.
Mais Rita n’a pas peur, et montre qu’une petite fille peut être plus rusée que le plus rusé des animaux.
Un délice de conte, si plein de soleil et de malice que jamais vous n’en avez vu ou entendu de pareil.

32 petites pages de bonheur, voilà! Un conte sympathique sur un renard rusé et sur une fillette bien plus rusée que lui. Le récit est simple et fait un peu penser au conte du Petit Chaperon Rouge. Il est amusant de voir comment Rita, maligne, parvient à ses fins. Enseignants et instituteurs, pourquoi ne pas lire ce livre en classe et le comparer avec celui de Charles Perrault? J’ai adoré les illustrations en couleur. Rita ressemble à l’enfant que j’étais; cela fait du bien de voir un miroir de sois-même dans un livre jeunesse. La version que j’ai lue date de 1991, je l’ai trouvée à ma bibliothèque municipale. Je n’ai pas trouvé de version plus récente. Dommage, non? Une réédition arrivera-t-elle bientôt dans nos librairies?

Auteur(s) / illustrateur(s) : P. C. McKissack & R. Isadora
Maison d’édition: Folio Benjamin
Année de publication: 1991
ISBN: 2070392341
Public cible: 7 à 9 ans
Vous aimerez peut-être Raconte Bouqui et Malice, une série de contes haïtiens pour enfants à lire comme un roman.

Patricia C. McKissack est née en1944 aux États-Unis. Elle a écrit de nombreux livres pour enfants mettant en scène des personnages afro-américains et a gagné de nombreux prix littéraires

Patricia McKissack

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