Mon bébé

mon bébé jeanette winter.jpgUn conte naïf décrivant la tradition des femmes du Mali de peindre avec de la boue et des feuilles le bologan, cette étoffe aux motifs traditionnels. La jeune Nakunté parle à son futur bébé tout en peignant le bologan qu’il portera à sa naissance. Elle le met déjà en garde contre le scorpion, le tigre, le crocodile, elle lui raconte la vie quotidienne, elle le prépare à la vie. Sa peinture est rythmée par le roulement des tam-tams, les bruits du serpent blanc et du léopard.

« Whoush ! » fait le vent qui souffle à travers la savane jusqu’au village de Nakunté. « Whoush! » fait le vent brûlant qui sèche les tissus bogolan accrochés sur des branches de calebassiers. Dès les premières lignes, j’ai été transporté au Mali et j’ai découvert l’enfance de Nakinté Diarra, une femme qui a vraiment existé et qui peint avec de la boue des étoffes appelées bogolan, selon une tradition vieille de plusieurs siècles. À la lecture de cet album, on apprend que les tissus du bogolan sont utilisés tout au long de la vie, pour les mariages, pour envelopper les nouveau-nés ou pour les enterrements. Les couleurs utilisés par l’auteure sont vives et franches, créant de magnifiques toiles à chaque page. On a ici un récit du quotidien malien, somme toute assez éloigné de la réalité occidentale, mais qui ne présente pas les personnages et les traditions africaines comme exotiques. Au contraire, elles sont normalisées et légitimées. Plusieurs fois dans le texte, le personnage principal s’adresse directement à son bébé; on assiste alors à une conversation entre une femme noire et sa progéniture, sans que la présence d’un lecteur blanc ou occidental soit sous-entendue. Elle prépare la venue de son enfant, lui parle de la beauté de la vie, des étoiles, des animaux, des plantes, qui lui tarde de lui montrer. Et quelle chance d’assister à ce moment d’intimité. J’ai beaucoup aimé cet album !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jeanette Winter
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 2070544958
Public cible: 3 à 6 ans.
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Le petit jardinier extraordinaire

Le petit jardinier extraordinaireJoe est un petit garçon rêveur. Un jour, une graine d’idée germe dans son esprit… Avec patience et détermination, il va changer son monde gris et ordinaire en un endroit extraordinaire !

J’ai un faible pour les illustrateurs qui utilisent les techniques mixtes dans les albums pour enfants. J’adore ce savant mélange de textures, de couleurs, de traits, de collages, de feutres, de crayons. Dans Le petit jardinier extraordinaire, l’auteur ne raconte pas l’histoire que par le biais de mots, mais aussi par le biais des illustrations qui véhiculent toutes sortes de messages et d’informations complémentaires au récit. De plus, l’utilisation des couleurs est particulièrement réussi: je pense notamment à cette manifique double page où l’on voit l’immeuble où vit Joe et ce qu’y font ses voisins en tons de gris, alors qu’on apperçoit Joe entouré d’objets colorés par le pouvoir de son imagination.

Joe est un garçon noir aux lunettes bleues, mais sa couleur de peau ne change strictement rien au récit. Il s’intéresse aux sciences et à comment fonctionne le monde. Il aime explorer, dans la réalité ou dans le monde imaginaire des livres. Il n’a pas peur d’expérimenter des choses, et c’est d’ailleurs sa volonté de faire pousser un arbre qui nous donne ce récit fantastique, beau et touchant. Car lorsque la plante de Joe fleurira et se multiplira, il en offrira à toutes les personnes qu’ils croisent afin d’enjoliver son quartier et faire plaisir en un acte gratuit de générosité. J’ai adoré cet album !

Coup de coeur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sam Boughton
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782075122849
Public cible: À partir de 4 ans.
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La ruelle

la ruelle« Élodie, je reviens. Attends-moi deux minutes. » Mais Élodie n’attendra pas son papa. Elle s’aventurera dans la ruelle. SEULE. Quelles découvertes y fera-t-elle ?

Les pages de garde nous font découvrir la ruelle qui s’étend derrière chez Élodie. On reconnaît facilement les ruelles montréalaises, avec leurs arbres matures, leurs jardins communautaires, leurs écureuils , leurs clôtures dépareillées, leurs sols couvert de jeux d’enfants et leurs cordes à linge. Dans la ruelle qui borde la maison d’Élodie, on y découvre les maisons des voisins : Aimée, chez monsieur Lagacé, Madame Lavoie, Monsieur Bélair, Monsieur Brochu, Madame Bernard et son bouvier, Monsieur Desjardins et les fourmis. Le lecteur s’amusera à se référer aux pages de garde pour se repérer dans l’histoire et imaginer lui-même tout ce qui se passe dans cette ruelle.

Le texte est écrit au présent et à la première personne du singulier. C’est en effet le point de vue d’Élodie que l’on découvre tout au long du récit. Élodie qui saute comme dans une marelle, Élodie qui tourne sur elle-même tel une toupie, Élodie qui explore, Élodie qui découvre. On la suit dans ce court moment de découverte où elle rencontrera une nouvelle amie. Leur rencontre d’ailleurs est savoureuse: elles se font des grimaces, puis éclatent de rire. C’est le début d’une nouvelle amitié. Élodie est Noire et vit une existence typiquement montréalaise. On ne mentionne rien sur ces origines. Élodie est simplement une petite fille qui vit dans une maison donnant sur une ruelle arrière. C’est tout.

Le format à l’italienne de cet album splendide rappelle, par sa longueur, la linéarité des ruelles montréalaises. Les auteurs ne s’empêchent pas quelques fantaisies en optant de manière impromptue pour une mise en page verticale; il faudra donc tourner l’album de sens pour continuer la lecture. Un récit du quotidien drôle et touchant par sa familiarité. Le texte, majoritairement en prose, intègre de manière harmonieuse des phylactères empruntés aux bandes dessinées lorsqu’il y a présence de dialogues, parfois en hors-champs. Je recommande vivement !

la ruelle 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Céline Comtois & Geneviève Després
Maison d’édition: D’eux Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782924645161
Public cible: 4 à 11 ans.
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Mimi perd sa place

mimiA la fontaine, Mimi, la petite africaine attend son tour pour avoir de l’eau. Mais voilà qu’arrive Kokuvi qui refuse de faire la queue.

Mise en page aérée. Éclats de couleurs vives sur fond blanc immaculé. Une phrase ou moins par page. Dénouement drôle et inattendu. Une tranche de vie sur la vie africaine: aller chercher de l’eau au puit par une belle journée ensoleillée. Réussi.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pascale Bougeault
Maison d’édition: L’école des loisirs
Année de publication: 1993
ISBN: 2211024467
Public cible: À partir de 4 ans

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