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Un été au chalet

un été au chaletPour la première fois de sa vie, Emma, dix ans et deux mois, doit passer trois longues semaines estivales loin de Léo, son grand frère adoré. Comble du malheur, ses parents ont loué un petit chalet dans le Bas-Saint-Laurent ! Heureusement, Emma traîne avec elle son petit carnet rouge pour relater tout ce qui marquera ces semaines chargées en émotions. Qui est ce garçon qui regarde la mer sans dire un mot ? Pourquoi les trois voisines ne l’invitent-elle jamais à jouer avec elles ? Et pourquoi la libraire du village la regarde-t-elle ainsi avec de gros yeux ? 

La lecture de ce roman m’a beaucoup plu ! Catherine Girard-Audet a une formidable capacité à se glisser dans la peau des filles de 9-10-11 ans. On ne sent pas du tout qu’il s’agit d’un adulte qui a écrit le livre; les émotions sont vraies, les personnages sont réalistes, leurs réactions sont appropriées à leur âge. Emma, le personnage principal, est une personne qui n’a pas la langue dans sa poche : elle dit ce qu’elle pense, elle est authentique, elle est sociable et courageuse. Elle entretient une excellente relation avec ses parents (surtout avec sa mère qui semble toujours la comprendre!) et son grand-frère de 16 ans. Ces deux derniers sont d’ailleurs très proches. Cela étant dit, j’ai quelques réticences quant à la représentation d’Emma, car j’ai eu l’impression que l’auteure n’avait pas imaginé son personnage comme étant une fille noire à l’écriture de son roman et cela a donné lieu à quelques non-sens. L’illustration de couverture lui a peut-être été proposée qu’au processus d’édition ?

Aucune description physique d’Emma ou des membres de sa famille n’est offerte dans le récit. Les autres personnages du récit, lorsqu’ils sont décrits, sont blancs. À plusieurs reprises, Emma rougit pour signifier son malaise, sa gêne ou son embarras :

  • « Ma mère m’a regardée en souriant. Je pense qu’elle est fière de m’avoir transmis cette assurance qui me permet de parler en public et d’aller vers les autres sans devenir rouge tomate » (p.99-100)
  • Lorsque Loïc, le gentil voisin dont elle tombera amoureuse dans la deuxième partie du récit lui dit qu’elle est « super belle », Emma écrit dans son journal : « J’ai détourné le regard en rougissant, et je me suis empressée de changer de sujet pour dissiper le petit malaise. » (p. 214).
  • « Je lui ai donc offert de jouer à la console pour éviter qu’il se rende compte de mon malaise et du fait que je ressemblais à une tomate, et heureusement pour moi, la diversion a fonctionné! » (p.246-247).

Ces trois petits passages, mine de rien, lancent le message qu’on rougit toujours lorsqu’on est embarrassé et du coup, les petites filles noires grandissent en s’imaginant que cela s’applique à elles aussi ! Or, il faut comprendre que les petites filles ne sont pas noires avant que l’on leur dise ou qu’on leur fasse sentir qu’elles ne sont pas comme les autres. Elles sont simplement des petites filles ! C’est la société qui leur force à réaliser qu’elles sont différentes, qu’elles sont « noires ». C’est toujours bien triste d’entendre une fille noire utiliser l’expression « Être rouge comme une tomate » pour parler d’elle-même, pensant que cela signifie simplement être embarrassé… !

Similairement, à la page 255, Emma mentionne qu’elle avait « les cheveux dans les yeux à cause du vent, et Loïc a gentiment repoussé une mèche pour la placer derrière [son] oreille. » Encore une fois, cela ne concorde pas avec la représentation d’Emma en page couverture où on la montre portant un superbe afro volumineux. Ai-je besoin de mentionner que les cheveux crépus ne bougent pas suffisamment dans le vent pour se rendre jusqu’au centre du visage ? Et puis, bon, j’ai encore jamais entendu parler de familles noires normalement constituées qui vont volontairement s’exiler dans le Bas-Saint-Laurent pour un été complet. C’est bizarre.

Tous ces éléments constituent une forme de microagression : On utilise l’image d’une fille noire en couverture pour faire un coup de marketing, mais ce n’est pas l’histoire d’une personne noire qui est racontée dans le livre. D’ailleurs, on ne fait pas vraiment l’effort d’offrir une représentation juste et réaliste d’une personne noire dans le récit. Ugh. Dommage.

À noter qu’il y a quelques québécismes dans le texte (« Ça n’a pas vraiment adonné », « avoir de la misère à faire quelque chose », « j’haïs », etc.), mais que le roman est tout de même fort bien écrit.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Girard-Audet
Maison d’édition: Les Malins
Année de publication: 2017
ISBN: 9782896575961
Public cible: À partir de 9 ans

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André a la peau noire

andré peau noireC’était une journée récompense à l’école de Félix. Félix et son ami André sont heureux que leur classe ait récolté assez de points au cours des derniers mois pour mériter cette activité spéciale. Les élèves ont choisi de faire de la balle molle. Alors que les enfants forment les équipes, Félix propose à sa capitaine Léa de choisir André, qui est très fort en ce sport. Mais Léa refuse catégoriquement: « Beurk! Pas question que je choisisse André. Il est noir. Je ne veux pas de Noir dans mon équipe. » Comment Félix et ses camarades de classe réagiront-il au racisme de Léa?

Il y a quelques mois, j’ai fait une revue d’un autre titre de la collection Escalire sur ce blog. André a la peau noire s’adresse à un lectorat avancé (3ème ou 4ème année du primaire). Ce petit roman de 24 pages et de 1147 mots présente occasionnellement des phrases s’étalant sur plus d’une page, un vocabulaire plus difficile et des variations dans les modes et les temps de conjugaison dans une même phrase. De plus, la relation texte-image est plus complexe; il y a notamment la présence d’éléments graphiques comportant du texte complémentaire au texte principal.

J’ai eu un malaise tout au long de la lecture de ce livre et ce, pour deux raisons principales. D’une part, parce qu’il simplifie à l’extrême ce qu’est le racisme. D’autre part, parce qu’il parle de racisme sans vraiment mettre de l’avant la personne racisée qui la subit.

D’abord, on nous présente le racisme comme étant le fait de rejeter explicitement quelqu’un à cause de sa couleur de peau. C’est parce que André est Noir que Léa ne veut pas jouer avec lui. Or, aujourd’hui, le racisme ne se présente pas ainsi. Aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus subtil et complexe: micro-agressions, marginalisation, absence de privilège, inégalité des chances, racisme systémique, etc. Le racisme d’aujourd’hui est ordinaire, il est insidieux, présent dans la vie de tous les jours. Il est aussi souvent perpétré par des gens bien-intentionnés. Rien à voir avec « Tu es Noir, donc je ne joue pas avec toi. » Des enfants de 3ème et 4ème année du primaire sont capables d’aborder ces sujets. Pourtant, ce livre perpétue cette idée fausse que le racisme se limite aux insultes criées à tue-tête et aux groupes suprémacistes. Que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous. Je le répète, les enfants de 8-9 ans, lectorat cible de ce livre, sont assez matures pour aborder ces sujets. En page 1, il y a Léa qui lit un livre en classe dont le titre est « Mon combat » (Référence au livre d’Adolf Hitler). Malaise. Comme s’il était nécessaire d’en rajouter une couche.

Ensuite, à la lecture du livre, j’étais à la fois heureuse que Félix défende son ami et déçue qu’André ne s’affirme pas davantage. Nous avons tous des réactions différentes face au racisme: colère, rejet, honte, tristesse… Certains bouillonnent et éclatent alors que d’autres se replient sur eux-mêmes. C’est compréhensible, mais compte tenu qu’il s’agit d’une histoire inventée, il aurait été bien qu’on ne nous serve pas encore la recette du sauveur Blanc qui part à la rescousse de personnes racisées sans défense, comme ça se fait souvent en littérature et au cinéma. En fait, on nous raconte l’histoire de Félix-et-comment-il-a-condamné-publiquement-le-racisme-de-sa-camarade-de-classe, et non l’histoire d’André-dont-la-journée-a-été gâchée-par-le-comportement-de-sa-camarade. J’ai besoin davantage de d’histoires racontées du point de vue de personnes Noires. Que nos voix soient entendues. Que notre vision des choses soit reconnue. En littérature jeunesse et ailleurs. Pour moi, pour les enfants de mon entourage, pour les enfants Noirs et pour les enfants qui ne sont pas d’origine afro-caribéenne. Pour tous!

Finalement, André a la peau noire aborde une problématique sociale et culturelle délicate, mais n’offre qu’un début de pistes de réflexion au lecteur. En troisième de couverture, 6 questions à répondre par oui ou par non sont posées au lecteur, notamment « T’est-il déjà arrivé de te sentir rejeté? », « As-tu des amis qui ne sont pas de la même nationalité que toi? » et « Aurais-tu défendu André, si tu avais été présent ce jour-là? » Je suggère donc une lecture accompagnée par un adulte.

Auteur(s): Simon Tobin, Dannie Pomerleau
Illustrateur(s) : Oana Vaida, Oana Cocheci & Anna Benczedi
Maison d’édition: Les Éditions Passe-Temps
Année de publication: 2014
ISBN: 9782896307234
Public cible: 8 à 10 ans

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Rafa et Zoé: un après-midi au parc

rafa-et-zoeLe parc est l’endroit idéal pour se faire des copains. Même les plus petits découvrent leurs différences et s’aperçoivent très vite que jouer à deux, c’est mieux! À partir de 3 ans, l’enfant ne sait pas encore lire mais a fait l’apprentissage du langage. Les histoires pour cette tranche d’âge ne contiennent pas de texte ou très peu. Le récit est totalement compréhensible grâce aux cases dessinées. Mais il s’agit bien de lecture: l’enfant lit, de manière autonome, un récit complexe où les dessins ne sont pas de simples illustrations mais contiennent une véritable grammaire.

J’ai exploré cette bande dessinée sans texte simultanément avec deux fillettes: l’une de six ans, l’autre de 2 ans. Toutes les deux ont aimé l’histoire. La plus petite a commenté plusieurs fois durant le récit, remarquant des détails sur chacune des pages. Pour elle, c’était une belle histoire sur le jeu, le parc (son endroit favori!), et le partage. Elle n’a pas vraiment compris la structure, ni le sens de lecture. Elle lisait chaque double page comme un tout. La plus âgée était très fière de montrer à la plus petite comment lire une bande dessinée. Du coup, j’en ai profité pour lui expliquer certains codes du genre. Une superbe BD que je recommande vivement!

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Cristian Turdera & Sergio Kern
Maison d’édition: Mamut comics
Année de publication: 2010
ISBN: 9787493775124
Public cible: 3 à 6 ans
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Simon et la galette d’intelligence

Simon galette d'intelligenceSimon forme un trio inséparable avec Abid, son meilleur ami, et Lovita, la fille dont il est amoureux. Un jour, ils découvrent, dans un sous-sol, un laboratoire secret avec une incroyable machine à voyager dans le temps. Ils trouvent aussi la recette d’une mystérieuse galette d’intelligence. Simon est intrigué par la liste des ingrédients qui fait référence à des époques passées. Avide d’aventures, le garçon réussit à configurer la machine et part en quête de l’eau du glacier ayant heurté le Titanic. Commence alors une série d’expéditions où les trois jeunes se retrouvent hors du temps.

Ce petit roman plein d’aventures plaira aux enfants de 9 à 11 ans. Annie Bacon maîtrise bien la langue et tient le lecteur en haleine grâce à des péripéties courtes, un rythme soutenu et une bonne dose d’humour. Lovita est une jeune fille noire, capable d’autant de prouesse que ses deux amis et sûre d’elle. Son origine ethnique n’est pas précisée, tout comme celle des deux autres personnages, ce qui rend sa représentation égale aux autres. On la décrit simplement comme ayant de « grands yeux bruns » qui font craquer Simon. Les amateurs d’histoire seront bien servis puisque les voyages dans le temps des trois amis permettent au lecteur de découvrir brièvement le XXème siècle, les grandes explorations du XVè siècle et la révolution française du XVIIIè siècle. Des encadrés en fin de chapitre nous informent sur chacune de ces périodes historiques. Et petit bonus: Annie Bacon nous révèle la recette de la fameuse galette d’intelligence en épilogue ! Je recommende vivement.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Annie Bacon
Maison d’édition: Bayard Canada
Année de publication: 2017
ISBN: 9782897700775
Public cible: 9 à 11 ans
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Roller girl

rollergirlAstrid, 12 ans, est inséparable de sa meilleure amie, Charlotte… Jusqu’au jour où elle découvre le Roller Derby. Astrid devra alors apprendre à surmonter ses craintes et s’entraîner dur pour devenir une véritable Roller Girl. Leur amitié survivra-t-elle à l’entrée dans l’adolescence et à leurs goûts qui se révèlent de plus en plus différents l’un de l’autre?

Dès que j’ai vu ce livre à la librairie, j’ai tout de suite pensé aux romans graphiques de Raina Telgemeier (Soeurs, Drame, Fantômes et Souris que j’ai dévorés ces derniers mois). Il y a plusieurs ressemblances avec les livres de l’auteure américaine: une héroïne (blanche), à l’aube de l’adolescence, qui apprend à grandir, à se connaître et à surmonter les difficultés. Roller Girl suit un peu le même genre de trame narrative; il s’agit d’une histoire sur le passage à l’adolescence, sur l’amitié et sur la découverte de soi. Le style graphique n’est bien sûr pas le même, mais la mise en page est dynamique et les illustrations m’ont charmée.

Astrid ne s’intéresse pas au magasinage, aux garçons et au ballet comme son amie de toujours, Charlotte. Elle ne porte jamais de rose, préfère les sciences et le sport. Les deux amies vivent leur dernier été avant le collège (l’équivalent du secondaire 2) et réalisent au fil des jours qu’elles s’éloignent l’une de l’autre. Sans compter que sa pire ennemie, la méchante et superficielle Rachel, se lie d’amitié avec Charlotte… Astrid découvre le Roller Derby, un sport de patins (surtout féminin) où les coups sont permis, lors d’une sortie culturelle avec sa mère. C’est le coup de foudre. Et ce coup de foudre pour le sport, c’est surtout grâce à Rainbow Fight (en version originale: Rainbow Bite), une jammeuse (joueuse de Roller Derby qui compte les points) afro-américaine, musclée, les cheveux crépus et des chaussettes aux couleurs de l’arc-en-ciel aux pieds. Rainbow Fight est un personnage secondaire, mais c’est elle la force qui fait avancer l’histoire. Astrid l’admire et lui demande conseil sur le sport et sur la vie via des messages laissés Roller-Girl-1anonymement dans son casier. Elle accroche même le poster de sa joueuse étoile sur le plafond de sa chambre. Et un jour, peut-être, elle deviendra aussi douée qu’elle…

Cela m’a beaucoup touché de voir un personnage noir dans un rôle si fort, même s’il est secondaire. Rainbow Fight est un guide qui aide la jeune Astrid a se découvrir elle-même, à se surpasser et à faire les bons choix. Un modèle positif, donc, que j’ai adoré admirer autant qu’Astrid. Au final, Astrid en apprend beaucoup sur la vie grâce à Rainbow Fight (à moins que ce soit le contraire…? Je ne vous gâche pas la surprise, lisez cette bande dessinée au plus vite !)  Roller Girl est un roman graphique bourré d’émotions vives qu’on dévore d’un coup.

Coup de coeur !

* Ce livre est un bestseller du New York Times.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Victoria Jamieson & Seyres, Chloé
Maison d’édition404
Année de publication: 2016
ISBN: 9781443145930
Public cible: 11 ans et plus

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L’académie Grimm: Chaperon Rouge est perdue

chaperon-rouge-est-perdueChaperon Rouge rêve de participer à la pièce de l’école, mais l’audition tourne à la catastrophe. Elle décide alors de se consacrer à la protection de l’académie Grimm contre la société M.A.L.I.C.E avec ses amies Cendri, Blanche et Raiponce. Malheureusement, elle se perd dans la forêt Sansretour où elle rencontre Jean-Loup, un camarade de l’académie. Ferait-il partie de la société maléfique? Elle aura besoin de son panier magique et d’une prestation grimmadmirable pour découvrir le pot aux roses !

Les contes réinventés sont une merveilleuse manière de donner le goût de lire et d’écrire. Parce que les contes classiques sont connus, il est toujours fascinant de constater les mille et une façons de les détourner. Ici, on retrouve Chaperon rouge qui a le teint basané, les cheveux tressés et le nez épaté. On ne connaît pas les origines de Chaperon Rouge dans ce livre, mais il est possible que le sujet ait été abordé dans le premier tome de la série. J’ai suivi ses aventures à l’Académie Grimm avec un intérêt mitigé; après tout, je ne suis pas le public cible du roman. Les préados pourront aimer: les chutes sont bien menées et les chapitres se lisent rapidement. Peut plaire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Joan Holub & Suzanne Williams
Maison d’édition: Éditions scholastic
Année de publication: 2015
ISBN: 9781443147262
Public cible: 11 à 13 ans
Vous aimerez peut-être: Le collège selon Olivia, demi-princesse.

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Mon voisin Oscar: Une histoire inspirée de l’enfance d’Oscar Peterson

oscar peterson voisinÀ la suite d’une grave maladie, Oscar doit renoncer à jouer d’un instrument qu’il adore. Mais rien n’empêchera le jeune virtuose de vivre pleinement sa passion pour la musique. Cette charmante histoire nous dévoile un pan de l’enfance d’Oscar Peterson, pianiste de jazz renommé.

L’histoire se déroule à Montréal, plus précisément dans le quartier de la Petite-Bourgogne (anciennement appelé Saint-Henri). C’est fanstastique de lire un album où reconnaît la vie de la métropole: ses escaliers extérieurs en colimaçon, ses ruelles chapeautées par des lignes de cordes à linge, la rue Atwater, l’architecture de ses bâtiments, l’église Union United Church… Le récit se termine sur une note heureuse alors qu’Oscar débute des cours de piano et discute avec Millie de ses rêves: elle sera ballerine et lui, explorateur… Millie est un personnage fictif, mais on sait maintenant qu’Oscar est plutôt devenu un pianiste de jazz renommé. Il est décédé le 23 décembre 2007.

Cette histoire, c’est aussi une occasion d’aborder les thèmes de l’amitié, de la maladie, de la musique et des rêves avec les enfants. À l’issu de la lecture de Mon Voisin Oscar, questionnez-les: As-tu déjà été malade? Connais-tu quelqu’un qui a été si malade qu’il ne pouvait plus jouer? Quel est ton instrument de musique favori? Aimerais-tu être musicien comme Oscar? Qu’aimerais-tu être losque tu seras grand? Et, pourquoi pas, leur faire écouter un peu d’Oscar Peterson après la lecture du livre. L’histoire est magnifiquement racontée et les illustrations naïves m’ont beaucoup plu. À lire pour découvrir avec les enfants qui était Oscar Peterson et comment il a marqué l’histoire du jazz montréalais. Chapeau!

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Bonnie Farmer & Marie Lafrance
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2015
ISBN: 9781443149112
Public cible: 5 à 9 ans

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Coup de !

Bonnie Farmer (à gauche sur la photo, accompagnée de l’illustratrice Marie Lafrance) enseigne à l’école primaire. Elle est également auteure et dramaturge. Elle habite à Montréal au Québec. Tout comme Oscar Peterson, Bonnie a grandi dans le quartier de la Petite-Bourgogne et elle se souvient avec nostalgie du spectacle et des sons des rues de son enfance.
MONTREAL, QUE.: NOVEMBER 11, 2015 -- Author Bonnie Farmer, left, and illustrator Marie Lafrance stand outside the Union United Church in Little Burgundy onWednesday November 11, 2015. Farmer and Lafrance, have collaborated on the picture book Oscar Lives Next Door. The book is about late Montreal piano legend Oscar Peterson, who grew up in Little Burgundy. (Pierre Obendrauf / MONTREAL GAZETTE)

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