Les pointes noires

les pointes noiresÈve grandit dans un orphelinat du Mali. Son grand rêve : devenir un jour danseuse étoile. Adoptée à l’âge de six ans, elle part vivre en France. Sous le regard aimant de ses parents, elle suit une formation solide, épaulée par sa professeure qui l’encourage à se présenter  à l’école de danse de l’Opéra de Paris. Jusqu’à ce jour où une remarque blessante vient tout faire basculer. Elle réalise brutalement que, dans ses livres, dans les films et sur les scènes de ballet, il n’y a jamais de danseuses étoiles noires. Comment a-t-elle pu ne pas le remarquer plus tôt ? Et si toutes ces années à la poursuite de son rêve n’étaient qu’une illusion ? Dans ce monde en rose et blanc, Ève devra se battre pour trouver sa place. Et faire enfin bouger les lignes ?

Connaissez-vous beaucoup de ballerines noires ? Difficile d’entretenir un rêve de venir danseuse classique lorsqu’on ne voit aucune ballerine qui nous ressemble en tant que fille noire. Voilà le dilemme d’Ève, qui malgré tout s’accroche à son rêve d’intégrer l’Opéra de Paris. Sa mère est très encourageante et souhaite que sa fille ne perçoive pas sa couleur de peau comme une barrière. Car des barrières, Ève en rencontrera beaucoup dans son parcours ! De la professeure de ballet qui lui fait des commentaires racistes, des nombreuses microagressions reçues de ses camarades de classe, en passant par sa séparation de sa meilleure amie avec qui elle a grandi dans un orphelinat au Mali. Car oui, Ève sera adoptée par une famille blanche aimante, mais sa copine, atteinte du SIDA, restera à l’orphelinat. Le souvenir de cette amie à qui elle a promis de devenir danseuse étoile, poussera Ève à s’accrocher à ses rêves.

Nous sommes treize danseuses à tenir les barres pour l’échauffement. Toutes du même âge, toutes pareilles: chignon impeccable, tutu rose pâle, collants couleur chair. Enfin, quand je dis couleur chair… Ma peau à moi n’a pas cette couleur-là, mais puisque c’est le terme consacré… (p.8)

La détermination et la persévérance d’Ève est inspirante. Devant tant de difficultés, certains pourraient baisser les bras. Mais pas Ève ! Le roman, efficace, se lit d’un trait. Recommandé !

Je remercie l’auteure Sophie Noël de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sophie Noël
Maison d’éditionMagnard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782210965225
Lectorat cible: À partir de 10 ans
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Le carnaval de Malaika

le carnaval de malaikaMalaika est heureuse de retrouver sa mère, même si cela signifie qu’elle doit déménager au Canada où tout est différent. Il y fait froid, les gens ont un fort accent et le Carnaval de Québec ne ressemble en rien à celui que Malaika aimait tant aux Caraïbes! L’adaptation à son nouvel environnement et à sa nouvelle famille risque d’être difficile…

Ce sont d’abord les illustrations qui m’ont charmée dans cet album à couverture souple. Faites de collages, elles sont dynamiques et vibrantes. La qualité de la mise en page est conforme à ce que nous a habitué les éditions Scholastic, et je n’ai pas été déçue !

Le récit est touchant, difficile parfois, et échappe à une interprétation unique. Bien qu’on devine que Malaika vient des Caraïbes, son pays d’origine est gardé secret. On ignore comment sa mère et son nouveau conjoint se sont rencontrés ni depuis combien de temps dure leur relation. Leur mariage arrive comme un cheveu sur la soupe et nous laisse perplexe, comme le perçoit Malaika de son regard d’enfant: Qui es cet homme ? Pouquoi partir ? Pourquoi une nouvelle famille ? Pourquoi un nouveau pays ? Tous ces non-dits ouvrent la porte aux interprétations et aux discussions avec les lecteurs. Cela rend également facile l’identification au personnage. En effet, même un enfant dont les parents sont séparés et qui doit vivre dans une famille reconstituée pourrait se reconnaître en Malaika même s’il ne partage pas l’expérience de l’immigration.

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Le point de vue de la narratrice, tout à fait original, fait également en sorte que les personnages blancs soient perçus comme étrangers. Malaika ne connaît pas le Canada, et encore moins le Québec. Et, si elle parle français, l’accent québécois lui pose parfois quelques problèmes de compréhension ! Le Carnaval, elle connait, bien sûr, mais celui de la ville de Québec n’a rien à voir avec celui de son pays. Malgré tout, Malaika surmonte les difficultés et parvient à s’adapter à son nouvel environnement. Le dénouement est positif. Un très bel album !

Nadia L. Hohn est une auteure canadienne. 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadia L. Hohn & Irene Luxbacher
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443164962
Public cible: 8 à 11 ans
Vous aimerez peut-être: D’un monde à l’autre ou encore Yozakura, fille du cerisier, deux albums jeunesse sur le thème de l’adoption.

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Pendant que Maman fait la sieste

pendant que maman fait la siestePour apprendre à l’enfant à ne pas faire de bruit et à se contenir lorsqu’il attend que sa maman se réveille.

Ce petit livre aux pages rigides est écrit par Agnès Laura-Petit, une psychologue, psychomotricienne et psychanalyste spécialiste de l’enfance. On découvre aux fil des pages un petit garçon qui fait tout pour ne pas réveiller sa maman qui fait la sieste. La couverture de la maman devient un terrain de jeu imaginaire où les jouets prennent vie. Un récit doux qui se lit facilement aux bébés et aux très jeunes enfants. À découvrir !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jo Hoestlandt & Claire Frossard
Maison d’édition: FlammarionBouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9782081344464
Public cible: 2 à 5 ans

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Yozakura, la fille du cerisier

yozakura fille cerisierFille d’un vénérable cerisier et de la nuit, Yozakura est différente. Mais la différence inquiète, elle suscite les jalousies et attise la méchanceté. Comment une petite fille peut-elle y faire face ?

Mon avis

Voici un très bel album en grand format signé Muriel Diallo, une auteure que j’aime beaucoup. Elle aborde ici des thèmes comme la différence, le rejet de sa communauté d’acceuil, l’adoption, le pardon et le don de soi. Comme toujours, les illustrations sont sublimes, fruit d’un travail artistique d’une infinie qualité.

Comment utiliser cet album jeunesse en classe

Pour utiliser cet album en classe primaire (2ème ou 3ème cycle), je vous conseille une lecture à voix haute suivi d’une discussion sur les thèmes abordés dans le livre. Ensuite, vous pourriez donner au élèves un projet d’art plastique où ils utilisent les mêmes techniques mixtes de Diallo (collage, peinture, découpage, crayon) pour créer une oeuvre collective anti-raciste qui sera exposée dans l’école. Les possibilités sont nombreuses!

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*Lauréat du prix St-Exupéry, Valeurs jeunesse 2012

Pour en connaître davantage sur l’auteure ivoirienne Muriel Diallo

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Muriel Diallo
Maison d’édition: Vents d’ailleurs
Année de publication: 2012
ISBN: 9782911412974
Public cible: 7 à 10 ans

Le collège selon Olivia, demi-princesse

olivia demi-pincesseOlivia apprend un beau jour qu’elle est une princesse. Et pas n’importe laquelle! Elle est la demi-sœur de la célèbre princesse Mia de Genovia! Très vite, Olivia devient une vraie star avec une vie de rêve : New York, le grand luxe, le shopping, les montagnes de cookies, les limousines… Mais Olivia va aussi comprendre que la vie d’une princesse n’est pas tous les jours un conte de fées!

« Cheveux : moyennement marron et longs. Normalement, j’ai des nattes. Ça me simplifie la vie, parce que mes cheveux frisottent quand il pleut. Il pleut souvent dans le New Jersey.
Teint : ni blanc ni noir, mais «café (ou chocolat) au lait». C’est parce que mon père est de type Caucasien (rose et blanc) et ma mère afro-américaine. […] Je suis une fille archi-normale et genre banalissime. »

Découvrir qu’on fait partie d’une famille royale, le rêve! Olivia écrit dans son journal sa vie à l’école et puis dans un penthouse au sommet d’une tour de New York. Le personnage est attachant, mais il ne se démarque pas des autres personnages semblables de la littérature jeunesse; pas de talents particuliers, de personnalité éclatée, de manière unique de voir le monde. Olivia est simplement une fille de 12 ans comme les autres. J’aurais aimé un peu plus d’éclats à ce niveau-là.

Olivia vit avec sa tante, son bel-oncle et ses beaux-cousins car sa mère est décédée et elle ne connaît pas son père. Outre une petite rivalité fraternelle avec les cousins, rien ne laisse penser qu’elle est malheureuse dans cette dynamique familiale. Pourtant, vers la fin du livre, elle se refuse catégoriquement de retourner vivre avec eux, comme si elle avait connu la torture auprès d’eux. J’ai trouvé cette réaction bizarre et cette chute m’a semblé peu crédible.

Le titre et le résumé en quatrième de couverture laisse supposer une histoire sur le «collège» (comment y survivre, etc.), mais le récit ne s’y déroule pas vraiment. Olivia fréquente un établissement scolaire comme toutes les personnes de son âge, mais on ne la suit pas à l’école. Le récit se déroule sur 4 jours (du 6 au 10 mai), et on passe beaucoup plus de temps Quvenzhané Wallisà suivre Olivia dans sa nouvelle vie de princesse qu’à l’école (à aucun moment elle n’apprend à jongler avec sa vie d’ado et sa vie de princesse : au début elle va à l’école, après elle n’y va plus, point.)

Le récit m’a fait penser à la nouvelle version de film Annie sorti en 2014 avec Quvenzhané Wallis (en image). Vous allez aimer ce livre si le film vous a plu; c’est le même genre.

Pour finir, la traduction est plutôt franco-française; il y a présence de mots et tournures de phrases non utilisées au Québec.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Meg Cabot
Maison d’édition: Hachette Jeunesse
Année de publication: 2015
ISBN: 9782912256538
Public cible: 11 à 13 ans

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Enfants cherchent parents trop bien (pas sérieux s’abstenir!)

enfants cherchent parents trop bienIl y a bien longtemps, vivait une petite fille qui faisait la joie de ses parents. Hélas! le malheur, on le sait, arrive souvent sur la pointe des pieds… Et voilà Élise obligée de vivre avec une femme qui n’a vraiment rien d’une mère.

Les parents ne sont pas parfaits. Ils font des erreurs, ils blessent parfois, ils mettent la honte à leurs enfants, ils ont de ses idées farfelues, ils sont trop poules, trop laxistes, trop différents des autres, trop stressants, trop stressés, trop désinvoltes, trop sérieux, trop impliqués, trop curieux , trop cools ou pas assez… Ils sont parfois racistes, ont la gueule de bois, ils fument sans arrêt,  ils mentent, ils oublient de venir chercher leurs enfants, parfois ils ne les aiment pas (ou ils les aiment trop)… Tout ça, ce livre jeunesse l’aborde avec justesse par le biais de petites annonces placées par les enfants voulant changer de parents. Génialissime. Attention! Pour lecteurs avertis.

Fille haïtienne adoptée, 8 ans, cherche parents noirs pour passer inaperçue. Cède ses gentils parents adoptifs bien blancs à enfant russe ou roumain. Arrangement à l’amiable si langue française courante. (p. 31).

Auteur(s) / illustrateur(s) : Élisabeth Brami & Loïc Froissart
Maison d’édition: Seuil jeunesse
Année de publication: 2014
ISBN: 9791023501216
Public cible: À partir de 7 ans
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L’enfant, le jaguar et le feu

jaguar feuUn jour, un chasseur indien décide de quitter son village pour capturer des bébés perroquets. Il demande au jeune Botoque de l’accompagner. Hélas, la partie tourne mal et le garçon est abandonné dans la jungle. Un magnifique jaguar, civilisé en tout point, croise alors son chemin. Il le recueille, s’occupe de lui comme de son propre fils et lui dévoile le secret du feu. Botoque promet de ne rien dire à personne. Le pourra-t-il seulement ?

Ceci est un conte brésilien qui se raconte dans de nombreuses tribus d’Amazonie. Illustrations surprenantes et naïves. Texte joliement ficellé. Très large format agréable, idéal pour la lecture à un groupe.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Muriel Bloch & Aurélia Fronty
Maison d’édition: Magnard Jeunesse
Année de publication: 2014
ISBN: 9782210960176
Public cible: 6 à 11 ans

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