Sarah & Sac-à-Puces: Un poney dans l’ascenseur

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseurSarah vient d’emménager dans un immeuble avec sa mère. Elle essaie de se faire des amis mais les enfants refusent de jouer avec elle. Alors qu’elle s’isole, elle découvre un livre sur les Indiens et rêve d’avoir un cheval comme eux. Devant le refus de sa mère, elle cherche quelque chose de plus petit et trouve un étrange poney dans le magasin Bric & Broc…

Dans ce roman, on rencontre une petite fille qui tente de s’intégrer à un nouveau milieu. Les enfants, méchants et méfiants, lui disent de retourner d’où elle vient. Il y a plusieurs niveaux de lecture: Revenir d’où elle vient, est-ce son ancien quartier, ou bien quelque chose de plus profond, induit à cause de la couleur de sa peau? On ne le saura jamais, mais j’ai adoré cette liberté offerte au lecteur d’y voir ce qu’il veut bien voir; chaque enfant aura sa propre interprétation. Parents, pourquoi ne pas en profiter pour lire ce roman en même temps que vos enfants et de discuter avec eux de ce qu’ils ont compris de l’histoire ?

Le père de Sarah est absent. Où est-il ? On l’ignore. Mais Sarah le mentionne quand même lorsqu’elle dit aimer les Indiens car ils ont les cheveux noirs et lisses « comme les siens et ceux de son père ». Sarah est très belle avec son teint brun et sa tignasses frisottée. Sa maman, elle, est blanche et a les cheveux blonds. Ces informations nous sont données par les illustrations car la couleur de la peau n’est jamais mentionnée dans le récit. On pourrait même penser qu’il s’agit d’une simple histoire sur l’arrivée dans un nouvel appartement. Et puis, les amoureux des chiens seront servis, le chien de l’histoire est à croquer ! Ainsi, le roman traite avec légèreté de l’exclusion et de la discrimination, notamment à travers ce chien dont tous les enfants se moquent parce que ce n’est pas un poney et qu’il a d’ailleurs une drôle de tête. Quand ils découvrent que c’est surtout un bon compagnon, chien ou poney, soudain l’apparence n’a plus d’importance. Et à travers une aventure avec Sac-à-Puce, Sarah parviendra à s’intégrer elle aussi.

J’ai adoré le caractère de Sarah: fougueux, curieux, plein d’imagination. Elle ne baisse pas les bras et n’hésite pas à exprimer son mécontentement. Franchement, j’ai adoré ce roman qu’il vous faut lire au plus vite !

Coup de cœur ! 

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 2

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 3

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jan Birck
Maison d’édition: Alice éditionsBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782874263743
Public cible: À partir de 9 ans

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Entre ici et là-bas

Entre ici et là-bas Michèle MatteauPas facile d’être le bourgeon d’un arbre déraciné… C’est ce que pense et vit Ganaëlle, dix-sept ans. Émigrée d’Afrique subsaharienne et au pays depuis bientôt trois ans, elle tente de devenir une Canadienne à part entière, mais se heurte à l’attitude négative de ses parents. Des parents qui ne lui semblent plus les mêmes depuis que la famille s’est réfugiée à Ottawa. Sa mère, surtout, a changé. De femme autonome, aimante et pleine d’humour, elle est devenue dépendante, renfermée et la colère qui la ronge la porte parfois jusqu’à la violence. Ganaëlle n’a personne à qui se confier. Elle se sent terriblement seule. C’est sur les pages lignées de cahiers d’école qu’elle raconte son désarroi, sa rage et la solitude qui la tenaille.

J’ai énormément aimé ce roman. La plume de Michèle Matteau m’a complètement plongé dans la peau du personnage de Ganaëlle, une adolescente arrivée au Canada depuis trois ans et qui cherche toujours à s’intégrer. Son style d’écriture est efficace, réaliste et empreint d’un respect pour le vécu des personnes immigrantes dont elle raconte l’histoire. L’auteure étant blanche et n’ayant pas vécu un tel parcours migratoire (on ne peut comparer une immigration interprovinciale à une immigration internationale), le risque était de s’approprier ces récits qui ne sont pas les siens. Une petite recherche m’indique que l’auteure a pris soin de rencontrer des personnes immigrantes et a longuement travaillé avec elles. Elle mentionne d’ailleurs dans ses remerciements qu’auprès d’elles, « [elle] a pris conscience des profondes difficultées d’une intégration réussie à un pays d’adoption et [elle] a pu constater le courage, la détermination et la résilience que cela exige. » (p.159) Les thèmes de l’immigration sont rarement exploités en littérature jeunesse avec autant de doigté et de profondeur dans les récits de fiction. Franchement, chapeau !

Michèle Matteau a choisi de ne pas identifier le pays duquel Ganaëlle provient, par souci de pérennité de son histoire. J’ai aimé cette approche. L’histoire de Ganaëlle aurait aussi bien pu être la mienne ou celle de gens de mon entourage. De plus, le fait que l’histoire soit racontée par une adolescente à un moment charnière de sa vie rend le récit encore plus fort. L’adolescence vient avec une série de questionnements, mais aussi la sensation de pouvoir tout faire, tout accomplir. Malgré toutes les difficultés rencontrées, Ganaëlle a la vie devant elle et l’histoire porte en elle ce souffle d’espoir. Je recommande vivement ce roman ! Contexte canadien.

Je remercie les éditions David de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Michèle Matteau
Maison d’édition: Éditions David Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782895977117
Public cible: Ados
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Rêve plus haut que la tour Eiffel !

Rêve plus haut que la tour Eiffel

C’est jeudi. la maîtresse de khadi a prévu d’emmener ses élèves à la tour Eiffel. mais avant, ils passeront leur matinée en classe, à discuter autour d’un thème. Celui proposé aujourd’hui est le mot « rêve ». les élèves parleront de leurs rêves, mais khadi estimera que le sien est sans doute un peu trop grand pour elle….

Rêve plus haut que la tour Eiffel! est le deuxième livre de la série Je suis khadi!. J’ai d’ailleurs lu avec intérêt le premier livre, J’ai mal à mes cheveux. Ici, on retrouve Khadi et sa meilleure amie Lilas alors qu’un débat scolaire sur les rêves éveille en elles un désir de se réaliser. Ce récit du quotidien met en scène une jeune fille noire et constitue un modèle positif pour les lectrices racisées à la recherche de représentation en littérature. Le propos est intelligent et les illustrations m’ont plu, même si l’équilibre entre les deux aurait pu être meilleur. À lire !

Pistes d’exploitation en milieu scolaire ou en famille:

  • Quelle est la différence entre un rêve que l’on fait la nuit et un rêve qu’on entretien toute la vie ?
  • Demande à un adulte de ton entourage qu’elle était son rêve lorsqu’il avait ton âge.
  • Pourquoi dit-on qu’il faut rêver plus haut que la tour Eiffel ? Pour les enfants québécois, on pourrait dire: Rêve plus haut que la tour du stade olympique ! Ou encore rêve plus haut que le Mont-Royal !
  • Quel est ton rêve ? Que pourrais-tu faire pour qu’il se réalise ?
  • Quels sont les rêves des camarades de classe dans le livre ?
  • Fait une recherche à la bibliothèque sur les conditions de vie des enfants du monde. Qu’est-ce qui te distingue d’un écolier belge ? Congolais ? Coréen ? Cubain ? Burkinabé ?
  • Fait une recherche à la bibliothèque sur des gens qui ont changé le monde (y a-t-il un personnage historique qui t’a le plus marqué ? Que tu admires ?)

Je remercie l’auteure Vanessa Yath de m’avoir offert ce livre.

Venessa Yath est une auteure française.

Venessa Yatch

Haneek.s est une illustratrice originaire de la Guadeloupe. Elle vit à Paris.

Haneeks

Auteur(s) / illustrateur(s) : Venessa Yatch & Haneek.s
AutoéditionBouton acheter petit

Année de publication: 2019
ISBN: 9782956770323
Public cible: 9 ans et plus

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Pars, cours ! Bernadette

Pars Cours BernadetteEn juin, j’irai au bal des finissants avec Lenny. C’est décidé ! Rien ni personne ne pourra m’en empêcher, même pas lui ! Pour le séduire, j’ai besoin :
– de noix et de raisins secs;
– de billes;
– de ficelles et de bouts de tissu;
– de ma salive (beurk !);
– de quelques-uns de ses cheveux châtains-trop-parfaits-qui-sentent-si-bon !
Pourquoi ? Pour faire de la magie vaudou. C’est ma grand-mère qui me l’enseigne ! Le vaudou, c’est la sorcellerie LA PLUS PUISSANTE du monde. À moi le beau Lenny! Et adieu, les mauvais coups d’Alexis! Rien ne m’arrêtera! (Même s’il faut que je me promène avec une crotte de chien dans mon sac d’école.)

Bernadette est le sixième livre paru dans la série Pars, cours !, des romans pour enfants écrits en gros caractères peuvent être lus dans n’importe quel ordre. Ce roman a maintenu mon intérêt jusqu’à la toute fin et j’ai trouvé que Bernadette était très attachante. Québécoise d’origine haïtienne, elle est très attachée à la culture de ses parents et entretient avec sa grand-mère qui vit à Port-au-Prince un lien étroit. Toutes deux sont très proches malgré la distance qui les séparent et Bernadette n’hésite jamais à lui demander conseil. Elle porte ses cheveux tressés qu’elle adore ornementer de perles multicolores. À 11 ans, Bernadette est amoureuse de Lenny, un garçon blanc de sa classe qui n’est pas très populaire. Elle est intéressée par son intelligence et son honnêteté; elle se fiche bien qu’il soit un souffre-douleur plutôt mauvais en sport !

Bref, Bernadette est une fille drôle, débrouillarde et gentille. Elle se passionne pour le tricot et admire l’athlète haïtien Sylvio Cator. Elle ne se comporte pas en victime et n’est pas non plus la cible de racisme dans le récit. Au contraire, ses camarades de classe la perçoivent comme l’une des leurs, par exemple, lorsqu’elle mentionne à son enseignante qu’elle veut faire son projet scolaire sur un pont qu’elle a vu « dans son pays », un garçon lui dit « Bernadette, tu n’es même pas haïtienne. T’es née au Québec! » (p.139). Malgré tout, il arrive un moment dans l’histoire où elle se demande si Lenny ne l’aime pas à cause de sa couleur de peau ou de ses cheveux frisés (p.282). La jeune fille se montre très intéressée par le vaudou, qu’elle espère utiliser pour faire un charme d’amour pour Lenny. Son enseignante lui expliquera alors que l’amour ne peut pas être provoqué. La grand-mère de Bernadette lui parle souvent de cette religion, qu’elle décrit comme « l’art de la grande sorcellerie » (p. 15). Elle lui parle des offrandes, des esprits (par exemple: papa Legba, Ogoun Zobla, etc.) et des croyances vaudous (par exemple le fait qu’il ne peut pas être utilisé pour faire le mal). L’auteure fait preuve d’une sensibilité ethnique et raciale qui personnellement m’a fait du bien en tant que lectrice noire. À un moment, Bernadette mentionne qu’elle arrive difficilement à faire entrer tous ses cheveux dans son bonnet de bain (p.93) et cela m’a fait sourire car c’est une situation très courante chez les personnes ayant les cheveux crépus ou très frisés. Aussi, pour rendre compte du sentiment amoureux et de la gêne de Bernadette face à Lenny qui lui plait beaucoup, l’auteure a choisi d’écrire de manière non hégémonique « mes joues brûlent » (p.188) plutôt que de mettre l’accent sur la couleur des joues. Chapeau !

Le texte et la mise en page est très dynamique: certains mots ont une typographie variée pour mettre l’accent sur certains mots. Les illustrations sont réussies et j’ai adoré les retrouver ici et là dans le livre. L’auteure Nadine Poirier a également écrit Lenny, dans la même série, et j’ai franchement envie de le lire ! Fortement recommandé !

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadine Poirier
Maison d’éditionÉditions de MortagneBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782897920005
Public cible: 10 à 12 ans.

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La saveur des bananes frites

la saveur des bananes frites

Saraphina vit avec son grand frère Jude à Paris dans un foyer pour jeunes étrangers. Quand elle passe devant les grilles de la Cité Paradis et ses beaux appartements, elle ne peut s’empêcher de penser à une autre cité : celle où ses parents ont vécu avant sa naissance, en Haïti, et qu’ils ont dû fuir suite aux « grands combats ». Depuis, la vie ne les a pas épargnés : après la mort de leur mère, Jude et Saraphina ont dû apprendre à vivre seuls. Mais Jude semble profondément attaché à ses racines, alors que Saraphina, née à Paris, préférerait parfois les oublier. Au quotidien, elle s’applique surtout à rendre la vie plus légère. Au collège, elle s’intéresse à tout ; au foyer, elle aide Jude autant qu’elle peut, et rit avec Malik, qui lui fait voir la vie en couleur. Mais quand tout tourne mal, l’horizon du retour en Haïti se dessine peu à peu comme seul échappatoire possible. Comment Jude et Sara parviendront-ils à affronter cette nouvelle page de leur histoire ?

J’avais de grandes attentes face à ce roman et j’ai été plutôt déçue…  Bien que j’aie grandement apprécié la plume de l’auteure, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Saraphina en particulier m’a semblé assez unidimensionnelle: sans papiers en France, elle répète souvent qu’elle n’aime pas, ne connait pas et n’est pas intéressée à connaître Haïti. Toutefois, on en sait très peu sur elle, sur ses intérêts, ses qualités, ses défauts, ses forces et ses faiblesses. J’aurais aimé connaître Saraphina en tant qu’humaine complexe et unique ! J’aurais aimé la suivre dans son cheminement identitaire en tant que fille ayant perdu sa mère et son père vivant depuis toujours en France, mais devant retourner vivre dans un pays inconnu.

La représentation d’Haïti m’a également déplu. À la lecture du roman, on retient que ce pays n’est que pauvreté, lenteur et délabrement habité par des gens à la peau si sombre que leur visages semblent avoir été « noircis par la cuisson [d’une] cocotte-minute » (p.107) de la chaleur des tropiques. J’aurais aimé que le roman aborde des éléments plus positifs pour contrebalancer. De plus, le vaudou est peint comme une sorte de pratique magique et mystérieuse se résumant aux poupées piquées d’aiguilles. Au passage, l’auteure n’oublie pas de nous rappeler que les habitants d’Haïti sont des descendants d’esclaves, mais passe sous silence leur lutte pour leur indépendance. Ugh. J’aurais tellement aimé aimer ce roman. Le mieux, c’est peut-être que vous le lisiez pour vous faire votre opinion personnelle. Et puis dites-moi ce que vous en avez pensé!

* Prix de Ravinala Madagascar

Sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2018-2019

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sophie Noël
Maison d’édition: Magnard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782210963672
Public cible: À partir de 9 ans

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Cassius

Cassius Catherine LocandroDans les années 1950 aux États-Unis, un Noir ne peut pas s’asseoir à côté d’un Blanc dans le bus. Il ne peut pas non plus boire la même eau que lui, ni fréquenter les mêmes écoles. Les Blancs et les Noirs ne sont pas égaux en droits : c’est la loi qui le dit. Malgré leur jeune âge, Cassius et son frère subissent cette violence au quotidien. Ils encaissent les inégalités comme autant de coups… jusqu’au jour où l’aîné découvre la boxe. Dans les gymnases, la couleur de la peau importe peu. Rapidement, s’entraîner devient pour Cassius une obsession, gagner, une nécessité…

Au-delà du portrait de l’un des plus grands sportifs de tous les temps, Cassius est un roman sur l’Amérique de la ségrégation raciale. Catherine Locandro peint avec les mots cette période difficile de l’histoire des États-Unis sans jamais perdre de vue le destin de son personnage principal. Dans une écriture vive et travaillée, on découvre un Mohamed Ali sûr de lui, plein de fougue et inspirant qui, même si son histoire est imaginée par l’auteure, nous informe sur l’héritage de ce célèbre boxeur. Les chapitres très courts donnent au roman un rythme soutenu porté par des personnages attachants dont le lecteur se soucie. Le contexte est bien campé sans toutefois alourdir le texte.

Rudy suit son père et s’installe avec lui parmi d’autres spectateurs. L’enfant remarque que, comme sur le mu de la gloire dans le gymnase de l’auditorium, Blancs et Noirs sont mélangés dans la salle, certains assis côte à côte. Cassius lui a raconté qu’un journaliste avait demandé à Martin pourquoi la ségrégation ne s’appliquait pas dans son gymnase. Le sergent avait répondu que Blancs et Noirs devant s’affronter sur le ring, il était logique qu’ils apprennent à se connaître à l’entraînement… (p.124)

Je recommande ce livre aux amateurs de romans historiques, de bio-fictions ou de récits réalistes. Un roman excellent qui parvient a maintenir l’intérêt du lecteur jusqu’à la toute fin. Très bon !

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs. 

Je remercie les éditions Albin Michel Jeunesse de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Locandro
Maison d’éditionAlbin Michel JeunesseBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782226437570
Lectorat cible: Ados
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Naïma et la magie du cirque

Naïma et la magie du cirque (Kinra Girls)Chez Naïma, la vie est gaie, entre des parents aimants et quatre petits frères turbulents. Pourtant, l’argent manque souvent… Alors, quand vient son anniversaire, Naïma ne s’attend pas à ce que son rêve se réalise : des cours à l’école du cirque ! Ce sera le début d’une grande aventure.

Les Kinra Girls sont cinq jeunes filles talentueuses venues des quatre coins du monde. Loin de chez elles, elles vont comparer leurs différences culturelles et devenir amies pour la vie. Dans La magie du cirque, on découvre l’histoire de Naïma avant leur rencontre. Je n’ai pas lu les autres titres des Kinra Girls en entier; sachez que ce titre se lit très bien indépendamment des autres.

Naïma est américaine. Son père est blanc et sa mère, noire. Cette dernière est originaire du Bénin et transmet régulièrement à ses enfants la culture de se pays: la langue fon, la caleta (danse de rue enfantine), les contes traditionnels, etc. La famille est nombreuse et a des soucis financiers. On dit d’ailleurs que le père se rend au travail à vélo, non pas par choix ou conscience écologique, mais parce qu’il n’a pas les moyens de s’acheter une voiture. 

Naïma est entourée de personnages d’origines diverses qui se soucient d’elle et avec qui elle entretient des liens sains: la voisine haïtienne qui lui chante des chansons traditionnelles et lui raconte des histoires de son pays, Fat Eddy le patron (blanc) de son père qui travaille à Coney Island, ou encore Funny Billy un afro-américain qui l’initie aux arts du cirque. Devant son talent naturel pour cette discipline, d’autres enfants commencent à éviter Naïma par jalousie. Le récit se termine toutefois avant que l’on sache comment Naïma vit cette situation. D’ailleurs, le récit, lent au début et précipité à la fin, manque d’une ligne directrice claire. On parvient tout de même a bien cerner le personnage de Naïma auquel on s’attache sans difficulté. En fin d’ouvrage, on retrouve un dossier « pour en savoir plus » où l’on parle du boubou (vêtement traditionnel) et de la tradition orale africaine.

L’univers dans lequel évolue Naïma est somme tout assez genré, et on réitère régulièrement qu’elle est une fille par toute sorte de petits clins d’œil sur ce qui est approprié ou pas pour elle de faire. Par exemple, à à l’école, ses deux frères font toujours semblant de ne pas la voire car « on ne parl[e] pas aux filles devant les copains. C’est la honte, quoi! » (p.94) Naïma n’est pas dérangée par cela et trouve cela normal. Autre exemple, on lui dit de ne pas faire la roue car elle porte une jupe (alors qu’on aurait pas l’idée de surveiller et contrôler la manière dont les garçons s’habillent ou ce qu’ils font). Troisième exemple: alors qu’un garçon (Rico) cherche la bagarre après avoir provoqué Naïma, un intervenant lui dit: « Tu ne dois pas frapper les autres, surtout pas une fille qui t’arrive à l’épaule » (p.98) C’est bien sûr à Rico de s’excuser, mais il dit simplement qu’il la pardonne (!). Naïma se défend en disant que c’est à lui de s’excuser, mais l’intervenant dit qu’au moins, Rico a « fait un effort ». Ainsi, il est acceptable pour un garçon de se montrer violent; l’important est qu’il « fasse l’effort » de se contrôler. Eh, misère…

[SPOILERS] Plus loin dans le récit, Rico tourmente Naïma et va même jusqu’à lui empoigner le bras. La jeune fille se libère de son emprise et se met à courir. Alors que Rico est à sa poursuite, il trébuche et se retrouve les pieds dans le vide du haut d’un immeuble de six étages. Naïma ne peut se résoudre a le laisser tomber à une chute qui lui serait mortelle et elle décide de lui venir en aide. Gêné et reconnaissant, Rico se traite lui-même de « gros nul » et affirme que toute personne qui s’en prend à Naïma ou lui fait des problèmes aura désormais affaire à lui. Ce qui m’a dérangé dans ce passage, c’est qu’à aucun moment Rico ne s’excuse de son comportement macho et violent. De plus, il demeure agressif envers les autres; ce n’est que Naïma qui sera épargnée car elle lui a sauvé la vie. Pis encore, Naïma aura beau lui dire que sa protection n’est pas nécessaire, Rico continuera de la suivre partout contre son gré, de se mêler de ses affaires et de la surprotéger. Bonjour l’absence de consentement. [FIN SPOILERS]

Bref, Naïma et la magie du cirque est un roman intéressant avec des personnages réalistes, mais qui véhicule des messages auxquels je n’adhère pas. Parents, vérifiez si ces messages vous conviennent ou préparez-vous à discuter de cette lecture avec votre enfant avant de lui offrir ce roman. Après tout, tout se lit; mais une bonne discussion sur ses lectures permet parfois de relativiser les choses et constitue un moment d’apprentissage privilégié pour les enfants. À vous de juger.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Moka & Anne Cresci
Maison d’édition: PlayBacBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782809661934
Lectorat cible: 8 à 12 ans
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