Vive les livres !

Vive les livres jane blattPour les enfants, les livres peuvent devenir des maisons, des sièges, des chapeaux, des jardins, des cadeaux. Tantôt amusants, tantôt effrayants, ils se lisent en toutes circonstances, par temps de pluie ou en plein soleil, pour se distraire ou s’endormir.

Des enfants de toutes origines sont représentés dans cet album jeunesse qui montre les livres comme faisant partie du quotidien, au même titre que les jouets ou les objets. Les enfants réaliseront à quel point les livres sont diversifiés, de toute taille, de toutes les couleurs, de toute utilité, même: il y a en effet les livres tabouret, les livres chapeau, les livres chaises, les livres en vitrine, les livres en carton, les livres en cadeau, les livres matelassés, les documentaires, la fiction, etc. Les illustrations, très douces, sont parfois humoristiques. J’ai aimé les références à la littérature : Les Hauts de Hurlevent, Les Trois petits cochons ou Le petit chaperon rouge. Vive les livres ! est un album jeunesse excellent qu’il faut mettre entre toutes les mains. Excellent !

Vive les livres jane blatt 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jane Blatt & Sarah Massini
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782070650569
Lectorat cible: 4 à 7 ans
Vous aimerez peut-être: Ah ! Si j’avais un dinosaure, publié chez Actes Sud Junior.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

 

Publicités

Violette

violette Tania Duprey StehlikViolette, c’est le nom d’une fleur de couleur violette. C’est aussi le nom d’une petite fille. Violette va à l’école avec des enfants de toutes les couleurs. Certains sont rouges, d’autres sont jaunes et quelques-uns sont bleus. Mais Violette est la seule qui soit violette. Quand l’une de ses camarades fait une remarque sur la couleur de sa peau, elle comment à se demander… Pourquoi suis-je Violette ?

Cette histoire se déroule lors de la rentrée scolaire. Le personnage principal, Violette, est très nerveuse à l’idée d’aller à l’école et craint de ne pas pouvoir se faire des amis. Timide, elle fait tout pour passer inaperçue. Sa première journée d’école se passe plutôt bien. Ce n’est qu’au moment où son père vient la chercher à la fin de la journée que Violette est affectée par les commentaires des autres élèves sur la couleur de sa peau. Tous se demandent qui était cet homme bleu venue la chercher. Violette répond fièrement que c’est son père, mais les autres élèves n’en reviennent pas : « Ton père est BLEU? », « Pourquoi est-il bleu et pas toi ? » s’exclament-ils, décontenancés. Violette ne sait pas quoi répondre et s’inquiète à l’idée de retourner à l’école pour y subir de nouvelles moqueries. Et puis, elle ne comprend pas très bien pourquoi elle n’est ni rouge, ni bleue, comme ses parents.

Pour faire accepter son métissage à sa fille, la mère de Violette lui explique qu’en mélangeant du rouge et du bleu, on obtient une jolie couleur violette et que plusieurs personnes dans le monde sont violets, même s’il n’y en a peut-être pas dans la classe de sa fille. Elle conclut en disant à Violette qu’elle ne devrait pas se soucier de ressembler aux autres, qu’il faut être soi-même et que les gens devraient l’aimer pour ce qu’elle est, peu importe sa couleur. Ce message positif résonnera chez les enfants métissés qui eux aussi ont des parents de couleur différente qu’eux. Quelle bonne idée d’avoir fait cette analogie avec les couleurs: les couleurs primaires sont celles des personnes non métissées, alors que les couleurs secondaires sont celles des personnes métissées.

Les illustrations, naïves et aux traits nerveux, éclatent de couleur. On ne voit jamais entièrement les parents de Violette. On aperçoit un bout de bras par-ci, un pied par-là. Sur l’une des pages, une nouvelle amie de Violette partage son repas en lui offrant une pomme. L’enfant à qui j’ai lu ce livre a cru qu’il s’agissait une pomme pourrie et s’est demandé pourquoi on lui offrait des choses vilaines ! C’est fou ce qu’un petit coup de crayon en trop peut changer toute l’interprétation que l’on peu avoir d’une illustration. J’ai trouvé le texte un peu verbeux et long par moment. Certaines pages ont peu de texte alors que d’autres en ont énormément, ce qui mine l’équilibre global du livre dans sa mise en page. Un très bel album malgré tout, qui peut être utile pour entamer une conversation sur l’acceptation de soi.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Tania Duprey Stehlik & Vanja Vuleta Jovanovic
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2010
ISBN: 9781443101745
Public cible: 6 à 9 ans.
Vous aimerez peut-être: Fourchon, un livre pour enfants dont le personnage principal est mi-fourchette, mi-cuillère.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

 

Tukaï, l’enfant-sorcier

Tukaï enfant sorcierLe mariage de sa soeur approchant à grands pas, Tukaï se voit confier, par le sorcier du village, la tâche d’aller chercher le miel sauvage qui servira à préparer l’hydromel indispensable aux festivités. Le courage et la sagesse du jeune garçon sont rudement mis à l’épreuve alors qu’il doit affronter les serpents noirs, les éléphants et le lion qui rôdent dans la savane… Il n’a pas le droit d’échouer. Ne pas décevoir son peuple, ne pas déshonorer son clan. Être un Massaï…

Issu de la collection Terres de couleurs des Éditions Milan Jeunesse, ce livre tente de faire découvrir le peuple Massaï avant l’arrivée des Blancs. Il s’agit d’un récit initiatique qu’on lit avec beaucoup de plaisir et on partage les inquiétudes du personnage principal. Ce livre d’images pour les grands comprend au moins une illustration à chaque page, mais ce rapproche davantage du roman par sa quantité de texte. Le grand format (26 cm) rend la lecture de ces 43 pages très agréable. Une très belle lecture !

Quelques pistes de réflexions pour utiliser cet album en classe de 5ème ou 6ème année du primaire:

  • Comment qualifierais-tu les illustrations de cet album ?
  • Informe-toi sur les coutumes et les croyances du peuple Massaï.
  • Énumère les différents rebondissements du récit.
  • Qu’aurais-tu fait à la place de Tukaï à la fin du récit ?

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ghislaine Roman & Frédéric Pillot
Maison d’édition: Milan jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 274591703X
Public cible: À partir de 10 ans

Vous aimerez peut-être: Mawati, l’enfant du désert, un livre au récit initiatique.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Le pelleteur de nuages

le pelleteur de nuagesElliot adore les nuages, mais il déteste les taches blanches qui sont apparues sur ses mains et grandissent un peu plus chaque jour. À l’école, ses camarades de classe, intrigués, commencent à poser des questions. — Pourquoi changes-tu de couleur ? Vas-tu devenir tout blanc comme Michael Jackson ? Elliot a honte de ses mains qui se décolorent, mais il est aussi inquiet : « Jusqu’où cela ira-t-il ? Si toute ma couleur disparaît, est-ce que je vais disparaître, moi aussi ? » se demande-t-il. Grâce à son imagination débordante, celui que son père surnomme affectueusement « le pelleteur de nuages » trouvera enfin un sens et une beauté à cette différence…

Cette histoire m’a émue. Elliot est un garçon sensible à la beauté du monde, de la nature, et surtout, des nuages. Il entretient une belle relation avec son père avec qui il observe le ciel et marche jusqu’à la confiserie du coin pour déguster de la barbe à papa. Ce dernier aime jardiner, alors que la maman d’Elliot répare des voitures. Mais Elliot s’inquiète: sa peau se décolore. D’abord, des tâches blanches sur les doigts, puis jusqu’au poignet. Si toute sa couleur disparait, est-ce qu’il va disparaitre lui aussi ?

Le printemps, l’été et l’automne, quand il fait beau, Elliot et son père se couchent le dos contre l’herbe. Ils pointent un index vers les nuages. Le doigt du papa est brun chocolat, avec de la terre sous l’ongle. Celui d’Elliot est presque de la même couleur, mais par endroits, le chocolat au lait de sa peau semble taché de gouttes de chocolat blanc. (p.4)

Les douces illustrations de Josée Bisaillon accompagnent le texte en un équilibre parfait. Encore une fois, Simon Boulerice ne déçoit pas. En postface, il écrit avec doigté: « Ceux qui [souffrent de Vitiligo] ont parfois honte de leurs taches. Ils ne devraient pas, car ce sont souvent nos petites imperfections qui nous rendent uniques. » Le pelleteur de nuages est un livre jeunesse qui plaira aussi aux adultes. Il s’agit d’un conte empli de grâce et de poésie.

Je remercie les éditions La Courte Échelle de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Simon Boulerice & Josée Bisaillon
Maison d’édition: La Courte échelle Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897740979
Public cible: À partir de 6 ans.
Vous aimerez peut-être: De la même illustratrice, il y a Les poupées. Le livre La voix d’or de l’Afrique, qui s’intéresse à l’albinisme, pourrait aussi vous plaire.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Ma famille 3 + 1 = 7

Ma famille 3 + 1 = 7.jpgInspiré d’une histoire vraie, ce livre raconte les petites difficultés et les grands bonheurs d’une famille reconstituée… pas comme les autres! On y apprend que le bonheur a la tête dure, que l’espoir a toujours sa raison d’être, et que trois (deux enfants et une maman) plus un (nouveau papa) égale parfois sept. Et même plus, qui sait?

Ce livre est basé sur l’histoire de l’enfance de l’auteure Isha Bottin, qui a changé de pays pour aller vivre au Rwanda avec sa mère et sa petite sœur après le départ de leur père. Les personnages se plaisaient bien en Afrique, là où les gens « rient et sourient tout le temps ». Leur arrivée en occident sera difficile car tout y semble plus triste et terne. D’autant plus que les enfants de l’école se moquent d’eux et les perçoivent comme étrange avec leur accent et leurs histoires d’Afrique. Les enfants feront alors front commun pour traverser cette épreuve ensemble et la famille en sera d’autant plus forte. Puis, la maman tombe enceinte et le bébé ne présage que du bonheur.

Très jolies illustrations et album à couverture rigide en grand format.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Isha Bottin & Gaspard Talmasse
Maison d’édition: Éditions de la Bagnole Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782897141875
Public cible: À partir de 5 ans
Vous aimerez peut-être: Enfants cherchent parents trop bien (pas sérieux s’abstenir), publié aux éditions Seuil Jeunesse.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Les poupées

Qles poupées de luca bisaillonuand elle sera grande, Lucie voyagera. Elle dansera au son du tam-tam. Elle sera libre. Elle apprendra peut-être même à lire aux enfants ou soignera les malades, qui sait. Une chose est sûre : elle ne sera pas comme les adultes qu’elle connaît, ces gens prévisibles qui mettent les enfants dans des moules.

Les premières pages du livre ont su capter mon attention. On y découvre une petite fille blanche, Lucie, qui en sait déjà beaucoup sur les grands, par exemple qu’ils sont « extrêmement prévisibles. » Elle sait donc d’avance que sa tante Agathe lui offrira une poupée pour son anniversaire. Sauf que Lucie n’aime pas les poupées, pas plu qu’elle n’aime le rose et les robes. Lucie aime les livres, surtout ceux qui racontent des histoires de petites filles indépendantes et courageuses. Lucie aime aussi la géographie, l’aviation, les inventions, la science, marcher sous la pluie, grimper aux arbres, apprendre. En débutant ma lecture, je me suis dit « Ah, oui ! Un album féministe !  Allez, Lucie, détruis-moi les stéréotypes de genre! » Sauf que Les Poupées, ce n’est pas vraiment ça. Oui, Lucie n’est pas comme les autres filles, mais j’aurais tellement aimé que l’auteur creuse davantage ce sujet plutôt que de se perdre dans toutes les directions. Je m’explique. Lorsque la mère de Lucie lui dit « Mais toutes les petites filles aiment jouer à la poupée ! » et que Lucie s’étonne et répond « Je ne suis pas une petite fille alors ? » (p.8), sa mère est troublée et puis c’est tout. Lorsque Lucie explique que les « grands aiment les choses figées, et quand, par exemple, Lucie a besoin d’un nouveau vêtement ou d’une nouvelle paire de chaussures, samaman essaie toujours de l’influencer. « Tu ne préfères pas cette jolie robe avec des nœuds? », Lucie soupire et puis c’est tout. Lorsque Lucie tente de faire pousser des roses bleues car elle trouve qu’il n’y a pas assez de couleurs dans le jardin de sa mère, cette dernière dit: « Quelle drôle de petite fille j’ai là! » et puis c’est tout.

Ensuite, l’auteur brise le rythme du récit en racontant l’histoire d’une petite fille inventée, Kalina, qui vit en Afrique et qui n’a pas la chance d’avoir des poupées. 13 pages sur les 57 pages du livre lui sont consacrées, comme si c’était un livre à l’intérieur d’un autre. Kalina vit dans un village, sa maison est une case faire de terre séchée et de tiges de paille, elle va cherche de l’eau au puit, sa mère passe la majeure partie de sa journée à écraser des grains de mil pour faire de la farine, elle n’a pas de jouets car sa famille est trop pauvre pour lui en acheter et elle s’éclaire à la lumière d’une chandelle la nuit. Au final, Kalina confectionne elle-même une poupée avec de la paille, du coton, des feuilles de maïs et de la liane. Kalina aime beaucoup sa poupée et ne manifeste pas vraiment le désir d’en avoir une autre, plus occidentale. Toutefois, Lucie va quand même entreprendre d’envoyer toutes ses poupées à Kalina par la poste, sans succès.

les poupées 2

Je n’ai pas aimé ce livre à cause de son côté décousu, malgré la présence d’un texte de qualité, de propos intéressants et d’une mise en page dynamique. Dommage.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Françoise de Luca & Josée Bisaillon
Maison d’édition: Marchand de feuilles Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782923896700
Public cible: À partir de 7 ans.
Vous aimerez peut-être: Zékéyé fête Noël, un livre jeunesse.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Tout mélangé !

Tout mélangé Histoire de couleurs Arree ChungÀ l’origine, il y avait trois couleurs : les Rouges, les Jaunes et les Bleus. Tous uniques à leur propre façon, ils vivent en harmonie jusqu’au jour où l’un des Rouges déclare : « Les Rouges sont les meilleurs! ». Une dispute éclat alors entre les clans, et les couleurs décidèrent de vivre séparément… Qu’est-ce qui pourrait bien les réconcilier? 

Quel bel album pour la jeunesse ! Coloré, mignon, optimiste et pertinent. Mes plus jeunes adorent les livres colorés et celui-là leur a beaucoup plu ! Ils en redemandaient. 🙂 De plus, ils se sont identifiés aux personnages, ces petits bonhommes de toutes les couleurs sans aucun problème ! Je crois que toutes ces couleurs éclatantes sur fond blanc a accroché leur oeil.

Dans cette histoire, il n’y a au départ que trois couleurs: Les rouges étaient les plus bruyants, les jaunes les plus brillants et les bleus, les plus détendus. Jusqu’au jour où un Rouge s’écrie que les Rouges sont « les meilleurs ». Ainsi commença la zizanie et la séparation des couleurs: les Rouges vivent à Rougeville, les Jaunes au Mont Jaune et les bleus, à Cité Bleue. Les plus jeunes lecteurs y verront une histoire sur la dualité gentillesse/méchanceté, mais les lecteurs plus âgés seront aptes à comprendre des concepts plus complexes tels que la discrimination, le racisme et l’intolérance.

tout mélangé 2

Le récit aborde également la thématique de l’amour et de la mixité puisqu’un bleu et une jaune se rencontrent puis forment un couple heureux ensemble, qui se marie et duquel naîtra plusieurs enfants… verts ! Les couleurs découvriront alors de nouvelles possibilités (Rouge et Jaune forment Orange, Bleu et Rouge forment Violet) et se sont mélangées encore et encore jusqu’à former une véritable nation arc-en-ciel où toutes les couleurs et toutes les teintes sont permises. Puis, les Couleurs réaliseront que les vieux quartiers de Rougeville, de Cité Bleue et de Mont Jaune n’avaient plus de raison d’être. La ville sera donc reconstruite pour que toutes les couleurs puissent y vivre ensemble. Un album absolument magnifique, qui grandira avec les enfants. Un véritable baume pour le coeur. Un incontournable !!

Coup de cœur !

Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Arree Chung
Maison d’édition: ScholasticBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443169677
Public cible:  3 à 8 ans
Vous aimerez peut-être: Un mouton au pays des cochon, un album jeunesse qui aborde la thématique du vivre ensemble. Fourchon, publié chez La Pastèque, aborde pour sa part la thématique de la mixité.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook