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Mon voyage chez les Soninkés

Mon voyage chez les SoninkésCoumba, française d’origine Soninké, nous transporte dans le village de ses grands-parents, à la découverte de ses origines et de sa culture. Un livre documentaire pour découvrir l’ethnie soninké à travers son histoire, ses traditions et coutumes, sa langue et la vie quotidienne au village.

La collection Mon voyage des éditions Wagadou jeunesse vise à faire découvrir la richesse culturelle des ethnies d’Afrique, renforcer la cohésion sociale, et promouvoir et favoriser le multilinguisme. Mon voyage chez les Soninkés fait découvrir aux jeunes lecteurs le Sénégal à travers de nombreuses photographies accompagnées d’une traduction des mots en soninké.

La structure du livre est très réussie: on retrouve une présentation de l’auteure en prologue, ainsi qu’un peu d’histoire pour découvrir qui sont les Soninkés. Puis, on nous présente Coumba que l’on suivra tout au long du livre. Enfin, afin de nous aider à lire les mots étrangers, un alphabet soninké est fourni en fin de livre, juste avant une table des matières.

Chaque chapitre s’intéresse à un aspect de la vie soninkée: Le village, les saisons, la famille, la maison, l’alimentation, les vêtements et accessoires ainsi que les festivités. Bien que Coumba introduise chaque nouvelle section, elle n’est pas illustrée et on ne la suit pas réellement dans son quotidien. J’aurais voulu la connaître mieux (ce qu’elle vit, ce qu’elle aime, ce qui l’a surpris de son voyage) et connaître sa famille aussi… Des illustrations d’Audrey Boon auraient été bienvenues !

Mon voyage chez les Soninkés 2

Mon voyage chez les Soninkés invite le lecteur à s’approprier l’information, notamment par la présence d’un arbre généalogique à remplir. La reliure est de qualité, les pages sont en papier glacé et la couverture est rigide, autant d’éléments faisant de ce livre un objet de qualité. Par contre, certaines photographies manquaient de vie et d’éclat, et les images génériques  issues de Pixabay sur les pages uniquement consacrées au vocabulaire m’ont laissée plutôt indifférente; j’aurais préféré de jolies illustrations d’Audrey Boon, ne serait-ce que pour la qualité esthétique ! J’ai décidé de tester ce livre auprès d’une fille de 8 ans, histoire d’avoir le point de vue d’un enfant car après tout, c’est à eux que ce livre est adressé. Elle a au contraire aimé le côté imagier car cela l’a beaucoup aidé à lire aisément les mots français. Elle s’est aussi amusée à essayer de lire les mots en Soninkés qui lui était inconnus; pour elle, c’était comme un code secret !

Le point fort de ce livre est sans aucun doute sa prémisse de base: une jeune fille née en occident visite le pays de ses parents pour découvrir ses origines. Quelle bonne idée ! Plusieurs enfants occidentaux issus de l’immigration de deuxième, troisième ou quatrième génération s’y reconnaîtront facilement car leur expérience est semblable à celle de Coumba. On en apprend beaucoup à la lecture de ce livre. J’ai bien aimé !

Assida Traore est une auteure française d’origine soninkée.

 

Je remercie les éditions Wagadou Jeunesse de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Assida Traoré & Audrey Boon
Maison d’édition: Wagadou Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782901154013
Public cible: À partir de 9 ans
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Un été au chalet

un été au chaletPour la première fois de sa vie, Emma, dix ans et deux mois, doit passer trois longues semaines estivales loin de Léo, son grand frère adoré. Comble du malheur, ses parents ont loué un petit chalet dans le Bas-Saint-Laurent ! Heureusement, Emma traîne avec elle son petit carnet rouge pour relater tout ce qui marquera ces semaines chargées en émotions. Qui est ce garçon qui regarde la mer sans dire un mot ? Pourquoi les trois voisines ne l’invitent-elle jamais à jouer avec elles ? Et pourquoi la libraire du village la regarde-t-elle ainsi avec de gros yeux ? 

La lecture de ce roman m’a beaucoup plu ! Catherine Girard-Audet a une formidable capacité à se glisser dans la peau des filles de 9-10-11 ans. On ne sent pas du tout qu’il s’agit d’un adulte qui a écrit le livre; les émotions sont vraies, les personnages sont réalistes, leurs réactions sont appropriées à leur âge. À noter qu’il y a quelques québécismes dans le texte (« Ça n’a pas vraiment adonné », « avoir de la misère à faire quelque chose », « j’haïs », etc.), mais que le roman est tout de même fort bien écrit.

Emma, le personnage principal, est une personne qui n’a pas la langue dans sa poche : elle dit ce qu’elle pense, elle est authentique, elle est sociable et courageuse. Elle entretient une excellente relation avec ses parents (surtout avec sa mère qui semble toujours la comprendre!) et son grand-frère de 16 ans. Ces deux derniers sont d’ailleurs très proches. Cela étant dit, j’ai quelques réticences quant à la représentation d’Emma, car j’ai eu l’impression que l’auteure n’avait pas imaginé son personnage comme étant une fille noire à l’écriture de son roman et cela a donné lieu à quelques non-sens. L’illustration de couverture lui a peut-être été proposée qu’au processus d’édition ?

Aucune description physique d’Emma ou des membres de sa famille n’est offerte dans le récit. Les autres personnages du récit, lorsqu’ils sont décrits, sont blancs. À plusieurs reprises, Emma rougit pour signifier son malaise, sa gêne ou son embarras :

  • « Ma mère m’a regardée en souriant. Je pense qu’elle est fière de m’avoir transmis cette assurance qui me permet de parler en public et d’aller vers les autres sans devenir rouge tomate » (p.99-100)
  • Lorsque Loïc, le gentil voisin dont elle tombera amoureuse dans la deuxième partie du récit lui dit qu’elle est « super belle », Emma écrit dans son journal : « J’ai détourné le regard en rougissant, et je me suis empressée de changer de sujet pour dissiper le petit malaise. » (p. 214).
  • « Je lui ai donc offert de jouer à la console pour éviter qu’il se rende compte de mon malaise et du fait que je ressemblais à une tomate, et heureusement pour moi, la diversion a fonctionné! » (p.246-247).

Ces trois petits passages, mine de rien, lancent le message qu’on rougit toujours lorsqu’on est embarrassé et du coup, les petites filles noires grandissent en s’imaginant que cela s’applique à elles aussi ! Or, il faut comprendre que les petites filles ne sont pas noires avant que l’on leur dise ou qu’on leur fasse sentir qu’elles ne sont pas comme les autres. Elles sont simplement des petites filles ! C’est la société qui leur force à réaliser qu’elles sont différentes, qu’elles sont « noires ». C’est toujours bien triste d’entendre une fille noire utiliser l’expression « Être rouge comme une tomate » pour parler d’elle-même, pensant que cela signifie simplement être embarrassé… !

Similairement, à la page 255, Emma mentionne qu’elle avait « les cheveux dans les yeux à cause du vent, et Loïc a gentiment repoussé une mèche pour la placer derrière [son] oreille. » Encore une fois, cela ne concorde pas avec la représentation d’Emma en page couverture où on la montre portant un superbe afro volumineux. Ai-je besoin de mentionner que les cheveux crépus ne bougent pas suffisamment dans le vent pour se rendre jusqu’au centre du visage ? Et puis, bon, j’ai encore jamais entendu parler de familles noires normalement constituées qui vont volontairement s’exiler dans le Bas-Saint-Laurent pour un été complet. C’est bizarre.

Tous ces éléments constituent une forme de microagression : On utilise l’image d’une fille noire en couverture pour faire un coup de marketing, mais ce n’est pas l’histoire d’une personne noire qui est racontée dans le livre. D’ailleurs, on ne fait pas vraiment l’effort d’offrir une représentation juste et réaliste d’une personne noire dans le récit. Ugh. Dommage.

Mise à jour du 9 septembre 2018: Eh bien, eh bien. Surprise: Je viens de découvrir que ce livre a d’abord été édité sous le titre « Les drôles de vacances de Coralie ». Même histoire, mais on a changé la couverture. Certains crient au « Black Washing », ou l’utilisation de personnes noires pour faire un coup de pub sans que celles-ci ne soit consultées ou qu’on fasse l’effort d’offrir une représentation juste. Isssssshhhh. Ça fait grincer des dents.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Girard-Audet
Maison d’édition: Les Malins Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782896575961
Public cible: À partir de 9 ans

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Cours, Ayana !

cours ayanaPetite Éthiopienne, Ayana vit sur les hauts plateaux et court tous les matins avant d’aller à l’école. Elle rêve de devenir une championne de marathon et veut remporter la prochaine course d’Addis-Abeba à laquelle elle s’est inscrite. Peut-être gagnera-t-elle assez d’argent pour s’acheter des baskets et même pour aider sa famille ? 

L’histoire est simple, séparées en chapitres et abondamment illustrée. Ayana, le personnage principal, est une jeune fille déterminée et persévérante ayant de fortes valeurs familiales. Pour sauver son père, elle se sacrifie et manque le marathon d’Addis-Abeba auquel elle rêve de participer.

Ce petit roman réjouira les jeunes lecteurs de niveau avancé qui se réjouiront d’avoir lu un premier livre à chapitres. Attention, assurez-vous que vos lecteurs ont bien compris le récit car lire est une chose et comprendre ce qu’on lit en est une autre !

Je n’ai pas décelé de clichés dans ce livre, autre le fait qu’encore une fois, on nous présente un personnage noir africain et pauvre vivant en région rurale, comme cela se fait très souvent en littérature jeunesse. Pour l’originalité, on repassera.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Agnès Laroche & Vincent Boyer
Maison d’édition: Rageot
Année de publication: 2017
ISBN: 9782700252385
Public cible: 8 à 11 ans
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Simon et la galette d’intelligence

Simon galette d'intelligenceSimon forme un trio inséparable avec Abid, son meilleur ami, et Lovita, la fille dont il est amoureux. Un jour, ils découvrent, dans un sous-sol, un laboratoire secret avec une incroyable machine à voyager dans le temps. Ils trouvent aussi la recette d’une mystérieuse galette d’intelligence. Simon est intrigué par la liste des ingrédients qui fait référence à des époques passées. Avide d’aventures, le garçon réussit à configurer la machine et part en quête de l’eau du glacier ayant heurté le Titanic. Commence alors une série d’expéditions où les trois jeunes se retrouvent hors du temps.

Ce petit roman plein d’aventures plaira aux enfants de 9 à 11 ans. Annie Bacon maîtrise bien la langue et tient le lecteur en haleine grâce à des péripéties courtes, un rythme soutenu et une bonne dose d’humour. Lovita est une jeune fille noire, capable d’autant de prouesse que ses deux amis et sûre d’elle. Son origine ethnique n’est pas précisée, tout comme celle des deux autres personnages, ce qui rend sa représentation égale aux autres. On la décrit simplement comme ayant de « grands yeux bruns » qui font craquer Simon. Les amateurs d’histoire seront bien servis puisque les voyages dans le temps des trois amis permettent au lecteur de découvrir brièvement le XXème siècle, les grandes explorations du XVè siècle et la révolution française du XVIIIè siècle. Des encadrés en fin de chapitre nous informent sur chacune de ces périodes historiques. Et petit bonus: Annie Bacon nous révèle la recette de la fameuse galette d’intelligence en épilogue ! Je recommende vivement.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Annie Bacon
Maison d’édition: Bayard CanadaBouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782897700775
Public cible: 9 à 11 ans
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L’épopée de Soundiata Keïta

ption-*WraŒ0Aion(W¥Œ@üion&W/Tout le savoir et l’art de Dialiba Konaté sont ici réunis pour rendre hommage à celui qui fut autrefois, au clair pays de la savane, le fondateur de l’empire du Mali (ou Mandingue) : Soundiata Keïta. Retraçant les étapes de ce destin hors du commun, ces dessins, exécutés selon différentes techniques originales, forment une œuvre considérable patiemment construite depuis plus de quarante ans. Dialiba Konaté rejoint ainsi la préoccupation des griots et des sages généalogistes : que la mémoire du passé reste vive pour construire le présent.

Mon avis

Voilà un livre grand format superbe et magnifiquement illustré. Ce récit épique relate la fondation de l’empire du Mali au 13ème siècle. Tout simplement magnifique.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dialiba Konaté
Maison d’édition: Seuil Jeunesse
Année de publication: 2002
ISBN: 2020556065
Public cible: 9 à 13 ans

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Le Petit Mamadou Poucet

le_petit_mamadou_poucet« Le petit Mamadou Poucet est le souffre-douleur de sa famille. Simplement parce qu’il est différent de ses frères… et noir de peau ! En détournant le conte original du Petit Poucet, les auteurs Tarek et Morinière racontent de manière ludique et pertinente une histoire qui aidera petits et grands à réfléchir sur un problème clé de notre société : le racisme et l’intolérance. »

Je suis toujours curieuse de découvrir les milles et unes manière dont les auteurs réinvente les contes classiques. Le petit Mamadou Poucet ne déçoit pas et offre plusieurs niveaux de lecture, de nature à ravir divers publics. S’inspirant bien évidemment du Petit Poucet, conte classique de la tradition orale française, cette bande dessinée nous transporte dans un monde où être Noir signifie être coupable de tous les maux et pourchassé par le Ku Klux Klan. On y aperçoit des clins d’oeil à des classiques de la littérature tels que Le Petit Chaperon Rouge de Charles Perrault et Les Misérables de Victor Hugo. Tous ces éléments d’intertextualité et d’histoire échapperont aux plus jeunes (« C’est qui le type avec le chapeau pointu blanc???! ») et me laisse penser qu’une lecture accompagnée (par un parent, ou encore en classe à l’école) s’impose dans certains cas. Le sujet du racisme est abordé franchement et sans détour: la discrimination, le rejet, la violence psychologique, la haine, le profilage. Le tout manque parfois un peu de subtilité (on en beurre épais, comme on dit!), mais la morale est propice à discussion. Inventif.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Tarek, Morinière, Svart
Maison d’édition: Emmanuel Proust Jeunesse
Année de publication: 2008
ISBN: 2848101830
Public cible: 9 à 12 ans
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Le prince bégayant

prince bégayantLe jeune prince africain semble comblé par les dieux. Il a la beauté, la force et la gaieté. Sans peine, il apprend à maîtriser les arts de la lutte, de la danse et de la chasse. Mais dès qu’il veut parler, immanquablement, le prince bégaye. Lui, le superbe, est incapable de s’exprimer. La blessure de son orgueil grandit avec lui et le prince une fois adulte n’est plus que haine. Il fait la guerre sans fin, devient le plus terrible des guerriers. Les victoires se multiplient, sa blessure demeure. Épuisé, le prince quitte le monde des hommes pour celui des animaux, «le pays étrange des êtres qui vont sans mots». Au terme de cette initiation, le prince aura appris l’amour, le bonheur et la façon de se passer de mots.

Cet album est tout simplement magnifique. Le récit est propice à favoriser le développement de l’esprit critique des jeunes. Il est facile de s’identifier au personnage, ou du moins de comprendre son mal-être. Car on peut être aimé, adulé et admiré, mais être aux prises avec des démons intérieurs. Le texte est fluide, rythmé et touchant, et il accompagne très bien les illustrations aux tons terreux ponctués de couleurs plus vives. Un voyage initiatique, un conte sur le passage à l’âge adulte, plein de douceur, de blessures, de poésie et d’humanité. J’ai adoré cet album et j’en recommande vivement la lecture. Attention! Pour lecteurs avertis. Adapté à une animation en classe.

* Prix Chrétien de Troyes 2007

Coup de ❤ !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : François Place
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse
Année de publication: 2006
ISBN: 9782070550692
Public cible: 9 à 13 ans
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