Pain-doré

pain doré winters thisdale éditions isatisFanny, moitié jamaïcaine, moitié québécoise, déteste le surnom qu’on lui a donné à l’école, «Pain-Doré». Elle est donc épouvantée quand elle entend un camarade de classe le lui crier alors qu’elle se promène avec sa grand-mère. Pire encore, Nan-ma, qui est aveugle, veut connaitre l’origine de ce nom. Comment Fanny peut-elle décrire la couleur de sa peau à quelqu’un qui ne l’a jamais vue ? Une façon poétique et savoureuse de parler de nos différentes couleurs de peau !

Dans Pain-Doré, on rencontre Fanny, jeune métisse troublée par les surnoms que ses camarades de classe lui donnent à cause de son accent et de sa couleur de peau. Elle n’aime pas lorsque des inconnus font des commentaires sur ses cheveux ou la questionnent sur sa manière de parler. Une conversation avec sa grand-mère aveugle lui fera voir le monde d’une manière nouvelle. Pour aider sa Nan-ma a imaginer les couleurs de peau, elles trouvent ensemble toutes sorte de manières de les décrire: le thé après y avoir ajouté du lait, du yogourt à la pêche, un pain aux bananes, du sirop d’érable, noix de coco grillée, miel à la canelle, tartinade au chocolat et aux noisettes, etc. Les illustrations hyper-réalistes sont à couper le souffle et sont judicieusement cadrées. Le texte capture un moment du quotidien, une tranche de vie à laquelle bien des enfants noirs ou métisses pourront s’identifier. Au final, Fanny s’appropriera son surnom et le portera fièrement.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire ou en famille:

  • Dans le livre, Fanny réalisera que les personnes blanches (comme sa mère, par exemple) ne sont pas vraiment blanches. Du moins, « pas de la même façon que la neige est blanche ». Que veut-elle dire par là ?
  • Repère dans le texte toutes les manières que Fanny et Nan-ma utilisent pour écrire les couleurs de peau.
  • Trouve toi aussi une manière de décrire la couleur de ta peau en utilisant des aliments.
  • Avant de lire le livre, regarde la page couverture et le titre. À ton avis, de quoi parlera ce livre ?
  • Pourquoi les enfants de l’école appellent-ils Fanny « Pain-doré »?
  • À la fin de l’histoire, Fanny est-elle toujours triste qu’on lui ait donné ce surnom ? Justifie ta réponse.
  • La mère de Fanny vient du Canada et son père, de la Jamaïque. Et toi, sais-tu d’où viennent tes parents ?
  • Penses-tu que la couleur de peau est quelque chose d’important ?
  • Combien y a-t-il de couleur de peau dans ton école ? Ta classe ? Ta famille ?

Les éditions de l’Isatis ont également dévelopé une fiche pédagogique sur ce livre. N’hésitez pas à la consulter !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kari-Lynn Winters & François Thisdale Bouton acheter petit
Maison d’édition: Éditions de l’Isatis
Année de publication: 2018
ISBN: 9782924769362
Public cible: À partir de 9 ans
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L’attaque des cubes

L'attaque des cubes Marine CarteronDepuis que le magasin Cubetout a ouvert ses portes, des événements très étranges se passent dans le quartier d’Antoine et Vénus. Toutes les personnes qui ont eu le malheur de passer dans cette boutique, dédiée au jeu vidéo Minecraft, en sont ressorties transformées… Comme zombifiées ! Et si Cubetout était une passerelle permettant à Minecraft de nous envahir ? Antoine et Vénus vont lâcher les manettes pour sauver le monde !

Qu’on se comprenne bien: le personnage principal de ce roman est Antoine, un garçon blanc. C’est d’ailleurs lui qui nous raconte l’histoire. Par contre, sa meilleure amie, Vénus, est noire et a un fort caractère. Elle n’hésite d’ailleurs pas à raturer ce qu’écrit Antoine et à laisser des notes en bas de page dans le texte ! On a donc régulièrement son point de vue. Elle apparaît aussi sur la page de couverture et c’est bien souvent grâce à son courage que le récit avance (car Antoine se révèle plutôt peureux et retiré). La première description de Vénus nous arrive au quatrième chapitre, alors que la nuit tombée, Antoine et Vénus se rencontrent devant le magasin Cubetout:

Derrière moi, deux rangées de dents blanches, barrées d’un fil de métal, flottent au milieu de nulle part. […] Comme sa peau et ses cheveux sont aussi noirs que la nuit, on ne voit que ses dents et le blanc de ses yeux. J’ai l’impression d’être en face du chat bizarre d’Alice aux pays des merveilles. (p.23)

C’est un peu maladroit. Non, les personnes noires n’ont pas les yeux et les dents qui brillent dans le noir. Généralement, dans le noir, on voit une personne ou on ne la voit pas. Ça m’embête un peu d’avoir à le spécifier, car il me semble que c’est une évidence. Malgré cette petite maladresse, Vénus est un personnage vraiment intéressant. Elle est féministe (même si elle n’a peut-être pas les mots pour le dire en raison de son jeune âge), se bat pour l’égalité homme-femmes et aimerait qu’il y ait davantage de joueuses de jeu vidéo (surtout sur Minecraft!) Elle aime l’école et y excelle, et projette sérieusement de devenir présidente de la République française. Ses défauts ? Elle lève souvent les yeux au ciel et est mauvaise perdante.

On retrouve plusieurs références à la culture populaire et à l’univers des jeux vidéo dans le roman. Chaque chapitre est accompagné d’une barre de progression, comme celle que l’on retrouve souvent dans les jeux en ligne. Cela pourrait plaire à certains lecteurs récalcitrants qui préfèreraient justement jouer à Minecraft que de lire un livre ! L’enquête nous tient en haleine jusqu’à la fin. Voilà donc un bon roman pour les jeunes avec un personnage secondaire noire qui ne laisse pas sa place au premier venu.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marine Cateron
Maison d’édition: Rouergue Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782812616785
Public cible: À partir de 9 ans

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J’ai mal à mes cheveux !

LJ'ai mal à mes cheveux Vanessa Yatchors d’aune séance de coiffure, Khadi s’interroge sur la nature crépue de ses cheveux. Pourquoi leur texture n’est-elle pas aussi lisse que celle de sa meilleure amie ? Sa mère lui fait comprendre avec douceur que chaque personne est unique et que les différences de chacun sont l’une des plus belles des raisons de s’ouvrir aux autres.

Les livres sur le soin des cheveux crépus sont rares. En tenant J’ai mal à mes cheveux !, on a l’impression de tenir une petite révolution dans ses mains. Quel bonheur de lire les récits de personnes afro-descendantes racontées par elles-mêmes. #OwnVoices ! Khadi est une petite fille comme beaucoup d’autres et il est facile de s’y identifier. Elle va à l’école, passe de bons moments avec sa mère, vit en France. Une fille ordinaire, quoi ! Et quelle joie qu’elle le soit, qu’elle ne soit pas représentée comme étant exotique ou « différente », comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse. C’est une petite fille comme tout plein d’autres petites filles.

Le récit s’articule surtout autour du dialogue entre la mère et Khadi, et on sent bien que l’auteure veut faire passer un message (l’importance d’apprendre à s’occuper de ses cheveux et à les aimer au naturel). Mais compte-tenu de la rareté de ce genre de livre, ça ne m’a pas vraiment dérangé. Venessa Yatch admet d’ailleurs avoir écrit le roman qu’elle aurait voulu lire enfant. Je ne peux qu’admirer une auteure qui utilise ses mots pour dire les choses qui doivent être dites, et qui donne une voix aux petites filles noires. Bravo !

La mise en page un peu lourde manque parfois d’équilibre: le texte  domine les illustrations ou l’inverse. De plus, certaines pages sont plus difficiles à lire à cause du contrastre trop faible entre les lettres et le fond de couleur. Enfin, la reliure brochée est fragile, mais les pages sont en papier glacé. Rien de grave car si ce n’est pour la qualité matérielle, lisez ce livre pour ce qu’il représente et le message qu’il véhicule; celui de l’apprentissage et de l’acceptation de soi.

Venessa Yath est une auteure française.

Venessa Yatch

Haneek.s est une illustratrice originaire de la Guadeloupe. Elle vit à Paris. 

Haneeks

Auteur(s) / illustrateur(s) : Venessa Yatch & Haneek.s
Autoédition
Bouton acheter petitAnnée de publication: 2016
ISBN: 9782956110309
Public cible: 9 ans et plus

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Les écoles du monde

Le trésor de KolgrogogoAu village de Kolgrogogo, Boniface se rend à l’école par un sentier de brousse, comme d’habitude. Sauf que ce matin, il trouve une bague en or sur le chemin ! Au cours de la journée, tout va mal pour Boniface et le garçon se demande si le trésor n’est pas la cause de tous ses malheurs. Que peut-il bien faire de cette bague maudite ?

Ce roman lumineux nous plonge dans le quotidien d’un garçon gentil et vif d’esprit au Burkina Faso. Le texte se lit facilement et se présente dans une mise en page aérée et équilibrée, comme les éditions Auzou savent si bien le faire. Les chapitre, d’une dizaine de pages, se terminent toujours sur une note mystérieuse qui nous donne le goût de continuer notre lecture.

Même s’il s’agit du 6ème tome de la série, Le trésor de Kolgrogro se lit très bien de manière indépendante. D’ailleurs, je vous garanti qu’il vous donnera envie de découvrir les autres tomes de la série qui vous verront voyager en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, au Viet-Nam, et même à Montréal. Boniface, le personnage principal, vit en région rurale et aide sa mère à aller chercher de l’eau et à s’occuper du bétail. Même si on comprend à la lecture de ce roman que la communauté où vit Boniface n’est pas riche, il se dégage une atmosphère de camaraderie et de positivisme de sa vie au Burkina Faso. Et quel plaisir de comparer sa vie à l’école avec celle de Boniface; la récréation, la salle de classe, la cloche qui signale la reprise des cours, le chemin de l’école, le tableau de classe, les pupitres, etc. Un roman fantastique que je vous conseille vivement pour vos lecteurs autonomes du primaire !

Je remercie les éditions Auzou de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Didier Dufresne & Caroline Piochon
Maison d’édition: Auzou
Année de publication: 2017Bouton acheter petit
ISBN: 9782733800553
Public cible: 8 ans et plus
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Yakoubwé

yakoubweUn homme est retrouvé mort dans la savane. Pour le venger, les chasseurs tuent le lion qui, croit-on, a commis le méfait. Lorsque Yakouba découvre qu’il s’agit de Kibwé, un lion qui lui a déjà épargné la vie, il devient fou de douleur. Il coupe la tête du lion et part vivre seul dans la savane. Devenu Yakoubwé, il porte comme couvre-chef la tête de son ami et interdit à quiconque de l’approcher. Depuis la mort de Yakouba, les guerriers ne chassent plus le lion qui, dit-on, contient l’esprit de l’ancien berger. De plus, une cérémonie célèbre depuis ce jour l’amitié hors du commun entre l’homme et la bête. (c) Livres Ouverts.

Je suis tombée tout à fait par hasard sur cet album à ma bibliothèque publique. L’album est magnifique: les grandes pages blanches et noires contrastantes ont quelque chose de prenant, de doux et violent à la fois. Le texte et l’illustration se marient tout naturellement tout au long du livre. Par son format, ce livre est bien adapté à la lecture à voix haute devant un groupe. Et ça tombe drôlement bien, cet album peut être exploité en classe auprès des élèves de 9-10-11 ans. D’ailleurs, les bibliothécaires de Montréal vous proposent diverses pistes de réflexion ici. Je vous conseille vivement la lecture des deux autres livres de la trilogie dont Yakoubwé est la conclusion: Yakouba et Kibwé.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Thierry Dedieu
Maison d’éditionRue du Monde Bouton acheter petit
Année de publication: 2012
ISBN: 9782021072877
Public cible: 9 ans et plus
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La véritable histoire d’Angela qui manifesta au côté de Martin Luther King

Véritable histoire d'Angela qui manifesta Martin Luther KingAngela rêverait de pouvoir emprunter un livre à la bibliothèque. Seulement, elle ne peut pas : elle est noire. Et, à Alabama, les Noirs ont des droits très restreints. Un homme est là pour les aider à se défendre : le pasteur Martin Luther King.

Le roman s’ouvre sur une présentation des personnages et du lieu où se déroule l’histoire. Il s’adresse aux bons lecteurs car il y a la présence de cinq chapitres et de structures de phrases complexes. Les mots difficiles sont définis par un astérisque en bas de page. À l’intérieur même des chapitres, des dossiers thématiques donnent plus d’explications sur le contexte historique : Le commerce des esclaves, être noir aux États-Unis, la ségrégation, le boycott de Montgomery, Martin Luther King, la non-violence, etc.

Angela, le personnage principal est une personne déterminée qui adore lire. Son voisin Steve Taylor, le fils de la famille blanche pour laquelle travaille sa mère, se montre gentil avec elle. La famille Taylor, d’abord ségrégationniste, vient finalement en aide à la famille d’Angela arrêtée pendant une manifestation non-violente. Comme quoi il est possible de changer et que même dans le sud des États-Unis de 1960, des Blancs ont aussi lutté pour le respect des droits civiques. Une histoire d’amitié et d’aventure issue de la collection « Romans Images Doc » conçue en partenariat avec le magazine Images Doc.

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs.

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Auteures / illustratrices : Laurence Paix-Rusterholtz, Christiane Lavaquerie-Klein & Anne Teuf
Maison d’édition: Bayard Éditions Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782747066112
Lectorat cible: À partir de 9 ans
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La maman qui s’absentait

QLa maman qui s'absentaitue comprend un enfant lorsque sa mère s’absente ? Pourquoi part-elle ? Que peut-il y avoir de fascinant pour une mère dans cet ailleurs où l’enfant est absent ? La maman qui s’absentait interroge enfants et parents sur les notions de solitude et de séparation, mais aussi sur l’apprentissage de l’autonomie. Pourquoi Maman s’en va ? La réponse incertaine se trouve dans la poésie de Stéphane Martelly et les noirs et blancs d’Albin Christen, mais, vraisemblablement, elle s’en va pour pouvoir revenir…

Cet album prend toute sa profondeur, son sens et sa beauté dans le texte concis et juste de Stéphane Martelly, ainsi que les illustrations vibrantes en noir dense et blanc immaculé d’Albin Cristen. L’histoire aborde le thème de l’absence de la mère, le mal du pays et la dépression. La mise en page renforce ses thèmes en présentant le texte dans des spirales presque infernales, de vastes pages blanches et des motifs volumineux. L’album est lui-même un très bel objet qui plaira aussi aux adultes.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

  • Réaliser un dessin sur le thème de la perte à la manière d’Albin Cristen.
  • Relever le champ lexical autour de l’abandon dans le texte
  • Justifier pourquoi la mère « s’absente ».
  • Observer les illustrations sur fond noir; qu’ont-elles de différent des illustrations sur fond blanc ? À quoi servent les illustrations sur fond noir dans ce livre ? Que représentent-elles ?
  • Découvrir et apprécier le travail artistique d’Albin Cristen (voir son travail pour le Festival de Jazz de Montréal, les chaussures Adidas, les montres Swatch et l’Opéra de Lausanne).

* Prix Michel Tournier

Stéphane Martelly est une écrivaine et peintre canadienne d’origine haïtienne. Elle vit à Montréal.

Stephane Martelly

Auteur(s) / illustrateur(s) : Stéphane Martelly & Albin Christen
Maison d’édition: Vents d’ailleurs Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782911412653
Public cible: 9 ans et plus.
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