J’ai mal à mes cheveux !

LJ'ai mal à mes cheveux Vanessa Yatchors d’aune séance de coiffure, Khadi s’interroge sur la nature crépue de ses cheveux. Pourquoi leur texture n’est-elle pas aussi lisse que celle de sa meilleure amie ? Sa mère lui fait comprendre avec douceur que chaque personne est unique et que les différences de chacun sont l’une des plus belles des raisons de s’ouvrir aux autres.

Les livres sur le soin des cheveux crépus sont rares. En tenant J’ai mal à mes cheveux !, on a l’impression de tenir une petite révolution dans ses mains. Quel bonheur de lire les récits de personnes afro-descendantes racontées par elles-mêmes. #OwnVoices ! Khadi est une petite fille comme beaucoup d’autres et il est facile de s’y identifier. Elle va à l’école, passe de bons moments avec sa mère, vit en France. Une fille ordinaire, quoi ! Et quelle joie qu’elle le soit, qu’elle ne soit pas représentée comme étant exotique ou « différente », comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse. C’est une petite fille comme tout plein d’autres petites filles.

Le récit s’articule surtout autour du dialogue entre la mère et Khadi, et on sent bien que l’auteure veut faire passer un message (l’importance d’apprendre à s’occuper de ses cheveux et à les aimer au naturel). Mais compte-tenu de la rareté de ce genre de livre, ça ne m’a pas vraiment dérangé. Venessa Yatch admet d’ailleurs avoir écrit le roman qu’elle aurait voulu lire enfant. Je ne peux qu’admirer une auteure qui utilise ses mots pour dire les choses qui doivent être dites, et qui donne une voix aux petites filles noires. Bravo !

La mise en page un peu lourde manque parfois d’équilibre: le texte  domine les illustrations ou l’inverse. De plus, certaines pages sont plus difficiles à lire à cause du contrastre trop faible entre les lettres et le fond de couleur. Enfin, la reliure brochée est fragile, mais les pages sont en papier glacé. Rien de grave car si ce n’est pour la qualité matérielle, lisez ce livre pour ce qu’il représente et le message qu’il véhicule; celui de l’apprentissage et de l’acceptation de soi.

Venessa Yath est une auteure française.

Venessa Yatch

Haneek.s est une illustratrice originaire de la Guadeloupe. Elle vit à Paris. 

Haneeks

Auteur(s) / illustrateur(s) : Venessa Yatch & Haneek.s
Autoédition
Bouton acheter petitAnnée de publication: 2016
ISBN: 9782956110309
Public cible: 9 ans et plus

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Les écoles du monde

Le trésor de KolgrogogoAu village de Kolgrogogo, Boniface se rend à l’école par un sentier de brousse, comme d’habitude. Sauf que ce matin, il trouve une bague en or sur le chemin ! Au cours de la journée, tout va mal pour Boniface et le garçon se demande si le trésor n’est pas la cause de tous ses malheurs. Que peut-il bien faire de cette bague maudite ?

Ce roman lumineux nous plonge dans le quotidien d’un garçon gentil et vif d’esprit au Burkina Faso. Le texte se lit facilement et se présente dans une mise en page aérée et équilibrée, comme les éditions Auzou savent si bien le faire. Les chapitre, d’une dizaine de pages, se terminent toujours sur une note mystérieuse qui nous donne le goût de continuer notre lecture.

Même s’il s’agit du 6ème tome de la série, Le trésor de Kolgrogro se lit très bien de manière indépendante. D’ailleurs, je vous garanti qu’il vous donnera envie de découvrir les autres tomes de la série qui vous verront voyager en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, au Viet-Nam, et même à Montréal. Boniface, le personnage principal, vit en région rurale et aide sa mère à aller chercher de l’eau et à s’occuper du bétail. Même si on comprend à la lecture de ce roman que la communauté où vit Boniface n’est pas riche, il se dégage une atmosphère de camaraderie et de positivisme de sa vie au Burkina Faso. Et quel plaisir de comparer sa vie à l’école avec celle de Boniface; la récréation, la salle de classe, la cloche qui signale la reprise des cours, le chemin de l’école, le tableau de classe, les pupitres, etc. Un roman fantastique que je vous conseille vivement pour vos lecteurs autonomes du primaire !

Je remercie les éditions Auzou de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Didier Dufresne & Caroline Piochon
Maison d’édition: Auzou
Année de publication: 2017Bouton acheter petit
ISBN: 9782733800553
Public cible: 8 ans et plus
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Yakoubwé

yakoubweUn homme est retrouvé mort dans la savane. Pour le venger, les chasseurs tuent le lion qui, croit-on, a commis le méfait. Lorsque Yakouba découvre qu’il s’agit de Kibwé, un lion qui lui a déjà épargné la vie, il devient fou de douleur. Il coupe la tête du lion et part vivre seul dans la savane. Devenu Yakoubwé, il porte comme couvre-chef la tête de son ami et interdit à quiconque de l’approcher. Depuis la mort de Yakouba, les guerriers ne chassent plus le lion qui, dit-on, contient l’esprit de l’ancien berger. De plus, une cérémonie célèbre depuis ce jour l’amitié hors du commun entre l’homme et la bête. (c) Livres Ouverts.

Je suis tombée tout à fait par hasard sur cet album à ma bibliothèque publique. L’album est magnifique: les grandes pages blanches et noires contrastantes ont quelque chose de prenant, de doux et violent à la fois. Le texte et l’illustration se marient tout naturellement tout au long du livre. Par son format, ce livre est bien adapté à la lecture à voix haute devant un groupe. Et ça tombe drôlement bien, cet album peut être exploité en classe auprès des élèves de 9-10-11 ans. D’ailleurs, les bibliothécaires de Montréal vous proposent diverses pistes de réflexion ici. Je vous conseille vivement la lecture des deux autres livres de la trilogie dont Yakoubwé est la conclusion: Yakouba et Kibwé.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Thierry Dedieu
Maison d’éditionRue du Monde Bouton acheter petit
Année de publication: 2012
ISBN: 9782021072877
Public cible: 9 ans et plus
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La véritable histoire d’Angela qui manifesta au côté de Martin Luther King

Véritable histoire d'Angela qui manifesta Martin Luther KingAngela rêverait de pouvoir emprunter un livre à la bibliothèque. Seulement, elle ne peut pas : elle est noire. Et, à Alabama, les Noirs ont des droits très restreints. Un homme est là pour les aider à se défendre : le pasteur Martin Luther King.

Le roman s’ouvre sur une présentation des personnages et du lieu où se déroule l’histoire. Il s’adresse aux bons lecteurs car il y a la présence de cinq chapitres et de structures de phrases complexes. Les mots difficiles sont définis par un astérisque en bas de page. À l’intérieur même des chapitres, des dossiers thématiques donnent plus d’explications sur le contexte historique : Le commerce des esclaves, être noir aux États-Unis, la ségrégation, le boycott de Montgomery, Martin Luther King, la non-violence, etc.

Angela, le personnage principal est une personne déterminée qui adore lire. Son voisin Steve Taylor, le fils de la famille blanche pour laquelle travaille sa mère, se montre gentil avec elle. La famille Taylor, d’abord ségrégationniste, vient finalement en aide à la famille d’Angela arrêtée pendant une manifestation non-violente. Comme quoi il est possible de changer et que même dans le sud des États-Unis de 1960, des Blancs ont aussi lutté pour le respect des droits civiques. Une histoire d’amitié et d’aventure issue de la collection « Romans Images Doc » conçue en partenariat avec le magazine Images Doc.

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs.

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Auteures / illustratrices : Laurence Paix-Rusterholtz, Christiane Lavaquerie-Klein & Anne Teuf
Maison d’édition: Bayard Éditions Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782747066112
Lectorat cible: À partir de 9 ans
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La maman qui s’absentait

QLa maman qui s'absentaitue comprend un enfant lorsque sa mère s’absente ? Pourquoi part-elle ? Que peut-il y avoir de fascinant pour une mère dans cet ailleurs où l’enfant est absent ? La maman qui s’absentait interroge enfants et parents sur les notions de solitude et de séparation, mais aussi sur l’apprentissage de l’autonomie. Pourquoi Maman s’en va ? La réponse incertaine se trouve dans la poésie de Stéphane Martelly et les noirs et blancs d’Albin Christen, mais, vraisemblablement, elle s’en va pour pouvoir revenir…

Cet album prend toute sa profondeur, son sens et sa beauté dans le texte concis et juste de Stéphane Martelly, ainsi que les illustrations vibrantes en noir dense et blanc immaculé d’Albin Cristen. L’histoire aborde le thème de l’absence de la mère, le mal du pays et la dépression. La mise en page renforce ses thèmes en présentant le texte dans des spirales presque infernales, de vastes pages blanches et des motifs volumineux. L’album est lui-même un très bel objet qui plaira aussi aux adultes.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

  • Réaliser un dessin sur le thème de la perte à la manière d’Albin Cristen.
  • Relever le champ lexical autour de l’abandon dans le texte
  • Justifier pourquoi la mère « s’absente ».
  • Observer les illustrations sur fond noir; qu’ont-elles de différent des illustrations sur fond blanc ? À quoi servent les illustrations sur fond noir dans ce livre ? Que représentent-elles ?
  • Découvrir et apprécier le travail artistique d’Albin Cristen (voir son travail pour le Festival de Jazz de Montréal, les chaussures Adidas, les montres Swatch et l’Opéra de Lausanne).

* Prix Michel Tournier

Stéphane Martelly est une écrivaine et peintre canadienne d’origine haïtienne. Elle vit à Montréal.

Stephane Martelly

Auteur(s) / illustrateur(s) : Stéphane Martelly & Albin Christen
Maison d’édition: Vents d’ailleurs Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782911412653
Public cible: 9 ans et plus.
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Harriet et la Terre promise

Harriet et la terre promise Jacob LawrenceVoici l’histoire d’Harriet Tubman, née esclave dans le Maryland vers 1820, et de son échappée héroïque vers le Nord et la liberté. Au risque de sa vie, elle est revenue dix-neuf fois pour mener plus de trois cents des siens jusqu’à la « Terre promise ».

Ce livre est une œuvre d’art. Jacob Lawrence l’a conçu en 1968 et l’a dédié aux femmes courageuses d’Amérique, et des 17 peintures originales, 2 ont disparu (« Slave at Work » et « The North Star »). Laissez-moi vous dire que cet album sublime plaira aussi aux adultes (après tout, le travail de Jacob Lawrence a été exposé au Philips Memorial Gallery, la Downton Gallery à New York et le Moma). Il a d’ailleurs été honoré à plusieurs reprises, notamment par le National Institute of Arts and Letters. Son travail, un « cubisme dynamique », met en image la vie et l’histoire de la communauté afro-américaine, ainsi que le courage d’Harriet Tubman.

En lisant ce livre, prenez le temps d’observer longuement les peintures de l’auteur. Regardez les couleurs, admirez les techniques utilisées, réfléchissez à ce qu’elle représente et à la manière dont l’art transmet des messages. Interrogez-vous sur la place de l’art comme technique de lutte. Informez-vous sur le contexte d’où sont issues ses œuvres. Apprenez à connaître l’héritage de Jacob Lawrence (on retrouve à la fin de ce livre un texte d’introduction de l’auteur, ainsi qu’une biographie, ce qui est un bon départ). Mais creusez. Découvrez. Puis écrivez-moi pour qu’on en discute plus longuement. Un incontournable.

Coup de cœur !

* Le travail de Lawrence a été honoré par le National Institute of Arts and Letters.

Jacob Lawrence est un peintre et auteur noir américain.

Jacob Lawrence

Je remercie Ypsilone Éditeur de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jacob Lawrence
Maison d’édition: Ypsilone Éditeur Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782356540799
Public cible: À partir de 9 ans
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Le club des Baby-sitters : Le langage secret de Jessica

Language secret de jessicaJessica est très occupée : elle prépare un ballet et doit garder un enfant pour le club. Ce dernier lui apprend la langue des signes.

Le personnage principal de ce roman pour enfants de 133 pages est une fille noire nommée Jessica. On l’a décrit comme sérieuse, persévérante et fidèle en amitié. Elle adore la danse classique et son petit frère, P’tit Bout. Très consciente de son identité raciale, Jessica sait que sa couleur de peau rime parfois avec discrimination. Cela dit, elle affronte toutes les difficultés qu’elle rencontre la tête haute et sans jamais baisser les bras. Dès les premières pages, c’est avec beaucoup de maturité qu’elle nous présente sa famille :

Voici les membres qui la composent: maman, papa, ma sœur Rebecca (que l’on appelle souvent Becca), huit ans, mon frère John Philip Ramsey Junior, surnommé P’tit Bout, et moi, Jessica Ramsey. J’ai onze ans. Ma famille est noire.
Je sais que cela paraît bizarre de l’annoncer comme ça. Si j’étais blanche, je n’aurais pas à préciser ma couleur de peau, parce que vous imagineriez que nous sommes blancs. Mais lorsqu’on l’on appartient à une minorité, les choses sont différentes. (p.12-13)

La famille de Jessica vivait auparavant au New Jersey, dans un quartier mixte, mais où tous les habitants de sa rue étaient afro-américains. Le déménagement à Stonebroke, la ville où se déroule l’histoire, a été un choc pour la famille: il n’y a pratiquement pas de famille noire dans cette ville. Ils sont les seuls Noirs du quartier et Jessica est la seule fille noire de toutes les classes de sixième du collège. À ce sujet, elle raconte:

Malheureusement, les choses ont été un peu difficiles pour nous. Je ne sais pas si c’est parce que les gens d’ici n’aiment pas les Noirs ou bien parce qu’ils n’en connaissent pas beaucoup, et que ça les rend un peu méfiants mais, ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas été très sympathiques avec nous au début. Les choses ont l’air de plutôt s’arranger (tout doucement).  (p.14)

J’ai apprécié que le sujet de l’origine ethnique soit ainsi abordé sans détour. Plusieurs lecteurs pourront s’y identifier, et ceux qui n’ont pas la même expérience de vie que Jessica pourront s’ouvrir à une réalité à laquelle ils n’auraient peut-être pas été exposés autrement. C’est incroyable de penser que ce roman ait d’abord été publié en 1998 et qu’il soit toujours aussi d’actualité ! On ne sent pas vraiment que l’histoire se déroule à une époque où le lectorat cible (les enfants de 9 ans et plus) n’étaient même pas encore nés! (Bon, il y a bien eu ce moment où le club des Baby-sitter attendent des appels sur le téléphone familial qui m’a fait un peu sourire!)

Même s’il s’agit du 16è tome de la série Le Club des Baby-sitters, « Le language secret de Jessica » se lit très bien sans avoir lu les tomes précédents. L’histoire s’intéresse à Jessica, à son rôle dans la troupe de danse de l’école, et à sa relation avec Matthew, le jeune enfant sourd qu’elle garde trois fois par semaine après l’école. Lorsque sa troupe de danse est en processus de choisir une danseuse étoile pour le ballet Coppelia, Jessica s’imagine qu’elle ne sera pas choisie car il n’y avait pas de Noirs dans les petites villes européennes du XIXè siècle, où se déroule l’histoire de ce ballet. Elle sera malgré tout choisie par la professeure de ballet. Jessica trouve encourageant que cette dernière se moque bien d’avoir une Swanilda noire et espère être à la hauteur.

On parle du handicap et de la surdité de manière franche et réaliste: d’ailleurs, la sœur de Matthew vit parfois difficilement la surdité de son frère car cela rend son intégration difficile à l’école. Lorsqu’une camarade du Club, Kristy, se plaint d’avoir eu de la difficulté l’été dernier alors qu’elle a déménagé dans un quartier où personne ne l’aimait car sa famille est pauvre, la petite sœur de Jessica s’étonne: « Personne ne t’aimait, toi ? (…) Mais tu es parfaite. Je veux dire tu n’es pas sourde ou autre chose. Et tu es blanche. » J’ai trouvé la réponse de Kristy à ce commentaire tout à fait à propos: Être blanc ne veut pas nécessairement dire bénéficier d’une vie facile à tous les niveaux. Être rejeté(e) peut arriver à tout le monde, même pour les plus petites choses, comme arriver en jean à une soirée habillée, et être injurié(e) fait toujours mal.

Le texte est merveilleusement écrit et on s’attache beaucoup à Jessica. La lecture de ce roman m’a donné le goût de me replonger dans les autres livres du club des Baby-sitters (eh oui, j’en ai lu quelque uns étant enfant ! La nostalgie y compte sûrement pour quelque chose hihi! 🙂 )

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ann M. Martin
Maison d’édition: Gallimard JeunesseBouton acheter petit
Année de publication: 2018 (1998)
ISBN: 9782075104074
Public cible: À partir de 9 ans

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