Les bananes

Je sais ce que je mange les bananesCrue, en gâteau ou purée, la banane se décline à volonté. Une fois dévorée, elle nous donne pleine d’énergie ! Mais avoir la banane, ça se mérite. Avant d’arriver dans nos assiettes, elle a fait un long voyage…

Publié dans la collection « Je sais ce que je mange », ce livre regorge d’informations sur la banane. Saviez-vous, par exemple, que la banane à l’état sauvage contient de nombreux et minuscules pépins, qu’il s’agit du fruit le plus consommé dans le monde, que le bananier n’est pas un arbre, mais bien une herbe géante qui pousse extrêmement rapidement et qu’il existe 1 500 variétés de bananes ?

Point positif: on aborde aussi les dangers de la culture intensive de la banane Cavendish et des insecticides. On mentionne aussi les ravages de l’utilisation intensive de pesticides notamment en Guadeloupe ou à la Martinique où une partie de la surface agricole a été contaminée.

Dans le texte, on fait notamment référence à Josephine Baker, même s’il ne s’agit pas d’une personnage récurrent. Plutôt, on suit une petite fille noire et un garçon blanc dans diverses scènes de la vie quotidienne avec des bananes.

À la fin du livre, on retrouve une variété de faits divers sur la banane dans de courts paragraphe à la typographie cursive. Les enfants pourront ainsi pratiquer leur lecture en lettres attachées ! Bref, ce livre est très informatif et offre une représentation des personnages noirs qui est normalisée. À noter que le point de vue est Français (on aborde les îles françaises mais pas vraiment les autres, on parle de l’Union Européenne mais pas de l’Amérique). Ce livre est aussi bien adapté à une exploitation en milieu scolaire !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Anne-Claire Lévêque & Nicolas Gouny
Maison d’édition: Les éditions du RicochetBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782352632306
Public cible:  8 à 12 ans.
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Jean-Michel Basquiat: L’enfant radieux

Jean-Michel Basquiat l'enfant radieuxQuelque part à New York, dans le Brooklyn des années 1960, un petit garçon rêve de devenir un artiste célèbre. Un peu plus tard, cet enfant sauvage, génial et rayonnant, fera de lui-même un Roi… Figure de l’underground new-yorkais, Jean-Michel Basquiat, avec ses graffiti et ses peintures, fut propulsé au rang de célébrité et de monument culturel dans les années 80. Ami d’autres artistes de l’époque, tels que Andy Warhol et Keith Haring, il a incarné, mieux que quiconque, l’avènement du Street Art, spontané et libre, ayant l’espace urbain pour terrain de jeu et de création grandeur nature.

Honte à moi, je ne connaissais pas Jean-Michel Basquiat. Cet album jeunesse signé Javaka Steptoe me la fait découvrir de très belle façon. Comme Basquiat, Steptoe s’est inspiré de divers éléments de la ville de New York pour illustrer ce livre notamment sur des matériaux récupérés tels que le bois. Ce magnifique travail d’artiste donne lieu à de superbes compositions riches tout en relief et en profondeur. L’auteur a choisi de ne pas reproduire ou d’intégrer des copies de véritables peintures de Basquiat; plutôt, il a créé ses propres interprétations de certaines pièces de l’artiste. Cette démarche, parce qu’elle réinterprète une œuvre, nous pousse à en savoir plus tant Basquiat que Steptoe.

Le texte retrace la vie de Basquiat, de l’enfance jusqu’à la reconnaissance artistique. Le livre se termine par un dossier informatif qui nous en apprend beaucoup sur celui qu’on a d’abord connu sous le nom de « SAMO(c) »: Ses origines haïtiennes et portoricaines, son goût pour le célèbre tableau Guernica de Pablo Picasso, son éveil l’engagement et la guérison par l’art, son addiction à la drogue, et sa mort, soudaine, à l’âge de 27 ans. On y découvre également le symbolisme dans l’œuvre de Basquiat. Enfin, par le biais de la maladie de la mère de Basquiat, l’auteur aborde le thème de la santé  mentale.

Cet album saura intéresser les préadoslescents et les adolescents; n’hésitez pas à le leur faire lire !

* Prix Caldecott 2017

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Javaka Steptoe
Maison d’édition: Le Genévrier
Année de publication: 2016
ISBN: 9782362900402
Public cible: À partir de 8 ans
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Mon premier imagier : Français, anglais, créole guadeloupéen

Cover GDG_Maths.inddCet ouvrage pédagogique et ludique permettra à chaque enfant de se familiariser avec les 1000 mots les plus courants, d’apprendre à lire l’anglais et le créole guadeloupéen et de s’amuser à observer les similitudes et les différences entre les langues.

Ne cherchez plus d’imagier trilingue pour vos enfants. Auzou a publié en 2017 un magnifique imagier pour apprendre l’anglais et/ou le créole guadeloupéen ! Pour faciliter la recherche, on retrouve au début du livre un index des mots anglais et guadeloupéens. Les illustrations sont très belles et évocatrices. Les êtres humains, lorsque représentés dans le livre, sont souvent noirs. Chaque lettre de l’alphabet est représentée par une couleur; ainsi, les mots français débutant par D ont un fond de page bleu marine, les mots français débutant par E ont un fond de page rose. Ce sera donc facile pour les enfants de se repérer à l’intérieur du livre. La mise en page dynamique donne également le goût de simplement feuilleter ce livre sans nécessairement chercher un mot en particulier. Un livre excellent qu’il vous faut avoir dans votre bibliothèque familiale ! Je recommande !

À noter que les éditions Auzou ont également publié un imagier trilingue pour le créole réunionnais et le créole guyanais.

Je remercie les éditions Auzou de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / Illustrateur(s) :  Collectif
Maison d’édition : Éditions Auzou
Année de publication : 2017
ISBN : 9782733847435
Public cible : 8 ans et plus

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Les vacances de Léa

Les vacances de Léa Belin éducationDans le train qui l’emmène en vacances, Léa fait de drôles de rencontres. Quelle aventure de croiser sur sa route des animaux sauvages et des samouraïs japonais ! Entre rêve et réalité, la petite fille va voyager de surprise en surprise.

Testé par des enseignants et des orthophonistes, Les vacances de Léa est publié chez Belin dans la collection Colibri. Cette collection est spécialement conçue pour les enfants dyslexiques et dysorthographiques avec 4 niveaux progressifs de difficulté du graphème, la longueur de l’histoire et la richesse du vocabulaire. Ce livre inclus deux histoires : Panique dans le train, ainsi que Mamie Kimono, chacune étudiant un graphème différent (QUE dans la première, et O dans la deuxième). Pour faciliter la lecture du texte, une grande attention a été portée à la lisibilité de la typographie, à l’espacement des lettres, des mots et des lignes. Tout dans ce livre est pensé afin d’aider les enfants ayant des difficultés en lecture: il y à même des activités d’échauffement permettant de s’entrainer à lire le graphème pour préparer la lecture.

Léa a le teint brun, tout comme ses parents et sa grand-mère. Elle sait faire face aux imprévus et on peut compter sur elle pour sauver une situation. Ses histoires sont loufoques et j’espère que la maison d’édition nous offrira de nouvelles aventures avec elle !

Auteur(s) / illustrateur(s) : René Gouichoux & Thérèse Bonté
Maison d’édition: Belin
Année de publication: 2017
ISBN: 9782410005677
Public cible: À partir de 8 ans
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Toc toc toc, Papa, où es-tu ?

Toc toc toc, papa où es-tuChaque matin, je joue au même jeu avec mon père. TOC, TOC, TOC, il frappe à ma porte, je fais semblant de dormir, jusqu’à lui sauter dans les bras. Mais, un matin. Silence. Papa n’est plus là… Une histoire vraie, un album poignant sur l’absence du père salué par le New York Times.

Je dois absolument débuter cette critique en soulignant la qualité des illustrations de Bryan Collier. Faites de photographies, de collages et d’aquarelles hyper-réalistes, elles témoignent d’un minutieux  travail d’artiste. Tout s’emboîte parfaitement et les techniques mixtes se côtoient comme si elles étaient faites pour être ensemble tout en soutenant habilement le texte. Celle que je préfère, c’est celle où on voit une peinture du jeune garçon devant un miroir où son visage photographié est reflété dans un cadre en bois. Le texte, puissant, ira chercher auprès du lecteur quelques larmes par l’authenticité des émotions véhiculées. L’amour, l’attente, la déception, le manque, l’absence, le vide, l’oubli, l’incompréhension, la perte. En épilogue, l’auteur Daniel Beaty raconte comment la visite de son père en prison a été traumatisante pour lui et comment son absence a créé un énorme vide dans sa vie. L’illustrateur, qui a été touché par le texte de Beaty lorsqu’il l’a entendu sur scène, explique son processus artistique. Cet album fabuleux est à mettre entre toutes les mains.

* Salué par le New York Times.

* Prix Coretta Scott King 2014.

Coup de cœur !

Daniel Beaty est un auteur noir américain.

Daniel Beaty

Bryan Collier est un illustrateur noir américain. 

Bryan Collier

Auteur(s) / illustrateur(s) : Bryan Collier & Daniel Beaty
Maison d’édition: Little Urban Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782374080123
Public cible: 8 à 12 ans.
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Voici Viola Desmond

Voici viola desmondPar un jour pluvieux de novembre 1946, Viola, de passage à Glasgow en Nouvelle-Écosse, décide d’aller au cinéma. Elle s’installe dans la section officiellement réservée aux Blancs, mais l’ouvreuse lui demande de changer de place. Viola refuse, car elle sait que c’est à cause de la couleur de sa peau. La police l’amène de force. Viola est emprisonnée, jugée et déclarée coupable. Cela ne l’empêche pas, avec l’aide de ses partisans, de continuer à se battre pour la justice sociale. Sa cause ira jusqu’à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse. Parce que quand Viola a une idée en tête… elle n’abandonne pas !

La ségrégation a existé au Canada. À l’école, durant le cours obligatoire d’Histoire du Québec et du Canada de 4ème secondaire, on n’en a pas du tout parlé. L’autre jour, j’en discutais justement avec d’autres personnes de mon âge qui m’ont révélé qu’elles non plus n’avaient pas abordé cette période sombre de l’histoire du Canada. On aime bien entretenir notre réputation de « gens gentils » ici. C’est un peu notre marque de commerce. Pourtant, l’histoire de Viola Desmond nous rappelle que le racisme a bel et bien existé dans ce pays.

Viola Desmond était entrepreneure et pionnière en matière d’égalité raciale au Canada. L’histoire est racontée par un narrateur omniscient et on en apprend beaucoup sur la vie de cette grande femme: ses études à Montréal, sa détermination, sa famille nombreuse, sa dignité et sa force de caractère. On s’intéresse davantage au personnage qu’on contexte canadien; j’aurais aimé qu’on s’y attarde un peu plus (par exemple, parler des Noirs Canadiens, parler plus amplement de l’association de la Nouvelle-Écosse pour l’avancement des gens de couleur), de Sydney et d’Halifax. On accuse Viola d’avoir refusé de payer un cent de taxe au gouvernement Canadien en s’assoyant au parterre (réservé aux Blancs) d’un cinéma alors que sont billet était pour le balcon (réservé aux Noirs). Le tribunal ne mentionne pas la couleur de la peau de Viola, mais tout le monde sait que c’est de cela qu’il s’agit. Les illustrations réalisées avec des outils traditionnels et numériques, et les couleurs et textures à la gouache et à l’aquarelle sont très réussies. Les dialogues sont présentés dans des phylactères, ces petites bulles caractéristiques des bandes dessinées. On retrouve à la fin du livre les dates importantes de la vie de Viola et de sa lutte pour l’égalité des droits de tous les Canadiens. Le tout est accompagné de photos d’archives. Très bon ! Couverture rigide.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Voici Viola Desmond 2

Je remercie les éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / Illustrateur(s) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
Maison d’édition : Éditions Scholastic
Année de publication : 2018
ISBN : 9781443163880
Public cible : À partir de 8 ans

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Fatou Diallo, détective

Fatou diallo détectiveMoi, c’est Fatou Diallo, 9 ans et demi. Avec mon associé Max (oui, bon, c’est un hamster, on fait comme on peut !), bref, avec Max, nous avons créé l’agence de détective FDD. Dès qu’il y a une enquête à mener, un mystère à élucider, on m’appelle. Pour me trouver, c’est simple : cité des Violettes, bâtiment D, à côté de l’escalier.

Fatou sait marchander ! Elle sait ce qu’elle veut et elle ne travaille pas pour rien. Bref, elle connaît sa valeur. Elle n’a pas non plus la langue dans sa poche. D’origine sénégalaise, voilà trois générations que sa famille a immigré en France. Au début du roman, Fatou affirme : « Si je n’avais pas la peau noire, j’aurais sans doute rougi jusqu’aux oreilles de mon impertinence » (p.15). À la lecture de cette phrase, je me suis demandée s’il n’existait pas une autre manière de décrire les sentiments du personnage, une manière qui ne serait pas hégémonique. En effet, on prend la réaction physique d’une personne blanche pour décrire les sentiments d’une personne noire. Pourquoi ?

À la page 49, le voisin arabe de Fatou affirme ne pas être responsable du vandalisme qui a eu lieu dans l’immeuble, mais est persuadé qu’on va lui mettre ça sur le dos à cause de son origine ethnique : être Arabe en France fait de lui la tête de Turc idéale. À ses propos, Fatou répond « Oh, tu sais, ce n’est pas toujours drôle non plus d’avoir la peau noire… » (p.50) Enseignants: si vous lisez ce roman avec vos élèves, demandez-leur ce que Fatou aurait bien pu vouloir dire par là.

Chaque chapitre est une nouvelle enquête de Fatou que l’on s’amuse à suivre dans ses aventures. Le récit m’a intrigué, mais j’ai été agacée des petites pointes de sexisme laissées ici et là (par exemple, que le « foot » n’est pas un sport de fille). Bien sûr, ce sexisme existe dans la réalité, mais comme il s’agit d’une œuvre de fiction pour les enfants, je ne vois pas trop l’intérêt de réitérer ce genre de stéréotypes. La société se débrouille très bien pour nous les resservir à tout moment sans que les artistes s’y mettent aussi. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuel Trédez
Maison d’édition: Nathan Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782092558232
Public cible: À partir de 8 ans
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