Le voyage de Nyéba

nyeba-voyageLe maman de Nyeba est très malade. Pour la sauver, le grand féticheur réclame une branche de cet arbre rare qui, très loin d’ici, réunit bourgeons, fleurs et fruits. Maligne et courageuse, Nyéba est prête à tout affronter pour sauver sa mère. Un matin, sous l’oeil curieux d’un bel oiseau bleu, elle prend le chemin qui quitte le village…

La maison d’édition Rue du monde nous offre avec Le voyage de Nyéba un très bel album prenant la forme d’un récit initiatique. Les paysages africains sont illustrés à l’aide de couleurs chaudes et de traits de pinceaux maîtrisés. Prévoyez une trentaine de minutes avant de finir la lecture de ce conte, 40 minutes si vous faites deux ou trois arrêts en cours de route pour questionner l’enfant à qui vous faites la lecture, et 1 heure si vous souhaitez pousser la lecture plus loin avec une discussion autour du livre. Ce livre peut être adapté à la lecture avant le dodo. Vous pourriez alors partager la lecture avec votre enfant: vous lisez la majorité du texte, mais l’enfant devra lire les dialogues. Car méfiez-vous, ce n’est pas parce qu’un enfant à atteint l’âge scolaire qui n’appréciera plus se faire faire la lecture.

Le texte est très bien écrit et on se laisse facilement emporter par la plume d’Yves Pinguilly. Le récit se dévoile peu à peu, en plusieurs péripéties qui se succèdent et laissent au pied de Nyéba autant d’obstacle à surmonter avant de pouvoir arriver à ses fins. Extrait:

Un peu plus tard, quand elle tourna la tête, elle vit un très vieil éléphant tout près d’elle. Celui-là s’était éloigné du troupeau, pour mourir sans doute. Nyéba le savait, la mort est un vêtement que les animaux, comme les hommes, doivent porter un jour.

voyage_nyeba_extraitAuteur(s) : Yves Pinguilly & Nathalie Novi
Maison d’édition: Rue du Monde
Année de publication: 2008
ISBN: 9782355040474
Public cible: À partir de 7 ans

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Tamina couleur soleil

tamina couleur soleil

Tamina est triste car elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas, comme les autres enfants, la peau claire des matins d’hiver. Elle se réfugie au creux de la ramure du laurier-tin et confie son chagrin à son amie la pie. D’oiseau en oiseau, le souci de Tamina parvient aux oreilles du soleil. C’est ce dernier qui expliquera à la petite fille le secret de sa couleur.

J’ai été émue par cette histoire. Tamina est une fille noire qui se demande pourquoi elle est la seule a avoir la peau si foncée. L’histoire débute avec son chagrin, sans qu’on en sache la raison. Le texte, tout en poésie, nous révèle peu à peu ce qui fait pleurer la jeune fille. Les plantes, les étoiles et les animaux sont dotés de raison dans cet univers et c’est auprès de la nature que Tamina tentera de trouver réponses à ses questionnements.

Lorsqu’elle rencontre un corbeau, noir de jais et magnifique, qui lui dit qu’il est tout à fait satisfait de la couleur de son plumage car « le jaune de son bec est bien plus éclatant sur le noir que sur le blanc », Tamina a la réplique facile: elle n’a pas de bec jaune pour justifier l’avantage d’avoir la peau noire et puis, tous les corbeaux sont noirs ! S’il existaient un corbeau au plumage blanc, ce dernier la comprendrait peut-être. C’est ainsi que l’auteur parvient à aborder les enjeux entourant l’identité raciale et le statut minoritaire dans ce livre auprès des enfants.

Au final, c’est le soleil (oui, oui!) qui parviendra à consoler Tamina. Le soleil lui explique qu’à la naissance de la fillette, il la trouvait si belle qu’il n’a pas pu s’empêcher d’attacher son regard à sa beauté. Ainsi, c’est parce que Tamina était le plus beau bébé que la Terre n’ait jamais portée qu’elle a le teint foncé. Joli, non ?

Les illustrations angulaires et aux couleurs franches sont très jolies. Voilà donc un bel album qui sauta apaiser certains maux liés à la couleur de peau chez les enfants noirs ou métissés de descendance africaine ou caribéenne. Recommandé !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ghislaine Biondi & Laurent Corvaisier
Maison d’édition: Gautier Languereau
Année de publication: 2001
ISBN: 9782013908825
Lectorat cible: 7 à 12 ans
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La petite fille qui voulait voir les éléphants

La petite fille qui voulait voir les éléphants.jpgNina, en visite chez sa tatie, voudrait voir des éléphants. De surprises en surprises, elle nous fait découvrir une Afrique réelle, actuelle, aux antipodes des clichés.

Nina, la petite fille de ce livre est blanche et s’apprête à visiter sa tante en Afrique la tête pleines d’attentes et d’idées préconçues: L’Afrique, c’est la brousse, les animaux sauvages, la savane… Sauf qu’en arrivant là-bas, elle se rend bien compte que l’Afrique n’est pas du tout comme elle l’avait imaginée ! Arrivée chez sa tante, cette dernière lui dit qu’il n’y a pas d’éléphants, qu’ils sont loin. Elle l’envoie donc chez son ami, qui lui lui montre plutôt un DVD. Mais Nina veut voir de vrais éléphants ! On l’envoie au stade de foot, voir l’équipe nationale, les Éléphants d’Afrique, mais là non plus, il n’y a pas de véritable pachydermes. Ainsi, Nina réalisera que personne en Afrique n’a pu lui montrer des éléphants, simplement parce que les animaux sauvages ne courent pas les rues. Et tout au long du récit, on se demande si Nina finira pas en voir, et on finit par nous aussi remettre en question nos propres stéréotypes.

Je note au passage que Nina ne correspond pas non plus aux stéréotypes féminins. Elle porte les cheveux courts, s’habille d’un simple t-shirt et d’un pantalon court et ne porte pas de maquillage. Aussi, l’auteur brise occasionnellement le 4ème mur pour s’adresser directement au lecteur.

Bref, plusieurs clichés sont déconstruits dans ce livre. J’ai vraiment adoré car il amène les enfants à réaliser l’existence de stéréotypes ! C’est beau. C’est révolutionnaire. C’est fabuleux. C’est un…

Coup de cœur !

La petite fille qui voulait voir les éléphants 2

 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sylvain Victor
Maison d’édition: L’atelier du poisson soluble
Année de publication: 2013
ISBN: 9782358710367
Public cible: 7 à 11 ans
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Les inventions de Malia

inventions de malia pip jonesMalia adore mettre au point des inventions, mais celles-ci ne semblent jamais fonctionner au moment voulu… Et cela l’ÉNERVE au plus haut point! Quand elle tombe sur un corbeau ayant une aile cassée, elle décide de lui venir en aide. Mais sera-t-elle en mesure de mettre sa frustration de côté pour que son nouvel ami puisse voler de nouveau?

Malia est vraiment cool, c’est moi qui vous le dit. Elle se promène avec un sac à outils et invente un tas de trucs renversants et totalement géniaux, comme le Barbicheur qui peut vous faire la coupe parfaite, ou encore le Tourni-Spagonique qui permet de manger facilement les spaghettis. Voici une fille qui s’intéresse aux STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques)! Elle manipule les outils pour une professionnelle. Pleine d’idées et débrouillarde, Malia a malgré tout un petit défaut: elle perd patience lorsque ses inventions ne fonctionnent pas comme prévu. Elle apprendra que dans la vie, tout ne va pas toujours comme on voudrait et qu’il faut apprendre a gérer sa colère !

Malia a le teint brun et les cheveux très frisés. Comme son papi, d’ailleurs ! Les illustrations sont absolument magnifiques. Mention spéciale pour l’afro de Mélia qui est libre comme le vent et fait ce qu’il veut, comme tout bon afro devrait le faire. C’est comme ça qu’on les aime.

Un petit passage semble suggérer que Malia vole une boîte de vitesse et deux pignons de la motocyclette de deux motards ayant le dos tourné,  ou encore des circuits déniché dans un salon de coiffure où deux clientes avaient le dos tourné. Un adulte comprendra que c’est pour le gag, mais les enfants ne manqueront pas de souligner que « voler, ce n’est pas bien! » Toutefois, l’histoire se termine avec les victimes des dégâts de Malia qui demandent réparation. La morale de l’histoire, c’est qu’il faut persévérer pour réussir. Amusant.

inventions de malia scholastic

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pip Jones & Sara Ogilvie
Maison d’éditionÉditions ScholasticBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443168656
Public cible: À partir de 7 ans
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Les poupées

Qles poupées de luca bisaillonuand elle sera grande, Lucie voyagera. Elle dansera au son du tam-tam. Elle sera libre. Elle apprendra peut-être même à lire aux enfants ou soignera les malades, qui sait. Une chose est sûre : elle ne sera pas comme les adultes qu’elle connaît, ces gens prévisibles qui mettent les enfants dans des moules.

Les premières pages du livre ont su capter mon attention. On y découvre une petite fille blanche, Lucie, qui en sait déjà beaucoup sur les grands, par exemple qu’ils sont « extrêmement prévisibles. » Elle sait donc d’avance que sa tante Agathe lui offrira une poupée pour son anniversaire. Sauf que Lucie n’aime pas les poupées, pas plu qu’elle n’aime le rose et les robes. Lucie aime les livres, surtout ceux qui racontent des histoires de petites filles indépendantes et courageuses. Lucie aime aussi la géographie, l’aviation, les inventions, la science, marcher sous la pluie, grimper aux arbres, apprendre. En débutant ma lecture, je me suis dit « Ah, oui ! Un album féministe !  Allez, Lucie, détruis-moi les stéréotypes de genre! » Sauf que Les Poupées, ce n’est pas vraiment ça. Oui, Lucie n’est pas comme les autres filles, mais j’aurais tellement aimé que l’auteur creuse davantage ce sujet plutôt que de se perdre dans toutes les directions. Je m’explique. Lorsque la mère de Lucie lui dit « Mais toutes les petites filles aiment jouer à la poupée ! » et que Lucie s’étonne et répond « Je ne suis pas une petite fille alors ? » (p.8), sa mère est troublée et puis c’est tout. Lorsque Lucie explique que les « grands aiment les choses figées, et quand, par exemple, Lucie a besoin d’un nouveau vêtement ou d’une nouvelle paire de chaussures, samaman essaie toujours de l’influencer. « Tu ne préfères pas cette jolie robe avec des nœuds? », Lucie soupire et puis c’est tout. Lorsque Lucie tente de faire pousser des roses bleues car elle trouve qu’il n’y a pas assez de couleurs dans le jardin de sa mère, cette dernière dit: « Quelle drôle de petite fille j’ai là! » et puis c’est tout.

Ensuite, l’auteur brise le rythme du récit en racontant l’histoire d’une petite fille inventée, Kalina, qui vit en Afrique et qui n’a pas la chance d’avoir des poupées. 13 pages sur les 57 pages du livre lui sont consacrées, comme si c’était un livre à l’intérieur d’un autre. Kalina vit dans un village, sa maison est une case faire de terre séchée et de tiges de paille, elle va cherche de l’eau au puit, sa mère passe la majeure partie de sa journée à écraser des grains de mil pour faire de la farine, elle n’a pas de jouets car sa famille est trop pauvre pour lui en acheter et elle s’éclaire à la lumière d’une chandelle la nuit. Au final, Kalina confectionne elle-même une poupée avec de la paille, du coton, des feuilles de maïs et de la liane. Kalina aime beaucoup sa poupée et ne manifeste pas vraiment le désir d’en avoir une autre, plus occidentale. Toutefois, Lucie va quand même entreprendre d’envoyer toutes ses poupées à Kalina par la poste, sans succès.

les poupées 2

Je n’ai pas aimé ce livre à cause de son côté décousu, malgré la présence d’un texte de qualité, de propos intéressants et d’une mise en page dynamique. Dommage.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Françoise de Luca & Josée Bisaillon
Maison d’édition: Marchand de feuilles Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782923896700
Public cible: À partir de 7 ans.
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Tout un monde sous l’eau

SuTout un monde sous l'eaur l’eau je glisse, je me faufile à travers les nénuphars et les roseaux. Ma maman me fait découvrir le monde invisible des animaux qui vivent sous l’eau, les petits poissons et les écrevisses, les tortues et les grenouilles. Je suis émerveillé de découvrir ce monde mystérieux qui se cache, au fond de l’étang. Veux-tu me suivre à la découverte des animaux qui vivent sous l’eau ?

Le long format vertical de cet album se prête merveilleusement bien au propos; tantôt il évoque le niveau de l’eau, tantôt il montre en contre-plongée les profondeurs des mers. Ce va-et-vient entre la surface de l’étang et ce qui se passe sous l’eau donne place à des spectacles splendides, comme des castors qui plongent pour arracher de délicieuses racines, un héron qui chasse le poisson en plongeant soudainement sa tête sous l’eau, un pic qui picosse un pin s’élevant près de la berge, une loutre qui pêche des moules d’eau douce avec ses griffes, des têtard qui sont entrain de se transformer en grenouilles, ou encore une libellule fatiguée venue se poser sur le genou du garçon pour se reposer. Les deux personnages de l’histoire sont une mère et son fils, partis naviguer ensemble dans un petit canoë pour y découvrir ce qui vit sous l’étang. Le fait qu’ils soient noirs ne change rien à l’histoire. J’ai également aimé le fait que ce soit la mère qui accompagne son fils, déconstruisant du même coup de stéréotype que la science est une affaire d’hommes. Avec eux, on s’émerveille de la beauté de la nature, de l’équilibre de l’écosystème et on prend conscience de la nécessité de le respecter et de le protéger. Car la mère et son fils ne pêchent pas; ils rament et observent, sans déranger la nature.

À la fin de l’album, on retrouve une note de l’auteure qui nous explique ce que sont les étangs et les plants d’eau, ainsi que les animaux qui y habitent. elle nous parle d’écosystème, de producteurs (comme le planctons qui crée sa propre nourriture en utilisant la lumière du soleil, l’eau, le dioxyde de carbone et des nutriments), les herbivores (comme les poissons et les oiseaux), les carnivores (comme les hérons et les ratons laveurs), les décomposeurs (comme les bactéries et les champignons). Elle nous explique aussi comment les écosystèmes sont menacés par la pollution ou la détérioration de l’environnement, et nous présente en 5 pages documentaires chacun des animaux rencontrés dans l’histoire. Ce livre jeunesse est vraiment, vraiment excellent.

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Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kate Messner & Christopher Silas Neal
Maison d’édition: Gründ Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782324019524
Public cible:  7 à 12 ans.
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La journée catastrophe

moi-je-lis-en-ce1-la-journee-catastropheCe matin, le maître avertit les élèves : il va y avoir un exercice alerte-incendie, tout le monde devra se ranger rapidement. Mais lorsque l’alarme sonne, les choses ne se passent pas comme prévu. Les élèves ont bien du mal à respecter les consignes. Heureusement, grâce à un gâteau trop cuit, ils pourront s’améliorer !

Écrit par une enseignante, La journée catastrophe est un petit livre issu de la collection « Moi, je lis en CE1! » de la maison d’édition Auzou. Les phrases sont simples et les mots, faciles à lire et à comprendre. De format agréable, il contient de jolis rabats en début et fin de livre où on découvre les personnages de l’histoire. Samuel, un garçon noir champion en mathématiques, est le personnage principal. Il a eu peur de l’alarme de feu et redoute un deuxième exercice. À la fin de la journée, il fait preuve d’auto-dérision et plaisante sur la possibilité de réaliser un troisième exercice. Samuel évolue dans un milieu assez diversifié: même s’il est le seul noir, la moitié des enfants de sa classe sont non-blancs. On retrouve une section jeux à la fin du livre comprenant quatre questions de compréhension de lecture. Contexte français.

Je remercie les éditions Auzou de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / Illustrateur(s) :  Clémence Masteau & Caroline Modeste
Maison d’édition : Auzou
Année de publication : 2018
ISBN : 9782733861066
Public cible : 7-8 ans

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