Le souci de Calie

souci de calieCalie adore être Calie. jusqu’au jour où elle découvre un souci. Au début, ce n’est pas un gros souci, alors tout va bien. mais il commence peu à peu à grandir. Il grandit et grandit, et maintenant, Calie se sent triste. Comment la petite fille pourra-t-elle se débarrasser de son souci et commencer à se sentir de nouveau elle-même?

Le personnage principal, Calie, est une petite fille heureuse qui apprécie se balancer très, très haut, manger de la crème glacée les beaux jours d’été, explorer le jardin et lire (j’ai d’ailleurs souri au clin d’œil de l’auteur où on aperçoit Calie lire nul autre que Guerre de Paix et Léon Tolstoï).

Dans le livre, le soucis est un gribouillage jaune éclatant qui grossit de plus en plus, jusqu’à prendre beaucoup trop de place. J’ai aimé que l’auteur ait choisi une telle représentation d’une émotion habituellement associée à la négativité. Un jaune éclatant pour représenter une inquiétude ? Mais oui, pourquoi pas ? Surtout que ça me fatigue toujours à chaque fois qu’un auteur choisi le noir pour illustrer ce qui est négatif. Non pas que le noir soit un mauvais choix, c’est plutôt le fait qu’on ait choisi ce même mot, « Noir », pour qualifier les personnes racisées. Très jeune, vers 8 ou 9 ans, cela m’avait déjà marqué négativement: Pourquoi est-ce que tout ce qui est noir est négatif et mauvais ? me demandais-je. Je SUIS Noire ! Est-ce que ça veut dire que je suis mauvaise aussi ? Que je suis non désirable ? Qu’on se comprenne bien, si on utilisait le mot « Brun » pour désigner les personnes ayant ma couleur de peau, je n’aurais pas faire ce lien dans ma petite tête d’enfant.

souci de calie 2

Les illustrations de Le Souci de Calie  sont magnifiques et rassurantes d’une certaine manière. Les ombrages sont particulièrement réussies et la couleur est significative tout au long de l’histoire. En effet, au début du récit, le monde de Calie est assez coloré: le vert des feuilles du jardin, le turquoise des fleurs des plates-bandes, le orange de ses jouets. Le jaune, en fond, pourrait bien être le soleil qui éclaire le ciel. Mais au fur et à mesure qu’on avance dans notre lecture, on se rend compte que ce jaune ne veut pas dire ce qu’on pensait. Le monde autour de Calie devient lui aussi de plus en plus gris et terne alors que le soucis grossit de plus en plus. Lorsqu’elle rencontrera un garçon ayant lui aussi un soucis (bleu), elle lui demandera ce qui le préoccupe. C’est en discutant et partageant son soucis avec une autre personne que celui-ci finira par disparaître et que le monde retrouvera ses couleurs. Cette histoire touchante, qui a l’avantage de mettre les choses en perspective, est un incontournable pour garnir la bibliothèque des petits et les aider à gérer leurs émotions.  Une belle leçon de vie !

Coup de cœur ! 

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Le souci de CalieBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Tom Percival
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2019
ISBN: 9781443174237
PRIX: 11, 99$
À PARTIR DE 3 ANS

 

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Nos boucles au naturel

nos boucles au naturel scholasticLes cheveux de Zuri n’en font qu’à leur tête. Ils s’entortillent, boudinent et frisottent dans tous les sens. Zuri sait qu’ils sont magnifiques, et cela la rend fière. Lorsque son papa intervient afin de lui faire une coiffure pour une occasion spéciale, ce dernier a beaucoup à apprendre… mais il ADORE sa fille et fera tout pour la rendre heureuse!

Nos boucles au naturel est une puissante ode dédiée à l’acceptation de soi et une véritable célébration de la collaboration père-fille! J’ai absolument adoré cet album, dont je connaissais déjà l’histoire pour avoir vu passer le court-métrage Hair Love avant même qu’il soit primé aux Oscar en 2020. Le film, muet et fabuleux, est touchant et croque une parcelle de quotidien qui m’a fait du bien de voir pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il montre une petite fille noire, aux cheveux crépus, qui ne ressent aucun malaise ou déception face à sa chevelure. Enfin! Un produit culturel sur les cheveux crépus qui ne les présente pas comme un obstacle à surmonter ou comme quelque chose qu’il faut apprendre à aimer envers et contre tous. Au contraire, la petite Zuri veut simplement une jolie coiffure pour acceuillir sa maman à la maison après un séjour à l’hôpital.

Pour ceux et celles qui on vu le film, vous remarquerez que l’album ne raconte pas tout à fait la même histoire. C’est plutôt une sorte d’adaptation. Dans le film, la petite fille dort avec un foulard. J’ai trouvé ça génial car cela normalise le port du foulard pour dormir. En grandissant, c’était tout naturel pour moi de porter un couvre-chef pendant la nuit afin de protéger mes cheveux. J’ai été très surprise lorsques mes petites amies de l’école m’ont dit qu’elles n’en portaient pas ! Et puis, on ne voit que très rarement (pour ne pas dire jamais) un personnage dans un livre ou dans un film qui porte un foulard pour dormir. J’ai trouvé ça dommage qu’on ne le montre pas de le livre. Plutôt, on voit Zuri qui dort avec son afro NON TRESSÉ (ouf, j’en avais des frissons juste à regarder l’image). De plus, dans le livre, ont ne mentionne pas que la maman de Zuri faisait des vidéos sur le soin des cheveux naturels sur Youtube. C’est dommage car cela mettait en lumière la manière dont les communautés noires se sont soudées et ont créé une communauté de soutien, d’entraide et d’apprentissage pour et par ses membres, à défaut de trouver l’information facilement sur le marché.

nos boucles au naturel 2

Nos boucles au naturel normalise aussi le rétrécissement des cheveux (communément appelé shrinkage) qui n’a rien à voir avec le fait que les cheveux deviennent frisés lorsqu’il pleut ou que c’est humide. À mon sens, il s’agit d’un phénomène tout autre car les cheveux ne deviennent pas frisés, il rétrécissent tout en restant crépus ! Encore une fois, on n’en parle jamais en littérature jeunesse et j’ai adoré que le livre aborde cette question de manière naturelle. Quelle bouffée d’air frais ! Et que dire des illustrations très réalistes qui ont su capturer à merveille le cheveu crépu dans tous ses états (bouclé, lissé, tressé, twisté, rétréci, démêlé, hydraté, etc.) Au niveau de la représentation, on est devant une famille noire heureuse et soudée, dont la maman est diplômée, et un couple noir amoureux comme au premier jour.

J’ai trouvé l’histoire un peu courte, j’aurais tellement aimé que les personnages soient davantage développés et le récit, plus long, juste pour le bonheur de rester plus longtemps en compagnie de Zuri et de son papa. Est-ce qu’on peut avoir un autre livre jeunesse avec eux ? Une roman ? Une bande dessinée ? Ce serait franchement cool. Vous ne pouvez pas passer à côté de cet album !

Coup de coeur !

Mattew A. Cherry est un réalisateur et producteur américain. 

Mattew A. Cherry

Vashti Harrison est une auteure, réalisatrice et illustratrice américaine. 

Vashti Harrison

*Le film Hair Love a reçu l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2020.

Je remercie les Éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

 

Pour vous procurer ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:
Nos boucles au naturel Bouton acheter petit
Auteur(s) : Mattew A. Cherry & Vashti Harrison
Édition: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443180412
Prix: 11, 99$
À partir de 3 ans

 

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Pour mon anniversaire

Pour mon anniversaireC’est quand mon anniversaire ? C’est bientôt mon anniversaire ? Combien de jours avant mon anniversaire ? Un album pour tous les enfants le jour de leur anniversaire ou pour les faire patienter avant de partager avec eux ce moment tant attendu !

Quel bel album ! Vous le savez, j’adore le travail d’illustration de Christian Robinson. Quel plaisir pour les yeux, tout ce collage, cette gouache, cette peinture acrylique, ces feutres, ces découpages, ces estampes. Le long format vertical du livre en fait un bel objet à avoir dans sa bibliothèque personnelle et donne toute sa longueur aux cadeaux d’anniversaire, toute sa grosseur aux cadeaux de fête, tout l’élan aux arbres et aux ballons qui volent dans le ciel. En lisant le texte, on anticipe son propre anniversaire et on partage l’excitation commune à tous les enfants de voir le grand jour arriver. Ne passez pas à côté de ce livre jeunesse !

Christian Robinson est un illustrateur américain.

Christian robinson

Auteur(s) / illustrateur(s) : Julie Fogliano & Christian Robinson
Maison d’édition: Little UrbanBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782374081229
Public cible: À partir de 3 ans
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Florence boucles folles

Florence boucles follesFlorence a les cheveux frisés qui partent dans tous les sens. Elle est toujours ébouriffée et aimerait avoir des cheveux lisses et brillants comme ceux de son petit frère. Une histoire sur l’acceptation de soi.

Je vous le dit tout de suite, cet album ne met pas à proprement parler un personnage afro-descendant. Du moins, ce n’est pas explicitement dit dans le texte. Les illustrations tout en douceur de Jane Massey donnent à voir des personnages naïfs crayonnés sur fond blanc. Et franchement, la chevelure indomptable de Florence est mignonne comme tout ! D’ailleurs, la petite Florence est adorable et on s’attache beaucoup à elle en lisant le livre. Elle devient comme une amie qui partage nos inquiétudes, nos joies et notre quotidien d’enfant. Dès la première ligne, son « Coucou! » lancé alors qu’elle est à moitié cachée sous une couverture a fait en sorte que je l’adopte tout naturellement.

Dans le texte, Florence s’adresse directement au lecteur, lui pose des questions, lui raconte des secrets. J’ai adoré cette narration qui se porte bien à la lecture à voix haute et qui plaira autant aux tout-petits qu’aux enfants d’âge scolaire en apprentissage de la lecture. Au départ, Florence décrit avec justesse ses cheveux ainsi :

« Ils sont frisés, j’en ai beaucoup, ils sont tout fous. Rien à faire : je suis toujours ébouriffée. »

Elle regrette de ne pas être comme son petit frère aux cheveux lisses ou comme ses amies de l’école toujours « bien coiffées ». Je me suis demandé en lisant ce livre s’il n’y avait pas une petite dose d’autofiction car l’auteure est aussi connue pour sa large et très belle chevelure rousse et frisée ! Je me suis dit que ce texte résonnera autant chez les enfants blancs aux cheveux ondulés, bouclés ou se mêlant facilement, qu’aux enfants noirs ou métisses aux cheveux frisés ou crépus. Voilà donc un livre universel où tous pourront se reconnaître dans les difficultés rencontrées par Florence :

  • Enfiler un pull fait dresser ses cheveux encore plus sur sa tête.
  • Ses boucles au vent lui cachent la vue lorsqu’elle court.
  • Lorsqu’elle fait des bisous, ses boucles folles se glissent partout et ça chatouille.
  • Il est difficile de faire entrer ses cheveux sous un casque de bain.

Comme personne dans sa famille n’a de cheveux bouclés et qu’elle ne se voit représentée nulle part, Florence supplie sa mère de l’amener chez le coiffeur qui lui lissera les cheveux. Mais hélas ! Sans ses boucles, on dirait qu’elle n’est plus la même; on ne la reconnaît même plus ! Et au fond, peut-être qu’elle préfère ses boucles finalement ! 😉

 

Coup de cœur !

Florence boucles folles 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire Freedman & Jane Massey
Maison d’édition: Mijade Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782807700796
Public cible: À partir de 3 ans
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J'aime pas mes cheveux

 

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Pas dans mon lit !!

Pas dans mon litUn petit garçon qui ne veut pas dormir tout seul invente chaque soir un nouveau problème pour que ses parents l’acceptent avec eux. Mais ces derniers trouvent toujours une solution pour déjouer ses stratagèmes. « Mon lit, je l’aime beaucoup, il est super pour y jouer : il y a une grosse couette pour se cacher ou faire des cabanes, je peux y garer mes petites voitures ou en faire un dortoir pour mes poupées… mais y dormir, quelle drôle d’idée !!! »

Ce sont d’abord les illustrations fantaisistes qui m’on charmées dans cet album en format à l’italienne. L’illustratrice y explore le monde des rêves et peint des tableaux où des licornes broutent l’herbe, des chevaliers chevauchent des tigres, des pingouins se réchauffent près d’un feu, des crocodiles vivent dans des igloos et des pirates géants débarquent sur une île peuplée de lapins. Au fil des pages, on comprend vite que le monde des rêves du personnage principal fait vivre à ses peluches et ses jouets toutes ses aventures. Son lit devient tour à tour une mer en colère, un pays de glace, une banquise gelée ou une forêt enchantée. J’ai adoré cette manière de nourrir l’imagination des enfants en les laissant découvrir à chaque relecture de nouveaux détails dans les illustrations. Les parents ne sont pas en laisse non plus, car de petits clins d’œil leur sont aussi adressés, notamment par le titre du livre que le papa lit certains soirs (« La patience ») , puis celui que la maman lit (« La persévérance ») ;).

Les personnages de ce livre jeunesse n’ont pas de noms : il s’agit simplement du papa (noir), de la maman (blanche) et de leur petit fils (métissé), une famille plein d’amour où l’enfant doit apprendre à dormir seul dans son propre lit. J’ai beaucoup aimé ce livre et j’espère qu’il vous plaira autant qu’à moi !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Leïla Brient & Émilie Angebault
Maison d’édition: Le buveur d’encreBouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9782914686792
Public cible: 3 à 5 ans
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minucette

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Les chiffres de Maya

Chiffres de maya québec amériqueAvec ses 10 doigts, son grand cœur, ses neuf amis ou ses deux parents; pendant les 7 jours de la semaine, aux quatre points cardinaux ou en regardant les étoiles… Maya apprend à compter jusqu’à 10.

J’admets que ce livre m’a laissée plutôt indifférente. Les choses que compte Maya n’ont pas vraiment de lien entre eux : dix doigts, neufs amis reçus à son anniversaire, les huit tentacules d’une pieuvre, les sept jours de la semaine, etc. Maya semble vivre sur une île déserte avec ses parents et on ne sait pas trop pourquoi (les neuf amis reçus à son anniversaire sont en fait des animaux). On retrouve la pieuvre et ses huit tentacules de page en page, sans toutefois que cela n’ajoute un intérêt particulier au niveau de la lecture. Le format à l’italienne ne se prête pas vraiment bien au livre car les illustrations on plutôt un cadre resserré (il aura été bien que le long format du livre-objet donne à voir les beaux paysage de l’île où vit Maya…). Parfois même la mise en page peu équilibrée laisse entrevoir un fond beige fait de coquillages ou encore des vignettes sans grand intérêt. Le texte est très simple et n’offre pas un champ lexical intéressant, par exemple concernant les îles (pourquoi pas!). Bref, le livre n’est pas mauvais, il est simplement inintéressant. Dommage. Cela dit, Maya est une petite fille métisse et à la fin du livre, on aperçoit sa maman qui est noire et son papa qui est blanc. Un bon coup pour la représentation des personnes racisées en littérature jeunesse !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Martine Latulippe & Fabrice Boulanger
Maison d’édition: Québec AmériqueBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782764439135
Public cible: 3 à 5 ans
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Le jardin de Clara

 

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Les jolies bananes !

Les jolies bananes Liz Pichon Élizabeth LairdBéatrice apporte un superbe régime de bananes à son grand-père. Hélas, en chemin, une girafe les fait tomber dans la rivière… SPLASH ! Comment Béatrice va-t-elle récupérer ses bananes ? Découvre-le et, chemin faisant, tu rencontreras des abeilles affamées, de vilains singes et même un éléphant qui éternue !

La petite Béatrice vit dans une case avec sa maman. La petite Béatrice est souriante et généreuse. Elle porte des tresses plaquées et une jolie robe rose. On ignore où elle habite et quelle est son origine, mais il est clair qu’elle ne vit pas en milieu urbain. En chemin vers la maison de son papy, elle rencontre toute sorte d’animaux qui lui rendront la vie un peu difficile, mais qui s’excuseront toujours en lui offrant quelque chose de nouveau. Son  aventure dans la nature sera l’occasion de découvrir plusieurs animaux. Les illustrations aux couleurs vives plairont aux tout-petits. Ce livre est aussi très bien adapté à l’heure du conte car il fait deviner aux enfants quel sera le prochain animal rencontré par l’héroïne. À la fin, on retrouve tous les animaux rencontrés près de la case du grand-père de Béatrice. J’ai beaucoup aimé ce livre !

Pistes d’exploitation en classe

Cet album est tout adapté pour les préscolaire et les enfants du premier cycle. Voici quelques idées d’activités en lien avec l’album:

  • Remettre en ordre les péripéties de l’histoire.
  • Faire des associations entre une action et le personnage qui l’a commise dans le livre (ex.: les abeilles ont abîmé les fleurs. Les singes ont mangé le rayon de miel. Etc.).
  • Utiliser les connaissances antérieures: demandez aux élèves ce qu’ils connaissent des lions, des singes, des perroquets, et des autres animaux rencontrés dans l’album.
  • Faire des prédictions (par exemple à la page 14 où le lion rugit, ou encore à la page 18 où l’on aperçoit une « longue chose grise qui se balance en travers du sentier »).

Auteur(s) / illustrateur(s) : Élizabeth Laird & Liz Pichon
Maison d’édition: Le Ballon
Année de publication: 2009
ISBN: 9789037473834
Public cible: 3 à 5 ans

Vous aimerez peut-être: Les Bananes, un documentaires jeunesse sur ce fruit délicieux! De plus, le conte africain La cuillère d’Aminata pourrait vous plaire car on y rencontre une fillette qui doit aussi effectuer un long périple où elle rencontrera plusieurs animaux sur son chemin. 

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Le petit train d’Amidou

Le petit train d'amidouChaque jour, Amidou conduit son train, une boîte en fer blanc et deux caisses de bois remplies de passagers, le long du fil qui le relie aux deux êtres qui lui sont le plus chers, sa mère et son grand-père. Le matin, il embrasse sa maman et entreprend un chemin semé d’embûches à travers la savane pour arriver au village ou Grand-père l’attend pour lui raconter de merveilleuses histoires.

Dans cette histoire, il y a un fil. Un fil qui nous suit de pages en pages, qui tise un conte où il y a de petites boîtes, mais pas n’importe lesquelles. Ce fil et ces boîtes, mises ensemble, alimentent l’imagination du petit Amidou, le suit dans un voyage et le lit à son environnement. Ce train circule entre la maison, la savane, le baoba où son grand-père raconte des histoires, le terrain de foot où jouent des enfants, et de beaux paysages où se couche le soleil fatigué à la fin de la journée. Un très bel album sur les liens qui unissent une communauté et sur la linéarité. À lire !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pep Molist & Emilio Urberuaga
Maison d’édition: Le Sorbier
Année de publication: 2007
ISBN: 9782732039428
Lectorat cible: 3 à 6 ans
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Bintou quatre choux !

Bintou quatre chouxBintou rêve de porter des tresses. De jolies tresses perlées. De longues tresses comme sa grande sœur et les autres femmes du village. Mais elle est encore trop petite… et doit se contenter de sa coiffure à quatre choux. Pourtant, un jour, Bintou grandit dans l’estime de tous et découvre que la vraie beauté peut prendre des chemins détournés…

Ce que j’ai préféré dans ce livre, c’est qu’il ce concentre sur la relation d’une fille et d’une communauté sur les cheveux. Les cheveux apparaissent donc presque comme un personnage que l’on peut aimer ou pas, et qui agit sur l’histoire.

Bintou est une petite fille si familière qu’elle aurait pu être ma petite sœur, ma fille ou moi-même ! Bintou voudrais des tresses, mais sa mère lui oblige à porter des nœuds bantous qu’elle n’aime pas. On dirait des petits choux ! Bintou a beau insister, les petites filles de cette communauté ne portent pas des tresses; ces dernières sont réservées aux femmes. C’est sa grand-mère, qui connait tout, qui lui expliquera d’où vient cette tradition.

On découvre la place qu’ont les cheveux dans la vie d’une femme et cela ouvre la discussion à cette idée de la femme comme objet du désir et du concept du regard masculin (« male gaze »). « Tu sais, petite Bintou, quand tu seras grande, tu seras heureuse de te faire très jolie. Mais pour l’instant, tu es encore une petite fille. Tu auras des tresses en temps voulu. » lui dit sa grand-mère. Mais Bintou est impatiente. Elle trouve les femmes du village tellement belles avec leurs tresses, leurs piécettes dorées et leurs coquillages nacrés. Dans le village, il y a aussi une américaine qui lui dit que dans son pays, les petites filles se tressent souvent les cheveux et que cette coiffure est au contraire plutôt commune aux Etats-Unis.

Lorsque Bintou fera preuve de maturité et de courage en voyant deux hommes se noyer au large, on lui annoncera qu’elle est devenue assez grande pour avoir des tresses. Mais sa grand-mère, qui peut-être ne souhaite pas la voir grandir trop vite, ajoutera plutôt de jolis rubans à ces nœuds bantous. Heureusement, Bintou adore et se trouve très jolie ainsi. Les tresses attendront !

Coup de cœur !

Sylviane A. Diouf, d’origine sénégalaise et française, est née en France. Elle habite présentement à New York.

Sylviane A. Diouf

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sylviane A. Diouf & Shane W. Evans
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 2001
ISBN: 9782013909891
Public cible: 3 à 9 ans
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J'aime pas mes cheveux

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Mon bébé

mon bébé jeanette winter.jpgUn conte naïf décrivant la tradition des femmes du Mali de peindre avec de la boue et des feuilles le bologan, cette étoffe aux motifs traditionnels. La jeune Nakunté parle à son futur bébé tout en peignant le bologan qu’il portera à sa naissance. Elle le met déjà en garde contre le scorpion, le tigre, le crocodile, elle lui raconte la vie quotidienne, elle le prépare à la vie. Sa peinture est rythmée par le roulement des tam-tams, les bruits du serpent blanc et du léopard.

« Whoush ! » fait le vent qui souffle à travers la savane jusqu’au village de Nakunté. « Whoush! » fait le vent brûlant qui sèche les tissus bogolan accrochés sur des branches de calebassiers. Dès les premières lignes, j’ai été transporté au Mali et j’ai découvert l’enfance de Nakinté Diarra, une femme qui a vraiment existé et qui peint avec de la boue des étoffes appelées bogolan, selon une tradition vieille de plusieurs siècles. À la lecture de cet album, on apprend que les tissus du bogolan sont utilisés tout au long de la vie, pour les mariages, pour envelopper les nouveau-nés ou pour les enterrements. Les couleurs utilisés par l’auteure sont vives et franches, créant de magnifiques toiles à chaque page. On a ici un récit du quotidien malien, somme toute assez éloigné de la réalité occidentale, mais qui ne présente pas les personnages et les traditions africaines comme exotiques. Au contraire, elles sont normalisées et légitimées. Plusieurs fois dans le texte, le personnage principal s’adresse directement à son bébé; on assiste alors à une conversation entre une femme noire et sa progéniture, sans que la présence d’un lecteur blanc ou occidental soit sous-entendue. Elle prépare la venue de son enfant, lui parle de la beauté de la vie, des étoiles, des animaux, des plantes, qui lui tarde de lui montrer. Et quelle chance d’assister à ce moment d’intimité. J’ai beaucoup aimé cet album !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jeanette Winter
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 2070544958
Public cible: 3 à 6 ans.
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