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Frères

JFrères Kwame Alexander.jpgosh et Jordan sont jumeaux, tous les deux stars de leur équipe de basketball. Guidés par leur père, grand joueur retraité surnommé « Le Boss », les deux frères sont inséparables, dans la vie comme sur le terrain. À mi-chemin entre le slam et le vers libre, Frères, est un texte magnifique qui utilise avec finesse les règles du basket pour dire l’importance de la famille, de l’amour et du libre arbitre.

Une fois qu’on s’est habitué à la traduction française très européenne, ce roman pour adolescents signé Kwame Alexander ne peut que nous charmer.

Josh, le narrateur, énumère en page 22 ce qu’il aime de ses cheveux qu’il porte en dreadlocks. Je ne le dirai jamais assez, mais les cheveux ont une importance capitale pour les personnes afro-descendantes. Pour Josh, ses locks sont des ailes, façonnées mèches par mèches, et constituent une partie intégrante de sa personne. J’ai trouvé cela puissant.

Mes dreads : 5 raisons

5. Certains de mes rappeurs préférés en ont:
Lil Wayne, 2 Chainz et Wale.

4. Elles me donnent l’impression
d’être un roi.

3. Personne d’autre sinon
n’en a dans l’équipe, et

2. ça aide les joueurs à nous
distinguer, moi et JB.

Mais
la vraie raison, c’est que

1. un jour j’ai vu la
vidéo de papa
qui dunk par-dessus
un pivot croate de deux mètres douze
dans l’émission Les meilleurs dunks de tous les temps…
Il décolle — ses longs
cheveux torsadés se déploient
comme des ailes
qui le portent très haut
plus haut
que le cercle.

J’ai su ce jour-là
qu’à moi aussi il me faudrait
des ailes pour m’envoler

Au niveau de la représentation, on a ici deux garçons noirs américains qui jouent au basketball et qui se passionnent pour ce sport. Leur père est présent dans leur vie et s’occupe des tâches ménagères, tandis que leur mère est directrice adjointe de l’école secondaire où ils étudient. Leurs parents s’aiment et se respectent. Ils sont studieux. Josh récolte des A+ en cours d’anglais et rêve d’étudier à l’Université Duke. Premier de classe, il fait aussi du bénévolat à la bibliothèque. Leur mère leur répète sans cesse l’importance des études et les force à livre un livre chaque soir. Ces garçons ce permettent de pleurer lors des moments difficiles et c’est normalisé dans l’histoire. Josh et Jordan grandissent et prennent en maturité au fur et à mesure que le récit avance: Le terrain de basketball est pour eux un terrain d’apprentissage du sport, oui, mais aussi de la vie. Et malgré une rivalité dans la fratrie, Josh et Jordan ont une relation saine. Leur réactions opposées face à la maladie de leur père et l’histoire d’amour de Jordan avec une fille de l’école les éloignera au début, mais finira par les rapprocher.

Le texte en vers libre, déstabilisant au départ, se révèle être une manière fabuleuse de raconter cette histoire. Cette poésie se prête tout aussi bien aux matchs de basketball endiablés qu’aux conflits entre frères. L’auteur a choisi d’inclure une série de règles léguées par leur père qui, plutôt que d’alourdir le récit, lui profère sagesse et  profondeur.

Règle no 3

Ne laissez jamais personne
baisser le panier pour vous.
Les attentes des autres
dépendent de leurs propres limites.
Le ciel, voilà votre limite, mes garçons.
Visez toujours
le soleil
et c’est vous qui brillerez.

Les chutes à la fin des chapitres nous donnent le goût de continuer notre lecture. Difficile de poser ce livre ! Ce roman est excellent et plaira tant aux adolescents récalcitrants qu’aux mordus de lecture. Fortement recommandé !

* Newbery Medal

* Prix Coretta Scott King

Coup de cœur !

Kwame Alexander est un auteur noir américain.

Kwame alexander

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kwame Alexander
Maison d’édition: Albin Michel Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782226328502
Public cible: Ados
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Uppercut

uppercut AhmedPlacé dans un internat pour garçons difficiles, Erwan est envoyé en stage dans un centre équestre, après une fugue. Ce garçon métis, né d’un père sénégalais et d’une mère bretonne, est habitué à se battre, à la moindre remarque sur sa couleur de peau. Et il rêve de devenir boxeur. Face à Gilbert, le directeur du centre, qui lance des blagues racistes sans même s’en rendre compte, il va devoir apprendre à ne plus réagir au quart de tour. Un beau portrait d’adolescent à la dérive trouvant enfin à canaliser sa violence.

On est plongé dans le récit dès les premières pages. En tant que lectrice noire, je me suis sentie très proche du personnage principal, surtout dans ses questionnements, ses doutes et ses craintes. Erwan est passionné de boxe, et surtout de boxe américaine. Il connaît sur le bout des doigts les parcours de Classius Clay, bien sûr, et de Rubin Carer, son idole. L’adolescent est très conscient de la couleur de sa peau: il sait qu’elle le suit partout, où qu’il aille et qu’elle teinte sa vision du monde. Né d’une mère bretonne et d’un père sénégalais, malgré son métissage, Erwan déplore le fait que c’est sa négritude qu’on voit en premier. Après tout, il « ne se balade pas avec un drapeau de la Bretagne dans le dos » (p.20). Le regard que lui lance un fermier blanc occupera d’ailleurs toutes ses pensées.

« Je n’ai jamais compris l’expression jeter un regard noir. Mais interpréter un violent regard de Blanc vers un Noir, oui. C’est ce que venait de faire Gilbert, le fermier. Dans la voiture qui nous ramenait au collège je me refaisais le film du moment passé au centre équestre. De l’arrivée presque insouciante à la poignée de main, ni franche ni vraiment accueillante. Et ces yeux pleins d’étonnement que j’ai traduits par des mots dans l’instant. Merde, ils m’amènent un bronzé. Vous vous rendez compte, un basané dans mes pattes! » (p.33)

L’auteur prend soin de ne pas résumer le racisme qu’aux insultes criées dans les bars ou dans la rue. Dans la première partie du récit se déploient les tentacules d’un racisme beaucoup plus complexe qui se manifeste par l’inégalité des chances, les préjugés, un système qui désavantage les personnes noires. Toutefois, dans la deuxième partie du récit, les insultes racistes sont nombreuses, sans que cela n’ajoute grand-chose au récit. Quelques exemples auraient été suffisants, afin de faire avancer le récit plus rapidement et ne pas perdre le rythme soutenu qui m’avait personnellement tant plus au début du roman.

« Au début de mon séjour à l’internat, il m’a simplement arraché le cœur un peu plus. Alors que souvent j’ai eu envie de détacher cette peau que le père Noël n’a pas. Cette peau qui a coûté la mort à neuf personnes, dans une église de Charleston, en Caroline du Sud, au mois de juin 2015. Parce qu’elles étaient noires, un taré a décidé qu’elles devaient mourir. Le nom de la ville m’a sauté aux yeux, car c’est à Paterson que la vie de Rubin Carter a basculé. C’est là qu’avait eu lieu la fusillade au bar Lafayette. Dans l’Article de journal qui a attiré mon regard au CDI du collège, on dit qu’au procès, le Blanc qui les avait tués ne regrettait pas son geste. Il était écrit aussi que les juges venaient de le condamner à mort. » (p. 73)

J’ai lu ce roman en une fin de soirée chaude et humide, allongée sur ma galerie montréalaise. D’ici, la France me paraissait bien loin, tout comme les États-Unis auxquels Erwan voue une passion. Ils me paraissaient si loin, et en même temps si proches. Erwan est un personnage fictif, mais il existe aussi en chacun de nous.

Uppercut est un roman réussi, tant sur la forme que sur le fond. Des notes en bas de page qui donnent de l’information additionnelle sur les Black Panters, le KKK, l’expression « Mister Charlie », la chanson « Strange fruit » de Billie Halliday, ou la tuerie par un homme blanc dans une église afro-américaine de Charleston en 2015. J’aurais toutefois aimé plus de références au contexte français puisque c’est dans ce pays que ce déroule le récit. J’aurais aimé savoir ce qui a secoué les Noirs de France, des faits divers aux événements historiques. Les éditions de Rouergue ont également très bien choisi la page couverture; on y voit un garçon qui noue un ruban autour de sa main tel un boxeur professionnel, qui se prépare pour un combat. Pas que sur le ring; mais dans la vie aussi.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ahmed Kalouaz
Maison d’édition: Rouergue jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782812614910
Public cible: 13 ans et plus.

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L’arbre aux fruits amers

1arbre-aux-fruits-amers930. Dans le sud profond d’une Amérique toujours ségrégationniste, James Cameron, adolescent noir sans histoire, vit avec sa mère à Marion, une petite ville de l’Indiana. Entraîné par deux amis, Tommy et Abel, il prend part à un braquage qui tourne au drame. Les trois amis sont arrêtés. Ameutée par le Ku Klux Klan, une foule blanche crie vengeance et envahit la prison…

Les évènements qui servent de toile de fond à ce roman sont authentiques. Ils ont inspiré le poète Abel Meeropol qui écrivit en 1937 Strange Fruit (Fruit amer), magnifique poème interprété plus tard par la chanteuse afro-américaine Billie Holiday et connu dans le monde entier.

Ce roman m’a accroché dès les premières pages et j’ai eu du mal à le laisser de côté. La plume de Wlodarczyk est fluide, précise, franche. Un style qui se marie parfaitement bien au propos du livre qui aborde racisme et violence avec honnêteté. Même s’il s’agit d’un livre pour enfants, l’auteur n’hésite pas à parler de manière crue et sans détour du Ku Klux Klan et des pendaisons tout au long du récit. Le tout est assez dur, on espère y apercevoir une parcelle d’espoir, mais celle-ci n’arrive pas. Car même si Cameron vit par sortir de prison, il a tout de même été injustement traité, été victime de racisme, été lynché, été pendu – pis encore, il a survécu à sa pendaison – et on sait que bien d’autres Noirs de l’époque ont connu la même chose sinon pire.

L’arbre aux fruits amers est un récit court et intense qui se clôt avec un dossier historique complet sur l’esclavage, la ségrégation, les lynchages et le mouvement des droits civiques.

Hudson se retint pour ne pas lui cracher au visage. Il était hors de lui. À ses yeux, James était un traîte à la cause. Un de ces fils de putain qui pourrissaient les quartiers noirs. Aux yeux de James, Hudson était un oncle Tom, un de ces Noirs investis dans la cause blanche pour se blanchir soi-même. Deux logiques noires plus éloignées l’une de l’autre que les Blancs et les Noirs entre eux.

Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Isabelle Wlodarczyk
Maison d’édition: Oskar Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2012
ISBN: 9782350009735
Public cible: 13 ans et plus
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The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal

boondocksCréée sur Internet en 1996, puis reprise dans un magazine étudiant, la série BOONDOCKS (littéralement: « quartier ennuyeux ») a mis moins de cinq ans pour conquérir les lecteurs de plus de 250 magazines et quotidiens américains. Les personnages d’Aaron McGruder consacrent l’irruption de la culture hip-hop dans le monde de la BD. Aucun sujet n’est passé sous silence: racisme, préjugés des noirs à l’égard des blancs, violence, drogue, lutte contre le terrorisme, fausses idées des blancs à l’encontre des noirs, problèmes d’éducation… Évitant toute complaisance, Aaron McGruder fait sauter tous les garde-fous de la bien-pensante!

Mon avis

Je fais une petite exception pour cette BD, qui s’adresse surtout aux adultes, mais qui peut être lue dès l’âge de 13 ans, car je voulais absolument la présenter sur ce blog. Riley, 8 ans, est rebelle et admire l’univers des gangs de rue et de la culture gangsta rap. Son grand frère, Huey, s’intéresse plutôt au Black Power, à la lutte contre le racisme et à la justice sociale. Les deux garçons quittent leur ville natale de Chicago pour déménager à Woodcrest, une banlieue ennuyante et blanche parce que leur grand-père, avec qui ils vivent, souhaite une vie tranquille pour sa retraite.

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La BD se présente comme une série de strips, à l’origine publié dans un journal. Le ton est parfois hilarant, souvent irrévérencieux. Riley et Huey, malgré leur jeune âge, parlent de tout, même si leurs opinions peuvent offenser. Cette version publiée chez Dargaud permet aux francophones de connaître la série, dont il existe une série télé non traduite en français (voir vidéo ci-bas). Les personnages sont des archétypes des différentes manières dont l’identité afro-américaine se présente; dans chaque personnage on peut reconnaître une personne que l’on connaît. Le grand-père, qui a vécu plusieurs évènements clés du mouvement des droits civiques; Thomas Dubois, le voisin coincé ayant professionnellement réussi dont le comportement rappelle celui d’un homme blanc de la haute société; Jazzmine, une naïve enfant métisse qui tente désespérément de nier son identité noire; et oncle Ruckus, un afro-américain qui idolâtre la culture esclavagiste (pour ne nommer que ceux là).

The Boondocks a le mérite de dire tout haut ce que bien des gens n’osent pas dire même tout bas. Aaron McGruder donne une voix sans complexe à la communauté afro-américaine et ne tente pas de plaire à la majorité. Pour cela, je lui lève mon chapeau.

Auteur(s) / illustrateur(s) : McGruder, Aaron
Maison d’édition: Éditions Dargaud
Année de publication: 2003
ISBN: 2871294542
Public cible: 13 ans et plus

Aaron McGruder est un auteur afro-américain.

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Eben ou les yeux de la nuit

Eben-ou-les-yeux-de-la-nuitDans la Namibie d’aujourd’hui, Eben, un garçon de l’ethnie Herero, découvre qu’il porte en lui la marque de l’Histoire dramatique de son ethnie, victime d’un des premiers génocides du XXe siècle, perpétré par l’armée allemande. Lui qui a la peau sombre, il a voulu arracher ses yeux bleus le jour où il a découvert d’où leur venait cette couleur particulière.

Quelle bonne idée de faire découvrir aux jeunes un pan peu connu de l’Histoire coloniale à travers un personnage fictif. J’ai adoré le ton, ce personnage qui écrit pour évacuer un trop plein de colère, de peine, d’incompréhension, de violence. J’ai trouvé certains passages un peu répétitifs, mais somme toute, voilà un livre que j’ai bien aimé. Il aurait été bien d’inclure quelques pages informatives ou documentaires sur les faits entourant le génocide des Hereros et des Namas. Pour plus d’information, on lira Blue Book, sauf que ce dernier est destiné aux adultes… Les adolescents curieux et passionnés d’histoire aimeront peut-être, les plus jeunes se contenteront de Eben ou les yeux de la nuit.

Les allemands étaient à l’étroit chez eux, ils cherchaient de nouveaux territoires, pour une plus grande Allemagne… alors ils ont décidé que ce serait ici – chez nous – en Namibie. Et nous, il ont fait comme si on n’était pas là, comme si on n’existait pas. Tout ça, c’est Isaac qui me l’a raconté. (p.16)

Auteure : Élise Fontenaille-N’Diaye
Maison d’édition: Éditions du Rouergue
Année de publication: 2015
ISBN: 9782812607424
Public cible: À partir de 13 ans

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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Sur les traces de Loubaye Dantor

loubaye dantorEntre les jokes à l’école et les explications sur mes origines haïtiennes, j’ai l’impression d’être un alien. Mes parents auraient vraiment pu trouver mieux. C’est bien simple, je déteste ce prénom. Je supporte encore moins tout ce qu’il représente. Il me condamne à ne jamais m’éloigner de mes racines, alors que je suis avant tout Québécois. Je refuse d’être enfermé dans une culture, dont j’ignore presque tout. C’est un pays associé à la misère et aux catastrophes naturelles. Mais si cette île avait bien plus à m’offrir?

La littérature jeunesse manque bien souvent de diversité ethnique et raciale. Quel vent de fraîcheur que de lire ce livre dont le personnage principal, né au Québec (Canada), est d’origine haïtienne. Une rareté dans le paysage de l’édition adressée aux enfants. Les questionnements de Loubaye sur son identité (est-il québécois ou haïtien?), le rejet de ses origines haïtiennes tout en ayant le sentiment de ne pas être totalement québécois… plusieurs ados de la deuxième génération d’immigration pourront s’y identifier. On en apprend un peu sur Haïti et sur sa richesse. Très court, ce livre est un « mini-roman pour adolescents », de petits livres de moins de 100 pages, à la mise en page aérée (on aime ou pas), qu’on lit en un trajet aller-retour en autobus ou en métro. Ce format plaira aux lecteurs récalcitrants. Le ton est parfois un peu trop calculé et les dialogues, peu naturels, rendant le récit mécanique. Quelques passages invraisemblables au niveau du récit. Malgré tout, voilà un livre à lire, si ce n’est pour montrer aux ados racisés qu’il existe des romans dont les personnages principaux les ressemblent, et qui se posent les mêmes questions qu’eux sur leur identité et sur leur place dans le monde. Certains passages sexistes. Quelques passages créoles (traduits en bas de page). Contexte québécois.

Je n’aime pas qu’on m’enferme dans une identité. Je me sens comme dans une cellule de prison. Ou une camisole de force. Je suis Haïtien d’origine, mais aussi un Québécois d’un genre nouveau. Je suis né ici. J’aime le rap, le hip-hop et le slam. On me considère comme un Noir. Je crois plutôt que je suis black. Voilà qui je suis vraiment. J’ai bien dit black! Noir, pour moi, c’est négatif et réducteur. Ça fait appel à la couleur de la peau.  Être black, c’est plus qu’une couleur. C’est un style de vie, une façon d’habiter le monde. (p.26)

Jean Fils-Aimé est un auteur et essayiste canadien.

jean fils aimé

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jean Fils-Aimé
Maison d’édition: Bayard Canada Bouton acheter
Année de publication: 2015
ISBN: 9782895796671
Public cible: À partir de 13 ans

Vous aimerez peut-être: Oublier Camille, un mini-roman pour ados sur un garçon qui doit apprendre à accepter sa mixité raciale et qui se questionne sur son orientation sexuelle.

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Oublier Camille

camilleYanis est fou amoureux de Camille. Mais « assurer » avec une fille, prendre l’initiative, agir, c’est plus facile à dire qu’à faire. Devenir un homme, oui, mais quel homme? Paralysé par le doute, Yanis est tenté d’esquiver, puis de fuir… pour oublier Camille. Au risque d’être rattrapé par ses sentiments.

Un roman pour adolescents de 76 pages à peine, qui s’inscrit dans la vague « mini romans pour ado » des dernières années. Ici, un garçon de 16 ans, métissé, amoureux d’une fille et pas le courage de le lui dire. S’en suit une série de remises en questions sur son amour pour elle, sur ses sentiments, ses désirs, sa virilité, son orientation sexuelle et son identité. Un roman initiatique qui se digère bien. Il aurait été intéressant d’explorer davantage la question de l’identité raciale chez Yanis. Certains propos homophobes pourraient offenser certains lecteurs. Contexte français.

Je vois mon reflet dans la glace de l’armoire, en face de mon lit, et je me déteste. D’habitude, je me trouve plutôt bien foutu. Sauf mes cuisses, qui devraient être plus musclées, et mon visage. J’aurais voulu être blanc ou noir, mais ce mélange, je déteste. Mes cheveux, on ne peut rien faire avec. (p.21)

Auteur(s) : Gaël Aymon
Maison d’édition: Actes Sud Junior Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782330034290
Public cible: À partir de 13 ans

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