Jeanne et le Mokélé

jeanne et le mokélé1910. Mon enfance. Mon père : le professeur Modest Picquigny. Ses voyages en Afrique, au loin. Ses films. 1er septembre 1921. Mon père disparu. Mon départ pour l’Afrique. Seule. Toute seule. Décidée.

En lisant ce livre, il faut garder en tête que l’histoire se déroule en 1910, à une époque où l’Afrique était perçue par les Européens comme étant une terre exotique et à développer que l’on peut s’accaparer (Ouf, finalement, les choses n’ont pas vraiment changé ! 😦 ). Le récit évoque le lointain, l’inconnu, l’exotisme, la chaleur, la terre de tous les possibles où on se rend en bateau. Le personnage principal, Jeanne, s’indigne du massacre d’animaux perpétré par les colons blancs et affirme qu’il s’agit du sang de l’Afrique qui s’écoule car tous ces animaux majestueux de la savane sont précieux (pour la colonisation, on s’indignera plus tard, apparemment…) Elle raconte sa relation avec Eugène qui participe au massacre d’animaux et s’en vante régulièrement. Attention: les illustrations plutôt explicites ne voilent par les animaux ensanglantés ou morts. D’ailleurs, les illustrations hyper-réalistes sont superbes. Eugène se montre très hautain, tant avec les femmes qu’avec les habitants locaux.

Le récit est savamment écrit. Des phrases succinctes, sèches, évoquent toute la puissance des mots. La présence timide des verbes confère au texte un rythme soutenu et un style télégraphique. Ce livre met en scène des adultes aux prises avec des problèmes d’adultes. Jeanne est à la recherche de son père, cinéaste, dont elle n’a aucune nouvelle depuis longtemps. Eugène est un personnage raciste et misogyne qui a des problèmes d’alcool. Un très bel album, qui toutefois a besoin d’une mise en contexte. Je recommande donc à un lectorat mature, et une lecture accompagnée par un adulte.

Pistes d’exploitation en classe

  • Se renseigner sur le contexte historique.
  • Explorer les diverses répercussions qu’a eu la colonisation sur les populations noires d’aujourd’hui.
  • Imaginer une fin différente à l’histoire.
  • Découvrir d’autres ouvrages sur Jeanne et Eugène Love Peacock.
  • S’informer sur le Congo d’aujourd’hui.
  • Effectuer une recherche sur l’impact des populations humaines sur les animaux en voie de disparition.

Auteur(s) / illustrateur(s) :  François Roca
Maison d’édition: Albin Michel Bouton acheter petit
Année de publication: 2001
ISBN: 9782226119049
Public cible: À partir de 12 ans.
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Max et Koffi sont copains

Max et Lili sont copainsA la récréation, Koffi se fait injurier parce qu’il est noir et son ami Max s’en mêle… Comment vont-ils se défendre ? Ce petit livre de « Max et Lili » parle de l’amitié et du racisme. Tous pareils et tous différents, les hommes ont le même droit de vivre dignement sur la Terre, sans souffrir du mépris.

Ahhhhh… Max et Lili… Ces petites bandes dessinées adorées des enfants que je dois racheter à l’infini pour ma bibliothèque car ils sont littéralement dévorés par nos petits lecteurs ! La recette est gagnante: des situations du quotidien des enfants, une petite bande dessinée, des personnages face à un dilemme éthique, des questions et mises en situations pour se faire sa propre opinion. Personnellement, je dois admettre que je trouve ces livres parfois un peu moralisateurs, hétéronormatifs et s’adressant plutôt à un lectorat européen blanc. Mais les enfants les aiment, bon ! Et puis les illustrations de Serge Bloch sont vraiment fantastiques. À ce niveau, rien à redire; Serge Bloch est une valeur sûre. Le texte de Dominique de Saint Mars aussi est bien et j’apprécie qu’elle parvienne à intéresser les enfants à la philosophie. C’est plutôt le ton ou la manière dont certains sujets sont abordés qui me chicotte un peu parfois.

La scène phare dans « Max et Koffi sont copains » est ce moment où Koffi se fait apostropher par un camarade de classe dans la cours de récré, alors qu’il s’occupait tranquille de ses affaires avec son ami Max sur un banc. Le camarade en question, bien peu sympathique, lui réclame la place en prétextant qu’elle lui appartient. Puis, il lance: « C’est pas ton banc, pas ta cour, et en plus, c’est pas ton pays ! D’abord, t’es qu’un SALE NOIR!  »

Max et Koffi sont copains 3

Ce genre de représentation laisse supposer que le racisme, ce sont les insultes lancées à tue-tête par des Blancs méchants en manque d’attention. Bien sûr, les insultes racistes, ça arrive. Mais aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus pernicieux, implicite et systémique. Je le dit et le redis, les enfants de 7, 8, 9 10 ans sont assez matures pour aborder ces sujets, il suffit que les livres choisis soient adaptés à leur âge. Ce livre a d’abord publié en 1995 et les choses ont bien changé depuis, j’en conviens. Mais rien n’aurait empêché une réédition mise à jour, histoire de s’éloigner de cette idée que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous.

Premier petit malaise en page 18 lorsque la maman de Max, voyant Koffi pour la première fois, s’exclame, étonnée « Mais il est noir ! ». Oui, et alors ? J’ai attendu une suite qui n’est jamais venue. Juste « Mais il est noir! » Point. Bizarre. Cela dit, passé son étonnement initial, elle se montre très ouverte à l’amitié de son fils pour Koffi. Au départ, je me suis dit: « Bon, ok, les auteurs font sûrement questionner les enfants sur la réaction de la mère à la fin de la bande dessinée. Ils ont toujours de bonnes questions pour faire réfléchir les enfants ». Et malheureusement, aucune question n’est posée en lien avec cette scène.

Deuxième petit malaise en page 23 lorsque Koffi présente à Max son petit frère d’un mois et déclare, tête basse : « Sa peau est claire parce qu’il est bébé ! Il a de la chance!  » Que veut-il dire par là ? Qu’avoir la peau claire est mieux que d’avoir la peau foncée ? Et encore une fois, les auteurs ne questionnent pas les enfants sur le colorisme ou le racisme intériorisé à la fin du livre. Cela dit, la mère de Koffi répond du tac-au-tac: « Mais elle est belle ta peau noire, mon doudou ! », ce qui est positif. C’est à ce moment que Max semble réaliser la différence de son ami et déclare « C’est marrant, j’avais jamais fait attention ! On dirait qu’elle est teinte! » en lui touchant la main pour l’observer. Dois-je mentionner que ce n’est pas apprécié d’être perçu comme une bête de foire qu’on peut toucher, palper et observer avec curiosité à cause de sa couleur de peau ? On peut se dire qu’il ne s’agit que de la curiosité naturelle des enfants, mais dans le livre, Koffi ne manifeste pas la même curiosité envers Max, laissant supposer que la peau blanche est normale et n’a pas besoin d’être touchée, palpée et observée avec curiosité. Koffi exprime enfin son malaise d’être traité différemment en disant qu’il « en a marre de ne pas être comme les autres et de se faire traiter [de sale noir] », donnant ainsi une voix aux minorités visibles qui peuvent ressentir ce genre de malaise intérieur.

Max et Koffi sont copains 2

J’ai aimé qu’à la fin de l’histoire, ce soit le pardon qui l’emporte lorsque Koffi vient en aide à son camarade de classe l’ayant insulté au début du livre alors que celui-ci est victime d’intimidation par des plus vieux de l’école. Par contre, cela m’a dérangé que le personnage ne s’excuse pas pour les propos racistes qui a tenus envers Koffi. Il dit qu’ils sont « plus forts ensemble », demande s’ils peuvent « rester copains », veut « faire la paix » et qu’il a « été bête », mais les mots JE M’EXCUSE ne sortent pas de sa bouche. Ugh.

En épilogue, des questions intelligentes sont posées aux enfants: « Quand tu as peur de quelqu’un, essaies-tu de le connaître ou t’enfermes-tu dans ta coquille? », « Connais-tu des exemples de racisme dans l’histoire? As-tu des idées sur les façons de le combattre? », « Est-ce que cela te rend triste d’être différent? Ou est-ce que cela te fait « grandir dans ta tête »? « , « Trouves-tu difficile de parler de ses différences? Est-ce que ça te rend aggressif? » Ou encore « As-tu souffert de racisme? As-tu été rejeté ou injurié par les autres? Ou est-ce arrivé à un ami? »

D’autres questions, toutefois, le sont beaucoup moins, par exemple: « Et toi… Est-ce qu’il t’est arrivé la même histoire qu’à Max? » (Ah, parce que quelque chose est arrivé à Max? J’ai manqué ce bout de l’histoire, car il m’a semblé que c’était plutôt à Koffi qu’il était arrivée quelque chose.) Ou encore « Est-ce que ça existe pour toi le racisme ? » (Cette question n’est pas valide. Ça existe, point.)

Eh, misère…

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique de Saint Mars & Serge Bloch
Maison d’édition: Calligram
Année de publication: 1995
ISBN: 2884452508
Lectorat cible: 7 à 12 ans
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Pieds en l’air, pieds sur terre

pieds en l'air, pieds sur terreJouer à la corde à saute, c’est amusant ! Ce tout petit livre d’à peine 31 pages s’adresse aux enfants en apprentissage de la lecture. Le texte, tout simple, utilise des mots répétitifs que l’enfant finira par reconnaître aisément. D’ailleurs, on retrouve la liste des mots utilisé dans le livre à la fin. Il n’y a pas plus de deux phrases par double-page, et certaines phrases s’étendent sur deux pages. Les personnages de ce livre sont racisés pour la plupart. Une fillette au teint crème à café, un garçon noir de peau, une fillette aux cheveux crépus et une autre aux yeux en amande jouent ensemble et s’amusent à saute à la corde: en solo, en duo, en groupe, au parc, au terrain de jeu, à la place, à l’intérieur ou à l’extérieur. Parfait pour les devoirs de lecture que les enseignants du primaire donnent souvent aux élèves de première année.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pamela Love & Lynne Chapman
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2004
ISBN: 9780545992220
Public cible:  6 ans et plus
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Si tu étais mon ami…

si tu étais mon ami scholasticUn vocabulaire simple, des phrases courtes et des illustrations amusantes encourageront les jeunes, lors de leurs premières expériences. Les 50 mots utilisés dans ce livre sont listés avant l’histoire dans une note à l’intention des parents et des enseignants.  Issu de la collection « Je veux lire » de la maison d’édition Scholastic, Si tu étais mon ami… est un livre facile à lire sur le thème de l’amitié et du partage. Six personnages se croisent et se recroisent comme dans un mixer où les danseurs changent de partenaires continuellement. Chaque ami en croise un autre et l’invite à jouer. L’ami invité en invitera lui aussi un autre, etc. dans une série de saynètes drôles et inusitées. À chaque double page, on laisse un indice qui nous permet de deviner et de prédire qui sera le prochain ami invité et ce à quoi il veut jouer. Par exemple, une fillette blonde construit un gigantesque château de sable devant un garçon noir qui tient un livre sur les fleurs à la main. À la page suivante, ce dernier cueille des fleurs.

Parmi les six personnages du récit, deux sont noirs: une fille et un garçon. La fille joue à la poupée, cajole son chat et partage ses chocolats. Le garçon, plus présent dans le livre, joue au baseball, fait du skate, lit des livres, cueille des fleurs et construit un bolide. Les illustrations de style brouillon, mais colorées et sympathiques dynamisent la lecture en racontant elles-aussi une histoire parallèle. Car oui, le chien et le chat de compagnie ont aussi leur histoire racontée par les images ! De leur rencontre en page 20-21, la poursuite du chat par le chien en page 22-23, la peur du chat dans l’arbre en page 24-25, le chien qui tente d’amadouer le chat avec un poisson en page 28-29, le chat qui offre un os au chien en page 30-31 et enfin leur réconciliation. J’ai trouvé ce livre charmant et inventif ! Destiné aux apprentis lecteurs, il favorise l’apprentissage de mots nouveaux et de compétences sociales avec humour. Fortement recommandé !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Diane Namm & Mike Gordon
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2007
ISBN: 9780439942836
Public cible: 3 à 7 ans.

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8 personnages de mangas afro

On retrouve des personnes noires sur tous les continents (eh oui, même au Japon !) Nous consommons des produits médiatiques de partout, incluant les mangas et les animes. Pourtant, il y existe peu de personnages noirs. De plus, le Japon est plutôt mauvais élève quand vient le temps d’aborder la question de la diversité raciale. Que leur identité noire soit clairement mentionnée ou pas dans le récit, voici quelques exemples de personnages afro-descendants ou ayant simplement une peau plus foncée que celle des autres que l’on peut retrouver dans des mangas.

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Mohamed Avdol de « JoJo’s Bizarre Adventure: Stardust Crusaders »

1987. L’histoire de JoJo’s Bizarre Adventure tourne autour des aventures de la lignée Joestar, une famille issue de l’Angleterre victorienne. Voici la destinée de Jotaro, lycéen voyou et caractériel, qui il est enfermé en prison lorsque son grand-père, appelé en urgence, arrive. Dio, ennemi héréditaire de leur lignée, s’est réveillé d’entre les morts, amenant avec lui des mystérieux pouvoirs appelés des Stands. Seul problème, une terrible fièvre chez la mère de Jotaro, causée par l’apparition des Strands, menace sa vie. Si Dio n’est pas annihilé d’ici cinquante jours, elle en perdra la vie ! Parti avec deux compagnons eux aussi possesseurs d’un Stand, Joseph et Jotaro partent pour l’Égypte afin de réaliser le but de leur destinée : détruire le démon une bonne fois pour toutes et sauver celle qu’ils aiment. Dans ce manga, il y a Mohammed Avdol, un garçon intelligent, à l’esprit cartésien plein de ressources. Il se montre particulièrement héroïque et sa nationalité égyptienne n’est pas un facteur important de l’histoire.

Mohamed Avdol

Auteur(s) / illustrateur(s) : Araki, Hirohiko
Maisons d’édition: J’ai lu manga, puis Tonkam
Années de publication: 1986 – (en cours)


Afro de « Afro Samurai »

Dans un Japon médiéval alternatif, le jeune Afro assiste au meurtre de son père par un assassin mystérieux portant un bandeau Numéro 2. Ces bandeaux (Numéro 1 et 2), sorte de récompense ultime pour les combattants, auraient été créés par les dieux eux-mêmes. Le détenteur du bandeau Numéro 1 est au sommet de la hiérarchie et ne peut être défié que par le porteur du bandeau Numéro 2. Afro part à la recherche de l’assassin de son père pour comprendre les raisons de ce crime et pour se venger. Il offre une représentation positive d’un personnage noir dans un manga, même si Afro est probablement le premier (et le seul) exemple de personnage noir dans le genre qui vient à l’esprit des gens. Assez violent et ayant quelques scènes de sexualité, il est à noter que ce manga s’adresse aux adolescents de 16 ans et plus et aux adultes.

Afro samurai

Auteur(s) / illustrateur(s) : Okazaki, Takashi
Maisons d’édition: Génération comics
Années de publication: 1999-2000


Ken Matsushiro de « Yakitate!! Japan »

Kazuma Azuma, le héros, dispose des « mains solaires » : ses mains sont plus chaudes que la moyenne et favorisent la fermentation du pain qu’elles pétrissent. Sa grande quête est de créer un pain typiquement japonais, qui convienne aux Japonais, et qui fasse partie de l’identité du pays, comme le sont le pain français ou le pain allemand… Ce pain, c’est le « Ja-pan » ! Tout au  long du manga, Ken Matsushiro, le patron de Kazuma, explique les nombreuses techniques de fabrication du pain ainsi que leur usage en boulangerie. Il est tout simplement le meilleur boulanger du Japon ! Toutefois, les auteurs utilisent régulièrement son afro pour créer un effet comique à la limite de la dérision.

Yakitatte Ja-pan Ken Matsushiro

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hashiguchi, Takashi
Maisons d’édition: Delcourt
Années de publication: 2005-2010


Kaname Tousen de « Bleach »

L’histoire de Bleach se déroule dans une version alternative de notre monde où des shinigami, les anges de la mort, protègent l’espèce humaine et les âmes des morts des hollows, forme bestiale des âmes perdues. Cette réalité alternative est constituée de plusieurs mondes parallèles parmi lesquels, outre la Terre, se trouvent entre autres la Soul Society, le monde des shinigamis (alias le paradis), le Hueco Mundo, le monde des hollows (les âmes torturées) et l’Enfer (là où vont les mauvais esprits qui ont accompli des actes néfastes dans leur vie terrestre). Kaname est un antagoniste très fier de sa personne qui se montre même arrogant parfois. C’est un leader qui tente de minimiser le nombre de victimes sur son sillage, même s’il est prêt à prendre des décisions difficiles lorsqu’il le faut.

kaname tosen bleach

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kubo, Tite
Maisons d’édition: Glénat
Années de publication: 2001-2016


Yoruichi Shiouin de « Bleach »

Toujours dans Bleach, on retrouve également Yoruichi, une noble qui a horreur qu’on la traite comme tel car elle n’aime pas les marques de respect trop prononcées. Elle a le pouvoir de se transformer en chat, et préfère observer de loin plutôt que de se battre (non pas qu’elle n’aurait pas la force de le faire, au contraire !). Très puissante, elle maîtrise de nombreuses techniques de combat. Dans l’anime, sa voix est très masculine et on pourrait à prime abord penser qu’il s’agit d’un homme. Même si elle est une antagoniste du récit, elle aide tout de même Ichigo, le personnage principal, à quelques reprises.

Yoruichi Shiouin de Bleach

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kubo, Tite
Maisons d’édition: Glénat
Années de publication: 2001-2016


Miyuki Ayukawa de « Basquash! »

L’histoire se déroule dans un monde alternatif futuriste où les gens pratiquent un sport très populaire appelé BFB (Big Foot Basketball, ou le Basket aux grands pieds). Les joueurs conduisent un « Big Foot » et jouent sur un terrain de basketball géant. Miyuki est une mécanicienne, ce qui est super car cela déconstruit les stéréotypes de genre. Elle est aussi noire, ce qui est rare dans l’univers des mangas japonais. Très mignonne, ses attributs physiques sont souvent mis de l’avant. Bon, après, j’espère que les auteurs n’ont pas fait de Miyuki une fille noire simplement à cause de la thématique de basketball…

Miyuki dans Basquash

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hayashi, Tetsuya
Maisons d’édition: Kadokawa Shoten
Années de publication: 2009


Dutch de « Black lagoon »

Dans Black Lagoon, Rokuro Okajima, jeune employé japonais d’une grande entreprise, est chargé de voyager sur les mers d’Asie du Sud-Est pour livrer un disque contenant des données secrètes et capitales sur la société pour laquelle il travaille. Malheureusement, son bateau se fait attaquer par une bande de pirates voulant récupérer son bien et lui-même sera pris en otage sur leur bateau, le Black Lagoon, un vieux torpilleur. Dans ce manga, on retrouve Dutch, un homme ayant son service militaire dans la marine américaine en tant que capitaine durant la guerre du Vietnam. Désormais, il détient sa propre compagnie, la Lagoon Company, qu’il a nommée en l’honneur de son bateau, le Black Lagoon. Dutch, d’allure intimidante, reste calme en tout temps. Plus tard dans le récit, on apprendra que son passé n’est pas celui qu’il prétendait avoir…

dutch black lagoon

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hiroe, Rei
Maisons d’édition: Kabuto, puis Kazé
Années de publication: 2002 – (en cours)


Kilik Lunge de « Soul Eater »

Plusieurs jeunes élèves de l’école Shibusen apprennent à devenir des Meisters dont le but est de faucher des âmes, d’éviter la renaissance du Grand Dévoreur qui menace d’engloutir le monde, et de d’accéder au rang de Death Scythe. Malheureusement atteindre cet objectif n’est pas si simple, et de nombreux obstacles barreront la route des protagonistes. Agé d’une douzaine d’années, Kilik est optimiste, déterminé et fait preuve de leadership. La rumeur veut que l’auteur, Atsuhi Ôkubo, ait créé Kilik dans le but de palier au manque de diversité raciale dans le monde des mangas. Le prénom de Kirik est inspiré du conte ouest-africain « Kirikou et la sorcière » (son nom peut aussi se lire « Kirikou »). À noter que Soul Eater est un manga truffé d’épisodes de voyeurisme et d’attouchements de personnages féminins. Ces dernières sont d’ailleurs souvent réduites à leur sexualité.

Kilik Lunge dans Soul Eater

Auteur(s) / illustrateur(s) : Atsushi Ōkubo
Maisons d’édition: Kurokawa
Années de publication: 2004 – 2013


 

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Un nouveau monde…

nouveau-monde-kerbaLa ville fume, tousse et crache. Il faut faire quelque chose ! Partir à l’aventure pour dénicher le bon remède, sauver quelques graines de la folie des hommes et qui sait, grâce à elles, faire refleurir la terre entière?

Le large format de l’album est très agréable et la mise en page est aérée. Les illustrations sont très évocatrices, et chaque lecteur pourra y déceler quelque chose de différent qu’il interprétera à sa manière. La poésie du texte m’a beaucoup touchée; la ville y est présentée comme une entité vibrante, presque amicale, à qui on prête des qualités humaines. Et parmi tout cela, l’urgence d’agir et ce mot jeté à répétition sur les pages de l’album: « Vite! ». Vite, il faut agir.

Le personnage principal, un garçon blanc, quitte sa ville pour se rendre dans un endroit non nommé, mais dont on devine qu’il s’agit d’un pays chaud, probablement les Antilles. Par ce voyage, il illustre la fracture technologique, numérique et industrielle qui sépare le nord du sud. Un homme blanc qui débarque dans un pays peuplé par des personnes racisées et qui finit par tout chambouler, ça s’est bien sûr déjà vu dans l’Histoire de l’humanité. Les enfants comprendront-ils ce que cela implique…? Néanmoins, cet album soulève une question d’actualité: « Quel est le coût de la mondialisation? » Pertinent.

Auteur(s) : Muriel Kerba
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 2006
ISBN: 9782013913102
Lectorat cible: À partir de 8 ans

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Ces femmes incroyables qui ont changé le monde

Ces femmes incroyables qui ont changé le mondeConnais-tu les femmes qui ont changé le monde ? Les treize femmes présentées dans ce livre n’étaient pas destinées à entrer dans l’Histoire, mais elles accomplirent des choses extraordinaires en suivant ce que leur dictaient leur coeur, leur talent et leurs rêves. Découvre l’incroyable destinée de Coco Chanel, l’histoire émouvante d’Anne Frank, la formidable découverte de Marie Curie ou encore le merveilleux talent de la célèbre peintre mexicaine Frida Kahlo. Inspire-toi de leur destin hors du commun et de leur courage pour trouver ta propre voie !

Les femmes de ce livre sont présentées en deux pages côte-à-côte. Il s’agit d’une présentation sommaire, mais complète, qui permet aux jeunes lecteurs de bien comprendre les exploits de ces femmes, les raisons pour lesquelles elles sont célèbres et l’impact qu’elles ont eu sur le monde. Car les femmes présentées dans ce livre n’étaient pas destinées èa entrer dans l’Histoire. Elles ont simplement suivi leur coeur, travaillé fort et persévéré. Elle ont osé être différentes et ont ignorés ceux qui tentaient de les dissuader.

On découvre ainsi l’auteure Jane Austen, la nageuse Gertrude Ederle, la peintre Frida Kahlo, la couturière Coco Chanel, la scientifique Marie Curie, la paléontologue Mary Anning, l’aviatrice Amélia Earhart, la militante féministe Emmeline Pankhurst, l’agent secret Marie Christine Chilver (alias Agent Fifi) ainsi que Sacagawea et Anne Frank. Deux femmes noires sont incluses dans le livre: Mary Seacole et Rosa Parks.

Mary Seacole, d’origine écossaise et jamaïcaine, a bâti sa propre maison de soins en Crimée dans une région dangereuse déchirée par la guerre, pour aider les troupes britanniques. Après sa mort, celle qu’on surnommait Maman Seacole, est tombée dans l’oubli pendant près d’un siècle, jusqu’à ce qu’on reconnaisse sa bravoure et ses connaissances médicinales dans les années 1980. Dans les années 2000, on retrouva des portraits d’elle, et elle s’est hissée au numéro du Black Briton Poll. Dans Ces femmes incroyables qui ont changé le monde, on ne parle pas de ce qui s’est passé après sa mort, mais on célèbre les réalisations qu’elle a accomplies de son vivant. J’ai trouvé cela fantastique que cette femme, peu connue, ait trouvé sa place dans ce livre.

Certaines informations dans le livre auraient méritées d’être nuancées, par exemple lorsqu’on dit que « dans les tribus amérindiennes, les femmes étaient la propriété des hommes », alors qu’on sait aujourd’hui que certaines tribus étaient matriarcales (par exemple: les Iroquoiens et les Hopi). J’aurais aussi aimé que certaines comparaisons soient nord-américaines (par exemple, que le droit de vote fût donné aux femmes québécoises en 1940 et aux américaines blanches en 1920, et à toutes les américaines em 1965).

Les couleurs vives et les illustrations expressives de Kate Pankhurst illuminent cet album. Il y a un chemin fléché que le lecteur peut suivre au fil de sa lecture; il/elle part ainsi à l’aventure avec les 13 femmes incroyables du livre, en allant d’une page à l’autre. Les deux pages consacrées à Emmeline Pankhurst, qui lutta pour le droit de vote des femmes anglaises, doit se lire en tournant le livre à la verticale. Les lecteurs récalcitrants aimeront le côté dynamique de la lecture de ce livre !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Kate Pankhurst
Maison d’éditionÉditions KimaneBouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782368084045
Lectorat cible: 6 à 11 ans
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