Mortelle Adèle : Funky Moumoute !

Mortelle Adèle Funky Moumoute« Chouette, on part en vacances ! Et pas n’importe où, on décolle pour le Canada ! Je vais rencontrer ma cousine Charlie, elle est trop tiguidou ! Il paraît même que je suis écoeuraaante et que là-bas c’est un compliment ! J’y comprends rien, mais je sens que ça va être Mortel ! » Adèle et ses parents partent au Québec pour des vacances d’hiver funky moumoute ! Adèle est en bonne compagnie avec sa cousine Charlie et son lapin Jaja, véritable sosie d’Ajax ! Au programme, balades en pleine nature, dressage d’écureuils, malentendus et bêtises en tout genre dans le grand froid canadien !

Quand j’ai commencé à lire la série il y a quelques années, j’ai tellement ri que j’en avais les larmes aux yeux. Mortelle Adèle, très populaire en ce moment auprès des jeunes qui fréquentent ma bibliothèque, me demande tous les jours s’il y a un tome de la série qui est disponible pour le prêt. Il va sans dire qu’ils sont souvent empruntés ! J’aime le ton irrévérencieux de ces livres et les gags, toujours en une ou deux pages, sont efficaces. Cela dit, rendu au quinzième tome, comme c’est le cas ici avec « Funky moumoute », le tout devient assez répétitif: les mêmes personnages assez unidimensionnels se cotoient toujours de la même manière, et le piquant des premiers tomes a perdu son effet. Je n’ai donc pas lu ce livre en riant aux éclats, mais plutôt avec un sourire en coin parfois et une vague impression de déjà-lu.

Dans ce tome des aventures des aventures de Mortelle Adèle, la fillette se rend au Québec avec ses parents pour aller visiter une cousine qui s’est mariée avec un homme noir et qui a eu une enfant, Charlie. Rassurez-vous, Charlie ne sera pas la cible des moqueries habitelles et du ton condescendant d’Adèle. Au contraire, les deux filles s’entendront à merveille ! À aucun moment l’origine ethnique de Charlie ou de son père n’est remise en question dans le récit. C’est plutôt le fait qu’ils soient québécois qui donne lieu à des situations cocasses, comme lorsque le papa mentionne qu’il vont utiliser le « char » pour aller quelque part, et Adèle, adepte de domination mondiale, s’imagine un char d’assaut alors qu’il s’agit en réalité que d’une simple voiture. Les auteurs ont eu le bon goût de ne pas se moquer de l’accent québécois, mais simplement de souligner les expressions québécoises qui ne sont pas toujours comprises par nos cousins français. Et au passage, quelques clichés canadiens ici et là, mais rien d’offensant.

Bref, les amateurs de la série Mortelle Adèle adoreront. Ceux qui ne la connaissent pas pourront tout aussi bien la découvrir avec « Funky moumoute » puisque les tomes peuvent se lire dans le désordre.

 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Diane Le Feyer & Mr Tan
Maison d’édition: TourbillonBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9791027606023
Public cible: À partir de 9 ans

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Chez le docteur

Chez le docteur claire clément popi helen oxenburyLéo va voir le docteur. Il ca l’examiner, le peser, le mesurer… Heureusement, Popi est venu aussi. C’est plus amusant ! 

Publié pour la première fois en français en 2005, ce petit livre pour les enfants de 2 ans et plus charme par la douceur de ces illustrations. Les couleurs pastel et les traits délicats de Oxenbury donnent à voir des images qui illustrent précisement le texte. Il n’y a pas de réel décodage à faire ici: le texte parle du stétoscope, il y a un stétoscope qui est illustré. Le texte est simple et accompagne les petits lecteurs à travers les étapes d’une visite habituelle chez le docteur. Cette lecture rassurera assurément les tout-petits qui sauront à quoi s’attendre.

Dans le livre, le docteur est un homme noir à lunettes et à l’air sympathique. Sa présence offre une représentation positive d’un homme noir qui exerce un métier qui aide la communauté. Le fait qu’il soit noir ne change rien au récit et il n’est pas représentré de manière exotique. Il est médecin, c’est tout, comme tous les autres médecins. Je recommande fortement la lecture de ce livre !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire Clément & Helen Oxenbury
Maison d’édition: Bayard Jeunesse
Année de publication: 2015
ISBN: 9782747058025
Public cible: 2 à 5 ans

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capitaine-jules-pirates    deux petites mains et deux petits pieds

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Interdit aux éléphants

Interdit aux éléphants

Le problème, quand on a un éléphant à la maison, c’est qu’on n’est pas tout à fait comme tout le monde. Personne d’autre n’a un éléphant. D’ailleurs, sur la porte du Club des animaux, il est écrit : « Interdit aux éléphants ». Les deux amis ont le cœur gros. Et s’ils créaient leur propre club, un club ouvert à tous ?

Les Éditions des Éléphants ont collaboré avec Amnesty International pour nous offrir ce magnifique album sur la discrimination et la force de la solidarité. Cet album doux et tendre aborde avec finesse le rejet de l’autre et, plus important encore, le pouvoir que nous avons d’agir ensemble pour y mettre fin. Les illustrations délicates de Taeeun Yoo sont un délice pour les yeux et occupent une fonction narrative intéressante. Dans l’histoire, on rencontre une petite fille noire qui elle aussi est rejetée car son animal de compagnie est une moufette. Elle aura un rôle important dans le récit car sa présence incitera le personnage principal à former un nouveau club où tous les animaux sont acceptés.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • Sens de la déduction: En te basant sur cette histoire, que font les bons amis ? (Ils nous aident à franchir les lignes, ils bravent les choses effrayantes pour nous, ils ne laissent jamais personne derrière eux, ils nous indiquent le chemin). Quelles sont les qualités recherchées chez les bons amis ?
  • Sens de l’observation: Durant quelle saison se déroule l’histoire ? Justifie ta réponse.
  • Faire des liens avec sa propre expérience: As-tu déjà vécu une situation similaire à cette de l’éléphant dans l’histoire ?
  • Imaginer: si tu pouvais avoir un animal exotique de compagnie, lequel choisirais-tu ? Pourquoi ?
  • Débattre et convaincre : Trouve trois raisons pour lesquelles interdire l’accès au club à certains animaux n’est pas bien.
  • Vocabulaire et compréhension: Qu’est-ce que cela veut dire, « Franchir les lignes » ? Quels éléments de l’histoire peux-tu utiliser pour t’aider à comprendre le sens de cette expression ?

Interdit aux éléphants 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Lisa Mantchev & Taeeun Yoo
Maison d’édition: Éditions des éléphantsBouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782372730143
Public cible: 5 à 8 ans
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La rentrée des classes

Moi je lis tout seul la rentrée des classes.jpgOscar est inquiet aujourd’hui : c’est la rentrée des classesLe petit garçon a mal au ventre, il a si peur de ne pas retrouver ses amis. Alors, lorsque le directeur de l’école oublie de l’appeler et de lui attribuer sa classe, c’est la panique !

Ce livre est issu de la collection « Moi je lis tout seul! » chez Auzou et a été pensé pour les lecteurs du Cours Préparatoire et de maternelle. Il est écrit par une enseignante et testé en classe de CP. Dans l’école d’Oscar et Salomé, il y a des enfants de toutes origines et deux enfants noirs. Ces derniers y jouent toutefois un rôle figuratif, même si on sait que le garçon noir se prénomme Samuel. On pourra d’ailleurs le retrouver dans d’autres histoires de la collection publiée chez Auzou.

L’histoire d’Oscar cerne bien les inquiétudes que peuvent avoir certains enfants à l’approche de la rentrée scolaire. Même s’il a du mal à l’exprimer, Oscar est anxieux: son mal de ventre lui mène la vie dure ! Le récit est bien mené, et alors qu’on se surprend à s’inquiéter aussi pour Oscar, on est soulagé par le dénouement de l’histoire.

En fin d’ouvrage, on retrouve une section jeux particulièrement bien pensée où on invite les petits lecteurs à remettre l’histoire dans l’ordre à l’aide de vignettes et de courtes descriptions. On interroge aussi les lecteurs sur certains détails du récit pour valider leur compréhension. Des jeux d’association et de déduction préparent les jeunes lecteurs a bien performer à l’école et à s’intéresser à la lecture. Contexte français.

Je remercie les éditions Auzou de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / Illustrateur(s) :  Clémence Masteau & Caroline Modeste
Maison d’édition Auzou Bouton acheter petit
Année de publication : 2015
ISBN : 9782733833148
Lectorat cible : 6-7 ans

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Histoires pour garçons qui veulent changer le monde : Destins d’hommes géniaux qui ont fait la différence sans tuer de dragons

Histoires pour garçons qui veulent changer le mondeUne fabuleuse collection de 100 portraits d’hommes célèbres ou pas, d’aujourd’hui et d’hier, qui ont décidé de changer le monde en faisant preuve de compassion, de générosité et de confiance en soi.

Quand j’ai d’abord aperçu ce livre sur diverses plateformes de critiques de livres jeunesse, je n’ai pas pu m’empêcher de lever les yeux aux ciel. Je me suis dit: « Ben, voyons. Les garçon mènent déjà le monde. A-t-on besoin d’un livre qui ne parle que de ce que des hommes ont fait alors que leurs histoires sont déjà racontées partout au détriment de femmes qui ont aussi changé le monde, mais qui sont ignorées par l’Histoire ? Quelle pertinence pour un tel ouvrage ? » Mais bon, je me suis promis de le lire avant d’émettre une opinion dessus et de laisser à ce livre la chance de me convaincre de sa raison d’être.

J’ai finalement découvert un livre plutôt intéressant où l’on part à la rencontre de dizaines de garçons et d’hommes qui ont défié les stéréotypes de genre, qui ont mené une vie normale, qui ont surmonté leurs craintes, qui ont aidé les autres, qui ont défendu des valeurs de respect et de générosité, ou qui n’ont pas hésité à montrer à la face du monde que les hommes ont bien le droit de se montrer aussi sensibles que courageux. 

Il y a plusieurs hommes noirs dans ce livre, dont le président américain Barack Obama, l’écrivain rastafarien Benjamin Zephaniah, le sportif Dereck Redmond qui s’est blessé lors d’une épreuve olympique mais a tout de même tenu a terminer la course, Don McPherson, Frank Ocean, Frederick Douglass, Neil Degrasse Tyson, Mohamed Ali, Neil Degrass Tyson, le président sud-africain Nelson Mandela, ou encore John Carlos et Tommie Smith qui ont levé le poing lors des jeux olympiques de 1968 pour dénoncer l’inégalité raciale aux États-Unis, etc. Certaines histoires sont moins développées que d’autres mais dans l’ensemble, ce livre donne à voir un panorama de personnes inspirantes et qui ont osé faire les choses différemment. D’ailleurs, le titre anglais me semble plus approprié: « Stories For Boys Who Dare To Be Different », qui pourrait se traduire par « Histoires pour garçons qui osent être différents des autres ». Personnellement, j’aurais opté pour une traduction qui se rapproche davantage du titre original. Déjà, ça m’aurait moins rebuté au départ ! 😉

En quatrième de couverture, il est écrit « Vous ne trouverez ni super-héros ni princesse en détresse dans ce livre ! » Et c’est bien vrai. Tout lecteur de ce livre pourra s’y reconnaître et réalisera qu’avoir des supers pouvoirs n’est pas nécessaire pour être une « super » personne !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Ben Brooks & Quinton Winter
Maison d’édition: Mazarine Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782863744970
Lectorat cible: À partir de 11 ans
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Les races, ça existe ou pas ?

A59956_philo_races_COUV.inddOn pense, on vit, on agit comme si les races existaient vraiment. Le nier, c’est refuser de voir qu’elles organisent réellement le monde qui nous entoure, alors que les identités sont multiples, faites de multiples brins, tissant ainsi cet écheveau dont on ne maîtrise rien, et qu’on appelle… l’humanité. C’est cette réalité qu’il faut transformer, pour combattre les discriminations raciales et le racisme.

Ce livre débute tout de go en soulevant la polémique qui a secoué les États-Unis en 2015 autour de Rachel Dolezal, cette américaine qui s’auto-identifie comme noire malgré le fait que ses deux parents biologiques soient blancs et qui a été présidente de la NAACP alors qu’elle prétendait être noire. À partir de cette affaire, l’auteure questionne se que signifie être d’une race ou d’une autre, qui décide de quelle race sont les êtres humains et si cette catégorisation a lieu d’être ou pas. L’affaire Rachel Dolezal est présentée de manière somme tout assez simple; on ne s’attarde pas sur qui a raison et qui à tort. Plutôt, on se questionne sur la raison d’être et les origines des catégories raciales. On aborde de concepts tels que la « règle de la goutte unique » (One drop rule), la transracialité et le racisme. Par contre, l’entrée en la matière par le biais de l’affaire Rachel Dolezal et la manière dont elle est abordée laisse supposer que c’est elle qui a d’abord remis en question l’objectivité et la légitimité des catégories raciales, alors qu’on sait qu’évidement ce n’est pas le cas. À maintes reprises dans l’histoire américaine, il y a eu ce débat, Rachel Dolezal n’a rien inventé ! Et même si plus loin, on parle du « passing » (la capacité d’une personne à être considérée en un seul coup d’œil comme membre d’un groupe social autre que le sien propre, comme par exemple la race), j’ai trouvé qu’on accordait beaucoup trop d’importance à Rachel Dolezal.

Somme toute, l’auteur s’attarde beaucoup au contexte américain, même si elle n’oublie pas d’aborder au passage d’autres contextes historiques et sociaux. C’est dommage que lorsque la race est abordée, parler des États-Unis semble être un passage obligé, comme si les races et le racisme existaient d’abord et de manière plus forte dans ce pays. J’aurais aimé que l’auteur aborde le concept de races tel qu’il est perçu dans d’autres sociétés, du colorisme aux Antilles ou en Asie, par exemple.

Les races, ça existe ou pas livre jeunesse

L’auteur vulgarise pour un public adolescent des concepts complexes tels que la race et son origine historique.

… C’est ainsi qu’est née l’idée que les races étaient naturelles, qu’elles pouvait être étudiées par la biologie, la physiologie, la craniologie ou d’autres « sciences naturelles ». Elles ont été créées ou construites de toutes pièces par les hommes, mais légitimées dans la référence à la nature. Or l’histoire ne s’arrête pas là: le concept de race est utilisé pour hiérarchiser ces groupes. Dans le discours raciste en train de s’élaborer, les différences visibles sont surtout les signes des véritables différences internes: morales, émotionnelles, intellectuelles, culturelles. (p.24)

À la lecture de ce livre très intéressant, nous croisons les noms de W.E.B. Dubois, de Frantz Fanon, de François Bernier, de Kwame Anthony Appiah, de Ian Hacking, de Claude Lévi-Strauss, etc. Plusieurs questions sont posées pour inciter le lecteur à réfléchir : « Peut-on ‘passer’ à travers la ‘ligne de couleur’? », « Pourquoi l’homme a-t-il créé des catégories raciales? », « Les races se transmettent-elles? », ou « Peut-on penser un racisme sans races? ». Au final, l’auteur explique qu’on ne voit que ce qu’on a appris a percevoir dans des circonstances particulières (ça aurait bien pu être la couleur des yeux ou des cheveux ou la forme des oreilles!). Car ce n’est pas la race qui fonde le racisme, c’est plutôt le racisme qui créé les races. Ce livre de Magalie Bessone illustré par Alfred constitue une lecture très intéressante pour les adolescents.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Magali Bessone & Alfred
Maison d’édition: Gallimard jeunesseBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782070599561
Lectorat cible: Ados
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Antonin

Antonin Samuel ChampagneS’ils savaient… Cette phrase, c’est toute ma vie. Il y a beaucoup de choses que les gens ignorent à mon sujet. J’ai une famille qui m’aime, des amis, je suis bon à l’école. On dit aussi de moi que je suis un grand artiste. Mon existence est parfaite, semble-t-il. Mais j’en ai eu une autre, avant, avec des parents biologiques qui sont restés dans ma tête, même après mon adoption. Je songe sans cesse à mon père, en colère par ma faute. À ma mère, partie m’acheter un cadeau sans jamais revenir. À ces journées que j’ai passées seul, dans l’appartement, à l’attendre du haut de mes six ans. Je pense à la chance que j’ai eue qu’on ait bien voulu de moi et à tout ce que je dois faire pour qu’on ne m’abandonne pas de nouveau. C’est pourquoi je cache ma douleur. Pour que personne ne sache que je fais des crises de panique ou des cauchemars, parfois même éveillé. Ni ces parents qui me sont tombés du ciel, ni mon frère, ni mes amis. Et surtout pas William, le gars que j’aime, le seul avec qui j’arrive à oublier. Il faut que je garde la tête haute et le passé à l’intérieur. Mais les souvenirs refont toujours surface, et je commence à manquer de force pour les affronter.

Ce roman a été une montagne russe d’émotions ! Antonin, le personnage principal est attachant et on se soucie de lui, de ce qui lui arrive et de sa vie. Il a l’air si réel qu’on a l’impression qu’on pourrait le rencontrer dans la vie réelle; l’auteur se fait totalement oublier pour laisser toute la place à son personnage aux multiples facettes. J’ai adoré ! J’ai eu peur pour Antonin, je me suis inquiétée, j’ai été touchée et j’ai même eu les larmes aux yeux à deux reprises pendant ma lecture. Franchement, chapeau à l’auteur Samuel Champagne, qui d’ailleurs vient de publier son troisième roman dans la même collection, Kaléidoscope, qui se spécialise en littérature LGBT+ (évidement, je vais tous les lire 🙂 ).

Dans le roman, Antonin tombe amoureux de William, un adolescent noir plus âgé que lui. Leur amour se développe tout naturellement. Alors qu’Antonin craint la réaction de ses parents face à son homosexualité, William l’assume totalement. Il vit seul malgré son jeune âge (18 ans) car ses parents n’ont plus voulu de lui après qu’il ait admis son attirance pour les garçons. On décrit William d’abord comme ayant des « cheveux courts, frisés », une « peau foncée » et des « épaules carrées », et Antonin ne manque pas de souligner qu’il est « tellement beau. » (p.35) Cela dit, tout au long du roman, l’auteur donne plus d’information sur le caractère de son personnage plutôt que sur son physique. On sait par exemple qu’il est fan de l’univers Disney, qu’il est débrouillard, qu’il aime le pop art, etc. Tous ces détails donnent de la profondeur à ses personnages. Petite maladresse lorsque l’auteur écrit que William « a les joues rosées malgré sa peau foncée » lors d’un moment intime entre les deux garçons (on se rapelle bien que les personnes noires ne rougissent pas ??!) Cette erreur est courante et me dérange à chaque fois.

Le meilleur ami d’Antonin, Yohan, est aussi noir. Même si on dit en page 36 que la peau de William est « plus foncée que celle de Yohan », on ne découvrira son origine ethnique qu’à la page 311 où Antonin raconte un événement raciste dont a été victime son ami: « Yohan est le seul Noir de l’école et j’aime pas quand les gens disent des mots méchants à cause de la couleur de sa peau. » Non seulement l’auteur n’est pas tombé dans le piège de définir son personnage secondaire dès le début que par sa différence raciale (ce qui est franchement surfait en littérature jeunesse), mais il laisse le temps au lecteur d’apprendre à connaître Yohan, de l’imaginer et de s’attacher à lui, avant de mentionner au passage qu’il est racisé. Et au final, on se dit « Ah, ben tiens ! » et on continue sa lecture, car non, le fait que Yohan soit noir ne change rien au récit. Yohan est noir parce que les personnes noires existent dans la vraie vie et ont des vies normales (Oh ! Scandale ! …*)

* Avez-vous senti mon sarcasme ? 😉

Antonin est un roman fort, réussi, qu’on a du mal à refermer et qui nous habite longtemps après l’avoir terminé.

Coup de coeur !

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Samuel Champagne
Maison d’édition: Éditions de MortagneBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782896628537
Public cible: Ados.

Vous aimerez peut-être: Oublier Camille, un court roman pour ados où le personnage principal, un garçon noir, questionne sa sexualité.

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