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L’amour, c’est…

l'amour, c'est...En compagnie d’une fillette et de son caneton, les parents et les enfants découvriront ce qu’est l’amour, à toutes les étapes de la vie.  

Le texte se lit comme un poème qu’il faut savourer à chaque phrase. Le personnage du récit est une fillette noire aux cheveux bouclés coiffés en deux lulus. Elle semble très jeune, mais porte énormément de maquillage; l’épais mascara noir, le fard sur les joues et les lèvres rouges et pulpeuses détonnent avec la petitesse de son corps et sa dentition d’enfant dont il manque d’ailleurs les deux dents d’en avant. J’aurais aimé un peu plus de sobriété. À offrir aux enfants avec précaution car ceux-ci sont très sensibles aux images. Cela dit, j’ai adoré la douceur des illustrations et la manière dont l’auteure rend compte du temps qui passe et de la relation d’amour qui se développe entre la fillette et son canard. Cela fait tout de même du bien de retrouver un personnage noir dans un contexte autre que l’Afrique exotique peuplée d’animaux sauvages. On est ici clairement en occident, dans une grande ville, voir une métropole (probablement New York), où une jeune fille ordinaire vit son quotidien de manière semblable aux gens d’Amérique ou d’Europe. Rafraîchissant.

amour c'est 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Diane Adams & Claire Keane
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2018
ISBN: 9781443165488
Public cible: 3 à 5 ans
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Jan des cavernes

jan des cavernesJan des cavernes est un conte préhistorique qui se passe « il y a très très très longtemps », quand « il était une fois » n’existait pas encore… Wa Wa Jan vit dans sa tribu de chasseurs-cueilleurs, il y a plus de 20 000 ans. Lorsqu’il brise par mégarde le rocher-totem de son clan, Wa Wa Jan est banni. Il se retrouve dans un pays de grottes et de volcans, où les animaux préhistoriques vont le révéler à lui-même.

Cette sympathique bande dessinée sans texte est issue de la collection « Ma première BD » chez Pouss’ de Bamboo. On y retrouve une phrase pour introduire chaque planche (une page), un atelier pour apprendre à dessiner les personnages et l’histoire dans sa version texte en fin d’album. On suggère aux enfants de 3 ans et plus, mais attention, il y a des scènes de bataille (rien de bien méchant, mais quand même), les personnages ne sont pas toujours gentils et se montrent même parfois mesquins. Une lecture accompagnée s’impose pour les plus petits. Bien que la BD soit sans texte, il faut tout de même bien connaître les codes du genre pour ne rien manquer (trois gouttes sur la tête signifie l’étonnement, mais devant la bouche, elles signifient le cri; un gribouillage
en spirale sur la tête signifie l’étourdissement; les étoiles signifient l’impact ou la douleur, etc.)

Wa wa jan se lie d’amitié avec une jeune fille rousse issue d’un clan maudit après l’avoir libérée d’une malédiction qui l’avait changée en ours. Cette dernière sera acceptée au sein du clan des Hommes Bleus de Wa wa jan et on suppose que c’est le début d’une belle histoire d’amour et d’amitié. Dans l’atelier de dessin, on nomme la jeune fille « Princesse » jan des cavernes 2
alors que rien dans le texte ne laisse suppose que c’en est une. J’ai trouvé dommage qu’on nous ressorte le vieux cliché voulant que toutes les filles sont des princesses attendant d’être sauvées, puis mariées. De plus, on parle des « Hommes » pour parler de tout le clan, comme si les femmes n’en faisait pas partie.

Le conte écrit dans la troisième partie du livre offre un texte assez dense, assez rédhibitoire pour les apprentis lecteurs. Beaucoup de mots difficiles dont aucune définition n’est incluse. Malgré tout, les phrases sont courtes et simplement écrites au présent de l’indicatif, faisant du texte une lecture somme toute assez agréable pour les lecteurs avancés.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Antoine Meunier-Gachkel & Domas
Maison d’édition: Bamboo éditions
Année de publication: 2018
ISBN: 9782818944578
Public cible: À partir de 3 ans

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Un été au chalet

un été au chaletPour la première fois de sa vie, Emma, dix ans et deux mois, doit passer trois longues semaines estivales loin de Léo, son grand frère adoré. Comble du malheur, ses parents ont loué un petit chalet dans le Bas-Saint-Laurent ! Heureusement, Emma traîne avec elle son petit carnet rouge pour relater tout ce qui marquera ces semaines chargées en émotions. Qui est ce garçon qui regarde la mer sans dire un mot ? Pourquoi les trois voisines ne l’invitent-elle jamais à jouer avec elles ? Et pourquoi la libraire du village la regarde-t-elle ainsi avec de gros yeux ? 

La lecture de ce roman m’a beaucoup plu ! Catherine Girard-Audet a une formidable capacité à se glisser dans la peau des filles de 9-10-11 ans. On ne sent pas du tout qu’il s’agit d’un adulte qui a écrit le livre; les émotions sont vraies, les personnages sont réalistes, leurs réactions sont appropriées à leur âge. Emma, le personnage principal, est une personne qui n’a pas la langue dans sa poche : elle dit ce qu’elle pense, elle est authentique, elle est sociable et courageuse. Elle entretient une excellente relation avec ses parents (surtout avec sa mère qui semble toujours la comprendre!) et son grand-frère de 16 ans. Ces deux derniers sont d’ailleurs très proches. Cela étant dit, j’ai quelques réticences quant à la représentation d’Emma, car j’ai eu l’impression que l’auteure n’avait pas imaginé son personnage comme étant une fille noire à l’écriture de son roman et cela a donné lieu à quelques non-sens. L’illustration de couverture lui a peut-être été proposée qu’au processus d’édition ?

Aucune description physique d’Emma ou des membres de sa famille n’est offerte dans le récit. Les autres personnages du récit, lorsqu’ils sont décrits, sont blancs. À plusieurs reprises, Emma rougit pour signifier son malaise, sa gêne ou son embarras :

  • « Ma mère m’a regardée en souriant. Je pense qu’elle est fière de m’avoir transmis cette assurance qui me permet de parler en public et d’aller vers les autres sans devenir rouge tomate » (p.99-100)
  • Lorsque Loïc, le gentil voisin dont elle tombera amoureuse dans la deuxième partie du récit lui dit qu’elle est « super belle », Emma écrit dans son journal : « J’ai détourné le regard en rougissant, et je me suis empressée de changer de sujet pour dissiper le petit malaise. » (p. 214).
  • « Je lui ai donc offert de jouer à la console pour éviter qu’il se rende compte de mon malaise et du fait que je ressemblais à une tomate, et heureusement pour moi, la diversion a fonctionné! » (p.246-247).

Ces trois petits passages, mine de rien, lancent le message qu’on rougit toujours lorsqu’on est embarrassé et du coup, les petites filles noires grandissent en s’imaginant que cela s’applique à elles aussi ! Or, il faut comprendre que les petites filles ne sont pas noires avant que l’on leur dise ou qu’on leur fasse sentir qu’elles ne sont pas comme les autres. Elles sont simplement des petites filles ! C’est la société qui leur force à réaliser qu’elles sont différentes, qu’elles sont « noires ». C’est toujours bien triste d’entendre une fille noire utiliser l’expression « Être rouge comme une tomate » pour parler d’elle-même, pensant que cela signifie simplement être embarrassé… !

Similairement, à la page 255, Emma mentionne qu’elle avait « les cheveux dans les yeux à cause du vent, et Loïc a gentiment repoussé une mèche pour la placer derrière [son] oreille. » Encore une fois, cela ne concorde pas avec la représentation d’Emma en page couverture où on la montre portant un superbe afro volumineux. Ai-je besoin de mentionner que les cheveux crépus ne bougent pas suffisamment dans le vent pour se rendre jusqu’au centre du visage ? Et puis, bon, j’ai encore jamais entendu parler de familles noires normalement constituées qui vont volontairement s’exiler dans le Bas-Saint-Laurent pour un été complet. C’est bizarre.

Tous ces éléments constituent une forme de microagression : On utilise l’image d’une fille noire en couverture pour faire un coup de marketing, mais ce n’est pas l’histoire d’une personne noire qui est racontée dans le livre. D’ailleurs, on ne fait pas vraiment l’effort d’offrir une représentation juste et réaliste d’une personne noire dans le récit. Ugh. Dommage.

À noter qu’il y a quelques québécismes dans le texte (« Ça n’a pas vraiment adonné », « avoir de la misère à faire quelque chose », « j’haïs », etc.), mais que le roman est tout de même fort bien écrit.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Catherine Girard-Audet
Maison d’édition: Les Malins
Année de publication: 2017
ISBN: 9782896575961
Public cible: À partir de 9 ans

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Yennega: La femme lion

Yennega femme lionUn roi rêvait d’avoir un garçon. Il eut une fille qu’il appela Yennega. Malgré tout l’amour qu’un père peut avoir pour sa fille, le roi l’éleva comme un garçon. Yennega trouva rapidement sa place dans cet univers masculin, faisant souvent preuve de plus d’audace et de courage que la plupart des garçons. Adulte, elle intégra l’armée royale jusqu’au jour où elle désira se marier et avoir un enfant.

Voilà un conte africain (écrit par un auteur blanc) que l’on prend plaisir à lire. Rien de bien original toutefois; j’aurais aimé une fin moins clichée et plus inattendue. L’auteur représente ici l’Afrique rurale et traditionnelle; on est loin du centre-ville d’Abuja. Le récit m’a semblé patriarcal et anti-féministe; le garçon est l’enfant souhaité et, pour plaire et être acceptée, la fille se comporte comme le sexe opposé. Or, elle accomplira tout de même son « rôle de femme », c’est-à-dire souhaiter et avoir des enfants. C’est doublement problématique, surtout dans la manière que c’est amené dans l’histoire: comme un cheveu sur la soupe. Ordinaire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yann Dégruel
Maison d’édition: Delcourt Jeunesse
Année de publication: 2017
ISBN: 9782756086880
Public cible: 10 ans et plus

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London mystery club

London mystery clubQuatre collégiens, à la tête d’un blog spécialisé dans les phénomènes étranges et paranormaux, mènent l’enquête. Pour leur première affaire à résoudre, Kyle, Ashley, Zoey et Tyler vont devoir faire face à d’inquiétants loups-garous qui envahissent Hyde Park… Au fil des indices, cette aventure les mènera dans les endroits les plus mystérieux de Londres !

Les amateurs de polar seront bien servis en lisant cette bande dessinée ! L’enquête menée par les quatre enfant est captivante. Toutefois, j’ai trouvé la mise en page un peu vide; les cases sont souvent dénuées de contexte arrière. Parmi le joyeux quatuor se trouve une fille noire présente dès le début du récit. Elle est intelligente, fréquente régulièrement les musées avec son père, trouve des solutions aux problèmes. Son humour est un peu décalé; cela m’a beaucoup plu !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Davide Cali & Yannick Robert
Maison d’édition: abc Melody
Année de publication: 2016
ISBN: 9782368360842
Public cible: 10 ans et plus

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Rien du tout !

rien-du-toutC’est l’été, Clara en a assez de son emploi du temps réglé comme une horloge. Elle, ce qu’elle souhaite, c’est pouvoir écouter le vent, compter les nuages, respirer la lavande et se perdre dans l’infini. Rien du tout! est un voyage onirique, une ode à la paresse et au repos qui emmènera petits et grands un peu plus près d’eux-mêmes.

Jusqu’ici, aucun livre des Éditions Isatis ne m’avait particulièrement accroché, mais j’ai eu un coup de coeur littéraire pour Rien du tout!, cet album d’une douceur infinie et d’une poésie apaisante. Le format, la poésie, ainsi que l’équilibre entre le texte et l’image m’ont rappelé certains de mes albums jeunesse préférés publiés chez La Bagnole. Le récit offre un champ lexical varié et imagé et apprend au lecteur à faire des inférences et des associations. Les plus grands remarqueront d’ailleurs la présence de personnages déjà rencontrés dans d’autres livres: Le Petit Prince de Saint-Exupéry et Alice au Pays des Merveilles de Carroll, même si ceux-ci ne sont pas explicitement nommés dans le texte.

Publié dans la collection Tourne-pierre, ce livre nous présente Clara, une fillette qui a décidé d’écouler lentement et sans tracas une belle journée ensoleillée. Le livre invite les enfants à prendre une pause en solitaire, à s’écouter, à se connaître, à découvrir le monde qui les entoure et à apprécier les petites choses de la vie qui sont présents à tout instant autour de nous mais que nous ignorons bien souvent. Les enfants d’aujourd’hui sont bien souvent constamment bombardés par toutes sortes d’exigences, ils ont un horaire du temps plus chargé qu’un président d’entreprise, et entre la pratique de hockey, la leçon de piano, le cours de danse, les devoirs, l’école, les sorties familiales et les obligations du quotidien, ils ont parfois peu ou pas de temps pour lâcher prise. Après la lecture de cet album, pourquoi ne pas dégager dans leur horaire une période intitulée « Rien du tout! » où ils pourront rêvasser et se détendre en toute tranquillité?

Pour la petite histoire, j’ai emprunté ce livre à la bibliothèque pour ma petite de 6 ans, mais c’est plutôt sa petite soeur de 3 ans qui redemandait sans cesse que je la lui lise ! Bien sûr, elle n’a pas tout compris, elle a surtout apprécié les petits animaux qui se cachent à chaque page et répéter les dialogues de Clara. Et puisque Clara lui ressemble comme deux gouttes d’eau, dès qu’elle a vu le livre, ma petite de 3 ans s’est faite toute gênée et heureuse: « C’est moi !!! » s’est-elle écriée, abasourdie. Du coup, je lui lisais parfois le livre en changeant le nom de Clara par le sien! Pour elle, c’était merveilleux de se voir dans un livre. Pour moi, c’était merveilleux qu’elle puisse être représentée dans un livre de qualité en tant que fille métissée. Cela dit, pour en profiter pleinement, je suggère quand même une lecture aux 5 ans et plus, tel que suggéré par l’éditeur. Mais qu’importe! La petite de 3 ans a aimé et puis je me dis, bah, ce livre grandira avec elle si je lui achète!

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Pistes de réflexion pour une exploitation de cet album en classe

  • Pourquoi Clara dit-elle qu’aujourd’hui, elle est un « lézard paresseux »?
  • Entoure seulement les verbes qui sont présents dans le texte (rêvasser, exploser, crier, observer, énerver, rester immobile, sauter, penser, etc.)
  • Fait la liste de tous les verbes dans le texte qui décrivent ce que Clara fait. (ex.: Rêvasser, observer, imaginer, entendre, rester immobile, respirer, penser, etc.). Que remarques-tu?
  • Décris une journée où tu ne ferais rien du tout!
  • Qui sont les deux personnages issus du « monde merveilleux » que Clara à découvert? Comment penses-tu qu’elle les a découvert?
  • Selon toi, c’est quoi, « rien »?
  • Rapport au temps: Combien de temps Clara est-elle restée à ne « rien faire »?
  • À quoi ressemble le père de Clara? Est-il décrit? Est-il illustré?

J’ai adoré cet album qui nous invite à ne rien faire du tout… et d’en profiter pleinement!

Coup de coeur!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Hélène Jarry & Amélie Dubois
Maison d’édition: Isatis
Année de publication: 2016
ISBN: 9782924309872
Public cible: 6 à 8 ans
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Rafa et Zoé: un après-midi au parc

rafa-et-zoeLe parc est l’endroit idéal pour se faire des copains. Même les plus petits découvrent leurs différences et s’aperçoivent très vite que jouer à deux, c’est mieux! À partir de 3 ans, l’enfant ne sait pas encore lire mais a fait l’apprentissage du langage. Les histoires pour cette tranche d’âge ne contiennent pas de texte ou très peu. Le récit est totalement compréhensible grâce aux cases dessinées. Mais il s’agit bien de lecture: l’enfant lit, de manière autonome, un récit complexe où les dessins ne sont pas de simples illustrations mais contiennent une véritable grammaire.

J’ai exploré cette bande dessinée sans texte simultanément avec deux fillettes: l’une de six ans, l’autre de 2 ans. Toutes les deux ont aimé l’histoire. La plus petite a commenté plusieurs fois durant le récit, remarquant des détails sur chacune des pages. Pour elle, c’était une belle histoire sur le jeu, le parc (son endroit favori!), et le partage. Elle n’a pas vraiment compris la structure, ni le sens de lecture. Elle lisait chaque double page comme un tout. La plus âgée était très fière de montrer à la plus petite comment lire une bande dessinée. Du coup, j’en ai profité pour lui expliquer certains codes du genre. Une superbe BD que je recommande vivement!

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Cristian Turdera & Sergio Kern
Maison d’édition: Mamut comics
Année de publication: 2010
ISBN: 9787493775124
Public cible: 3 à 6 ans
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