J’ai un rhume

J'ai un rhume Je veux lireCette petite fille arrive à s’amuser en comptant, malgré le vilain rhume qui la cloue au lit.

Il y a au début du livre une liste de 44 mots à reconnaître et qui sont utilisés pour raconter cette histoire. Celle-ci a pour personnage principal une jeune fille noire coiffée de tresses plaquées qui combat un vilain rhume. Heureusement que sa mère prend soin d’elle. Il s’agit aussi d’un livre à compter: il y a 1 bol de soupe, 2 tasses de tisane, 3 jeux de société, 4 casse-tête, 5 livres d’histoires, etc. La jeune fille a beaucoup d’imagination et « construit » un château fort avec des draps et des oreillers. Ce petit livre plaira aux enfants qui sont en apprentissage de la lecture. Le texte est extrêmement court et les phrases, simples. Recommandé !

Christine Taylor-Butler est une auteure américaine. 

Christine Taylor-Butler

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christine Taylor-Butler & Carol Koeller
Maison d’éditionScholastic
Année de publication: 2008
ISBN: 9780545991964
Public cible: 6-7 ans
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Bintou quatre choux !

Bintou quatre chouxBintou rêve de porter des tresses. De jolies tresses perlées. De longues tresses comme sa grande sœur et les autres femmes du village. Mais elle est encore trop petite… et doit se contenter de sa coiffure à quatre choux. Pourtant, un jour, Bintou grandit dans l’estime de tous et découvre que la vraie beauté peut prendre des chemins détournés…

Ce que j’ai préféré dans ce livre, c’est qu’il ce concentre sur la relation d’une fille et d’une communauté sur les cheveux. Les cheveux apparaissent donc presque comme un personnage que l’on peut aimer ou pas, et qui agit sur l’histoire.

Bintou est une petite fille si familière qu’elle aurait pu être ma petite sœur, ma fille ou moi-même ! Bintou voudrais des tresses, mais sa mère lui oblige à porter des nœuds bantous qu’elle n’aime pas. On dirait des petits choux ! Bintou a beau insister, les petites filles de cette communauté ne portent pas des tresses; ces dernières sont réservées aux femmes. C’est sa grand-mère, qui connait tout, qui lui expliquera d’où vient cette tradition.

On découvre la place qu’ont les cheveux dans la vie d’une femme et cela ouvre la discussion à cette idée de la femme comme objet du désir et du concept du regard masculin (« male gaze »). « Tu sais, petite Bintou, quand tu seras grande, tu seras heureuse de te faire très jolie. Mais pour l’instant, tu es encore une petite fille. Tu auras des tresses en temps voulu. » lui dit sa grand-mère. Mais Bintou est impatiente. Elle trouve les femmes du village tellement belles avec leurs tresses, leurs piécettes dorées et leurs coquillages nacrés. Dans le village, il y a aussi une américaine qui lui dit que dans son pays, les petites filles se tressent souvent les cheveux et que cette coiffure est au contraire plutôt commune aux Etats-Unis.

Lorsque Bintou fera preuve de maturité et de courage en voyant deux hommes se noyer au large, on lui annoncera qu’elle est devenue assez grande pour avoir des tresses. Mais sa grand-mère, qui peut-être ne souhaite pas la voir grandir trop vite, ajoutera plutôt de jolis rubans à ces nœuds bantous. Heureusement, Bintou adore et se trouve très jolie ainsi. Les tresses attendront !

Coup de cœur !

Sylviane A. Diouf, d’origine sénégalaise et française, est née en France. Elle habite présentement à New York.

Sylviane A. Diouf

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sylviane A. Diouf & Shane W. Evans
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 2001
ISBN: 9782013909891
Public cible: 3 à 9 ans
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J'aime pas mes cheveux

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Mon bébé

mon bébé jeanette winter.jpgUn conte naïf décrivant la tradition des femmes du Mali de peindre avec de la boue et des feuilles le bologan, cette étoffe aux motifs traditionnels. La jeune Nakunté parle à son futur bébé tout en peignant le bologan qu’il portera à sa naissance. Elle le met déjà en garde contre le scorpion, le tigre, le crocodile, elle lui raconte la vie quotidienne, elle le prépare à la vie. Sa peinture est rythmée par le roulement des tam-tams, les bruits du serpent blanc et du léopard.

« Whoush ! » fait le vent qui souffle à travers la savane jusqu’au village de Nakunté. « Whoush! » fait le vent brûlant qui sèche les tissus bogolan accrochés sur des branches de calebassiers. Dès les premières lignes, j’ai été transporté au Mali et j’ai découvert l’enfance de Nakinté Diarra, une femme qui a vraiment existé et qui peint avec de la boue des étoffes appelées bogolan, selon une tradition vieille de plusieurs siècles. À la lecture de cet album, on apprend que les tissus du bogolan sont utilisés tout au long de la vie, pour les mariages, pour envelopper les nouveau-nés ou pour les enterrements. Les couleurs utilisés par l’auteure sont vives et franches, créant de magnifiques toiles à chaque page. On a ici un récit du quotidien malien, somme toute assez éloigné de la réalité occidentale, mais qui ne présente pas les personnages et les traditions africaines comme exotiques. Au contraire, elles sont normalisées et légitimées. Plusieurs fois dans le texte, le personnage principal s’adresse directement à son bébé; on assiste alors à une conversation entre une femme noire et sa progéniture, sans que la présence d’un lecteur blanc ou occidental soit sous-entendue. Elle prépare la venue de son enfant, lui parle de la beauté de la vie, des étoiles, des animaux, des plantes, qui lui tarde de lui montrer. Et quelle chance d’assister à ce moment d’intimité. J’ai beaucoup aimé cet album !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jeanette Winter
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse
Année de publication: 2007
ISBN: 2070544958
Public cible: 3 à 6 ans.
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Sarah & Sac-à-Puces: Un poney dans l’ascenseur

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseurSarah vient d’emménager dans un immeuble avec sa mère. Elle essaie de se faire des amis mais les enfants refusent de jouer avec elle. Alors qu’elle s’isole, elle découvre un livre sur les Indiens et rêve d’avoir un cheval comme eux. Devant le refus de sa mère, elle cherche quelque chose de plus petit et trouve un étrange poney dans le magasin Bric & Broc…

Dans ce roman, on rencontre une petite fille qui tente de s’intégrer à un nouveau milieu. Les enfants, méchants et méfiants, lui disent de retourner d’où elle vient. Il y a plusieurs niveaux de lecture: Revenir d’où elle vient, est-ce son ancien quartier, ou bien quelque chose de plus profond, induit à cause de la couleur de sa peau? On ne le saura jamais, mais j’ai adoré cette liberté offerte au lecteur d’y voir ce qu’il veut bien voir; chaque enfant aura sa propre interprétation. Parents, pourquoi ne pas en profiter pour lire ce roman en même temps que vos enfants et de discuter avec eux de ce qu’ils ont compris de l’histoire ?

Le père de Sarah est absent. Où est-il ? On l’ignore. Mais Sarah le mentionne quand même lorsqu’elle dit aimer les Indiens car ils ont les cheveux noirs et lisses « comme les siens et ceux de son père ». Sarah est très belle avec son teint brun et sa tignasses frisottée. Sa maman, elle, est blanche et a les cheveux blonds. Ces informations nous sont données par les illustrations car la couleur de la peau n’est jamais mentionnée dans le récit. On pourrait même penser qu’il s’agit d’une simple histoire sur l’arrivée dans un nouvel appartement. Et puis, les amoureux des chiens seront servis, le chien de l’histoire est à croquer ! Ainsi, le roman traite avec légèreté de l’exclusion et de la discrimination, notamment à travers ce chien dont tous les enfants se moquent parce que ce n’est pas un poney et qu’il a d’ailleurs une drôle de tête. Quand ils découvrent que c’est surtout un bon compagnon, chien ou poney, soudain l’apparence n’a plus d’importance. Et à travers une aventure avec Sac-à-Puce, Sarah parviendra à s’intégrer elle aussi.

J’ai adoré le caractère de Sarah: fougueux, curieux, plein d’imagination. Elle ne baisse pas les bras et n’hésite pas à exprimer son mécontentement. Franchement, j’ai adoré ce roman qu’il vous faut lire au plus vite !

Coup de cœur ! 

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 2

 

Sarah et sac-à-puces poney dans ascenseur 3

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jan Birck
Maison d’édition: Alice éditionsBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782874263743
Public cible: À partir de 9 ans

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Comment ne pas se faire manger par les ours

Comment ne pas se faire manger par les ours

Un jeune observateur d’ours en herbe s’aventure au pays des ours… Mais rencontrer les créatures poilues en chair et en os, qu’il s’agisse d’un ours brun ou d’un ours noir, risque d’être plutôt dangereux. Heureusement, notre protagoniste et son ours en peluche ont plus d’un tour dans leur sac!

Cet album automnal a pour personnage principal un garçon au teint brun qui brise le quatrième mur et s’adresse directement au lecteur. Il nous montre les pages de son carnet d’observation d’ours et nous pose des questions. Les illustrations donnent à voir des situations cocasses et drôles, comme lorsque le personnage utilise de la gomme à mâcher ou ses sous-vêtements pour faire fuir les ours. On retrouve aussi dans le récit un clin d’œil au conte « Boucle d’or et les trois ours ». Un livre jeunesse drôle, parfait pour les lecteurs autonomes ! Ce livre est aussi un plaisir à lire à voix haute. (Vous avez dit « heure du conte »? 😉 )

comment ne pas se faire manger par un ours 1

Auteur(s) / illustrateur(s) : Michelle Robinson & David Roberts
Maison d’édition: Éditions ScholasticBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9781443149761
Public cible: À partir de 4 ans
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La surprise de Ti Sweety

Ti sweety Sainte-LucieDans ce second album illustré des aventures de Ti Sweety, nous retrouvons la jeune fille et ses parents sur l’île de Sainte Lucie dans les petites Antilles. Au programme : saveurs, senteurs, couleurs et merveilles naturelles de cette île caribéenne anglophone rehaussées par une jolie surprise…

Quelle joie de retrouver la petite globe-trotteuse d’origine antillo-guyanaise dans une nouvelle aventure ! Ici, l’auteure a innové pour ce deuxième livre en ajoutant un volet audio accessible par lecture de codes QR déchiffrables par le biais d’un téléphone cellulaire. Le volet audio ne reprend pas fidèlement le texte, mais invite plutôt les enfants à répéter les phrases anglaises. La narratrice anglophone est dominiquaise et sa voix claire et dynamique facilite la compréhension. Elle répète deux à trois fois chacune des phrases en laissant un moment pour permettre au jeune lecteur de répéter après elle. De plus, certains codes QR renvoient à des documents informatifs en lien avec le voyage de Ti Sweety, tel que des cartes des pays anglophones dans le monde en format PDF. J’ai trouvé le volet audio intéressant et il constitue une belle addition au livre. Toutefois, certains fichiers audio sont plutôt longs (par exemple lorsque la narratrice récite la liste des îles des Caraïbes en anglais, en répétant deux fois chaque pays, ou encore lorsqu’on récite la recette du roti, un plat typique de Sainte-Lucie). De plus, l’usage des codes QR demande une bonne connaisance de la technologie et de l’utilisation d’un cellulaire, ce qui n’est pas le cas de tous; cela pourrait constituer un obstacle pour les personnes qui n’ont pas ces connaissances (ou qui n’ont tout simplement pas de téléphone cellulaire). À noter qu’il faut aussi une connection internet pour accéder aux fichiers audio (difficile, donc, pour les voyages en voiture ou le camping).

Ti Sweety carte caraïbe

Le livre ne contient que 31 pages, mais on en apprend beaucoup sur Sainte-Lucie ! Sa gastronomie, ses paysages et sa vie culturelle ont une belle place dans le récit. On y parle aussi de la Guadeloupe (ce sera peut-être la prochaine destination de Ti Sweety? 😉 ) Tout comme le premier livre de Ti Sweety, j’ai remarqué quelques erreurs et coquilles grammaticales ou de mise en page ici et là, mais cela ne m’a pas empêché d’aimer suivre Ti Sweety dans ses aventures. À plusieurs endoits dans le récit, on fait référence au premier tome de la série, il serait donc préférable d’avoir lu ce dernier avant.

Je suggère une lecture accompagnée pour discuter des mots difficiles ou pour clarifier certains détails sur la faune ou la flore que découvrent la fillette et sa famille. Voilà un livre interactif qu’on lit avec beaucoup de plaisir.

Je remercie l’auteure Audrey Jason de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Audrey Jason & Tony VivienBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9780244787684
Lectorat cible: 3 à 10 ans
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Audrey Jason est une auteure guadeloupéenne.

audrey jason ti sweety

Tony Vivien est un illustrateur guadeloupéen. 

tony-vivien.png

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Entre ici et là-bas

Entre ici et là-bas Michèle MatteauPas facile d’être le bourgeon d’un arbre déraciné… C’est ce que pense et vit Ganaëlle, dix-sept ans. Émigrée d’Afrique subsaharienne et au pays depuis bientôt trois ans, elle tente de devenir une Canadienne à part entière, mais se heurte à l’attitude négative de ses parents. Des parents qui ne lui semblent plus les mêmes depuis que la famille s’est réfugiée à Ottawa. Sa mère, surtout, a changé. De femme autonome, aimante et pleine d’humour, elle est devenue dépendante, renfermée et la colère qui la ronge la porte parfois jusqu’à la violence. Ganaëlle n’a personne à qui se confier. Elle se sent terriblement seule. C’est sur les pages lignées de cahiers d’école qu’elle raconte son désarroi, sa rage et la solitude qui la tenaille.

J’ai énormément aimé ce roman. La plume de Michèle Matteau m’a complètement plongé dans la peau du personnage de Ganaëlle, une adolescente arrivée au Canada depuis trois ans et qui cherche toujours à s’intégrer. Son style d’écriture est efficace, réaliste et empreint d’un respect pour le vécu des personnes immigrantes dont elle raconte l’histoire. L’auteure étant blanche et n’ayant pas vécu un tel parcours migratoire (on ne peut comparer une immigration interprovinciale à une immigration internationale), le risque était de s’approprier ces récits qui ne sont pas les siens. Une petite recherche m’indique que l’auteure a pris soin de rencontrer des personnes immigrantes et a longuement travaillé avec elles. Elle mentionne d’ailleurs dans ses remerciements qu’auprès d’elles, « [elle] a pris conscience des profondes difficultées d’une intégration réussie à un pays d’adoption et [elle] a pu constater le courage, la détermination et la résilience que cela exige. » (p.159) Les thèmes de l’immigration sont rarement exploités en littérature jeunesse avec autant de doigté et de profondeur dans les récits de fiction. Franchement, chapeau !

Michèle Matteau a choisi de ne pas identifier le pays duquel Ganaëlle provient, par souci de pérennité de son histoire. J’ai aimé cette approche. L’histoire de Ganaëlle aurait aussi bien pu être la mienne ou celle de gens de mon entourage. De plus, le fait que l’histoire soit racontée par une adolescente à un moment charnière de sa vie rend le récit encore plus fort. L’adolescence vient avec une série de questionnements, mais aussi la sensation de pouvoir tout faire, tout accomplir. Malgré toutes les difficultés rencontrées, Ganaëlle a la vie devant elle et l’histoire porte en elle ce souffle d’espoir. Je recommande vivement ce roman ! Contexte canadien.

Je remercie les éditions David de m’avoir offert ce livre.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Michèle Matteau
Maison d’édition: Éditions David Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782895977117
Public cible: Ados
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