La faune et la flore des Antilles: Deux livres publiés chez Auzou

Avec les collections « Mon premier animalier » et « Mes premières plantes », les enfants découvrent les animaux, les fleurs et les arbres à travers des textes simples et de magnifiques photos. Le bananier, l’hibiscus, le palétuvier, le manicou, la queue en ciseaux ou le dynaste n’auront plus de secret pour eux !

 

La flore des antillesTitre : La flore des Antilles
Auteur(s) / Illustrateur(s)
: Jean-Pierre Chaville
Maison d’édition : Éditions Auzou
Année de publication : 2018
ISBN : 9782733858776
Public cible : À partir de 3 ans

 

Les animaux des antilles françaises
Titre
: Les animaux des Antilles françaises
Auteur(s) / Illustrateur(s)
: Patrick David
Maison d’édition Éditions Auzou
Année de publication : 2014
ISBN : 9782733832424
Public cible : À partir de 3 ans

 

J’apprécie beaucoup cette collection de documentaires simples et accessibles. Aujourd’hui, j’ai lu « Les animaux des Antilles françaises » et « La flore des Antilles » . Les livres ont une couverture matelassée et de jolies pages en papier glacé. Les photographies sublimes sont savamment choisies et de qualité. On y voit les sujets photographiées en détails et souvent en gros plan; les enfants adorent! On y retrouve toujours un sommaire au début du livre, ce qui est vraiment fantastique lorsqu’on désire faire une recherche sur un sujet (surtout auprès des enfants de première ou deuxième année du primaire !). Les enfants peuvent ainsi s’initier à l’utilisation d’un sommaire et à la recherche documentaire.  Le sommaire de « La flore des Antilles » inclus une traduction en créole, même si le texte du livre est en français. Particulièrement bien adapté pour une exploitation en classe, j’aime bien intégrer de temps en temps les documentaires de cette collection des éditions Auzou dans les boîtes à lire que je confectionne pour les enseignants dans le cadre de mon travail. Les enfants adorent, surtout au premier cycle du primaire ! Voici d’ailleurs un aperçu du catalogue 2018-2019 de la collection:

Auzou Premier animalier

Idée pour une exploitation en milieu scolaire

Mettez le nez dehors ! Rendez-vous avec vos élèves dans la cours de récréation pour observer la flore et la faune locale. Formez des groupes d’environ cinq enfants. Chaque groupe doit trouver une plante, un insecte ou un animal que vous allez par la suite photographier. N’oubliez pas de noter à quelle équipe appartiennent les photos ! Ensuite, travaillez ensemble pour faire une recherche sur les sujets photographiés par les enfants. Pendant ce temps, imprimez les photos. En grand groupe, formez un livre documentaire à la manière des livres des éditions Auzou que vous pourrez garder dans votre salle de classe ! Les enfants développeront leur sens de l’observation, les bases de la recherche documentaire, le travail d’équipe et même, si vous le voulez, des bases en photographie (ce projet pourrait en être un commun entre le cours de sciences, d’arts plastique et de français !) Enseignants, avez-vous utilisé ces livres avec votre groupe classe ?

Je remercie les éditions Auzou de m’avoir offert ces livres.

 

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Un mouton au pays des cochons

Un mouton au pays des cochonsUn mouton et son fils vivent au pays des cochons. Pas facile ! Pourquoi ? Parce que les moutons et les cochons ne s’aiment pas. Et pourtant…

Parler du vivre ensemble aux enfants, c’est possible avec Un mouton au pays des cochons. Le large format de l’album le rend aussi bien adapté à une lecture devant un groupe en bibliothèque ou en classe. D’ailleurs, les illustrations racontent à elles-seules une histoire. On y rencontre les habitants du pays des cochons, ce qu’ils font de leur journée, la manière dont ils vivent. Par exemple, le caractère d’Édouard, le gardien du square, est bien illustré par ses trois pages où on le voit regarder vers la rue, voir Martin le cochon tomber dans un trou, se retourner pour l’ignorer et ne pas lever le petit doigt pour l’aider. Ou encore cette truie qui a une conversation téléphonique mouvementée assise sur le banc d’un parc. Ou encore cette petite truie qui, le doigt dans le nez en entrant dans une boulangerie, est grondée par son père qui la surprend (elle lui tournera alors le dos pour continuer à se fouiller dans le nez !) Les enfants adoreront tous ces petits détails qui rendent ce livre si familier.

L’histoire nous est racontée du point de vue innocent et naïf du fils du mouton qui a beaucoup moins de mal que son père à se mêler à la société dans laquelle il est minoritaire. Lorsque son père aide son voisin Martin le cochon à se sortir d’une situation gênante, les deux ennemis commencent à discuter, parler autour d’une tasse de thé et finissent par se rendre compte qu’ils ont en fin de compte pas mal de choses en commun ! Ce sera le début d’une belle relation d’amitié entre les deux familles.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire:

  • Où est la maman mouton ? Elle n’apparaît pas dans les photos de famille, mais il y a d’autres brebis dans au pays des cochons. Comment expliques-tu cela ?
  • Comment le cochon et le mouton ont-ils fini par bien s’entendre ? Et toi, que fais-tu pour te rapprocher des gens qui ne te ressemblent pas ?
  • Que remarques-tu dans le texte ? Y a-t-il des mots qui riment ?
  • L’illustrateur utilise beaucoup l’humour. Observe bien les images et trouves trois moments loufoques, drôles ou rigolos.
  • Trouve trois caractéristiques semblables entre les moutons et les cochons.
  • T’arrive-t-il d’avoir peur de ce que tu ne connais pas ? Que fais-tu pour dissiper cette peur ?
  • À ton avis, pourquoi les auteurs ont choisi de mettre en scène des moutons et des cochons plutôt que des personnes humaines ?
  • Alice Brière-Haquet et Pénélope Paicheler ont écrit et illustré d’autres livres. Retrouve-les à la bibliothèque de l’école ou la bibliothèque municipale !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Alice Brière-Haquet & Pénélope Paicheler
Maison d’édition: Éditions Amaterra Bouton acheter petit
Année de publication: 2007
ISBN: 9782732038926
Public cible: À partir de 7 ans
Vous aimerez peut-être: Vous êtes à la recherche d’albums parlant de la différence avec des personnes non humains ? Essayez donc À la ferme… Le mouton un peu différent.

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L’ours brun qui voulait être blanc


ours-brun-qui-voulait-etre-blancUn ours brun qui s’ennuie seul dans sa forêt décide de partir à l’aventure. Baluchon sur le dos, il observe plusieurs choses qu’il n’a jamais vues auparavant. Mais c’est une fois arrivé au pôle Nord qu’il fait une découverte des plus surprenantes: là-bas, tous les ours sont blancs.

Ce livre n’est pas qu’une histoire sur la l’identité raciale. C’est avant tout une histoire sur l’ouverture sur le monde, sur le départ du cocon familial et sur l’autonomie. C’est l’histoire d’un ours brun, oui, mais aussi l’histoire d’un ours qui apprend à se débrouiller seul. Il est très sûr de lui, d’ailleurs, jusqu’à ce qu’il rencontre pour la première fois une ourse blanche et ses amies (blanches également) qui insiste un peu trop sur la couleur de sa fourrure. Intimidé par toute cette attention, l’ours décide de se mettre à l’abri des regards indiscrets. Jamais auparavant la couleur de sa fourrure avait-elle été un élément distinctif de sa personne. Et même si les commentaires des ourses blanches et des pingouins sont positifs (« Ça amincit! », « C’est original! », « Le foncé [est] aussi beau que le pâle »), l’ours prend soudainement conscience de sa différence. Il n’est pas qu’un ours. Il est un ours BRUN. Heureusement, il finit par renouer avec l’ourse blanche pour faire plus ample connaissance. Voilà une histoire sur la découverte de l’Autre. Couverture matelassée.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Jean Leroy & Bérengère Delaporte
Maison d’édition: Éditions les 400 Coups
Année de publication: 2012
ISBN: 9782895406044
Public cible: 3 à 5 ans
Vous aimerez peut-être: Le mouton un peu différent, un livre d’images qui met en scène des animaux de la ferme, ou encore Fourchon, un livre jeunesse qui parle de la différence et de l’acceptation de soi.

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Fourchon

fourchonSa maman est une cuillère. Son papa est une fourchette. Lui, il est un peu des deux. Voici Fourchon ! Il a beau tenter de passer pour une cuillère, puis pour une fourchette, Fourchon n’est jamais choisi lorsque vient le temps de se mettre à table…

Publié dans la collection « Pamplemousse » aux éditions La Pastèque, cet album de Kyo Maclear et Isabelle Arsenault se démarque par son originalité. Il traite de la différence, quelle qu’elle soit, et chaque lecteur pourrait y voir quelque chose de différent. C’est d’ailleurs ce qui m’a plu dans ce livre car j’y vois une analogie avec la mixité raciale. Une maman cuillère et un papa couteau, c’est un peu comme une maman noire et un papa blanc ou vice-versa; c’est pareil et différent à la fois. Fourchon, quant à lui, a hérité des caractéristiques physiques de ses deux géniteurs: la rondeur de sa mère et les pointes de son père. Les enfants métisses pourront s’y identifier facilement.

L’album traite aussi du sentiment d’appartenance et du rejet. Fourchon est bien embêté de n’être pas « une seule chose » et les autres ustensiles le lui font bien sentir. Autrement dit, il détonne, comme les enfants noirs grandissant dans des environnements où il n’y a que des blancs, ou comme les personnes chrétiennes qui vivent dans des pays à majorité musulmane, ou comme des hispanophones discutant dans un café où la clientèle est presque exclusivement francophone… Bref, tous ces moments où certaines personnes ne sont pas tout à fait comme les autres. Malheureux, Fourchon se dit qu’il faut choisir: soit être une cuillère, soit être une fourchette, mais pas les deux en même temps. Il fera preuve d’inventivité en portant un chapeau melon pour se donner un air de cuillère, mais les fourchettes le jugent trop rond. Il tentera alors de porter une couronne de papier pour avoir l’air d’une fourchette, mais les cuillères le jugèrent trop pointu. À la lecture de ce passage, on peut se demander pourquoi Fourchon n’a pas choisi de porter le chapeau melon auprès des cuillères et la couronne de papier auprès des fourchettes. Je pense que là n’est pas vraiment la question; être accepté au sein d’un groupe parce qu’on porte un masque n’est pas ce que veut Fourchon. Il veut plutôt être accepté tel qu’il est. Ce passage démontre tout de même comment le rejet s’articule dans la société: être trop noir(e) pour les blancs ou trop blanc(he) pour les noirs, cela c’est bien sûr déjà vu, encore aujourd’hui ! La solution que propose les auteures n’est pas de trouver un groupe d’ustensiles qui ressemblent à Fourchon (car des instruments de cuisine qui ne ressemblent ni à cuillère, ni à des fourchettes, bien sûr qu’il y en a: les couteaux, les baguettes chinoises, le presse-ail, le rouleau à pâtisserie, la théière, le malaxeur, les verres à vins, etc.) Fourchon finira plutôt par trouver sa place dans la cuisine (c’est-à-dire le monde) en réalisant que parfois, on a besoin justement de quelque chose d’un peu plus rond qu’une cuillère, mais d’une peu plus pointu qu’une cuillère…

Les illustrations d’Isabelle Arsenault sont très belles, mais les couleurs choisies sont un peu fades et n’ont pas plu aux enfants à qui j’ai lu ce livre. Aussi, les pages 17-18 où l’on voit une éclaboussure de ce qu’on devine être de la sauce tomate accompagnée de fruits coupés et d’une moitié de poisson ont suscité des réactions négatives auprès d’eux: dégoût, peur, incompréhension. Les plus jeunes ont décroché à partir de ce moment-là, ne comprenant pas que « la chose malpropre » était un bébé, et encore moins pourquoi on le qualifiait de « chose » comme si c’était un objet. Les pages suivantes où la panique s’installe auprès des ustensiles tâchées de sauce rouge évoquent une scène de guerre ensanglantée. Ensuite, la scène où l’on aperçoit l’ombre de « la chose malpropre » effraie, certains enfants ont même pensé que Fourchon était en grave danger et ne comprenaient pas pourquoi il souriait à la fin. La morale de l’histoire est que Fourchon est en réalité parfait tel qu’il est. Bref, la force de l’album est un peu perdue dans la deuxième moitié un peu violente où les illustrations ne parvient pas à toucher le lectorat cible: les enfants.

Bref, aucun personnage noir n’est présent dans cet album jeunesse, même si un deuxième ou troisième niveau de lecture permet d’y voir des personnes métissées. À la toute fin, on découvre que la chose « malpropre » est un bébé blanc. Voilà donc un album au sujet intéressant et traité d’une manière intelligente et inventive, mais dont les illustrations, bien que magnifiques, semblent déplaire à certains enfants.

* Prix jeunesse des libraires du Québec

fourchon 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kyo Maclear & Isabelle Arsenault
Maison d’édition: La pastèque éditeur Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782923841038
Public cible: 4 à 6 ans
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À la ferme… Le mouton un peu différent

mouton différentÀ la ferme, Réglisse, un nouveau mouton vient d’arriver. Comme il est de couleur noire, les autres moutons se méfient de lui et le laissent à l’écart. Le Mouton un peu différent est une histoire sur le thème de la différence avec des jeux et des conseils pour dessiner le héros en fin de livre.

Bon. D’accord, j’ai triché. Les personnages de ce livre ne sont pas humains et ne sont donc pas d’origine caribéenne ou africaine. M’enfin… Techniquement. Sauf que la symbolique de la race humaine est bien là, même s’il s’agit de moutons. Réglisse est en effet appelé « noir » même si dans les faits, il est de couleur brune. On fait donc clairement référence à la race telle qu’elle est construite par la société et non pas simplement à une teinte de couleur.

La situation dans laquelle se retrouve Réglisse est familière à bien des enfants noirs vivant en occident. Arriver dans un environnement où l’on est la seule personne noire, c’est le quotidien pour plusieurs. Le rejet du troupeau de moutons blancs est assez brutal. Réglisse va même jusqu’à se rouler dans l’herbe ou encore plonger dans l’eau en espérant faire disparaître sa couleur noire. Heureusement, une brebis apprend à connaître Réglisse et grâce à elle, ce dernier fini par se faire accepter du groupe. Toutefois, je dois admettre qu’une scène en particulier m’a mise mal à l’aise. Alors que la brebis amène Réglisse pour le présenter au troupeau, les moutons blancs s’approchent du mouton noir et se mettent à l’examiner comme une bête de foire… Et un mouton de s’exclamer: « Venez toucher sa laine! »

touch hair

Euh.

Non.

Ça me semble évident de ne pas toucher les gens sans permission. Pour les personnes de descendance africaine ou caribéenne en particulier, combien de fois les gens se permettent-ils de toucher vos cheveux ou votre peau sous un prétexte douteux? Imposer sa fascination pour le corps des autres en envahissant leur espace personnel n’est jamais une bonne idée. Aux parents qui liront ce livre à leur enfant, je vous implore d’également sensibiliser votre progéniture sur les microagressions (petit truc: ne touchez pas les gens sans permission! C’est super impoli!!)

Autre truc qui m’a déplu: l’usage du mot « différent ». Différent de quoi? De qui? En tant que lectrice noire, le choix de ce mot ne cadre pas avec ma réalité. Au contraire, le mouton noir me ressemble tout à fait! Il s’agit donc d’un livre qui ne m’est pas addressé et c’est pourquoi je ne l’ai pas lu aux enfants de mon entourage.

Cela dit, ce livre peut constituer un point d’entrée vers une discussions sur la tolérance, un sujet crucial qu’il n’est jamais trop tôt d’aborder avec les enfants.

mouton différent2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christophe Boncens
Maison d’édition: Beluga
Année de publication: 2001
ISBN: 9782371330214
Public cible: 4 à 7 ans.
Vous aimerez peut-être: Dans Gros Chagrin, une petite fille espère elle aussi être blanche jusqu’à ce que son père lui fasse réaliser la beauté de sa couleur de peau.

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