Poucette de Toulaba

Poucette de ToulabaCette Poucette-là est née très loin d’ici, dans une étonnante fleur du village de Toulaba. Entre iguanes, paresseux, caïmans, ratons-crabiers et l’oiseau de paradis, comment va-t-elle parvenir à trouver les chemins de sa liberté ?

Superbement écrit, tel un poème en vers libres, non sans rimes, ce conte nous berce et nous transporte dans le monde d’Andersen… mais pas tout à fait. Réinventé par Daniel Picouly, Poucette de Toulaba se distingue du traditionnel conte Le Petit Poucet. Poucette de Toulaba met en scène une petite — très petite — fille née au vouloir de sa mère « noire comme la nuit où la lune sourit ». Poucette, dans sa quête de liberté, apprendra de nombreuses leçons de vie: apprendre à dire non, à craindre la richesse et à suivre ses propres pas, et à reconnaître un véritable ami qui a « toutes les couleurs et toujours revient ».

Poucette vient de « Toulaba », le pays de tous les lointains, qui évoque l’inconnu, l’exotisme voire le mystère. Cela m’irrite toujours un petit peu lorsqu’on parle de l’Afrique (ou tout autre endroit fictif où vivent une majorité de personnes racisées) de cette manière. Cela dit, pas trop de soucis ici car c’est assez commun dans l’univers des contes d’utiliser de telles formules vagues (« il était une fois », un royaume « for lointain », etc.) Sa mère ayant déjà de nombreux enfants et n’étant pas particulièrement aisée, souhaite quand même en avoir un autre et c’est ainsi que naîtra Poucette. Le conte original est donc réinventé dans cet album et cet exercice s’avère plutôt intéressant, notamment pour une exploitation en classe auprès d’élèves du primaire !

Cet album au format géant aura du mal à entrer dans votre sac à dos; au sortir de la bibliothèque ou de la librairie, prévoyez un sac de transport ! 😉

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Daniel Picouly (d’après le conte d’Hans Christian Andersen) & Olivier Tallec
Maison d’édition: Rue du Monde
Année de publication: 2005
ISBN: 9782915569414
Public cible: À partir de 8 ans
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Jeanne et le Mokélé

jeanne et le mokélé1910. Mon enfance. Mon père : le professeur Modest Picquigny. Ses voyages en Afrique, au loin. Ses films. 1er septembre 1921. Mon père disparu. Mon départ pour l’Afrique. Seule. Toute seule. Décidée.

En lisant ce livre, il faut garder en tête que l’histoire se déroule en 1910, à une époque où l’Afrique était perçue par les Européens comme étant une terre exotique et à développer que l’on peut s’accaparer (Ouf, finalement, les choses n’ont pas vraiment changé ! 😦 ). Le récit évoque le lointain, l’inconnu, l’exotisme, la chaleur, la terre de tous les possibles où on se rend en bateau. Le personnage principal, Jeanne, s’indigne du massacre d’animaux perpétré par les colons blancs et affirme qu’il s’agit du sang de l’Afrique qui s’écoule car tous ces animaux majestueux de la savane sont précieux (pour la colonisation, on s’indignera plus tard, apparemment…) Elle raconte sa relation avec Eugène qui participe au massacre d’animaux et s’en vante régulièrement. Attention: les illustrations plutôt explicites ne voilent par les animaux ensanglantés ou morts. D’ailleurs, les illustrations hyper-réalistes sont superbes. Eugène se montre très hautain, tant avec les femmes qu’avec les habitants locaux.

Le récit est savamment écrit. Des phrases succinctes, sèches, évoquent toute la puissance des mots. La présence timide des verbes confère au texte un rythme soutenu et un style télégraphique. Ce livre met en scène des adultes aux prises avec des problèmes d’adultes. Jeanne est à la recherche de son père, cinéaste, dont elle n’a aucune nouvelle depuis longtemps. Eugène est un personnage raciste et misogyne qui a des problèmes d’alcool. Un très bel album, qui toutefois a besoin d’une mise en contexte. Je recommande donc à un lectorat mature, et une lecture accompagnée par un adulte.

Pistes d’exploitation en classe

  • Se renseigner sur le contexte historique.
  • Explorer les diverses répercussions qu’a eu la colonisation sur les populations noires d’aujourd’hui.
  • Imaginer une fin différente à l’histoire.
  • Découvrir d’autres ouvrages sur Jeanne et Eugène Love Peacock.
  • S’informer sur le Congo d’aujourd’hui.
  • Effectuer une recherche sur l’impact des populations humaines sur les animaux en voie de disparition.

Auteur(s) / illustrateur(s) :  François Roca
Maison d’édition: Albin Michel Bouton acheter petit
Année de publication: 2001
ISBN: 9782226119049
Public cible: À partir de 12 ans.
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Pieds en l’air, pieds sur terre

pieds en l'air, pieds sur terreJouer à la corde à saute, c’est amusant ! Ce tout petit livre d’à peine 31 pages s’adresse aux enfants en apprentissage de la lecture. Le texte, tout simple, utilise des mots répétitifs que l’enfant finira par reconnaître aisément. D’ailleurs, on retrouve la liste des mots utilisé dans le livre à la fin. Il n’y a pas plus de deux phrases par double-page, et certaines phrases s’étendent sur deux pages. Les personnages de ce livre sont racisés pour la plupart. Une fillette au teint crème à café, un garçon noir de peau, une fillette aux cheveux crépus et une autre aux yeux en amande jouent ensemble et s’amusent à saute à la corde: en solo, en duo, en groupe, au parc, au terrain de jeu, à la place, à l’intérieur ou à l’extérieur. Parfait pour les devoirs de lecture que les enseignants du primaire donnent souvent aux élèves de première année.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Pamela Love & Lynne Chapman
Maison d’édition: Scholastic
Année de publication: 2004
ISBN: 9780545992220
Public cible:  6 ans et plus
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La princesse de l’eau claire

La princesse de l'eau claireUn grand récipient repose sur la tête de la princesse Gie Gie, telle une couronne. L’eau potable se fait rare dans son royaume aux couleurs chaudes. Chaque matin, elle se lève avant le soleil pour marcher jusqu’au puits. Lorsqu’elle revient à la maison, après avoir fait bouillir l’eau pour la boire et pour nettoyer les vêtements de sa famille, Gie Gie pense à ce voyage que demain amènera. Et elle rêve. Elle rêve d’un jour où son village africain aura une eau claire et limpide. 

J’ai adoré cet album inspiré par l’enfance au Burkina Faso de l’activiste Georgie Badiel. Les illustrations aux traits épais et aux couleurs chaudes m’ont énormément plu. On s’attache beaucoup à la princesse Gie Gie et à ses tourments. Le livre se termine par un dossier dans lequel on en apprend plus sur la vie au Burkina Faso et le long voyage que mènent des miliers d’enfants, d’hommes et de femmes, chaque jour, pour aller chercher de l’eau. Bien adapté en contexte scolaire, cet album peut être utiliser pour amener les enfants du primaire à se questionner sur leur rapport à l’eau, à l’importance de la protection de l’environnement, au travail humanitaire, à l’entraide et aux inégalités sociales. Je recommende vivement cet album ! L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Georgie Badiel est une mannequin burkinabée. 

Georgie Badiel

Auteur(s) / illustrateur(s) : Susan Verde & Peter H. Reynold
Maison d’éditionScholastic
Année de publication: 2018 Bouton acheter petit
ISBN: 9781443165815
Public cible: 7 ans et plus
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J comme joie

J comme Joie dominique et compagnieVoici une courte histoire-poésie qui évoque l’émotion de la joie pour les enfants en âge d’apprendre à lire. La série Les sentiments de A à Z permet aux enfants de trouver les mots pour nommer et exprimer leurs émotions et sentiments. Une initiation à la poésie à travers l’évocation des émotions.

Dans « J comme Joie », on s’attarde à une émotion de base qui est primordiale au développement de la pensée. Le texte est court et simple pour permettre aux débutants de faire leurs premiers pas en lecture. De magnifiques illustrations soutiennent la compréhension du texte. L’histoire se lit comme un poème que nous livre un jeune garçon noir qui s’émerveille devant la nature. Les phrases riment er il y a un beau champ lexical à explorer avec les enfants: vent, ciel, terre, fleurs, pré, etc. Dans le mot de la fin, l’auteure partage ce qu’elle aime de la joie et la manière dont cette émotion la fait sentir. Ce tout petit livre de moins de 100 mots ne traite que d’une seule idée: c’est un bon départ pour s’initier à la compréhension de texte. Très bon !

J’ai un endroit préféré
Où l’herbe est haute et sent le sucré
Quand j’y pose les pieds, je vois loin devant et me sens grand
Le ciel et la terre se touchent
Ça me met du bonheur dans la bouche
Alors je cours sans m’arrêter
Je ris sans penser
J’ouvre les mains et je touche le vent
Et le vent me le rend
Il entre dans mes narines et me chatouille le nez
Ça me fait chanter
Puis quand mes jambes deviennent fatiguées de liberté
Je me laisse tomber parmi les fleurs du pré

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jennifer Couëlle & Ninon Pelletier
Maison d’édition
Dominique et compagnie Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897853426
Public cible: À partir de 6 ans

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Le crayon et le collier

crayon et le collierFerme un instant les yeux. Tu ne connais pas ton âge, ta vie est toute simple… Tu ne sais pas ce qu’est une école parce qu’il n’y en a jamais eu là où tu habites… Dans ton village, il n’y a pas d’électricité, pas de télé, pas d’eau au robinet, pas de salle de bains, pas de boutiques, pas de médecin… Loin de chez toi, des gens inconnus décident qu’il faut que tu apprennes à lire et à écrire… Le jour de ton entrée à l’école, une dame rousse dépose devant toi un crayon jaune… tu n’as jamais vu ça… Il y a de quoi se poser mille questions, non?

Ce livre peut être utilisé facilement en classe. D’ailleurs, le site québécois Livres Ouverts offre plusieurs pistes de réflexion et d’exploitation par des groupes scolaires de 2ème et 3ème cycle. Le récit s’intéresse à la découverte de la connaissance et à l’importance de l’éducation. Le livre se termine par un « Carnet de Route » où on en apprend davantage sur ce qui a poussé l’auteur à écrire ce livre, sur la faune et les populations humaines d’Afrique et du Kenya, sur les ONG et missions religieuses en Afrique, etc.

Je suis personnellement un peu fatiguée de lire continuellement des livres écrits par des personnes blanches sur d’autres personnes blanches qui débarquent chez une population noire pour les « sauver » ou les « éduquer ». Bien sûr, le monde dans lequel nous vivons facilite dans la réalité cette dynamique. Mais ce qui m’irrite le plus, c’est de constater que même lorsque nous avons l’opportunité d’inventer des récits, nous racontons bien souvent les mêmes histoires et ce, d’une façon réductrice pour les personnes noires. Kouria, le personnage principal est présenté comme si sa vie était incomplète avant l’arrivée de la dame (blanche) venu enseigner dans la nouvelle école de son village. Comme j’aurais aimé connaître davantage sa culture, son quotidien, ses connaissances, les savoirs des membres de son village, ses aspirations, ses rêves. Dommage.

Le livre s’adresse directement aux enfants occidentaux. Il a tout de même le mérite de les placer face à leur propre privilège (celui d’avoir l’opportunité d’aller à l’école tous les jours). À la suite de la lecture de ce livre, pourquoi ne pas entammer une discussion avec les enfants sur le privilège?

Auteur(s) / illustrateur(s) : Angèle Delaunois & Daniela Zékina
Maison d’édition: Éditions Pierre Tisseyre
Année de publication: 2001
ISBN: 2890517748
Public cible: 8 à 11 ans
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Yakoubwé

yakoubweUn homme est retrouvé mort dans la savane. Pour le venger, les chasseurs tuent le lion qui, croit-on, a commis le méfait. Lorsque Yakouba découvre qu’il s’agit de Kibwé, un lion qui lui a déjà épargné la vie, il devient fou de douleur. Il coupe la tête du lion et part vivre seul dans la savane. Devenu Yakoubwé, il porte comme couvre-chef la tête de son ami et interdit à quiconque de l’approcher. Depuis la mort de Yakouba, les guerriers ne chassent plus le lion qui, dit-on, contient l’esprit de l’ancien berger. De plus, une cérémonie célèbre depuis ce jour l’amitié hors du commun entre l’homme et la bête. (c) Livres Ouverts.

Je suis tombée tout à fait par hasard sur cet album à ma bibliothèque publique. L’album est magnifique: les grandes pages blanches et noires contrastantes ont quelque chose de prenant, de doux et violent à la fois. Le texte et l’illustration se marient tout naturellement tout au long du livre. Par son format, ce livre est bien adapté à la lecture à voix haute devant un groupe. Et ça tombe drôlement bien, cet album peut être exploité en classe auprès des élèves de 9-10-11 ans. D’ailleurs, les bibliothécaires de Montréal vous proposent diverses pistes de réflexion ici. Je vous conseille vivement la lecture des deux autres livres de la trilogie dont Yakoubwé est la conclusion: Yakouba et Kibwé.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Thierry Dedieu
Maison d’éditionRue du Monde Bouton acheter petit
Année de publication: 2012
ISBN: 9782021072877
Public cible: 9 ans et plus
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