Charly en guerre

Charly en guerreCharly a perdu son père, un sergent accusé de trahison, tué par des rebelles, et sa mère a été enlevée par une des factions armées qui se livrent combat. Agé d’une dizaine d’années, il ne comprend rien à cette guerre civile. Enrôlé de force, il doit obéir à John, un peu plus âgé que lui. John est très dur. Ils deviennent quand même amis en se sauvant respectivement la vie. La pensée de sa mère obsède Charly. Est-elle toujours vivante ? La retrouvera-t-il ?

C’est sur fond de guerre civile au Bénin que ce déroule ce roman. Le vocabulaire recherché et le récit difficile fait de lui une lecture appropriée aux bons lecteurs et aux adolescents. On y dénonce la violence gratuite et les guerres absurdes qui brisent des vies. On retrouve ça et là de fines illustrations de Alexis Lemoine. Très bon !

* Prix de la Francophonie de littérature africaine pour enfants, 1996.

Né en 1964 au Bénin, Florent Couao-Zotti vit à Cotonou où il est enseignant et animateur culturel. 

Florent Couao-Zotti

Auteur(s) / illustrateur(s) : Florent Couao-Zotti
Maison d’édition: Éditions Dapper
Année de publication: 2001
ISBN: 2906067695
Public cible: Ados
Vous aimerez peut-être: Eben, ou les yeux de la nuit, un petit roman pour ados qui fait découvrir un pan peu connu de l’Histoire coloniale.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Publicités

Fleur de coton

fleur-de-cotonEn Louisiane, dans une plantation, Fleur de Coton, 10 ans, est une jeune esclave. Elle découvre qu’elle est une mulâtresse, née de l’union de sa mère esclave et du maître de la plantation. La fillette se trouve dans la situation difficile des « bâtardes » qui n’ont leur place ni au sein de la communauté nègre, ni dans le cercle des blancs, les dirigeants…

Ce livre de 70 pages se lit très vite et se glisse facilement dans la poche. Je l’ai d’ailleurs dévoré en un voyage en métro sur la ligne orange! Ce tout petit roman s’adresse aux bons lecteurs de 10 ans et plus et aborde la question de l’esclavage en termes très généraux. Malgré la présence d’un dossier en fin de livre sur l’histoire de la Louisiane, on n’y explique pas vraiment les raisons politiques, sociales et économiques qui ont mis la table à la montée de l’esclavage en Amérique. Dommage.

Il y a beaucoup de personnages pour un si petit récit, beaucoup de personnages secondaires aussi, et forcément, on n’a ni le temps de les connaître vraiment, ni le temps de s’y attacher. J’ai eu du mal à m’attacher à Mai, le personnage principal. On sait bien peu de choses d’elle et ses réactions m’ont paru parfois bizarres ou incompréhensibles. Par exemple, lorsqu’elle apprend qu’elle est née d’un père blanc, en l’occurrence le maître de la plantation, elle se réjouit de réaliser que du sang blanc coule dans ses veines et rejette sa filiation à sa famille noire, allant jusqu’à se considérer supérieure à eux. Or, il y a peu de mise en contexte dans le roman qui puisse explique que Mai ait une telle réaction, et le tout risque d’être bien confus pour un jeune lecteur de 10-11 ans. Le danger est qu’il en retienne un message négatif ou internationalise un racisme bien malgré lui à la lecture de ce roman.

De plus, le récit n’offre pas de réelle conclusion et on ne sent pas que Mai a évoluée par rapport au début du roman. L’histoire se termine sur son départ de la plantation car elle a été vendue à une autre famille. Bien des questions restent sans réponse: Qu’est-il arrivé à la famille de Mai? Que va-t-il arriver à Mai? Mai finira-t-elle par s’accepter? Parviendra-t-elle à s’émanciper? Les personnages parviendront-ils à se pardonner ? Le père de Mai finira-t-il par reconnaître sa paternité ? …

Je suggère donc une lecture accompagnée: prenez le temps de lire aussi ce livre et d’en discuter avec votre enfant ou vos élèves. Posez-lui des questions sur ce qu’il a compris du récit et ce qu’il en pense, mais soyez aussi prêt à répondre à ses questions (elles pourront vous surprendre!)

Auteur(s) : Corinne Albaut
Maison d’édition: Oskar éditeur Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782350009988
Public cible: À partir de 10 ans

Vous aimerez peut-être: La case de l’Oncle Tom, un classique de la littérature américaine.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Princes des fatras

princes des fatrasSur l’île d’Haïti, la bande de Jeanjean, Cliff, James, Will et Flam grandit dans le quartier défavorisé de Cité Soleil. Pour contrer la pauvreté et l’ennui, ils ont trouvé une parade : le foot ! Un jour, M. BoB leur ouvre les portes de son club et la perspective de grands défis.Une bouleversante histoire d’amitié et une belle leçon d’humanité, alors qu’Haïti, frappé par un terrible tremblement de terre, étouffe sous l’accumulation des déchets, les fatras.

Le mystère entourant le personnage principal m’a intrigué dès les premières pages. On s’adresse directement au lecteur à la deuxième personne du pluriel, mais on en sait bien peut sur celui ou celle qui nous raconte l’histoire. Ce n’est qu’à la 87ème page qu’on nous révèle qu’il s’agit d’une fille, Gina. 87 pages où à aucun moment le genre de la narratrice n’a été révélé, perçu ou même supposé, malgré sa présence dans les illustrations. Un tour de force littéraire qui m’a grandement plu ! Lorsque Gina se révèle à nous, on découvre une jeune fille intelligente, sportive, pleine d’idées et ayant un esprit entrepreneuriat assez prononcé malgré ses 11 ans.

L’auteur, d’origine française, nous fait voyager dans Cité Soleil, une ville haïtienne délaissée, comme si nous y étions. Malgré la pauvreté, la violence et la malpropreté de la ville, on aperçoit à la lecture de ce roman une Haïti belle, fière, pleine de potentiel et culturellement riche. On nous fait découvrir le classique « Gouverneurs de la Rosée » du grand écrivain haïtien Jacques Roumain et la créativité des haïtiens. Le ton est juste, sans condescendance et sans prendre les haïtiens en pitié. Un roman captivant qui plaira aux enfants comme aux adultes ! À noter que certains mots créole ne sont pas traduits, mais ne minent pas la compréhension du texte. À lire au plus vite !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jean Claverie & Jean-Yves Loudes
Maison d’édition : Belin Éditeur
Année de publication : 2015
ISBN : 9782701193755
Public cible : 10 ans et plus

Vous aimerez peut-être: Jean Claverie a également écrit Mon frère et moi, un album surprenant. Jean-Yves Loudes a, quant à lui, publié La sanza de Bama.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Babakunde

BabakundeBabakunde était l’homme le plus puissant de la tribu. Et si , par une nuit sans lune, une terrible silhouette venait rôder autour de la case de Babakunde… pour bousculer sa vie à tout jamais ? 

Ce conte se déroulant en Afrique dans un pays non nommé fait réfléchir le lecteur sur ce qui est essentiel. Un champ lexical varié, des péripéties bien définies et une chute inattendue… tout pour une exploitation en classe auprès d’élèves du primaire. À ce sujet, questionnez les élèves sur le sens de la vie et du partage en lien avec le comportement de Babakunde et la chute du récit. Vous pouvez également faire participer l’album à une discussion sur le deuil et la mort. Invitez les élèves à tirer des exemples de leur vécu ou de leurs connaissances. Vous pouvez également les accompagner lors d’une analyse des illustrations: quelles couleurs dominent l’album ? Comment les villageois sont-ils dessinés ? Comment la mort est-elle représentée ? Quelles formes géométriques peuvent-ils déceler dans les illustrations ? Comment décriraient-ils le style de l’illustrateur ? Les possibilités sont nombreuses !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Annelise Heurtier & Mariona Cabassa
Maison d’édition: Casterman Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782203071902
Public cible: 6 à 10 ans
Vous aimerez peut-être: Boubou dans la neige, aussi publié chez Casterman.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Les couleurs de la pluie

les couleurs de la pluie winter«Depuis des siècles, en Afrique du Sud, les femmes du Lesotho peignent leurs maisons. Leurs dessins sont des prières adressées aux ancêtres afin qu’ils leur envoient la pluie.»
Dans son village souffrant de la sécheresse, la petite Elsina souhaite très fort pouvoir peindre les murs de la maison pour faire venir la pluie, comme le fait sa maman. Et voici que l’occasion lui en est donnée lorsque l’on ajoute une nouvelle pièce pour la venue d’un petit frère. Elsina peint de tout son cœur les motifs qu’elle voit en rêve : des nuages blancs, des nuages noirs chargés de pluie, le sorgho qui fleurit, les montagnes et le ciel. Si bien qu’un jour, les nuages arrivent et que la pluie finit par tomber. «Les ancêtres t’ont écoutée Elsina!»

Le texte est  parfois présenté dans des phylactères colorés, mais il n’y a pas de dialogues et ce n’est pas une bande dessinée. J’ai trouvé ce choix particulier car il n’ajoute pas grand chose au récit. Toutefois, les illustrations vives et colorées m’ont charmées. On dirait des tableaux aux couleurs claires et aux traits bien nets. L’auteure rend avec subtilité et poésie le temps qui passe, les saisons qui vont et viennent, le petit frère qui naît et grandit. Chaque pluie efface les dessins d’Elsina qui repeint chaque fois sa maison. Voilà donc un récit du quotidien qui ne rend pas exotique les personnages noirs. Plutôt, il rend compte d’une coutume sud-africaine avec respect et créativité. Couverture rigide.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire ou à la maison:

Vous pouvez, comme le personnage principal du livre, peindre la fondation extérieure de votre maison à la craie ou à la peinture lavable ou l’entrée de votre stationnement si vous n’en avez pas. N’hésitez pas à questionner vos enfants et à discuter avec eux de votre lecture de ce livre: De quelle couleur est la pluie ? A-t-elle une couleur ? Plusieurs ? Es-tu heureux-se lorsqu’il pleut? À ton avis, à quoi sert la pluie ? En classe, vous pouvez utiliser cet album pour enseigner aux élèves comment les plantes utilisent l’eau pour se nourrir et comment les humains cultivent la terre. Amusez-vous !

les couleurs de la pluie winter 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jeanette Winter
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse
Année de publication: 2004
ISBN: 2070559955
Public cible: 4 à 9 ans

Vous aimerez peut-être: Il serait intéressant de lire ce livre en parallèle avec Pourquoi je dois économiser l’eau ? pour discuter de l’abondance de l’eau et de sa gratuité au Québec, puis de sa rareté en Afrique du Sud.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

 

Le voyage de Nyéba

nyeba-voyageLe maman de Nyeba est très malade. Pour la sauver, le grand féticheur réclame une branche de cet arbre rare qui, très loin d’ici, réunit bourgeons, fleurs et fruits. Maligne et courageuse, Nyéba est prête à tout affronter pour sauver sa mère. Un matin, sous l’oeil curieux d’un bel oiseau bleu, elle prend le chemin qui quitte le village…

La maison d’édition Rue du monde nous offre avec Le voyage de Nyéba un très bel album prenant la forme d’un récit initiatique. Les paysages africains sont illustrés à l’aide de couleurs chaudes et de traits de pinceaux maîtrisés. Prévoyez une trentaine de minutes avant de finir la lecture de ce conte, 40 minutes si vous faites deux ou trois arrêts en cours de route pour questionner l’enfant à qui vous faites la lecture, et 1 heure si vous souhaitez pousser la lecture plus loin avec une discussion autour du livre. Ce livre peut être adapté à la lecture avant le dodo. Vous pourriez alors partager la lecture avec votre enfant: vous lisez la majorité du texte, mais l’enfant devra lire les dialogues. Car méfiez-vous, ce n’est pas parce qu’un enfant à atteint l’âge scolaire qui n’appréciera plus se faire faire la lecture.

Le texte est très bien écrit et on se laisse facilement emporter par la plume d’Yves Pinguilly. Le récit se dévoile peu à peu, en plusieurs péripéties qui se succèdent et laissent au pied de Nyéba autant d’obstacle à surmonter avant de pouvoir arriver à ses fins. Extrait:

Un peu plus tard, quand elle tourna la tête, elle vit un très vieil éléphant tout près d’elle. Celui-là s’était éloigné du troupeau, pour mourir sans doute. Nyéba le savait, la mort est un vêtement que les animaux, comme les hommes, doivent porter un jour.

voyage_nyeba_extraitAuteur(s) : Yves Pinguilly & Nathalie Novi
Maison d’édition: Rue du Monde
Année de publication: 2008
ISBN: 9782355040474
Public cible: À partir de 7 ans

Vous aimerez peut-être: L’âne au crottin d’or, un autre conte signé Yves Pinguilly.

 

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Tamina couleur soleil

tamina couleur soleil

Tamina est triste car elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas, comme les autres enfants, la peau claire des matins d’hiver. Elle se réfugie au creux de la ramure du laurier-tin et confie son chagrin à son amie la pie. D’oiseau en oiseau, le souci de Tamina parvient aux oreilles du soleil. C’est ce dernier qui expliquera à la petite fille le secret de sa couleur.

J’ai été émue par cette histoire. Tamina est une fille noire qui se demande pourquoi elle est la seule a avoir la peau si foncée. L’histoire débute avec son chagrin, sans qu’on en sache la raison. Le texte, tout en poésie, nous révèle peu à peu ce qui fait pleurer la jeune fille. Les plantes, les étoiles et les animaux sont dotés de raison dans cet univers et c’est auprès de la nature que Tamina tentera de trouver réponses à ses questionnements.

Lorsqu’elle rencontre un corbeau, noir de jais et magnifique, qui lui dit qu’il est tout à fait satisfait de la couleur de son plumage car « le jaune de son bec est bien plus éclatant sur le noir que sur le blanc », Tamina a la réplique facile: elle n’a pas de bec jaune pour justifier l’avantage d’avoir la peau noire et puis, tous les corbeaux sont noirs ! S’il existaient un corbeau au plumage blanc, ce dernier la comprendrait peut-être. C’est ainsi que l’auteur parvient à aborder les enjeux entourant l’identité raciale et le statut minoritaire dans ce livre auprès des enfants.

Au final, c’est le soleil (oui, oui!) qui parviendra à consoler Tamina. Le soleil lui explique qu’à la naissance de la fillette, il la trouvait si belle qu’il n’a pas pu s’empêcher d’attacher son regard à sa beauté. Ainsi, c’est parce que Tamina était le plus beau bébé que la Terre n’ait jamais portée qu’elle a le teint foncé. Joli, non ?

Les illustrations angulaires et aux couleurs franches sont très jolies. Voilà donc un bel album qui sauta apaiser certains maux liés à la couleur de peau chez les enfants noirs ou métissés de descendance africaine ou caribéenne. Recommandé !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Ghislaine Biondi & Laurent Corvaisier
Maison d’édition: Gautier Languereau
Année de publication: 2001
ISBN: 9782013908825
Lectorat cible: 7 à 12 ans
Vous aimerez peut-être: Peau noire, peau blanche, un album idéal pour entamer une discussion sur les préjugés raciaux auprès des enfants d’âge scolaire.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict logo facebook