Bintou quatre choux !

Bintou quatre chouxBintou rêve de porter des tresses. De jolies tresses perlées. De longues tresses comme sa grande sœur et les autres femmes du village. Mais elle est encore trop petite… et doit se contenter de sa coiffure à quatre choux. Pourtant, un jour, Bintou grandit dans l’estime de tous et découvre que la vraie beauté peut prendre des chemins détournés…

Ce que j’ai préféré dans ce livre, c’est qu’il ce concentre sur la relation d’une fille et d’une communauté sur les cheveux. Les cheveux apparaissent donc presque comme un personnage que l’on peut aimer ou pas, et qui agit sur l’histoire.

Bintou est une petite fille si familière qu’elle aurait pu être ma petite sœur, ma fille ou moi-même ! Bintou voudrais des tresses, mais sa mère lui oblige à porter des nœuds bantous qu’elle n’aime pas. On dirait des petits choux ! Bintou a beau insister, les petites filles de cette communauté ne portent pas des tresses; ces dernières sont réservées aux femmes. C’est sa grand-mère, qui connait tout, qui lui expliquera d’où vient cette tradition.

On découvre la place qu’ont les cheveux dans la vie d’une femme et cela ouvre la discussion à cette idée de la femme comme objet du désir et du concept du regard masculin (« male gaze »). « Tu sais, petite Bintou, quand tu seras grande, tu seras heureuse de te faire très jolie. Mais pour l’instant, tu es encore une petite fille. Tu auras des tresses en temps voulu. » lui dit sa grand-mère. Mais Bintou est impatiente. Elle trouve les femmes du village tellement belles avec leurs tresses, leurs piécettes dorées et leurs coquillages nacrés. Dans le village, il y a aussi une américaine qui lui dit que dans son pays, les petites filles se tressent souvent les cheveux et que cette coiffure est au contraire plutôt commune aux Etats-Unis.

Lorsque Bintou fera preuve de maturité et de courage en voyant deux hommes se noyer au large, on lui annoncera qu’elle est devenue assez grande pour avoir des tresses. Mais sa grand-mère, qui peut-être ne souhaite pas la voir grandir trop vite, ajoutera plutôt de jolis rubans à ces nœuds bantous. Heureusement, Bintou adore et se trouve très jolie ainsi. Les tresses attendront !

Coup de cœur !

Sylviane A. Diouf, d’origine sénégalaise et française, est née en France. Elle habite présentement à New York.

Sylviane A. Diouf

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sylviane A. Diouf & Shane W. Evans
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 2001
ISBN: 9782013909891
Public cible: 3 à 9 ans
Vous aimerez peut-être: J’aime pas mes cheveux !, un petit album qui aborde la thématique de l’amour de soi et de ses cheveux naturels. 

J'aime pas mes cheveux

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Cher corps, je t’aime

Cher corps je t'aimeEt si la clé était d’aimer son corps avec tous ses petits « défauts » et d’accepter être parfaitement imparfaite ? Cher corps, je t’aime invite les jeunes filles à apprécier et à célébrer leur corps, et tout ce dont il est capable.

Ce charmant petit ouvrage encourage les filles à voir au-delà de leur enveloppe corporelle et à s’accepter telles qu’elles sont. On y retrouve des conseils pratiques et simples pour développer et renforcer une image corporelle positive: Dresser une liste de toutes les choses que ton corps te permet de faire (écouter de la musique; créer avec tes mains) ; Prendre soins de ton corps et de ton esprit (faire une promenade en nature; prendre des photos) ; Être à l’écoute de ton corps (quand manger; quand te reposer). Il faut enseigner très tôt aux jeunes filles que le plus important est d’être à l’aise avec soi-même.

Au niveau de la représentation, on retrouve dans cet album plusieurs filles noires: l’une pirate, l’une aux cheveux crépus, l’une atteinte de Vitiligo, l’une qui ne craint pas de montrer ses vergetures, l’une portant un TWA (très petit afro), l’une qui peint, l’une qui joue au volleyball, l’une en fauteuil roulant car elle n’a pas de jambes et l’une queer. J’ai adoré ce livre aux illustrations douces et rassurantes qui donnent à voir des corps normaux, comme celui que nous avons tous, mais qui n’est jamais ouvertement montré dans les médias. Franchement, chapeau ! 

Coup de coeur !

Cher corps je t'aime 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jessica Sanders & Carol Rossetti
Maison d’édition: Crackboom!  Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782898021121
Public cible: 10 ans et plus
Vous aimerez peut-être: Les règles, quelle aventure ! un livre jeunesse pour donner confiance aux jeunes préadolescentes.

règles quelle aventure

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Le petit jardinier extraordinaire

Le petit jardinier extraordinaireJoe est un petit garçon rêveur. Un jour, une graine d’idée germe dans son esprit… Avec patience et détermination, il va changer son monde gris et ordinaire en un endroit extraordinaire !

J’ai un faible pour les illustrateurs qui utilisent les techniques mixtes dans les albums pour enfants. J’adore ce savant mélange de textures, de couleurs, de traits, de collages, de feutres, de crayons. Dans Le petit jardinier extraordinaire, l’auteur ne raconte pas l’histoire que par le biais de mots, mais aussi par le biais des illustrations qui véhiculent toutes sortes de messages et d’informations complémentaires au récit. De plus, l’utilisation des couleurs est particulièrement réussi: je pense notamment à cette manifique double page où l’on voit l’immeuble où vit Joe et ce qu’y font ses voisins en tons de gris, alors qu’on apperçoit Joe entouré d’objets colorés par le pouvoir de son imagination.

Joe est un garçon noir aux lunettes bleues, mais sa couleur de peau ne change strictement rien au récit. Il s’intéresse aux sciences et à comment fonctionne le monde. Il aime explorer, dans la réalité ou dans le monde imaginaire des livres. Il n’a pas peur d’expérimenter des choses, et c’est d’ailleurs sa volonté de faire pousser un arbre qui nous donne ce récit fantastique, beau et touchant. Car lorsque la plante de Joe fleurira et se multiplira, il en offrira à toutes les personnes qu’ils croisent afin d’enjoliver son quartier et faire plaisir en un acte gratuit de générosité. J’ai adoré cet album !

Coup de coeur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sam Boughton
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782075122849
Public cible: À partir de 4 ans.
Vous aimerez peut-être: L’album Toc, toc, toc, papa, où es-tu ? fait aussi usage des techniques mixtes en illustration.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

En route pour la Chine

TEnr oute pour la Chine Rémi Courgeonom est un petit garçon qui rêve de partir loin, très loin de sa famille. En Chine, par exemple. C’est facile, il suffit de creuser un tunnel et de traverser la Terre. Tom prépare son sac, prend sa pelle, Et hop, en route !

J’ai tout aimé de cet album ! Déjà, la page couverture qui attire l’oeil: Mais où va donc ce si jeune garçon d’un pas si décidé ? Ensuite, le bel équilibre entre les illustrations et le texte. Les illustrations ne se contentent pas de rendre visible le récit, mais elle ajoutent une couche d’information par le biais de clins d’oeil et d’éléments inattendus. Par exemple, cet affiche de Tintin et le lotus bleu accrochée sur le mur de la chambre de Tom. Ou encore ce doudou qui garde le sourir malgré la « sévérité » de la situation. Puis, le texte est un plaisir à lire et surtout à raconter. Cet album est d’ailleurs idéal pour l’heure du conte en bibliothèque ou l’histoire du soir à la maison !

Tom est un garçon plein d’imagination et déterminé, mais on suspecte une pointe de jalousie envers son petit frère depuis l’arrivée du bébé à la maison. Ses parents semblent n’avoir d’yeux que pour ce dernier ! Tom est grand, mais pas trop: Assez grand pour partir en expédition jusqu’en Chine (en fait, il se contentera de creuser un tunnel de quelques pieds sur la plage près de la maison familiale!), mais pas tout à fait assez grand car même s’il ne l’admettra pas, ses parents lui auront beaucoup manqué pendant sa fugue d’un après-midi. Voilà un petit bonbon de livre que j’ai adoré.

Coup de coeur !

Enr oute pour la Chine Rémi Courgeon 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Rémi Courgeon
Maison d’édition: Bayard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782747060684
Public cible: 4 à 7 ans

 

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Imagine… C’est tout blanc

Imagine c'est tout blancPeindre le ciel du bout des doigts, couvrir le paysage de neige, parsemer les champs de fleurs… C’est possible si tu joues avec tes doigts comme autant de baguettes magiques ! » Dans ce livre tout en carton, idéal pour les petits, Claire Dé rend hommage à la couleur blanche dans de très belles photographies d’objets, de paysages et de matière, qui incitent le lecteur à imaginer et à rêver, à partir du blanc.

Arrêtez tout et allez acheter ce livre en librairie à l’instant. Il est franchement fantastique ! Les photographies croquent des moments du quotidien, de la vie, de la nature. Un ciel bleu barré de nuages ici, une colline enneigée là, une plume sur l’oreille d’un petit garçon par là-bas… Et à chaque page, de petites mains noires qui touchent, tiennent, relâchent, montrent, se salissent, serrent le poing ou croisent les doigts. Et, à la toute fin, une liste de mots de choses blanches que l’on peut retrouver dans le livre si on le relit: une pétale, un silence, un brouillard, de l’écume, du coton, etc. Le livre laisse toute la place à l’imaginaire et dès qu’il termine, on veut tout de suite le recommencer et imaginer de nouvelles choses.

Coup de coeur !

imagine c'est tout blanc 3Imagine c'est tout blanc 2imagine c'est tout blanc 4

Auteur(s) / illustrateur(s) : Claire Dé
Maison d’édition: Éditions Les Grandes Personnes Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9782361934187
Public cible: Bébés
Vous aimerez peut-êtreMon château, un livre cartonné avec un personnage noir.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Antonin

Antonin Samuel ChampagneS’ils savaient… Cette phrase, c’est toute ma vie. Il y a beaucoup de choses que les gens ignorent à mon sujet. J’ai une famille qui m’aime, des amis, je suis bon à l’école. On dit aussi de moi que je suis un grand artiste. Mon existence est parfaite, semble-t-il. Mais j’en ai eu une autre, avant, avec des parents biologiques qui sont restés dans ma tête, même après mon adoption. Je songe sans cesse à mon père, en colère par ma faute. À ma mère, partie m’acheter un cadeau sans jamais revenir. À ces journées que j’ai passées seul, dans l’appartement, à l’attendre du haut de mes six ans. Je pense à la chance que j’ai eue qu’on ait bien voulu de moi et à tout ce que je dois faire pour qu’on ne m’abandonne pas de nouveau. C’est pourquoi je cache ma douleur. Pour que personne ne sache que je fais des crises de panique ou des cauchemars, parfois même éveillé. Ni ces parents qui me sont tombés du ciel, ni mon frère, ni mes amis. Et surtout pas William, le gars que j’aime, le seul avec qui j’arrive à oublier. Il faut que je garde la tête haute et le passé à l’intérieur. Mais les souvenirs refont toujours surface, et je commence à manquer de force pour les affronter.

Ce roman a été une montagne russe d’émotions ! Antonin, le personnage principal est attachant et on se soucie de lui, de ce qui lui arrive et de sa vie. Il a l’air si réel qu’on a l’impression qu’on pourrait le rencontrer dans la vie réelle; l’auteur se fait totalement oublier pour laisser toute la place à son personnage aux multiples facettes. J’ai adoré ! J’ai eu peur pour Antonin, je me suis inquiétée, j’ai été touchée et j’ai même eu les larmes aux yeux à deux reprises pendant ma lecture. Franchement, chapeau à l’auteur Samuel Champagne, qui d’ailleurs vient de publier son troisième roman dans la même collection, Kaléidoscope, qui se spécialise en littérature LGBT+ (évidement, je vais tous les lire 🙂 ).

Dans le roman, Antonin tombe amoureux de William, un adolescent noir plus âgé que lui. Leur amour se développe tout naturellement. Alors qu’Antonin craint la réaction de ses parents face à son homosexualité, William l’assume totalement. Il vit seul malgré son jeune âge (18 ans) car ses parents n’ont plus voulu de lui après qu’il ait admis son attirance pour les garçons. On décrit William d’abord comme ayant des « cheveux courts, frisés », une « peau foncée » et des « épaules carrées », et Antonin ne manque pas de souligner qu’il est « tellement beau. » (p.35) Cela dit, tout au long du roman, l’auteur donne plus d’information sur le caractère de son personnage plutôt que sur son physique. On sait par exemple qu’il est fan de l’univers Disney, qu’il est débrouillard, qu’il aime le pop art, etc. Tous ces détails donnent de la profondeur à ses personnages. Petite maladresse lorsque l’auteur écrit que William « a les joues rosées malgré sa peau foncée » lors d’un moment intime entre les deux garçons (on se rapelle bien que les personnes noires ne rougissent pas ??!) Cette erreur est courante et me dérange à chaque fois.

Le meilleur ami d’Antonin, Yohan, est aussi noir. Même si on dit en page 36 que la peau de William est « plus foncée que celle de Yohan », on ne découvrira son origine ethnique qu’à la page 311 où Antonin raconte un événement raciste dont a été victime son ami: « Yohan est le seul Noir de l’école et j’aime pas quand les gens disent des mots méchants à cause de la couleur de sa peau. » Non seulement l’auteur n’est pas tombé dans le piège de définir son personnage secondaire dès le début que par sa différence raciale (ce qui est franchement surfait en littérature jeunesse), mais il laisse le temps au lecteur d’apprendre à connaître Yohan, de l’imaginer et de s’attacher à lui, avant de mentionner au passage qu’il est racisé. Et au final, on se dit « Ah, ben tiens ! » et on continue sa lecture, car non, le fait que Yohan soit noir ne change rien au récit. Yohan est noir parce que les personnes noires existent dans la vraie vie et ont des vies normales (Oh ! Scandale ! …*)

* Avez-vous senti mon sarcasme ? 😉

Antonin est un roman fort, réussi, qu’on a du mal à refermer et qui nous habite longtemps après l’avoir terminé.

Coup de coeur !

Je remercie les éditions de Mortagne de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Samuel Champagne
Maison d’édition: Éditions de MortagneBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782896628537
Public cible: Ados.

Vous aimerez peut-être: Oublier Camille, un court roman pour ados où le personnage principal, un garçon noir, questionne sa sexualité.

SUIVEZ MISTIKRAK! SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

logo livreaddict  logo facebook

Wagenia : Les pêcheurs intrépides du Congo

Wagenia - Les pêcheurs intrépides du CongoSa mère, qui est veuve et l’élève seule, a confié Mopeta à son frère , pour qu’il vive la vie des pêcheurs wagenia, en amour du fleuve. Mopeta est heureux d’apprendre le métier, mais il a le mal du pays. Le soir, souvent, il s’en va rêver seul en pirogue, près des rapides. Une nuit, des malfaiteurs dérobent du poisson. C’est Mopeta qui est accusé de ce vol, et il va lui être difficile de prouver son innocence…

J’ai tout aimé de cet album. Déjà le titre: remarquez qu’on n’y mentionne pas l’Afrique. On parle du Congo. C’est bon signe, avant même d’avoir lu le livre, car trop souvent on parle de l’Afrique en littérature jeunesse comme s’il s’agissait d’un pays alors qu’il s’agit d’un continent. Les différents villages où se déroule l’action sont aussi clairement nommés: Wagenia et Kisangani. Encore un bon point car les livres jeunesse parlant de l’Afrique on la fâcheuse tendance à taire le nom des villes, des villages et des pays africains, comme si l’un équivalait bien l’autre. Dans cet album signé Dominique Mwankumi, on nomme aussi clairement les différents groupes ethniques qui peuplent le Congo. J’aime bien lorsque les lieux, les choses et les gens sont nommés ; cela les rend réels, vrais, et cela nous rappelle qu’ils existent. C’est important, surtout lorsqu’on fait référence à la représentation des personnes noires dans les médias et les produits culturels.

Ensuite, les thèmes abordés: on y parle pas d’exotisme, de sorcellerie, de pauvreté ou de racisme (comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse lorsqu’il est question de l’Afrique) mais de pêche, de vie de famille, de débrouillardise, d’apprentissage et de bien-être. Pour toutes ces raisons, je recommande vivement cet album.

Les illustrations utilisent les tons de jaune, ocre et orangé, évoquant la chaleur du pays du Congo. Des vignettes superposées aux illustrations principales marquent l’action, les péripéties, le suspense, la vitesse ou l’effervescence.

Le récit en lui seul m’a charmé. Quelle n’a pas été ma surprise de retrouver à la fin de l’album un dossier documentaire extrêmement bien fait sur le Congo, ses habitants, son climat, son histoire, ses productions artistiques, sa géographie, sa gastronomie, sa faune et son économie. Dominique Mwankumi nous offre ici un album merveilleux à mettre entre toutes les mains.

Coup de cœur !

Dominique Mwankumi est un auteur congolais.

dominique mwankumi

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique Mwankumi
Maison d’édition: École des loisirs
Année de publication: 2007
ISBN: 9782211094542
Public cible: À partir de 8 ans
Vous aimerez peut-être: Du même auteur, il y a Fruits du soleilLa pêche à la marmite et  Le petit monde merveilleux.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook