Viser la lune

alô sorcières viser la luneAliénor, Itaï, Azza et Maria ont 14 ans et habitent chacune aux 4 coins de la planète, mais de leur rencontre sur un forum, naissent tout à la fois une grande amitié ET une chaîne Youtube à succès ! Des vidéos sur l’astronomie, par Aliénor, aux conseils d’Itaï en jeu vidéo,  d’Azza en pâtisserie et de Maria en photo, les filles partagent leurs passions et voient grossir leur confiance et leur communauté. Quand Itaï se voit écartée d’un championnat d’e-gaming prétendument masculin, elles ont l’outil en main pour médiatiser l’affaire et lutter contre cette injustice !

Dans la famille d’Aliénor, qui vit en Guyanne, l’espace est l’astronomie est une véritable obsession! Aliénor et son père sont très proches et partagent cette passion. La dynamique familiale est saine; ses parents s’aiment et le respect y règne. J’avais quelques appréhension avec l’amitié sur internet entre ses jeunes filles qui ne se sont jamais rencontrées, mais finalement, c’est tout mignon. Les parents sont aussi très présents pour veiller à ce que la présence en ligne de leurs progéniture soit saine et appropriée.

Tous les personnages sont intéressants et complexes. Maria vit à Montréal (Canada), Izza à Lyon (France) et Itaï en Nouvelle-Calédonie. On a voulu donner à Maria un accent et quelques expressions québécoises qui sonnent un peu faux parfois, mais ce n’est pas très grave! Les personnages sont d’origines diverses et de corpulences diverses aussi. Quel fraîcheur de voir de « vraies » filles, celles de la vraie vie! J’ai également adoré les références à Steven Universe, à Harry Potter et à Adventure Time. Les filles de ce roman ont toutes sortes d’intérêts: de l’astronomie à la culture geek en passant par la pâtisserie, la construction et le bricolage (cette passion à été transmise à Aliénor par sa tante!), ainsi que les jeux vidéo. Ce sont des filles qui sont géniales, qui ne se montrent pas modestes car elles savent qu’elles « déchirent » tout. Et puis ce sont des filles de 12-13 ans qui se comportent… comme des filles de 12-13 ans ! C’est pas mal cool ! 🙂 On y dénonce aussi le sexisme et les préjugés, sans que ce soit trop lourd. Les grand-parents d’Aliénor sont blancs et racistes. Elle décide d’aller les confronter et cela ne se passera pas tout à fait comme prévu… Je ne vous révèle pas la fin, mais sachez que ce roman est une bouffée de fraîcheur. Fortement recommandé !

viser la lune 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Anne-Fleur Multon & Diglee
Maison d’édition: Poulpe Fiction Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782377420001
Public cible: À partir de 12 ans.
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viser la lune tome 2 sous le soleil

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Le caméléon et les fourmis blanches

caméléon et fourmis blanchesCasimir, professeur des écoles, se remet difficilement d’une rupture amoureuse. Issa, jeune Malien sans papiers, est son élève cette année. Dévoreur de livres et assoiffé d’avenir, il ment, sèche les cours et veut se faire passer pour plus inculte qu’il n’est… Un jour, menacé d’expulsion, le père d’Issa confie son fils à l’enseignant. Malgré leurs différences et leur exaspération réciproque, Casimir et Issa apprendront à s’épauler et à s’apprécier…

Issa a grandi sans sa mère et son père travaille de nuit. L’histoire ce déroule à Dreux. J’ai du m’informer sur le net pour bien comprendre le contexte de cette ville. D’ailleurs, le contexte français peut miner la compréhension des lecteurs non-européens (référence au CE2, à la carte bleue, à Montpellier, à la « balayette », au « foot », au « cartable scolaire », aux « WC », etc.) Cela dit, ces mots nouveaux peuvent également ouvrir leurs horizons vers la manière dont vivent les gens en France.

Malheureusement, je n’ai décelé aucune représentation positive de la négritude dans ce roman. Déjà au début du roman, Casimir se fait coiffer par un homme tenant des propos racistes contre les Arabes et les Noirs, les qualifiant de « sale race » (p.12). Issa envie les cheveux blonds et lisses « comme ceux d’un prince » (p. 26) de son ami Léo. Ce dernier est traité de « négro jap » par le père d’Issa à cause de ses origines métissées. Comme Issa déteste qu’on le compare à un Jackson Five à cause de ces cheveux afro, il les coupe toujours ras. Son père lui a appris à cacher son accent. Il souhaite donc passer inaperçu, être un caméléon; pourtant, ce n’est pas une chose facile lorsqu’on est Noir dans un environnement majoritairement blanc. À la lecture de ce livre, on sent donc que la négritude est perçue de manière négative, voire non souhaitée. Même si cela fait partie de la réalité, certains passages de ce roman sont assez crus.

Le personnage principal n’a pas non plus un comportement exemplaire. Il fume avec son ami même s’ils sont mineurs, ils volent et redoublent leurs années scolaires. Bien qu’on dise d’issa qu’il a « un truc spécial pour les livres, les histoires » (p.30), on dit aussi qu’il a un « comportement inacceptable pour l’Éducation nationale » (p. 36), qu’il est un « vrai criminel » (p.37). Notons la présence d’une scène de viol envers la soeur d’Issa vers la fin du récit, heureusement avortée. À un autre moment, Issa est assommé sauvagement par un vieil homme parce que ce dernier croyait qu’Issa était un voleur !

« Un Blanc comme vous qui court après un Petit Noir comme lui, j’ai comme l’impression qu’il y a eu vol non ? » (p.97)

Trop, trop de négativité ! Dommage, car la plume d’Emmanuel Bourdier m’a beaucoup plu. D’une grande qualité littéraire, ce roman plaira aux enfants de 13 ans et plus. Mais attention: Pour lecteurs avertis.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuel Bourdier
Maison d’édition: La Joie de Lire Bouton acheter petit
Année de publication: 2015
ISBN: 9782889082957
Lectorat cible: Ados
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I have a dream : 52 icônes noires qui ont marqué l’histoire

52 icônes noires qui ont marqué l'histoirePartez à la rencontre de 52 icônes noires d’hier et d’aujourd’hui qui ont marqué le cours de l’histoire! Découvrez le parcours exceptionnel et parfois insoupçonné de grands meneurs et de militants comme Nelson Mandela et Michelle Obama, d’artistes réputés comme Beyoncé et Alexandre Dumas, de sportifs épatants comme Muhammad Ali et Usain Bolt et de scientifiques brillants comme Katherine Johnson. Leurs rêves et leur lutte pour l’avancement des droits des Noirs vous feront traverser les frontières, le temps et même l’espace! Ce livre encourage la prochaine génération à poursuivre ses propres rêves… quels qu’ils soient !

Ce livre est une lettre d’amour. Il débute par un mot des auteures où elles expliquent les raisons qui les ont poussées à écrire ce livre. L’illustratrice a travaillé sur cet ouvrage alors qu’elle était enceinte et cette expérience a cristallisé à ses yeux l’importance des livres mettant en avant des personnages auxquels sont petit garçon ressemblera. Les enjeux entourant la représentation dans les livres que nous lisons et les médias que nous consommons sont au coeur de la démarche des auteures:

Tous les enfants méritent de se voir représentés de façon positive dans les histoires. Voilà pourquoi nous mettons en avant le talent, les actions et les combats menés par les Noirs du monde entier, en nous adressant à des lecteurs de tous horizons. (p.3)

En tout, ce sont 60 personnalités qui sont présentées, dont Ava Duvernay, le couple Obama, Chimamanda Ngozi Adichie, Alexandre Dumas, Steve McQueen, George Washington Carver, Jessie Owens, Kofi Annan, Simone Biles, Malorie Blackman  et les soeurs William. Si des représentants du Nigéria, de l’Australie, du Royaume-Uni, de la Somalie, de Trinité-et-Tobago, de la France, de la Jamaïque, de l’Afrique du Sud, du Kenya et du Brésil ont une place dans ce livre, ce sont surtout des américains que l’on découvre. Au nombre de 33, ces derniers occupent plus de la moitié du contenu du livre. J’aurais aimé plus découvrir davantage de personnes venant d’ailleurs (par exemple, pour le Canada, Michaëlle Jean ou Viola Desmond !) Toutefois, le choix des personnalités est excellente et chacun y a sa place.

On retrouve à la fin du livre une galerie de talents où des photographies de chaque individu nous renvoie à la page où on peut lire sa biographie. Les illustrations aux couleurs éclatantes sont magnifiques et inspirantes. Fortement recommandé !

Coup de coeur !

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs.

Jamia Wilson est une auteure américaine.

jamia wilson

Andrea Pippins vit à Stockholm.

andrea pippins

Auteur(s) / illustrateur(s) : Jamia Wilson & Andrea Pippins
Maison d’édition: Petit homme Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782897541439
Public cible: À partir de 10 ans.
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Les pointes noires

les pointes noiresÈve grandit dans un orphelinat du Mali. Son grand rêve : devenir un jour danseuse étoile. Adoptée à l’âge de six ans, elle part vivre en France. Sous le regard aimant de ses parents, elle suit une formation solide, épaulée par sa professeure qui l’encourage à se présenter  à l’école de danse de l’Opéra de Paris. Jusqu’à ce jour où une remarque blessante vient tout faire basculer. Elle réalise brutalement que, dans ses livres, dans les films et sur les scènes de ballet, il n’y a jamais de danseuses étoiles noires. Comment a-t-elle pu ne pas le remarquer plus tôt ? Et si toutes ces années à la poursuite de son rêve n’étaient qu’une illusion ? Dans ce monde en rose et blanc, Ève devra se battre pour trouver sa place. Et faire enfin bouger les lignes ?

Connaissez-vous beaucoup de ballerines noires ? Difficile d’entretenir un rêve de venir danseuse classique lorsqu’on ne voit aucune ballerine qui nous ressemble en tant que fille noire. Voilà le dilemme d’Ève, qui malgré tout s’accroche à son rêve d’intégrer l’Opéra de Paris. Sa mère est très encourageante et souhaite que sa fille ne perçoive pas sa couleur de peau comme une barrière. Car des barrières, Ève en rencontrera beaucoup dans son parcours ! De la professeure de ballet qui lui fait des commentaires racistes, des nombreuses microagressions reçues de ses camarades de classe, en passant par sa séparation de sa meilleure amie avec qui elle a grandi dans un orphelinat au Mali. Car oui, Ève sera adoptée par une famille blanche aimante, mais sa copine, atteinte du SIDA, restera à l’orphelinat. Le souvenir de cette amie à qui elle a promis de devenir danseuse étoile, poussera Ève à s’accrocher à ses rêves.

Nous sommes treize danseuses à tenir les barres pour l’échauffement. Toutes du même âge, toutes pareilles: chignon impeccable, tutu rose pâle, collants couleur chair. Enfin, quand je dis couleur chair… Ma peau à moi n’a pas cette couleur-là, mais puisque c’est le terme consacré… (p.8)

La détermination et la persévérance d’Ève est inspirante. Devant tant de difficultés, certains pourraient baisser les bras. Mais pas Ève ! Le roman, efficace, se lit d’un trait. Recommandé !

Je remercie l’auteure Sophie Noël de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sophie Noël
Maison d’éditionMagnard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782210965225
Lectorat cible: À partir de 10 ans
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Little Nappy : Quand maman m’apprend à m’occuper de mes cheveux

Little NappyLittle Nappy : Quand maman m’apprend à m’occuper de mes cheveux est le premier tome d’une longue série. C’est un album jeunesse qui favorise la diversité, la différence, l’estime de soi, l’empathie et la transmission du savoir à travers les aventures du personnage. Hashley représente la différence par sa propre différence.

J’ai trouvé ce livre jeunesse tout à fait charmant. Malgré quelques coquilles, le texte simple et accessible rend la lecture vivante. D’ailleurs, le texte est bilingue ! Le texte est en français d’abord, puis traduit en intégralité en anglais. L’histoire, bien construite, nous amène dans le cheminement d’une fillette de 7 ans qui jadis n’aimait pas ses cheveux crépus et comment sa mère lui a appris a les aimer en lui montrant comme s’en occuper. Il existe un bel équilibre entre le développement des personnages et le volet plus informatif du récit. On finit par s’attacher à la petite Hashley et sa maman ! On aborde notamment des concepts tels que l’hydratation des cheveux ou encore les caractéristiques de l’aloès (« aloé vera » dans le texte). À noter que ce livre ne parle pas de l’histoire du cheveu crépu, des luttes pour les droits civiques et du rôle que l’afro y a joué ou des multiples raisons d’être fière d’avoir les cheveux naturellement crépus. On se concentre plutôt sur le soin des cheveux, en particulier sur la fameuse méthode LOC. Il faudra donc lire les autres aventures d’Hashley pour découvrir tout ce qu’elle va apprendre lors de son cheminement vers l’acceptation de soi. Couverture souple et mignonnes illustrations d’Audrey Boon.

Pistes d’exploitation en famille

  • Comme Hashley, demandez à votre enfant de parler de lui, de se présenter et de décrire ses camarades de classe.
  • Lisez ce livre à voix haute (même à un enfant sachant déjà lire !) pour utiliser votre lecture comme un tremplin vers une discussion sur l’estime de soi.
  • Demandez à votre enfant de lire une page ou deux pages par jour avant d’aller dormir et de vous raconter le lendemain ce qu’il a appris.
  • Appliquez la méthode LOC tout en laissant votre enfant choisir l’huile et la crème qu’elle préfère.
  • Créez un livre ou un carnet contenant vos astuces familiales pour prendre soin de vos cheveux et agrémentez le tout de jolies illustrations comme celles du livre.
  • Demandez à votre enfant de surligner tous les mots nouveaux qu’il rencontre dans le texte, puis cherchez la définition de ces mots ensemble.

Je remercie l’auteur Hashley Auguste de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hashley Auguste & Audrey Boon
Maison d’édition:  Roots éditionsBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN:  9782490230037
Public cible:  5 à 12 ans

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Les incroyables aventures de Baba Wildy

Les incroyables aventures de Baba WildyBaba Wildy est un jeune homme orphelin afro-américain. Son frangin à lui c’est son meilleur copain : un petit hamster au très « très » fort caractère qu’il a surnommé Trombone. Ensemble ils vont devoir affronter les pires individus, les pires situations, frôler la mort et le désespoir ; mais leur amour de la vie les amènera à surmonter les épreuves et faire une découverte extraordinaire à laquelle ils ne s’attendaient plus !

Ce que j’ai aimé

Ce livre a été une découverte pour moi car je ne connaissais pas Sister and Brother, une toute jeune maison d’édition qui se spécialise en littérature jeunesse. « Les incroyables aventures de Baba Wildy » mélange les genres: c’est à la fois un roman et un scénario de film qui d’ailleurs est en préproduction. Le texte est ainsi entrecoupé de scénarimages qui nous indiquent les séquences, les mouvements de caméra, les déplacements des personnages sur l’image et les plans prévus.

Le récit plein de rebondissements plaira aux amateurs d’aventure. Le rythme, soutenu, nous tient en haleine du début à la fin ! De plus, l’amitié entre Baba Wildy et Trombone est touchante. Baba Wildy est un personnage intéressant. Antihéro, il ne se trouve pas particulièrement beau ni intéressant et manque de confiance en lui. Il fera toutefois face à certaines épreuves qui feront de lui un homme plus sûr de lui. Un bon modèle pour les jeunes ! Et puis, je préfère les histoires qui finissent bien et c’est justement le cas dans ce roman.

Ce que j’ai moins aimé

Les femmes ne sont présentes que rarement dans le récit, et lorsqu’elles le sont, cette présence prend soit la forme d’un intérêt amoureux soit celle d’une distraction. Par exemple, lorsqu’on découvre Trouyanov (le vilain de l’histoire) assis à son bureau entouré de « quatre créatures de rêve : une Baba wildyblonde aux yeux verts, une brune aux yeux bleus, une asiatique aux yeux noirs et une métisse aux yeux jaunes » (p.157). J’ignore si je suis plus découragée par l’usage de l’expression « créatures de rêve » (aussi utilisée aux pages 194, 196 et 198) pour faire référence à des personnes humaines, par l’absence de femmes noires dans l’imaginaire de ce que puisse être une femme désirable ou par le fait que la seule utilité de ces femmes est d’être au service d’hommes (notamment en leur servant de la vodka en silence). J’hésite.

Autre exemple: lorsqu’un missile muni d’une caméra dirigé à distance par des agents secrets à l’aide d’un joystick se faufile dans un magasin, se retrouve au milieu du rayon des sous-vêtements féminins et en profite pour stopper sa trajectoire afin de zyeuter les femmes occupées à essayer certains modèles :

Il a les yeux exorbités à la vue de cette foule féminine à moitié déshabillée.
– Oh j’y crois pas. Reluque-moi ça !!! s’esclaffe-t-il.
– Vas-y FREINE !!! hurle Le Hibou
Soudain, le missile s’arrête.
Il reste figé au beau milieu des femmes médusées. Il fait un clin d’œil à Pivert.
– Regarde !!! Les cabines !!!
– Où ??!!!
– Là !!!
Il lui montre un des écrans du doigt.
[…]
– Wahouh !!!! T’as vu les bombes ???!!!! bave Pivert.
Le Hibou découvre une femme à la poitrine imposante.
– Oouhhff le canon !… T’as vu ses boulets?!
(p.45-46)

De plus, l’une des victimes de ce voyeurisme, dont le « soutien-gorge a la graine généreuse » fait même un « sourire un peu effrayé à l’énorme bombe pointée devant elle » (p.46). Sourire bêtement à une arme capable de vous tuer, c’est quand même assez étrange. L’auteur utilise aussi à l’occasion le terme « donzelle » pour faire référence à Blanche, une jeune femme aveugle dont Baba est secrètement amoureux (p.116). Bref, usage de ces termes péjoratifs et irrespectueux envers les femmes, ainsi que leur représentation plutôt paternaliste m’a dérangé.

Avis aux parents: À noter qu’on fait usage d’armes à feu dans le récit, que des personnages abusent de l’alcool fort (on affirme d’ailleurs que l’alcool est un remède « très, très efficace […] contre la solitude » (p.193)) et qu’il y a présence de quelques vulgarités. Pour lecteurs avertis.

Je remercie les éditions Sister and Brother de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Éric Atlan
Maison d’édition: Éditions Sister and BrotherBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 295633400X
Public cible:  Ados

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Un voyage sans retour

Un voyage sans retour Gaspard Njock« De Gaule », « Mitterrand », les gosses désœuvrés du quartier populaire de New Bell, à Douala, rêvent d’Europe. Malik, 17 ans, se laisse entraîner dans ce voyage à haut risque. Du Cameroun à Lampedusa, en passant par les côtes libyennes, les évènements dramatiques se succèdent. Jusqu’au jour où Malik est recueilli par une association humanitaire. mais lorsque la nostalgie du pays le gagne, Malik se demande s’il a fait le bon choix. Sera-t-il heureux en Europe, soudain devenu moins accueillante ?… Que sont devenus sa famille, ses amis avec qui il a tenté la traversée vers un Eldorado plus fantasmé que réel?

C’est à son arrivée en Europe que le personnage principal, Malik, ressasse ses souvenirs de sa vie à New Bell, au Cameroun. Les festivités, le travail des femmes, les chants de labeur, les couleurs du marché, les conversations des foules, les chorégraphies funéraires, le ciné-club du quartier, les vacances chez ses grands-parents. Ennuyé, la perspective d’un monde nouveau, avec des usages et des coutumes différents l’excite: Il fallait qu’il parte, même si son père ne le comprenais pas. Il découvrira plus tard que son départ a complètement chamboulé sa famille… Au milieu du récit, on fait référence à Mami Water lorsque Malik raconte comment son ami a été englouti par la mer des eaux. Une bande dessinée du quotidien qui nous aspire dans son univers et nous fait découvrir des personnages plus grands que nature. L’auteur s’est légèrement inspiré de son vécu. Il a réalisé de nombreuses recherches graphiques et photographiques dans son pas d’origine, le Cameroun. Les illustrations à l’aquarelle sont magnifiques. On retrouve un dossier photo documentaire à la fin du livre. Un docu-fiction à lire !

Un voyage sans retour gaspard njock

Gaspard Njock est un auteur et illustrateur camerounais.

Gaspard Njock

Auteur(s) / illustrateur(s) : Gaspard Njock
Maison d’édition: Nouveau Monde éditionsBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782369425014
Public cible: Ados

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