Max et Koffi sont copains

Max et Lili sont copainsA la récréation, Koffi se fait injurier parce qu’il est noir et son ami Max s’en mêle… Comment vont-ils se défendre ? Ce petit livre de « Max et Lili » parle de l’amitié et du racisme. Tous pareils et tous différents, les hommes ont le même droit de vivre dignement sur la Terre, sans souffrir du mépris.

Ahhhhh… Max et Lili… Ces petites bandes dessinées adorées des enfants que je dois racheter à l’infini pour ma bibliothèque car ils sont littéralement dévorés par nos petits lecteurs ! La recette est gagnante: des situations du quotidien des enfants, une petite bande dessinée, des personnages face à un dilemme éthique, des questions et mises en situations pour se faire sa propre opinion. Personnellement, je dois admettre que je trouve ces livres parfois un peu moralisateurs, hétéronormatifs et s’adressant plutôt à un lectorat européen blanc. Mais les enfants les aiment, bon ! Et puis les illustrations de Serge Bloch sont vraiment fantastiques. À ce niveau, rien à redire; Serge Bloch est une valeur sûre. Le texte de Dominique de Saint Mars aussi est bien et j’apprécie qu’elle parvienne à intéresser les enfants à la philosophie. C’est plutôt le ton ou la manière dont certains sujets sont abordés qui me chicotte un peu parfois.

La scène phare dans « Max et Koffi sont copains » est ce moment où Koffi se fait apostropher par un camarade de classe dans la cours de récré, alors qu’il s’occupait tranquille de ses affaires avec son ami Max sur un banc. Le camarade en question, bien peu sympathique, lui réclame la place en prétextant qu’elle lui appartient. Puis, il lance: « C’est pas ton banc, pas ta cour, et en plus, c’est pas ton pays ! D’abord, t’es qu’un SALE NOIR!  »

Max et Koffi sont copains 3

Ce genre de représentation laisse supposer que le racisme, ce sont les insultes lancées à tue-tête par des Blancs méchants en manque d’attention. Bien sûr, les insultes racistes, ça arrive. Mais aujourd’hui, le racisme est beaucoup plus pernicieux, implicite et systémique. Je le dit et le redis, les enfants de 7, 8, 9 10 ans sont assez matures pour aborder ces sujets, il suffit que les livres choisis soient adaptés à leur âge. Ce livre a d’abord publié en 1995 et les choses ont bien changé depuis, j’en conviens. Mais rien n’aurait empêché une réédition mise à jour, histoire de s’éloigner de cette idée que les gens racistes sont mauvais et que les gens non-racistes sont bons, alors qu’il est clair que même les gens bons, ouverts d’esprit, progressifs, éduqués et bien intentionnés peuvent exhiber (intentionnellement ou non) des comportements racistes. Ce discours montre aux enfants que le racisme est un problème que seules les mauvaises personnes ont, plutôt qu’un système qui nous implique tous.

Premier petit malaise en page 18 lorsque la maman de Max, voyant Koffi pour la première fois, s’exclame, étonnée « Mais il est noir ! ». Oui, et alors ? J’ai attendu une suite qui n’est jamais venue. Juste « Mais il est noir! » Point. Bizarre. Cela dit, passé son étonnement initial, elle se montre très ouverte à l’amitié de son fils pour Koffi. Au départ, je me suis dit: « Bon, ok, les auteurs font sûrement questionner les enfants sur la réaction de la mère à la fin de la bande dessinée. Ils ont toujours de bonnes questions pour faire réfléchir les enfants ». Et malheureusement, aucune question n’est posée en lien avec cette scène.

Deuxième petit malaise en page 23 lorsque Koffi présente à Max son petit frère d’un mois et déclare, tête basse : « Sa peau est claire parce qu’il est bébé ! Il a de la chance!  » Que veut-il dire par là ? Qu’avoir la peau claire est mieux que d’avoir la peau foncée ? Et encore une fois, les auteurs ne questionnent pas les enfants sur le colorisme ou le racisme intériorisé à la fin du livre. Cela dit, la mère de Koffi répond du tac-au-tac: « Mais elle est belle ta peau noire, mon doudou ! », ce qui est positif. C’est à ce moment que Max semble réaliser la différence de son ami et déclare « C’est marrant, j’avais jamais fait attention ! On dirait qu’elle est teinte! » en lui touchant la main pour l’observer. Dois-je mentionner que ce n’est pas apprécié d’être perçu comme une bête de foire qu’on peut toucher, palper et observer avec curiosité à cause de sa couleur de peau ? On peut se dire qu’il ne s’agit que de la curiosité naturelle des enfants, mais dans le livre, Koffi ne manifeste pas la même curiosité envers Max, laissant supposer que la peau blanche est normale et n’a pas besoin d’être touchée, palpée et observée avec curiosité. Koffi exprime enfin son malaise d’être traité différemment en disant qu’il « en a marre de ne pas être comme les autres et de se faire traiter [de sale noir] », donnant ainsi une voix aux minorités visibles qui peuvent ressentir ce genre de malaise intérieur.

Max et Koffi sont copains 2

J’ai aimé qu’à la fin de l’histoire, ce soit le pardon qui l’emporte lorsque Koffi vient en aide à son camarade de classe l’ayant insulté au début du livre alors que celui-ci est victime d’intimidation par des plus vieux de l’école. Par contre, cela m’a dérangé que le personnage ne s’excuse pas pour les propos racistes qui a tenus envers Koffi. Il dit qu’ils sont « plus forts ensemble », demande s’ils peuvent « rester copains », veut « faire la paix » et qu’il a « été bête », mais les mots JE M’EXCUSE ne sortent pas de sa bouche. Ugh.

En épilogue, des questions intelligentes sont posées aux enfants: « Quand tu as peur de quelqu’un, essaies-tu de le connaître ou t’enfermes-tu dans ta coquille? », « Connais-tu des exemples de racisme dans l’histoire? As-tu des idées sur les façons de le combattre? », « Est-ce que cela te rend triste d’être différent? Ou est-ce que cela te fait « grandir dans ta tête »? « , « Trouves-tu difficile de parler de ses différences? Est-ce que ça te rend aggressif? » Ou encore « As-tu souffert de racisme? As-tu été rejeté ou injurié par les autres? Ou est-ce arrivé à un ami? »

D’autres questions, toutefois, le sont beaucoup moins, par exemple: « Et toi… Est-ce qu’il t’est arrivé la même histoire qu’à Max? » (Ah, parce que quelque chose est arrivé à Max? J’ai manqué ce bout de l’histoire, car il m’a semblé que c’était plutôt à Koffi qu’il était arrivée quelque chose.) Ou encore « Est-ce que ça existe pour toi le racisme ? » (Cette question n’est pas valide. Ça existe, point.)

Eh, misère…

Auteur(s) / illustrateur(s) : Dominique de Saint Mars & Serge Bloch
Maison d’édition: Calligram
Année de publication: 1995
ISBN: 2884452508
Lectorat cible: 7 à 12 ans
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J’ai mal à mes cheveux !

LJ'ai mal à mes cheveux Vanessa Yatchors d’aune séance de coiffure, Khadi s’interroge sur la nature crépue de ses cheveux. Pourquoi leur texture n’est-elle pas aussi lisse que celle de sa meilleure amie ? Sa mère lui fait comprendre avec douceur que chaque personne est unique et que les différences de chacun sont l’une des plus belles des raisons de s’ouvrir aux autres.

Les livres sur le soin des cheveux crépus sont rares. En tenant J’ai mal à mes cheveux !, on a l’impression de tenir une petite révolution dans ses mains. Quel bonheur de lire les récits de personnes afro-descendantes racontées par elles-mêmes. #OwnVoices ! Khadi est une petite fille comme beaucoup d’autres et il est facile de s’y identifier. Elle va à l’école, passe de bons moments avec sa mère, vit en France. Une fille ordinaire, quoi ! Et quelle joie qu’elle le soit, qu’elle ne soit pas représentée comme étant exotique ou « différente », comme c’est souvent le cas en littérature jeunesse. C’est une petite fille comme tout plein d’autres petites filles.

Le récit s’articule surtout autour du dialogue entre la mère et Khadi, et on sent bien que l’auteure veut faire passer un message (l’importance d’apprendre à s’occuper de ses cheveux et à les aimer au naturel). Mais compte-tenu de la rareté de ce genre de livre, ça ne m’a pas vraiment dérangé. Venessa Yatch admet d’ailleurs avoir écrit le roman qu’elle aurait voulu lire enfant. Je ne peux qu’admirer une auteure qui utilise ses mots pour dire les choses qui doivent être dites, et qui donne une voix aux petites filles noires. Bravo !

La mise en page un peu lourde manque parfois d’équilibre: le texte  domine les illustrations ou l’inverse. De plus, certaines pages sont plus difficiles à lire à cause du contrastre trop faible entre les lettres et le fond de couleur. Enfin, la reliure brochée est fragile, mais les pages sont en papier glacé. Rien de grave car si ce n’est pour la qualité matérielle, lisez ce livre pour ce qu’il représente et le message qu’il véhicule; celui de l’apprentissage et de l’acceptation de soi.

Venessa Yath est une auteure française.

Venessa Yatch

Haneek.s est une illustratrice originaire de la Guadeloupe. Elle vit à Paris. 

Haneeks

Auteur(s) / illustrateur(s) : Venessa Yatch & Haneek.s
Autoédition
Bouton acheter petitAnnée de publication: 2016
ISBN: 9782956110309
Public cible: 9 ans et plus

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Sako

SakoPrès d’un pavillon coquet, des caravanes déglinguées sur un terrain vague où vivent des sans-papiers. La vieille Mado n’attend plus rien de la vie lorsque Sako pointe sa jeune frimousse à travers la haie de son jardin. Tout les sépare: l’âge, la couleur, la tradition. Tout, sauf… la solitude. Et les voilà qui, peu à peu, s’apprivoisent. Pour le meilleur et pour le pire ?

Ce roman m’a beaucoup plu et touché ! La plume de Martine Pouchain est claire, limpide, spontanée et nous transporte sans difficulté dans le discours intérieur de chacun de ses personnages. Tout au long du roman, Mado, Sako et sa mère Niouma partagent avec nous le temps de courts chapitres leurs pensées intérieures. Pouchain aborde avec beaucoup de finesse la condition des sans-papiers et la fragilité des relations humaines. Sako est Malienne d’origine bambara et l’auteure a pris le soin de se renseigner sur la culture de ce pays avant d’écrire son roman. Agoutis, froufrous, koré, la ville de Kayes, le tô, et Mousso Koroni ponctuent le récit sans toutefois le rendre trop lourd et cliché. Sako est un très beau roman qu’il faut lire absolument.

Coup de cœur !

Auteur(s) / Illustrateur(s) :  Martine Pouchain
Maison d’édition : Oskar éditeur
Année de publication : 2011
ISBN : 9782350007151
Public cible : À partir de 10 ans

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« Croque la vie ! » : Les livres avec Samira

La collection Croque la vie ! met en scène plusieurs enfants que l’on suit dans leur quotidien et qui font face à des problèmes et de nouvelles situations d’apprentissage. À noter que les livres issus de cette collection utilisent plusieurs procédés narratifs et intègrent plusieurs éléments propres à la bande dessinée. Il est donc recommandé aux enfants exposés à la littérature dès leur plus jeune âge et ayant déjà lus une multitude de livres d’images. En effet, le sens de lecture n’est pas quelque chose qui va de soit: pas si facile de comprendre que les images se « lisent » de haut en bas, de gauche à droite et de savoir quelles images lire en premier ! Recommandé aux 3 à 6 ans, oui, mais surtout à ceux qui sont de bons lecteurs.

Samira s’habille toute seule

Samira s'habille toute seuleLa petite Samira est très heureuse d’aller à la piscine avec sa classe aujourd’hui. Sa maman l’aide à s’habiller avant de partir et à enfiler ses chaussures, même si Samira sait le faire elle-même. Après tout, elle a bien trop hâte d’aller à la piscine pour le faire elle-même! Samira étant top excitée d’aller se baigner, elle n’écoute pas les consignes et ne range pas ses vêtements sur le banc du vestiaire. Ainsi, non seulement elle doit chercher ses vêtements à la fin de la journée, mais elle n’arrive pas à s’habiller seule. Au bout d’un moment, tout le monde est prêt, sauf elle. Cette courte histoire sur l’apprentissage de l’autonomie a pour personnage principal une petite fille noire aux cheveux crépus. Sa mère a également des cheveux naturels. Il est assez rare de voir des personnages de fiction noirs coiffés de plusieurs petites tresses. Or, plusieurs petites filles noires portent cette coiffure au quotidien. La lecture de ce livre contribue donc à offrir à toutes les fillettes noires une représentation positive et réaliste d’elles-mêmes.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christian Lamblin, Régis Faller & Charlotte Roederer
Maison d’édition: Nathan
Année de publication: 2002
ISBN: 209211056X
Lectorat cible: 3 à 6 ans


Samira fête son anniversaire

Samira fête son anniversaireDans ce livre, Samira invite toute sa classe à son anniversaire car elle ne souhaite pas décevoir ses camarades, même si les places sont limitées. J’ai trouvé le ton vraiment moralisateur dans ce livre et limite sexiste. Lorsque Samira déballe ses cadeaux, on insiste sur le fait qu’un robot n’est pas un cadeau approprié pour une petite fille alors que des colliers et des bijoux, oui. Ugh.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christian Lamblin, Régis Faller & Charlotte Roederer
Maison d’édition: Nathan
Année de publication: 2002
ISBN: 2092110535
Lectorat cible: 3 à 6 ans


Samira se moque des gros

Samira se moque des gros Ce livre aborde le thème de l’intimidation. Samira se montre très méchante avec son camarade de classe, Elvis, qui a un surplus de poids. C’est sa sœur qui lui fera réaliser qu’elle aussi a une différence: elle est noire et pourrait elle aussi être la cible de moqueries ! Sa mère lui explique qu’on peut ne pas aimer quelqu’un, mais qu’on n’a pas le droit de se moquer de lui parce qu’il est différent. À l’issue de l’histoire, Samira ne s’excuse pas auprès d’Elvis même si elle préfère désormais jouer avec lui, comme pour se faire pardonner. Il y a un livret à la fin du livre à l’attention des parents et qui explique assez bien pourquoi les enfants sont si dérangés par les différences. J’ai eu un gros malaise à la lecture de cette phrase, par contre: « Le « gros », c’est un « bon vivant », mais aussi quelqu’un qui compense en général un besoin d’affection insatisfait. Aussi essaie-t-il de plaire aux copains: c’est un enfant serviable, qui fait beaucoup d’efforts pour être accepté. » Franchement, niveau préjugés, on ne fait pas vraiment mieux. On mentionne tout de même que chaque enfant doit tirer fierté de sa différence et qu’il faut toujours la valoriser.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Christian Lamblin, Régis Faller & Charlotte Roederer
Maison d’édition: Nathan
Année de publication: 2003
ISBN: 2092111760
Lectorat cible: 3 à 6 ans

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Ces femmes incroyables qui ont changé le monde

Ces femmes incroyables qui ont changé le mondeConnais-tu les femmes qui ont changé le monde ? Les treize femmes présentées dans ce livre n’étaient pas destinées à entrer dans l’Histoire, mais elles accomplirent des choses extraordinaires en suivant ce que leur dictaient leur coeur, leur talent et leurs rêves. Découvre l’incroyable destinée de Coco Chanel, l’histoire émouvante d’Anne Frank, la formidable découverte de Marie Curie ou encore le merveilleux talent de la célèbre peintre mexicaine Frida Kahlo. Inspire-toi de leur destin hors du commun et de leur courage pour trouver ta propre voie !

Les femmes de ce livre sont présentées en deux pages côte-à-côte. Il s’agit d’une présentation sommaire, mais complète, qui permet aux jeunes lecteurs de bien comprendre les exploits de ces femmes, les raisons pour lesquelles elles sont célèbres et l’impact qu’elles ont eu sur le monde. Car les femmes présentées dans ce livre n’étaient pas destinées èa entrer dans l’Histoire. Elles ont simplement suivi leur coeur, travaillé fort et persévéré. Elle ont osé être différentes et ont ignorés ceux qui tentaient de les dissuader.

On découvre ainsi l’auteure Jane Austen, la nageuse Gertrude Ederle, la peintre Frida Kahlo, la couturière Coco Chanel, la scientifique Marie Curie, la paléontologue Mary Anning, l’aviatrice Amélia Earhart, la militante féministe Emmeline Pankhurst, l’agent secret Marie Christine Chilver (alias Agent Fifi) ainsi que Sacagawea et Anne Frank. Deux femmes noires sont incluses dans le livre: Mary Seacole et Rosa Parks.

Mary Seacole, d’origine écossaise et jamaïcaine, a bâti sa propre maison de soins en Crimée dans une région dangereuse déchirée par la guerre, pour aider les troupes britanniques. Après sa mort, celle qu’on surnommait Maman Seacole, est tombée dans l’oubli pendant près d’un siècle, jusqu’à ce qu’on reconnaisse sa bravoure et ses connaissances médicinales dans les années 1980. Dans les années 2000, on retrouva des portraits d’elle, et elle s’est hissée au numéro du Black Briton Poll. Dans Ces femmes incroyables qui ont changé le monde, on ne parle pas de ce qui s’est passé après sa mort, mais on célèbre les réalisations qu’elle a accomplies de son vivant. J’ai trouvé cela fantastique que cette femme, peu connue, ait trouvé sa place dans ce livre.

Certaines informations dans le livre auraient méritées d’être nuancées, par exemple lorsqu’on dit que « dans les tribus amérindiennes, les femmes étaient la propriété des hommes », alors qu’on sait aujourd’hui que certaines tribus étaient matriarcales (par exemple: les Iroquoiens et les Hopi). J’aurais aussi aimé que certaines comparaisons soient nord-américaines (par exemple, que le droit de vote fût donné aux femmes québécoises en 1940 et aux américaines blanches en 1920, et à toutes les américaines em 1965).

Les couleurs vives et les illustrations expressives de Kate Pankhurst illuminent cet album. Il y a un chemin fléché que le lecteur peut suivre au fil de sa lecture; il/elle part ainsi à l’aventure avec les 13 femmes incroyables du livre, en allant d’une page à l’autre. Les deux pages consacrées à Emmeline Pankhurst, qui lutta pour le droit de vote des femmes anglaises, doit se lire en tournant le livre à la verticale. Les lecteurs récalcitrants aimeront le côté dynamique de la lecture de ce livre !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Kate Pankhurst
Maison d’éditionÉditions KimaneBouton acheter petit
Année de publication: 2016
ISBN: 9782368084045
Lectorat cible: 6 à 11 ans
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Le théorème de Mamadou

Le théorème de MamadouMamadou souffre de voir vieillir ses grands-parents, avec leur mémoire oublieuse, leurs dents qui tombent et il convainc ses camarades qu’aller à l’école est une perte de temps puisqu’on oublie tout quand on est vieux. Il remporte un franc succès auprès de ses amis mais le maître essaye de leur expliquer qu’on fait plein de choses inutiles dans un seul but : le plaisir.

L’auteur parvient à créer de superbes images avec les mots, ces dernières répondant aux illustrations de Jean Claverie en offrant au lecteur plusieurs niveaux de lecture. Ce va-et-vient entre les mots et les images donne toute sa force à cet album jeunesse adapté aux enfants du deuxième et troisième cycle du primaire.

J’apprécie les albums pour les grands de 8-9 ans et plus. À cet âge, les enfants sont encore très sensibles aux images et l’album devient un incroyable objet d’apprentissage me permettant d’aborder avec eux des sujets qui leur permettront d’exercer leur esprit critique tout en développant leur sensibilité à la culture. Dans Le théorème de Mamadou, les thèmes du vieillissement, de la perte de mémoire et de la mort sont abordés avec justesse, permettant d’entamer des discussions sur le rapport que nous avons au temps, sur la filiation et sur le sens de la vie. J’ai adoré ce livre, lisez-le vite avec vos grands !

« Moi, j’avais toujours la bouche ouverte avec une phrase à moitié dedans et à moitié dehors, comme une merguez. » (p.9)

Auteur(s) / illustrateur(s) : Azouz Begag & Jean Claverie
Maison d’édition: Seuil Jeunesse
Année de publication: 2002
ISBN: 2020500760
Public cible: 8 à 12 ans
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Viser la lune

alô sorcières viser la luneAliénor, Itaï, Azza et Maria ont 14 ans et habitent chacune aux 4 coins de la planète, mais de leur rencontre sur un forum, naissent tout à la fois une grande amitié ET une chaîne Youtube à succès ! Des vidéos sur l’astronomie, par Aliénor, aux conseils d’Itaï en jeu vidéo,  d’Azza en pâtisserie et de Maria en photo, les filles partagent leurs passions et voient grossir leur confiance et leur communauté. Quand Itaï se voit écartée d’un championnat d’e-gaming prétendument masculin, elles ont l’outil en main pour médiatiser l’affaire et lutter contre cette injustice !

Dans la famille d’Aliénor, qui vit en Guyanne, l’espace est l’astronomie est une véritable obsession! Aliénor et son père sont très proches et partagent cette passion. La dynamique familiale est saine; ses parents s’aiment et le respect y règne. J’avais quelques appréhension avec l’amitié sur internet entre ses jeunes filles qui ne se sont jamais rencontrées, mais finalement, c’est tout mignon. Les parents sont aussi très présents pour veiller à ce que la présence en ligne de leurs progéniture soit saine et appropriée.

Tous les personnages sont intéressants et complexes. Maria vit à Montréal (Canada), Izza à Lyon (France) et Itaï en Nouvelle-Calédonie. On a voulu donner à Maria un accent et quelques expressions québécoises qui sonnent un peu faux parfois, mais ce n’est pas très grave! Les personnages sont d’origines diverses et de corpulences diverses aussi. Quel fraîcheur de voir de « vraies » filles, celles de la vraie vie! J’ai également adoré les références à Steven Universe, à Harry Potter et à Adventure Time. Les filles de ce roman ont toutes sortes d’intérêts: de l’astronomie à la culture geek en passant par la pâtisserie, la construction et le bricolage (cette passion à été transmise à Aliénor par sa tante!), ainsi que les jeux vidéo. Ce sont des filles qui sont géniales, qui ne se montrent pas modestes car elles savent qu’elles « déchirent » tout. Et puis ce sont des filles de 12-13 ans qui se comportent… comme des filles de 12-13 ans ! C’est pas mal cool ! 🙂 On y dénonce aussi le sexisme et les préjugés, sans que ce soit trop lourd. Les grand-parents d’Aliénor sont blancs et racistes. Elle décide d’aller les confronter et cela ne se passera pas tout à fait comme prévu… Je ne vous révèle pas la fin, mais sachez que ce roman est une bouffée de fraîcheur. Fortement recommandé !

viser la lune 2

Auteur(s) / illustrateur(s) : Anne-Fleur Multon & Diglee
Maison d’édition: Poulpe Fiction Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782377420001
Public cible: À partir de 12 ans.
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viser la lune tome 2 sous le soleil

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