0

Ti Sweety à la Barbade

Ti sweety à la barbadeCe premier livre de la série Ti Sweety, raconte comment Ti Sweety rejoint son ami Barbadien, Ti Coco, sur l’île de la Barbade, pour y vivre des aventures amusantes et découvrir la culture anglophone de l’île, tout en parlant anglais.

Ce livre constitue une belle découverte pour moi. Des livres pour apprendre l’anglais aux enfants, bien sûr, j’en ai vu passer plusieurs. Mais Ti Sweety a quelque chose de tout à fait original et nouveau: Elle est une petite antillaise et apprend l’anglais en visitant les îles anglophones des Caraïbes. Cette idée me paraît extraordinaire et je salue l’auteur d’y avoir pensé et d’avoir créé tout un univers autour de Ti Sweety. La fillette est curieuse, enthousiaste et avide d’apprendre. Sa négritude est tout à fait normalisée, telle qu’elle l’est dans les Antilles. J’ai hâte de connaître la suite de ses aventures et de découvrir avec elle, sa famille et ses amis les prochaines îles qu’elle visitera !

Les illustrations de Tony Vivien captent bien les paysages de la Barbade. Pour y avoir été l’hiver dernier, Bridgetown (la capitale) est exactement telle qu’il l’a dessinée! C’était merveilleux de reconnaître aussi aisément des endroits réels. Avec un très jeune enfant de 3 à 4 ans, commencez par observer ensemble les images et jouer à « pointer et nommer » dans les deux langues. Lorsque l’enfant sera plus grand, vous pourrez lire ensemble les mots et compléter les jeux à la fin de l’album.

Malgré quelques coquilles au niveau de la syntaxe et de la ponctuation, ce livre aura une place de choix dans votre bibliothèque personnelle: Lire, s’amuser et apprendre, c’est facile avec Ti Sweety !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Quelques idées d’activités à faire avec Ti Sweety en famille:

  • Visitez Bridgetow, et marchez là où Ti Sweety a fait le marché et a fait un tour de voiture.
  • Repérez La Barbade sur une carte et colorez le drapeau barbadien.
  • Comme Ti Sweety, utilisez des étiquettes pour identifier les objets du quotidien à la maison. C’est facile et amusant à faire, et cela encouragera vos enfants à lire et à se rappeler des mots en anglais !
  • Encouragez votre enfant à utiliser de jolies couleurs pour colorier le carnet de coloriage des images de l’histoire à la fin de l’album.
  • Complétez avec votre enfant les mots à trous dans la section jeux de l’album. Vous pouvez également inventer de nouveaux mots à trous sur les îles des caraïbes.
  • Utilisez la liste des pays anglophones et identifiez-les sur une carte. Faites la même chose pour les pays anglophones. Et, pourquoi pas, utilisez une couleur différente pour chaque langue afin de créer une carte linguistique visuelle !
  • Cuisinez le gâteau barbadien au maïs, raisins secs et cerises locales comme le fait la grand-mère de Ti Coco dans l’histoire.
  • Téléchargez en ligne le fichier audio d’accompagnement pour faciliter l’apprentissage des passages en anglais.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Audrey Jason & Tony VivienBouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781387347957
Public cible: 3 à 10 ans

Audrey Jason est une auteure guadeloupéenne.

audrey jason ti sweety

Tony Vivien est un illustrateur guadeloupéen. 

tony-vivien.png

Je remercie l’auteure Audrey Jason de m’avoir offert ce livre.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

Publicités
1

Rêves amers

Rêves amersAvec Rêves amers, Maryse Condé dresse un portrait sombre mais tout à fait réaliste des conditions de vie en Haïti à l’époque où Jean-Claude Duvalier présidait le pays. Elle narre à la troisième personne le difficile parcours de Rose-Aimée, une jeune fille issue d’une famille pauvre vivant dans la région du Cap. Ses parents la placent comme domestique au service d’une bourgeoise qu’ils croient honnête mais qui se révèle violente et injuste. (c) Bayard Jeunesse.

Ce roman, paru pour la première fois en 1987 sous le titre Haïti Chérie dans le magazine Je Bouquine, contient 79 pages qui se lisent d’une traite. Il est tout adapté aux lecteurs de niveau avancé appréciant les romans sans images. Condé a une incroyable capacité à jouer avec les mots pour évoquer des images vives. Les mots difficiles sont définis en bas de page. Tontons Macoutes, Vaudou, loas, Gonaïves, glaces frescos et tap-taps sont autant d’éléments haïtiens qui ponctuent le récit. J’aurais aimé que l’auteure donne plus d’informations sur le contexte socio-historique qui a mis la table à des problématiques comme les Restaveks (les enfants-esclaves) et l’embauche d’hommes haïtiens pour travailler dans les champs de canne à sucre dominicains dans les années 1980. Difficile pour un jeune lecteur de comprendre certains éléments clés du récit comme la pauvreté, l’exode, la dictature ou le travail forcé des enfants. Attention ! Le récit se termine par la mort du personnage principal et de sa meilleure amie, forcées à sauter du bateau qui devait les mener clandestinement à Miami, surprises par des gardes-côtes américaines. Pour lecteurs avertis. Pour les enseignants, vous trouverez une fiche pédagogique sur le site de l’éditeur.

* Recommandé par le ministère de l’éducation nationale de France.

Maryse Condé est une auteure née en Guadeloupe.

Maryse Condé

Auteur(s) / illustrateur(s) : Maryse Condé
Maison d’édition: Éditions Bayard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2001
ISBN: 9782747083423
Public cible: 11 ans et plus
Vous aimerez peut-être: Ti-Pinge, un conte avec un personnage Restavek pour les enfants de 6 à 10 ans.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

0

Moins que rien

Moins que rienÉliette frissonne. Elle a froid malgré la tiédeur de la nuit tropicale. Peut-être a-t-elle de la fièvre. Elle n’est qu’une petite « lapourça » et personne ne prend vraiment soin d’elle. Elle pense à son étoile filante. Elle croit aux signes. Quelque chose va se passer. Quelque chose de tellement fort que sa mère retrouvera du travail et un peu de dignité. Et Éliette pourra enfin retourner chez elle, là-bas, derrière les montagnes violettes de l’Artibonite.

L’avant-propos du roman nous informe qu’Haïti est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres du monde et où des milliers d’enfants sont des domestiques livrés aux caprices de leurs maîtres. Le ton est ainsi donné; on ne s’attendra donc pas à une représentation positive de ce pays et on suppose que le récit ne s’intéressera qu’au travail domestique des enfants plutôt qu’à la richesse de ce pays. Les enfants domestiques sont une réalité et il est aussi important d’en parler. Mais compte-tenu qu’Haïti reçoit généralement une couverture médiatique plutôt négative, j’aurais aimé lire une histoire autre que celle-là. Eh bien ! Ce sera pour un autre roman.

La plume d’Yves-Marie Clément est claire et concise, et raconte les atrocités que subit Éliette. On s’attache rapidement à elle et à ses malheurs dans cette ville qui, ironiquement, s’appelle Ville Bonheur. Le texte comprend quelques mots en créole non traduits, dont la célèbre berceuse d’Haïti que l’on chante avant l’heure du dodo :

Dodo ti pitit manman, do-o-do ti pitit papa. Si ou pa dodo krab la va mange. Si ou pas dodo krab la va mangé !

J’aurais aimé une traduction des mots et expressions créoles; le lecteur aurait ainsi pu se familiariser un petit peu avec la culture haïtienne. Un dossier sur le contexte du roman à la fin du livre aurait aussi été intéressant. Dommage. L’histoire se termine tout de même sur une note d’espoir.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Yves-Marie Clément
Maison d’édition: Talents hauts Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782362662331
Public cible: À partir de 11 ans

Vous aimerez peut-être: Le retour du petit mousse, un roman jeunesse se déroulant en Haïti.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

0

Tibouchina: Conte créole bilingue

1312349-gfTibouchina, c’est l’histoire d’une enfant de Guadeloupe. Maltraitée par une marâtre, Tibouchina décide de se faire aider par deux de ses amis de classe pour se sauver, « maronner ». Elle part à la recherche de sa vraie mère. Un voyage initiatique à travers l’Île, de la Basse-Terre à la Grande-Terre, une quête d’identité au cours de laquelle elle découvre la tendresse de Choubouloute, l’affection de Pipilite, la générosité de ceux et celles qui vont l’aider à échapper aux gendarmes à sa recherche.

Mon avis

Tibouchina est un très beau livre relié et au papier glacé. Les illustrations nettes aux couleurs franches et froides de Biscuit sont agréables et douces. C’est un genre qu’on aime ou pas, mais j’aurais bien aimé quelque chose de plus vif, de plus pimenté pour accompagner le texte de couleurs chaudes qui, pourquoi pas, aurait bien illustré la vie quotidienne des îles. Bref, le texte est bien raconté et les illustrations sont magnifiques, mais on dirait qu’elles ne vont pas ensemble. La mise en page est assez quelconque; certaines doubles page n’ont pas du tout d’images et le format carré du livre leur donne une lourdeur visuelle au texte. Aucune double page illustrée. Ce format m’a un peu dérangée. Est-ce un roman? Est-ce un livre d’images? Difficile à dire… Trop gros pour les enfants d’âge préscolaire, trop de mots pour débutants lecteurs, mais trop petit pour lecteurs de romans avancés qui n’aimeront peut-être pas non plus le format qui rappelle celui d’un album.

Le titre indique « Conte créole bilingue », mais il s’agit plutôt d’une série de petits contes qui se présentent comme les chapitres d’une même histoire. Le livre contient en réalité deux récits identiques, l’un en français, l’autre en créole guadeloupéen: les 44 premières pages constituent la version française, et la quarantaine de page suivante constituent la version créole. Le titre me laissait plutôt croire qu’il n’y aurait qu’un seul conte raconté simultanément en deux langues, mais ce n’est pas le cas. Il aura fallu dire: « Version créole incluse » ou quelque chose comme cela.

Le livre est beau et de qualité (super à offrir en cadeau!), on en apprend beaucoup sur la vie et la culture en Guadeloupe, mais le format ne me plaît pas. À lire quand même, car il ne s’agit que de mon opinion personnelle. D’ailleurs, le texte est magnifique, les histoires sont intéressantes et les illustrations sont belles!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Hector Poullet & Biscuit
Maison d’édition: Éditions Orphie
Année de publication: 2011
ISBN: 9782877637190
Public cible: 6 à 9 ans

Vous aimerez peut-être: Contes d’Haïti, un livre au format semble à celui de Tibouchina.

En savoir plus sur Hector Poullet, auteur guadeloupéen

Hector-Poullet

Suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!

0

Catfish

«catfishQuand le petit Nèg’ est arrivé dans le domaine, personne ne comprenait ce qu’il disait, et il a préféré se taire. Finalement, quand il a raconté comment il avait quitté son île pour atterrir là, en Amérique, et s’enfuir du bateau, ça a réveillé l’histoire de Vieux George, celui qu’on appelait Kojo sur la terre d’Afrique où il était né. Jonas, le tonnelier du domaine, lui, était venu d’Angleterre dans les bagages de son père, avec sa caisse à outils. Dans son atelier, le petit Nèg’ allait apprendre à lire et à vivre dignement. Il allait aussi recevoir un métier… et un surnom, son futur nom d’homme libre : Catfish.

Cette histoire est dédiée à la mémoire de Cesar Chelor, affranchi en 1752 par son propriétaire. L’homme est devenu l’un des premiers fabricants d’outils américains en bois dont les modèles font aujourd’hui la joie des collectionneurs. Dans Catfish, on suit le destin de deux personnes prises en esclavage qui racontent une histoire qui est la leur, mais qui est aussi celle de millions de personnes victimes de la traite négrière. Cet album est magnifiquement illustré par l’auteur sur du papier de qualité. Un bijou d’histoire et de littérature à découvrir. Il peut aisément être utilisé dans un cadre scolaire pour le niveau primaire ou secondaire.

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Maurice Pommier
Maison d’édition: Gallimard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2011
ISBN: 9782070643370
Public cible: 10 à 14 ans
Vous aimerez peut-être: La case de l’oncle Tom, une version du célèbre récit adaptée pour les enfants de 9 à 13 ans en format livre d’images.

Suivez Mistikrak! sur les réseaux sociaux

logo livreaddict  logo facebook

0

Aimé Césaire: NON à l’humiliation

non humiliationDans la bouche d’Aimé Césaire, les souffrances et les humiliations endurées par les peuples des anciennes colonies françaises s’animent. Nous sommes dans les années 1930, à Paris. Le jeune poète martiniquais Aimé Césaire et ses amis Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon Gontran Damas lancent le mouvement de la négritude. Ensemble, ils rejettent le regard infantilisant que la métropole porte sur ses anciennes colonies.  Ils invitent tous ces peuples, des Antilles au Sénégal, à rejeter ce complexe étouffant et à se sentir fiers de leur accent, de leur culture plurielle et de leur histoire.
Les mots d’Aimé résonnent, ses discours animent les foules. Alors, un peu malgré lui, l’homme de lettres s’engage dans un combat politique intense qu’il mènera avec force jusqu’à sa mort en 2008. Maire de Fort-de-France, député, membre du Parti communiste jusqu’en 1956, Aimé Césaire n’aura de cesse, dans son oeuvre littéraire, mais surtout dans ses décisions d’élu, de lutter contre les réflexes coloniaux et pour la dignité des peuples noirs. (C) Actes Sud Junior

Permettre aux enfants d’aborder du Aimé Césaire me paraît nécessaire. La culture générale, c’est important. Connaître un peu d’histoire aussi. Ce roman d’une cinquantaine de pages met en lumière les luttes menées par Césaire ainsi que les débuts et origines du mouvement de la négritude. Le tout, dans un langage accessible aux enfants qui liront ce livre comme un roman intime livré par un ami nommé Aimé.

En savoir plus sur Nimrod, auteur et poète Tchadien

Nimrod - Ecrivain et Poète - portrait - à Paris

Auteur(s) / illustrateur(s) : Nimrod
Maison d’édition: Acte Sud Junior
Année de publication: 2015
ISBN: 9782330039288
Public cible: À partir de 12 ans.
Vous aimerez peut-être: Toussain Louverture, un petit roman pour préado retraçant la vie de l’homme qui libéra Haïti de l’esclavage. Essayez aussi: Aujourd’hui au Sénégal, un documentaire qui aborde la question de la négritude.

Suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!

0

L’oranger magique : Conte d’Haïti

oranger magiqueIl y a bien longtemps, vivait une petite fille qui faisait la joie de ses parents. Hélas! le malheur, on le sait, arrive souvent sur la pointe des pieds… Et voilà Élise obligée de vivre avec une femme qui n’a vraiment rien d’une mère.

Voilà un conte d’Haïti sous forme d’album jeunesse qui plaira aux enfants. J’ai beaucoup aimé la mise en page variée et les illustrations aux traits épais. Récit réussi. Quelques passages créoles. À découvrir!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Célie Agnant & Barroux
Maison d’édition: Les éditions 400 coups
Année de publication: 2003
ISBN: 2895401381
Public cible: À partir de 6 ans

Vous aimerez peut-être: Bonnet rouges, bonnets blancs: Un conte antillais.

En savoir plus sur l’auteure canadienne d’origine haïtienne, Marie-Célie Agnant

marie célie agnant

Suivez Mistikrak! sur FACEBOOK!