Le grain de sable: Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada

grain de sableOriginaire de l’île de Madagascar, Olivier Le Jeune arrive dans la ville de Québec en 1629 en tant qu’esclave. Il avait 10 ans. Au-delà de son statut d’esclave, il est la première personne d’origine africaine à habiter de manière permanente au Canada. Ce livre, inspiré de ce qu’il a réellement vécu, suit le parcours d’Olivier Le Jeune, de sa capture à Madagascar jusqu’à son arrivée dans la ville de Québec. On apprend comment il a pu s’adapter à sa nouvelle réalité dans les débuts de la Nouvelle-France.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de Webster. Il est un artiste hip-hop qui se passionne pour l’histoire, notamment celle de la présence noire et de l’esclavage au Québec. Il offre des ateliers dans les écoles (et les bibliothèques!), anime des émisions culturelles et a mis sur pied les tours guidés de la ville de Québec à propos de la présence des Noirs dans la capitale québécoise. Quand j’ai su qu’il avait écrit un livre jeunesse, j’avais très hâte de le lire.

Ce livre de 80 pages d’une qualité indéniable dévoile un pan de l’histoire méconnu au Québec. Il représente bien le devoir de mémoire. Certains passages sont assez cru; on ne tente pas de romancier l’esclavage ici. La plume de Webster est solide, précise, et les illustrations de Valmo prennent à l’occasion le relais pour raconter cette histoire troublante. Le texte se lit comme un poème. On retrouve en fin d’ouvrage un glossaire faisant la liste des mots que les jeunes lecteurs pourraient ne pas connaître, ainsi qu’une biographie d’Olivier Le Jeune et d’une liste d’ouvrages de référence. À noter que le livre peut très bien être exploité avec des élèves du 2e et 3e cycle du primaire, ou du secondaire.

Enseignants, voici quelques idées d’exploitation en milieu scolaire:

  • Préparez une intention de lecture: Que cherche-t-on à savoir en lisant ce livre ? Laissez les élèves répondre (des réponses intéressantes seraient: Qui était Olivier Le Jeune? D’où venait-il? Que lui est-il arrivé? À quelle époque se déroule l’histoire en en quoi cela influence le récit? etc.)
  • Explorer l’importance des illustrations comme procédé narratif. Les pages 18-19, 28-29, par exemple, font avancer l’histoire sans l’usage de mots. Comme est-ce possible?
  • Demandez à vos élèves d’effectuer une recherche à la bibliothèque sur l’île de Madagascar, sur la Nouvelle-France, sur les Jésuites, sur la traite des fourrures, ou sur les conditions de vie des noirs durant l’esclavage.
  • En cours de français, vous pouvez faire un atelier de Slam et jouer avec les mots et le rythme de la langue avec vos élèves.
  • Créez une boîte de mots nouveaux issus du livre à laisser dans votre classe. De temps en temps, vous pouvez piger un mot nouveau et mettre au défi vos élèves de l’utiliser au courant de la journée (ou de la semaine).
  • À la fin d’une lecture commune en classe, interrogez vos élèves: Qu’ont-ils appris? Y a-t-il des choses qui les ont surpris? Auraient-ils aimé une fin différente? Connaissent-ils d’autres livres qui traitent de l’esclavage?

Coup de coeur! 

Webster est un artiste et activiste canadien. 

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Coup de coeur! 

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Le grain de sableBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Webster & Valmo
ÉDITIONSeptentrion, 2019
ISBN: 9782897910815
8 ans et plus

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être La détermination de Viola qui retrace le parcours de vie de Viola Desmond, une femme noire qui a refusé de quitter l’espace réservé aux Blancs dans un cinéma canadien. Essayez aussi À la découverte du Canada: L’héritage noir.

détermination viola desmond    héritage noir canada

 

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Dorothy Counts: Affronter la haine raciale

Dorothy Counts affronter la haine racialeEn 1957, pour la première fois une adolescente noire de 15 ans, Dorothy Counts, s’inscrit dans un lycée ségrégationniste de Caroline du Nord. Il va lui falloir un courage incroyable pour affronter la haine raciale la plus abjecte, les crachats, les insultes, les menaces de mort…Un adolescent, témoin de cette haine, revoit des années plus tard Dorothy et lui dit son admiration : « Dorothy… vous aviez un tel courage… vous étiez magnifique ! Vous avanciez, malgré les coups, les cris, les rires mauvais… »« J’ai essayé de marcher vers vous, j’aurais voulu pousser la méchante femme qui hurlait, qui ordonnait aux filles de vous cracher dessus… Mais j’étais paralysé : je n’arrivais pas à avancer. »

J’ai adoré ce livre. C’est une sorte de docu-fiction car si Dorothy Counts a véritablement existée, l’auteure a choisi d’imaginer ces moments où l’adolescente a été première élève afro descendante d’une école secondaire de l’Amérique ségrégationniste. Je connaissais déjà un peu Élise Fontenaille pour avoir déjà lu son roman Ében ou les yeux de la nuit qui d’ailleurs m’avait beaucoup plu. Quel plaisir de la relire par le biais de la collection Elles ont osé! d’Oskar Éditeur. Ce court roman coup de poing de quelques pages à peine fera réfléchir vos préados et vos ados qui s’éveillent à l’identité raciale et à la complexité du concept de privilège. Il aide aussi à comprendre les blessures profondes d’une Amérique qui encore aujourd’hui n’a pas cicatrisé ses plaies (récemment tristement illustré par la mort de George Floyd, un autre homme noir non armé, aux mains d’un policier blanc au Minnesota en mai 2020). Ils ne seront pas déçus (et vous non plus, car bien sûr, vous devez absolument le lire aussi).  Un livre excellent !

Un livre jeunesse pour souligner le Mois de l’Histoire des Noirs.

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DOROTHY COUNTS : AFFRONTER LA HAINE RACIALEBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Élise Fontenaille
ÉDITION: Oskar éditeur, 2019
ISBN: 9791021406759
PRIX: 19.95$
À PARTIR DE 11 ANS

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Eben ou les yeux de la nuit, de la même auteur. Essayez aussi Ruby tête haute, un livre sur l’histoire vraie de vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer une école pour Blancs aux États-Unis.

Eben-ou-les-yeux-de-la-nuit      Ruby tête haute

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Les enfants du Bayou

Les enfants du bayou Eva Roussel Isabelle BottierAprès avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens.

L’un des personnages principaux de cette bande dessinée est Liloye, une jeune fille intrépide et aventureuse coiffée de deux mignons petits choux avec des tresses plaquées (elle porte aussi l’afro parfois). Liloye a été adoptée et on dit que Ovila, sa gardienne, l’a trouvée enroulée dans sa couverture alors qu’elle se promenait dans le bayou. Liloye aime les histoires, mais ce n’est pas dans les livres qu’elle va les chercher. Elle préfère user de son imagination pour inventer les siennes. Liloye est aussi très forte en mathématique et aime être le centre de l’attention. Quand les touristes se pointent, par exemple, elle aime jouer les stars et prend la pose pour eux. Du coup, elle se sent célèbre car des gens du monde entier ont des photos d’elle. Bref, plutôt sympa comme fillette. Je vous dis tout ça parce que juste comme ça, cela semble être une représentation plutôt positive d’une personne noire en littérature jeunesse. Sauf que j’ai réalisé en lisant ce livre qu’on connait le nom des voisins, de ses amis et même de son alligator de compagnie avant de connaître le prénom de Liloye. J’ai trouvé ça bizarre. Je suis même retournée lire le début, au cas où je l’aie manqué. Mais non. Rien. J’ai même été inquiète qu’elle reste sans nom jusqu’à la fin de l’histoire. Difficile de s’attacher à un personnage dont on ne connait même pas le prénom !

Il y a beaucoup d’humour dans cette bande dessinée, par exemple la présence de l’enseignante qui a peur de Gaby, l’alligator de compagnie de Liloye. Les enfants du Bayou n’a pas été pour moi une lecture très marquante. J’ai trouvé que l’histoire manquait d’originalité et le récit m’a un peu ennuyé. Peu plaire aux enfants qui recherchent une bande dessinée pas trop compliquée, avec peu de texte et un vocabulaire facile. enfants du bayou 2enfants du bayou 3

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Les enfants du bayouBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Isabelle Bottier & Eva Roussel
ÉDITION: Éditions Jungle, 2018
ISBN: 9782822221702
PRIX: 18, 95$
8 à 11 ans

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Billie du Bayou: le banjo de Will, un livre jeunesse accompagné de liens internet avec extraits musicaux. Un crocodile à l’école pourrait aussi vous plaire.

billie du bayou banjo    crocodile à l'école

 

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Vodou

Vodou éditions père fouettard

Loin des clichés effrayants, ce documentaire illustré propose aux enfants et aux plus grands une première approche du vodou, de son histoire stupéfiante, ses dieux et ses esprits fascinants, ses rituels et ses croyants, sa culture sans frontière. De l’Afrique à l’Amérique, des masques rituels aux zombies, des anciens royaumes jusqu’aux danses contemporaines !

Ce qu’on retient de la lecture de cet album, c’est qu’il y a de nombreuses manières de croire au Vodou et de prier ses Dieux et Esprits, différentes selon les pays et les gens. Il existe peu de livre pour enfants qui aborde la thématique du Vaudou d’une manière informative. Les représentations de ces croyances en littérature jeunesse est souvent limitée à la poupée qu’on pique pour faire du mal. Ici, on parle plutôt du vodou sans jugement occidental mal placé. Car si le vodou a effrayé les premiers Européens venus en Afrique car ils pensaient qu’ils ressemblaient au Diable, le vodou en soit n’est ni bon, ni mauvais: ce sont plutôt les croyants qui l’utilisent pour faire des choses bonnes ou mauvaises, comme dans toute religion. Au cours de notre lecture de ce livre, on apprend notamment que les vodou sont des esprits invisibles et que pour avoir une vie meilleure, les humains peuvent demander leur aide en communiquant avec eux de différentes manières. On apprend aussi que le vodou est une religion, un ensemble de pratiques magiques, une façon de vivre et de penser, une philosophie.

vodou éditions père fouettard 2

Dans ce livre, les auteurs ont choisi la transcription des noms vodou rencontrée le plus communément dans le golfe du Bénin, tout en mentionnant bien qu’elle varie dans d’autres régions du monde. Mais on découvre tout même comment deux déesses peuvent être représentées et appelées différemment d’un pays à l’autre, comme Mami Wata au Bénin et Yemaya à Cuba (et j’ajouterais Iemanja au Brésil!). Le tout est expliqué avec des mots accessibles d’un point de vue historique et sociologique. Les enfants comprendront le lien entre le vodou et l’esclavage, ou celui entre les bocios (sortes de barrages installés devant les villages, les maisons ou les champs) et la poésie, ou encore l’importance du culte des ancêtres. En conclusion, on mentionne que des nouveaux vodou sont créés encore aujourd’hui et on présente certains éléments originaires du vodou (comme les zombies haïtiens). On retrouve aussi un lexique en fin d’ouvrage.

Mes recherches m’indiquent qu’aucune personne afrodescendante n’a participé à la réalisation de cet album (!), qui pourtant concerne et parle des personnes racisées et de leur rapport au monde. Quelle occasion ratée de donner une voix aux personnes opprimées et de leur donner le loisir de parler pour elles-mêmes. Dommage.

Petit bémol pour la présence de certaines tournures de phrase à l’européenne, dont l’utilisation du mot « hommes » pour parler de l’humanité toute entière, ou encore de la locution « à Haïti » plutôt que « en Haïti ». Rien de très grave tout de même, et certainement pas assez pour que vous passiez à côté de cet album extrêmement intéressant. Voilà donc un très beau livre réussi, vachement bien réalisé en partenariat avec le Château Musée Vodou qui en a assuré l’exactitude scientifique.

vodou fouettard 3

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AUTEUR(S) : Camille Tisserand (illustratrice), sous la direction de Florent Grandin et Gaïa Mugler
ÉDITION: Père Fouettard, 2019
ISBN: 9782371650459
PRIX: 25, 95$
À PARTIR DE 10 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Où es-tu Iemanja?, un livre jeunesse sur les célébrations de la déesse vodou des rivières lors du nouvel an brésilien. Essayez aussi La sanza de Bama, un documentaire pour enfants sur un instrument de musique en lien avec les croyances vodou.

ou es tu iemanja     sanza

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Les raptors: Les rois du Nord

raptors rois du nordDepuis leur création en 1995 jusqu’à leur consécration lors de la finale au championnat de la NBA en 2019, les Raptors de Toronto ont connu une histoire unique et fascinante. Apprenez comment la seule équipe canadienne de l’Association Nationale de Basketball a su faire sa place dans le monde du basketball professionnel américain. Dans ce livre, vous trouverez une foule d’informations sur les débuts de l’équipe, son évolution au sein de la NBA. ses joueurs étoiles, ses statistiques, ses moments forts ainsi que sur les anecdotes ayant parsemé son parcours hors du commun vers la victoire.

Ce livre de 127 pages satisfera le plus gourmand des fans des Raptors de Toronto. De la création de l’équipe aux symboles utilisés par les Raptors, on retrouve dans ce livre l’histoire complète de l’équipe de basketball, les profils des joueurs les plus marquants et les meilleures saisons jouées à la NBA.

J’aurais aimé une petite introduction sur la forme que prend le livre, par exemple, pour expliquer au lecteur qu’il trouvera tout au long de sa lecture des encadrés intitulés « L’info à trois points » qui résument l’essentiel de l’information. Le texte est assez dense, et malgré la présence de nombreuses illustrations et photographies, il y a certains passages plus difficiles à lire en raison du manque de contrastre entre la couleur de la page et la couleur du texte. Préparez-vous: il y a énormément d’information dans ce livre et le tout est présenté de manière assez compacte, merci. C’est très complet et intéressant. Par contre, en tant que bibliothécaire, je ne peux que déplorer l’absence d’un index ou d’une table des matières plus claire qui aurait facilité le repérage de l’information et la recherche documentaire. En effet, un chapitre intitulé « Tout devient soudainement intéressant », ça ne dit malheureusement pas grand chose sur le contenu de ce chapitre. Dommage.  Il n’y a pas non plus de lexique, et ça n’aurait pas été de trop compte tenu de la présence d’un vocabulaire assez complexe dans le texte. Même le plus érudit des enfants de 11-12 ans aura peut-être du mal avec des mots moins courants comme « crétacé », « intronisé » ou « incartade ». De plus, la division du texte en des sous-sections plus digestes aura allégé la lecture.

Raptors rois du nord 2

Je suis contente qu’un livre jeunesse sur l’équipe de basket préférée des Canadiens existe en français, mais j’aurais aimé une présentation de meilleure qualité (pas fan de la couverture souple…), et que l’angle choisi soit mieux adapté au lectorat jeunesse. Si vous me lisez depuis longtemps, vous savez que Les Malins n’est absolument pas ma maison d’édition préférée, et j’attend toujours qu’ils publient un livre jeunesse qui me fera vibrer et que je pourrai recommender à mes petits lecteurs de la bibliothèque avec enthousiasme.

 

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Les raptors: Les rois du Nord
Auteur(s): Sandrine DucharmeBouton acheter petit
ÉDITIONLes Malins, 2019
ISBN: 9782898100888
PRIX: 19,95$
12 ans et plus

 

Ce livre vous a plus ? Vous aimerez peut-être J’apprend le basket, un documentaire pour les jeunes lecteurs sur le basketball. Essayez aussi Cassius, un roman jeunesse sur la vie du boxeur Mohamed Ali.

j'apprends le basket      Cassius Catherine Locandro

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Voici Willie O’ree

Voici willie o'reeLe 18 janvier 1958, Willie O’Ree est entré dans l’histoire lorsqu’il est devenu le premier Noir à jouer dans la LNH. Il a disputé un total de 45 matchs avec les Bruins de Boston, un exploit remarquable compte tenu des épreuves qu’il a dû surmonter pour y parvenir. Au cours de sa carrière, Willie a souvent dû faire face au racisme, à l’intolérance et aux insultes. De plus, il était aveugle d’un oeil et devait en garder le secret au risque de ne jamais jouer dans la LNH! Toutefois, grâce à son caractère, sa persévérance et son amour du jeu, son séjour avec les Bruins n’était que le début de ses réalisations dans le monde du hockey… 

J’adore la collection Biographie en images de Scholastic. Depuis Voici Viola Desmond, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt tous les autres livres de la collection (Voici Chris Hadfield, Voici Tom Longboat, Voici Elsie MacGill) et je la recommande régulièrement à mes lecteurs en bibliothèque. Le format carré du livre est tout à fait charmant et les enfants apprécient la présence des phylactères ça et là. La vie de Willie O’Ree est racontée comme une histoire et on retrouve à la fin une ligne du temps et des photos du biographé. Cela rend l’histoire très concrète pour les enfants qui sont parfois surpris de réaliser que ces personnes ont véritablement existé. Cela permet aussi aux enfants de comprendre que les histoires ont plusieurs fonctions: divertir ou informer, par exemple.

L’histoire raconte l’enfance de Wille O’Ree à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. On y apprend que ses parents ont quitté les États-Unis par le chemin de fer clandestin. Enseignants, pourquoi ne pas  en profiter pour aborder avec vos élèves l’esclavage et la lutte des Noirs pour la liberté ? Vous trouverez d’ailleurs sur ce blogue plusieurs autres livres sur le sujet. Je ne savais pas que Willie O’ree et Jackie Robinson, joueur de la Ligue majeure de baseball, s’étaient rencontrés! Il y a tout un passage dans le livre où on parle de Jackie Robinson et de son héritage.

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Le texte est efficace, simple et agréable à lire. L’auteure n’a pas tu les difficultés rencontrées par Willie en raison de la couleur de sa peau. Je trouve qu’il est important de dire les choses telles qu’elles sont, même si c’est difficile. On parle par exemple des objets lancés à Jackie Robinson durant ses matchs de baseball, des toilettes et fontaines pour les Blancs seulement ou l’interdiction pour les Noirs d’être coiffés à l’intérieur du salon de barbier. On mentionne également qu’aujourd’hui encore, en 2020, il arrive que des hockeyeurs noirs essuient les injures des joueurs et des spectateurs. Ce passage m’a semblé important car il démontre que le racisme est toujours présent dans notre société, même si les choses sont beaucoup mieux qu’elles ne l’étaient dans les années 1960! Le texte aborde bien sûr aussi des choses positives, comme la persévérance de Willie, sa détermination et le soutien des personnes (Blanches ou pas) qui l’ont aidé dans son parcours.

Willie est un véritable modèle pour tous. Pour les jeunes garçons noirs, oui, mais aussi pour tous ceux et celles qui rêvent de jouer dans la LNH ou tout autre ligue nationale sportive. Il est aussi un modèle pour les personnes ayant un handicap puisqu’il est devenu aveugle d’un oeil à l’adolescence suit à un accident lors d’un match. Encore aujourd’hui, Willie est responsable d’un programme oeuvrant auprès de jeunes qui n’ont pas les moyens de s’inscrire au hockey, ou qui sont issus de minorités et ont peu de modèles dans le monde du hockey. Ce livre est tout simplement fantastique. Ne passez pas à côté!

Coup de coeur ! 

Un livre pour souligner le mois de l’histoire des Noirs

 

Depuis les vingt dernières années, Willie O’Ree est le directeur du développement jeunesse du programme de la diversité de la LNH. En 2018, il a été intronisé au Temple de la renommée du hockey. 

willie o'ree

Je remercie les Éditions Scholastic de m’avoir offert ce livre. 

 

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Voici Willie O’ReeBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Elizabeth MacLeod & Mike Deas
ÉDITIONSCHOLASTIC, 2020
ISBN: 9781443175630
PRIX: 16, 99$
À PARTIR DE 7 ANS

 

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Mohamed Ali: Champion du monde, un livre jeunesse sur la vie du boxeur américain. De petite à grande: Rosa Parks pourrait aussi vous plaire.

mohamed ali     Rosa Parks - De petite à grande La courte échelle 

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My life matters

my life matters

Marvin et Tyler Johnson sont des jumeaux noirs américains de 17 ans. Tyler se rend à une fête organisée par un gang et Marvin l’accompagne pour veiller sur lui. Une descente de police soudaine durant la fête sépare les deux frères. Au matin, Marvin apprend la mort de Tyler mais une vidéo sur Internet montre qu’il a été abattu par la police alors qu’il rentrait chez lui. Premier roman.

Avant même de donner mon appréciation de ce roman, il faut absolument que je dise que son titre m’a beaucoup agacé. Le roman original a été publié sous le titre « Tyler Johnson was here » : il me semble qu’il s’agit d’un titre beaucoup plus approprié qu’on aurait pu simplement traduire par « Tyler Johnson était ici ». Pourquoi donc se casser la tête ? J’imagine que l’éditeur voulait faire un clin d’oeil au mouvement Black Lives Matter dont il est question dans le roman. Le résultat se révèle assez maladroit puisque « My life matters » (et ses variations telles que « All Lives Matter » ou « White Lives Matter ») est une phrase souvent répétée et un hashtag utilisé par des personnes blanches pour décrédibiliser le mouvement ou pour souligner qu’ils ne « voient pas la couleur », une manière insidieuse de nier les inégalités raciales. Après tout, on ne peut pas régler un problème (i.e. le racisme) si on décide de ne pas reconnaître son existence. De plus, une personne noire utiliserait simplement « Black Lives Matter », même pour parler de sa propre existence, et non « My Life Matters » puisqu’elle se sent naturellement comme faisant partie d’un mouvement plus large qui touche des personnes partageant le même héritage qu’elle. D’ailleurs, le titre français m’a agacé au point qu’il est la raison première pour laquelle ce roman a attiré mon attention sur l’étagère de ma bibliothèque municipale. Niveau marketing, l’éditeur a plutôt bien fait ! 🤷🏿

 

my life matters tyler johnson was here
Version originale américaine du roman de Jay Coles.

 

Voilà, c’est dit. Il fallait que ça sorte. Bon, après, j’ai bien aimé ce roman ! Qui de mieux pour raconter l’histoire d’un jeune américain noir qu’un jeune américain noir ? En effet, l’auteur Jay Coles a écrit ce roman avant d’atteindre l’âge de 25 ans. Les personnages parlent et se racontent d’une manière toute naturelle. #OwnVoices. Je me suis beaucoup attachée à Marvin et à son histoire. Son désir de réussite, de vivre une vie normale et sa capacité à faire face aux difficultés m’ont beaucoup touchée. J’ai ressenti toute sa frustration face au racisme ordinaire, aux micro-agressions et aux inégalités raciales. Je n’ai pas lu énormément de romans pour ados ayant un personnage principal baptiste, noir et geek. De plus, les meilleurs amis de Marvin sont une métisse ouvertement lesbienne et un latino originaire de la Colombie, ce qui n’est pas sans ajouter un mirroir intéressant pour les personnes racisées et issues de la diversité sexuelle qui elles aussi peinent à trouver des livres qui leur offrent une représentation positive d’elles-mêmes. Bravo !

Au ton de sa voix, je sais déjà de quoi il s’agit. Pas de roses et des choux-fleurs, non. Ce soir, on aura droit au sermon, LE sermon. Celui qu’on a déjà entendu si souvent mais jamais assez. Le sermon que toutes les mères et les pères noirs dispensent à leur progéniture au moins une fois par mois. Le sermon « tu-vis-dans-un-monde-de-Blancs-alors-sois-prudent ». Mama le veut encore plus après ce qui s’est passé hier soir. (p.29)

Dans le roman, on retrouve plusieurs allusions à la culture noire américaine comme le rappeur Tupac, l’autrice Toni Morrison et l’auteur Langston Hughes. J’aurais aimé une traduction canadienne car la traductrice de chez Hachette a opté pour un langage familier que j’imagine parisien, qui parfois clashait avec le contexte américain lorsqu’il était trop appuyé. Un « mec » ou « barge », ça passe, mais les « relou » et « ouf » m’ont fait décrocher à quelques reprises. L’histoire se lit sans difficultés, et m’a fait vivre toute une gamme d’émotions : la colère face à l’assassinat par des policiers de gamins noirs pour avoir « joué de la musique trop fort et perturbé la tranquilité » (p.91), l’exaspération face à l’absence du père condamné pour un crime qu’il n’a pas commis, la tristesse à la suite de la disparition de Tyler, la douleur d’une mère monoparentale ayant perdu un de ses fils, l’espoir lorsque Marvin sera enfin accepté à l’université de son choix. Même si l’histoire n’est pas très originale (il existe plusieurs romans sur la brutalité policière envers les afro-américains sur le marché qui suivent la même trame narrative), et que j’avais une vague impression de déjà-lu en lisant ce roman, j’ai tout de même bien apprécié ma lecture!

Y a aussi tellement de #AllLivesMatter débiles que ça me fout la tremblote. Tous ces gens qui ignorent que les Noirs n’ont jamais été inclus dans le All. All-American veut dire Blanc. All-inclusive veut dire Blanc. All lives veut dire vies de Blancs. Du pipeau tout ça. Les Blancs ne se soucient que d’eux-mêmes, ça me rend dingue qu’ils camouflent leur haine derrière ces posts. (…) Le venin anonyme des réseaux sociaux. (p.147).

Jay Coles est un auteur américain.

Jay Coles

 

Pour vous procurer ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:
My life matters
Auteur(s)
: Jay Coles Bouton acheter petit
Édition: Hachette, 2018
ISBN: 9782016270158
Prix: 22,95$
À partir de 13 ans

 

Ce livre vous a plus ?
Vous aimerez peut-être La Haine Qu’on Donne, un roman sur la brutalité policière et le mouvement Black Life Matters. Frères, un roman pour ados dont les deux personnages principaux sont des jumeaux passionnés de basketball, pourrait aussi vous plaire.

La haine qu'on donne         Frères Kwame Alexander

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Le petit garçon qui venait de la Jamaïque

Petit garçon qui venait de la Jamaïque

Crois-tu qu’une personne comme toi pourrait marquer l’histoire? N’en doute pas. Lis ce récit et tu découvriras comment Devon, un petit garçon qui venait de la Jamaïque, est entré dans l’histoire du Canada. Tu verras que tout est possible et que les rêves peuvent se réaliser.

L’histoire d’une personne ayant surmonté des difficultés pour atteindre l’impossible est une source d’inspiration sans pareille, surtout quand il s’agit d’un enfant. Il n’y a pas de meilleur exemple que celui de Devon Clunis, Jamaïcain élevé à la campagne sans électricité ou eau courante, pourtant devenu le premier chef de police noir du Canada. Cet album raconte une page de l’histoire de mon pays, le Canada. En ce moment au Québec, on parle beaucoup du racisme systémique et de la manière dont les élèves noirs sont défavorisés par rapport aux élèves blancs dans une même classe. En prologue à cet album, on retrouve une dédicace aux « éducateurs qui ont aidé le petit garçcon de la Jamaïque à s’épanouir », notamment Mme Ruby Hanna, enseignante de l’école primaire de Devon, et M. Bill Wedlake, M. Brian Burdy et M. Dennis Pelisek, qui ont enseigné à Devon à l’école secondaire. On les remercie d’avoir donné leur temps et énergie à façonner la vie de nombreux jeunes. J’ai été touchée par cette dédicace car les enseignants ont un rôle très important à jouer dans la vie des enfants et on ne les remercie pas assez. Il me semble que cette reconnaissance est bien méritée ! Malgré les problématiques entourant le racisme systémique dans les écoles, je pense qu’il est important de souligner le travail de ceux et celles qui enseignent avec passion et qui donnent des ailes aux Canadiens de demain, peu importe leur origine.

Les illustrations d’Émily Campbelle sont adorables et tout en douceur. J’ai aussi beaucoup aimé les photos du véritable Devon Clunis qui rendent son histoire encore plus concrète. On retient de ce livre que chaque enfant a des rêves qui peuvent se réaliser et que beaucoup de personnes sont prêtes à les aider à y parvenir. À la fin du livre, il y a une courte biographie de Devon Cunis dans laquelle on peut lire ceci:

Devon a saisi très tôt son identité d’immigrant noir vivant dans une terre de promesses. Dès le plus jeune âge, il a décidé qu’il voulait exercer un travail lui permetttant de servir de modèle aux enfants issus de minorités qui devaient relever des défis semblables à ceux qu’il avait rencontrés: intégration culturelle, inégalités sociales et rareté des possibilités offertes dans la culture populaire. Ce désir l’a amené à s’engager sans tarder sur la voie d’une carrière dans la police. Il s’agissait d’un choix remarquable, car cette profession n’était normalement pas considérée comme accessible aux personnes de couleur.

Le parcours de Devon est très inspirant. Il parle de sa terre natale, la Jamaïque, de manière positive malgré les difficultés liées au manque d’électricité et de système d’aqueduc. Tout au long du texte, il questionne le jeune lecteur et l’amène à faire des liens entre sa propre expérience et celle de Devon. Par exemple, lorsque Devon parle de son immigration à Winnipeg, il demande au lecteur si lui aussi a déjà déménagé et ce qu’il a ressenti en vivant cette expérience. Ainsi, ce livre s’utilise facilement en animation ou en contexte scolaire (pourquoi pas durant les Journées de la Persévérance Scolaire?). Franchement, cet album est un petit bijou qui faut mettre entre toutes les petites mains, dans les écoles, dans les bibliothèques, dans les chambres d’enfants. Je suis tellement enthousiaste face à cet album !! Vous devez absolument le lire !

Coup de coeur !

Devon Clunis est Canadien. Il a été le chef du Service de police de Winnipeg de 2012 jusqu’à sa retraite en 2016. Il a été le premier Canadien noir à être nommé chef de police au Canada.

Devon Clunis

Auteur(s) / illustrateur(s) : Devon Clunis, Pearlene Clunis & Emily Campbell
Maison d’édition: Éditions des Plaines

Bouton acheter petit

Année de publication: 2019
ISBN: 9782896117864
Public cible: 6 à 11 ans
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Ma cabane du bout du monde

Ma cabane du bout du monde agrumePas facile de choisir où et comment construire la cabane de ses rêves, dans laquelle il fera bon habiter… Avant de commencer son projet, Lucile décide de partir chercher des idées autour du monde. C’est ainsi qu’elle rencontre Erik qui vit bien au chaud dans sa cabane de bois dans une fôret de Suède, Ana et son perroquet, hauts perchés dans leur cabane nichée à la cime d’un arbre au Costa Rica, Antonio et sa cabane sur l’eau, Victor et sa cabane de pierre sur les hautes montagnes, l’igloo de Sakari, la petite isba d’Aliocha, la yourte de Gantulga… Riche de toutes ses découvertes, Lucile sait maintenant ce qu’il y aura dans sa cabane : une corde pour y monter, un téléscope, un coffre à trésor, une cheminée, un passage secret, un atlas, une guitare et beaucoup de place pour les amis…

On se régale des illustrations dxe Sarah Loulendo riches en détails et lumineuses. Le personnage principal, une petite fille noire aux cheveux crépus, aurait pu être éclipsée par le catalogue de maisons du monde qu’elle visite. Au contraire, nous savons qu’elle s’appelle Lucie et au fur et à mesure que notre lecture avance, on se rend compte qu’on n’aurait voulu faire cette tournée des cabanes du monde avec personne d’autre qu’avec elle. Chaque double page révèle un paysage magnifique qu’on ne se tanne jamais d’admirer. J’ai adoré la musicalité du texte, qui décrit bien chaque maison en peu de mots. J’ai adoré !

Coup de cœur !

Sarah Loulendo est une illustratrice française. 

Sarah Loulendo

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuelle Mardesson & Sarah Loulendo
Maison d’édition: L’AgrumeBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9791090743915
Public cible: À partir de 5 ans
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Belle maison Sarbacane Brunet

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Risette et rigolade

risette et rigoladeCollection des histoires de Mona, une singulière marmotte affublée de lunettes porte-crayons qui, sous l’effet de plantes magiques cueillies dans le « jardin des alphines » trouve son inspiration pour écrire contes et comptines. Des textes à saveur didactique et aux accents psychédéliques sur le thème des lettres de l’alphabet. Dans ce numéro: la lettre « R ». Irma Brindamour reçoit son amie Mérilise, qui découvre la cabane à suce et les concours de grimaces!

Publié en  2002, ce tout petit livre date déjà un peu. Les illustrations très vintage m’ont rappelé les livres que je lisais enfant ! Dans cette histoire, on retrouve Mérilise, une fille noire qui semble être de passage dans la ville où se déroule l’histoire. On ignore si elle vient d’un autre pays ou si elle vient tout simplement de la métropole québécoise (car oui, aller à la cabane à sucre peut être tout un dépaysement pour les montréalais!) Extrêmement jolie, Mérilise porte une magnifique coiffure sur ses cheveux crépus. Elle est drôle et de bonne compagnie. Les autres personnages l’aime bien ! Bien qu’il soit possible de lire ce livre sans avoir lu les précédents, quelques informations nous échappe quand même si nous n’avons pas lu les numéros 1 à 14 de la série. Les enfants de 7 ans pourront lire ce livre seul. On retrouve en fin de livre un glossaire des mots difficile ou typiquement québécois et une comptine qui plaira aux plus jeunes de 4-5 ans.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Céline Côté
Maison d’édition: Éditions De Mortagne
Année de publication: 2002
ISBN: 9782922762310
Lectorat cible: 4 à 8 ans

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