Épaminondas

épaminondasAuteur(s) / illustrateur(s) : Un conte d’Odile Weulersse, d’après Sarah Cone Bryant. Illustré par Kersti Chaplet.

Maison d’édition: Flammarion

Année de publication: 2015

ISBN: 9782081344341

Public cible: À partir de 7 ans

Résumé: Épaminondas applique tous les conseils que lui donne sa maman. Il les applique même aveuglément. Voilà pourquoi entre autres sottises, il transporte dans son chapeau du beurre, qui dégouline sur ses cheveux, sur le bout de son nez… ! Moralité : obéir c’est bien, réfléchir, c’est mieux ! Un livre audio.

Mon avis: Hum. Souvenez-vous. Épaminondas était à l’origine un livre plutôt raciste, faisant usage du Blackface, se moquant des noirs, les représentant comme simplets, voire stupides, imitant avec condescendance la diction des Noirs américains. Au temps de l’esclavage, il était commun d’affubler à un Nègre un prénom « blanc » connu et associé à un certain prestige, l’ironie de la chose étant considérée comme une blague particulièrement bonne puisque les noirs était considérés comme étant inférieurs. Épaminondas est le nom d’un homme d’état ayant vécu en Grèce antique, un statut social bien entendu hors de portée à un noir du début du XXè siècle. La version originale, epaminondas originalmaintenant entrée dans le domaine public depuis sa publication en 1907 et disponible en ligne (en anglais), est particulièrement insultante et dégradante. Tant le texte que les illustrations d’Épaminondas et sa marraine étaient teintés de racisme.

Fait intéressant: le livre a été banni dans les années 1960 et 1970 aux États-Unis, en pleine lutte pour les droits civiques. Le livre continue tout de même à être enseigné en classe primaire par des professeurs cherchant à faire « découvrir l’Afrique » à leurs élèves. Il y a des histoires sur l’Afrique bien plus intéressantes et moins insultantes à faire découvrir aux enfants (en espérant que ce blog vous ait donné quelques suggestions de lecture scolaires de meilleure qualité).

À première vue, cette nouvelle édition d’Épaminondas peut sembler dénuée de signification raciale: le Blackface a été remplacé par des personnages noirs au physique ordinaire, vivant en Afrique. Les stupidités d’Épaminondas ont été remplacées par des stupidités un peu moins idiotes que celles présentes dans la version originale. Sauf que les archives sont là. Aujourd’hui encore, peu de personnages noirs sont présents dans les produits culturels et ils sont souvent limités à des rôles et représentations stéréotypées. C’est déjà assez difficile de trouver des livres ayant des personnages noirs, et voilà ce que le marché nous offre. C’est à pleurer.

Un livre à lire? Si on est conscient de l’origine du récit et qu’on s’en sert pour parler avec un enfant mature (ou même avec un adulte) du racisme et du blackface, ok. Si c’est simplement pour lire et faire écouter un livre à un enfant avant d’aller dormir: Je passe mon tour, merci. Je sais bien que d’autres contes africains, afro-américains ou antillais existent et sont plus suceptibles de m’intéresser.

Vous aimerez peut-être: L’âne au crottin d’or, un conte africain accompagné d’un CD audio.

Avez-vous lu ce livre à un enfant? Partagez votre expérience dans les commentaires!

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