Noire comme le café, blanc comme la lune

noire caféAuteur(s) / illustrateur(s) : Pili Mandelbaum

Maison d’édition: École des Loisirs

Année de publication: 1989

ISBN: 2211017096

Public cible: À partir de 5 ans

Résumé: Nana n’est pas bien dans sa peau, elle a du mal à accepter son métissage. Alors son papa lui montre qu’on n’est jamais tout à fait content de soi et qu’avec un peu d’humour les choses peuvent s’arranger.

Mon avis: L’École des Loisirs fête ses 50 ans cette année (2015) et voilà un petit album sorti il y a plus de 25 ans sur le métissage et l’acceptation de soi. Le personnage principal, Nana, n’aime pas qu’on la regarde parce qu’elle « n’aime pas la couleur de [sa] figure, de [ses] mains, de [ses] bras » et est persuadée ne pas être jolie. Née d’un père blanc et d’une mère noire, elle se plaint de ne pas ressembler davantage à son père. Bien que Nana soit métisse, le message que tient à lui véhiculer son père résonnera sans doute chez bien des enfants noirs ou blancs: Il faut s’aimer tel que l’on est. J’ai aimé l’approche humoristique du père sur la question de la couleur de la peau. Par le jeu, il parviendra à consoler sa fille et l’amener à accepter la couleur de sa peau.

Le message ici n’est pas de dire que black is beautiful (autrement dit, « la négritude est belle ») face à une enfant qui rejette la moitié noire de ses origines. À aucun moment dans le texte le père de Nana dit à sa fille qu’elle est belle. On peut facilement supposer qu’il le pense, bien sûr, mais je crois que les mots ont un pouvoir plus grand qu’on peut le croire. Dire à une enfant comme Nana qui aimerait une peau blanche et des cheveux droits qu’elle est belle telle qu’elle est est un message puissant et positif. Dommage. Le message véhiculé par le père est plutôt de l’ordre de « personne n’est vraiment content de la tête qu’il a ou de la couleur de sa peau ». Comme si Nana avait une raison de ne pas aimer certaines facettes de son apparence, puisque tout le monde, noir ou blanc, ressent de tels sentiments. Encore une fois: dommage. Dans une société ou les standards de beauté sont à l’opposé de ce qui se rapproche de près ou de loin à la négritude, il aurait été bien de dire à une fillette noire qu’elle est belle, de le lui répéter sans arrêt jusqu’à ce qu’elle finisse par le croire. Je m’éloigne peut-être du sujet. Ce sera l’affaire d’une autre histoire, peut-être… Le message du père à sa fille est possiblement plus subtil: alors que tu envies ma blancheur, me voilà fièrement « déguisé » en toi, le teint noirci, les cheveux tressés. Voir son père qu’elle envie tant faire tant d’efforts pour la ressembler constitue également un message positif pour la fillette!

J’en profite pour mentionner au passage que certains passages du livre où le père se couvre le visage de poudre noire pour personnifier une personne noire (en l’occurence, sa fille) pourraient offenser certaines personnes.

Hormis ces quelques réserves, la complicité entre le père et la fille est touchante. L’histoire est racontée uniquement par le biais de dialogues entre eux deux. Des illustrations se rapprochant de collages animent de magnifique façon le texte, découpé en une ou deux phrases par page. Couverture rigide et format horizontal agréable.

Avez-vous lu ce livre à un enfant? Partagez votre expérience dans les commentaires!

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Une réflexion sur “Noire comme le café, blanc comme la lune

  1. Pingback: Des livres jeunesse aux héros métis ou noirs – Maeva danse

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